QUOI DE NEUF ?

en

 JANVIER 2012 

 

 

Joyeux Noël

 

et

 

Bonne Année

2012

 

 

« Le » trésor du Verbe fait chair  et de sa mère

a été confié  à Joseph.

Le bâton  de celui-ci nous invite

à poursuivre la route,

à

 « … discerner dans la crise actuelle

un appel à mourir à un visage d’Eglise,

qui peut avoir gardé dans nos

mentalités un certain attrait,

pour laisser l’Esprit nous en faire

découvrir un autre, plus proche peut-

être de l’Evangile... »

 (L’Esprit, espérance d’une Eglise en crise -  du P. Michel RONDET, S.J.)

 

 

Histoires en série

France 2 à 20h35

Mardi 24 janvier 2012

Un couple à l’épreuve d’une secte

Depuis quelque temps, Jean ne reconnaît plus sa femme Ghislaine. Elle est odieuse avec lui et le prend pour un moins que rien. Jusqu’au jour où elle le met brutalement à la porte. Serrures changées, comptes bloqués… Jean finit par apprendre la vérité : Ghislaine est tombée sous l’emprise d’une secte qui fait tout pour l’ éloigner de lui. Il va alors se battre pendant dix ans et réussir à l’en faire sortir. Pour la première fois, Ghislaine a accepté de témoigner. Nous allons pouvoir suivre cette incroyable histoire telle qu’elle a été vécue des deux côtés du couple.

 

 

                                                                                           

ANTHROPOSOPHIE

APOCALYPSE 2012

BANGLADESH

BEATITUDES

CAMBODGE

CANADA

CHEMIN NEOCATECHUMENAL

CHINE

CONGREGATION SAINT-JEAN

COREE DU NORD

CREATIONNISME

DEVELOPPEMENT PERSONNEL

ECOLE EN BATEAU

EVANGELIQUES

EXTREME-DROITE

INTEGRISME

INTEGRISME JUIF

IRAN

ISLAMISME

ISLAMOPHOBIE

ISRAEL

JAKOB LORBER

LAICITE

LAOS

MAROC

MEDECINE NOUVELLE GERMANIQUE

MIVILUDES

MONTFLANQUIN

MORMONS

NAZISME

NEO-NAZISME

NIGERIA

PAKISTAN

PROFANATIONS

PSYCHO-SPIRITUEL

RUSSIE

SANTE

SCIENTOLOGIE

SOKA GAKKAI

SUEDE

TEMOINS DE JEHOVAH

TERRE SAINTE...

VASSULA

VIETNAM

 

 

 

et les NOUVELLES DE GAMALIEL21

 

 

 

ANTHROPOSOPHIE

Exposition

Première grande rétrospective Rudolf Steiner au Vitra Design Museum

Avec « L’alchimie du quotidien », le musée de Weil am Rhein présente les multiples facettes de l’œuvre du fondateur de l’anthroposophie. Une rétrospective d’envergure.
Rudolf Steiner (1861-1925) est surtout connu pour avoir jeté les bases de l’agriculture bio-dynamique, de la pédagogie Waldorf, de la médecine d’orientation anthroposophique et des laboratoires Weleda. Mais il était avant tout un penseur, « un réformateur des plus influents et des plus contestés du XX e siècle », qui s’intéressait autant au design, à l’architecture, à l’art qu’à la science et la spiritualité. Il était tout à la fois dramaturge, sculpteur, peintre, imprégné par l’Art nouveau, le cubisme, l’expressionnisme…

Pour constituer cette première rétrospective d’envergure de l’œuvre de Steiner à l’occasion du 150 e anniversaire de sa naissance, le musée a puisé dans ses collections qui comportent des pièces de mobilier conçues par Steiner. Il a rassemblé d’autres meubles, des sculptures, dessins et esquisses, documents, affiches, lettres et maquettes pour expliquer le cheminement de Steiner et le situer dans le contexte de l’époque.

Spécialiste de l’œuvre de Goethe et de Nietzsche, Steiner a créé la Société anthroposophique, fondée sur une conception globale de l’être humain, sur une philosophie de la liberté. En relation constante avec ses contemporains comme en témoigne sa correspondance avec Kafka, Mondrian, Else Lasker-Schüler et bien d’autres, il ne cessait de parcourir l’Europe, invité à donner des conférences — 5 000 au total — pour expliquer sa vision du monde unissant l’art, les sciences et la spiritualité.

L’exposition aborde ensuite l’esthétique organique dans l’architecture et le design, avec les formes galbées et les lignes cristallines si caractéristiques de Steiner, influencé par les études de la métamorphose de Goethe. Tout un étage est consacré aux applications concrètes : eurythmie, agriculture, médecine, thérapie des couleurs, pédagogie… Les relations entre Steiner et d’autres créateurs comme Kandinsky, Frank Lloyd Wright ou Olafur Eliasson sont explicitées par la présentation de peintures, maquettes et objets d’art.

Pour mesurer la portée sociale de ce créateur et penseur insolite, le musée propose tout un programme de conférences, ateliers, performances, films, visites guidées et excursions sur les traces de Steiner dans la région bâloise.

Pour entrer pleinement dans cette « Alchimie du quotidien », mieux vaut comprendre l’allemand ou l’anglais. Des visites guidées de groupe sont organisées en français sur demande.

Y ALLER Exposition au Vitra Design Museum à Weil am Rhein, jusqu’au 1 er mai, tous les jours de 10 h à 18 h. Tarifs : 8 €, réduit 6,50 €, moins de 12 ans gratuit ; catalogue en allemand ou anglais : 79,90 €. Site internet : www.design-museum.de

Élisabeth Schulthess - L'ALSACE : le 28/12/2011

 

 

 

APOCALYPSE 2012

Fin du monde en 2012 : allons-nous tous mourir ?

On l'annonce depuis quelques années, mais cette fois-ci, c'est la bonne ! Le 21 décembre 2012, notre Terre devrait connaître un funeste destin... et nous avec ! Faut-il y croire ? Est-ce vraiment sérieux ? Planet.fr tente de faire le point sur les rumeurs les plus populaires.

Le calendrier Maya prend fin le 21 décembre 2012

La rumeur : C'est bien connu, la civilisation Maya était particulièrement en avance en astronomie et en mathématique, et si le calendrier Maya s'arrête brusquement au 21 décembre 2012, c'est certainement parce que cela annonce la fin du monde !

Le point : Eric Taladoire, professeur d'archéologie précolombienne et spécialiste des Mayas est revenu sur le sujet au micro d'Europe 1. La théorie selon laquelle les Mayas annonçaient la fin du monde pour le 21 décembre 2012 est née en 1987, dans le livre d'un Américain.

Eric Taladoire explique qu'"il se base sur des choses totalement erronées, éclectiques et en mélangeant tout [...] Il a prévu une fin du monde qui n'a rien à voir avec les conceptions mayas [...] La fin du monde n'est pas du tout prévue pour 2012. 2012, c'est la fin d'un cycle dans le calendrier maya [...] La fin d'un cycle n'est pas du tout la fin du monde".

D'ailleurs, nombreux sont les mayanistes à tenir le même discours et à estimer qu'il s'agit d'une pure invention des temps modernes. Certains vont même jusqu'à entrevoir l'opportunité de profit que certaines personnes pourraient tirer.

Une grave perturbation gravitationnelle

La rumeur : Le 21 décembre 2012, certains annoncent que la Terra connaîtra un alignement galactique et la gravitation de la Terre sera anéantie par la rencontre du Soleil et de l'énorme trou noir Sagittarius A *.

Le point : Cette hypothèse est pour le moins farfelue quand on sait qu'un tel phénomène s'est déjà produit en 1998 sans que la Terre n'en soit pour autant très perturbée. Par ailleurs, les observations astronomiques montre que le Soleil ne se dirige pas vers le trou noir, mais plus au-dessus.
Si cette rencontre devait quand même se produire, elle n'aurait aucune conséquence sur la Terre puisqu'elle aurait lieu à 30 000 années-lumières de la Terre et qu'elle devrait être 6 millions de fois plus proche pour avoir des effets sur notre planète.

2e rumeur : Un alignement de planètes causerait une grave perturbation gravitationnelle qui mènerait la Terre à sa perte.

Le point : Selon les scientifiques, aucun alignement de planètes n'est prévu pour la date du 21 décembre 2012. Les alignements de planètes de 2000 et 2010 n'avaient eu cependant aucune conséquence sur la Terre. et même si un alignement de planètes devait avoir lieu, impliquant Jupiter par exemple (la plus grosse planète du système solaire), son influence sur la gravitation de la Terre serait 100 fois moins importante que l'influence de la Lune sur la gravitation de la Terre.

Une collision avec des comètes

La rumeur : Un phénomène astronomique impliquant le Soleil, et qui se produit tous les 20 à 25 millions d'années, perturberait le nuage d'Oort (composé de comètes) et provoquerait une augmentation du nombre de comètes libres dans l'espace, favorisant ainsi une collision avec la Terre.

Le point : Ce phénomène ne pourrait se produire en une seule journée, et demanderait des millions d'années. Il est donc impossible de fixer à l'avance une date précise pour la collision avec une comète. Par ailleurs, les observations scientifiques récentes montrent qu'il a eu lieu il y a environ 3 millions d'années et que les conditions nécessaires à sa réalisation diminuent.

Une inversion du champs magnétique

La rumeur : Le 21 décembre 2012, la Terre connaîtrait une très violente éruption solaire (relâchant autant d'énergie que 100 milliards de bombes nucléaires) ce qui entraînerait une inversion du champ magnétique de la Terre. Par ailleurs, les observations montrent que le champ magnétique de la Terre devient de plus en plus faible, annonçant sans aucun doute l'inversion des pôles magnétiques terrestres.

Le point : Si ce phénomène n'est pas impossible, il faut tout de même signaler qu'il faudrait environ 7 000 ans pour qu'il se produise, et qu'on ne peut évidemment pas prévoir à l'avance à quelle date précise il aura lieu.

Par ailleurs, la National Oceanic and Atmospheric Administration (agence américaine en charge du contrôle des océans et de l'atmosphère) estime que le Soleil atteindra le maximum de son activité en mai 2013 et non en décembre 2012, où elle sera assez faible. En mai 2013, il faudra en revanche s'attendre à des perturbations satellites et téléphoniques.

Enfin, il n'a jamais été prouvé de lien entre l'activité solaire et le champ magnétique de la Terre, uniquement contrôlé par des énergies internes à la planète.

Une collision avec la Planète X ou Nibiru

La rumeur : Une planète appelée Nibiru ou planète X entrera en collision ou passera tout près de la Terre le 21 décembre 2012, provoquant inévitablement la fin de notre monde.

Le point : On parle de cette hypothèse depuis 1995, mais à l'époque, on envisageait la fin du monde en 2003 ! La date initialement prévue étant passée sans encombre, il fallait bien envisager une nouvelle date !

D'un point de vue plus scientifique, les astronomes assurent que si une telle planète devait entrer en collision ou frôler la Terre le 21 décembre prochain, elle serait déjà visible pour toute personne regardant le ciel la nuit !

Une interraction avec une étoile

La rumeur : Des scientifiques auraient annoncé une interraction entre la Terre et Alcyone, l'une des étoiles de l'amas des Pléiades en 2012, entraînant la destruction de la Terre.

Le point : Rappelons tout d'abord que l'amas stellaire des Pléiades se situe à plus de 400 années-lumière de la Terre, et qu'elle n'a aucune influence sur notre planète. Par ailleurs, les scientifiques précisent que le système solaire a plutôt tendance à s'éloigner des Pléiades qu'à s'en rapprocher.

La menace d'une supernova

La rumeur : L'étoile Bételgeuse, bientôt en fin de vie, exploserait bientôt et formerait une supernova dont les effets seraient désastreux pour la planète Terre.

Le point : L'étoile Bételgeuse est effectivement en fin de vie et finira bien par devenir une supernova (qui représente l'ensemble des phénomènes liés à l'explosion d'une étoile). Cependant, il est impossible de prédire aujourd'hui à quelle date cette mutation se produira !

Et même si l'explosion de Bételgeuse devait avoir lieu le 21 décembre 2012, la Terre ne craindrait rien ! Pour menacer la planète, la supernova devrait se trouver au maximum à 25 années-lumière de notre système solaire, or, Bételgeuse se situe à 600 années-lumière de nous. Nous sommes donc tranquille de ce côté-là !

L'invasion de vaisseaux spatiaux

La rumeur : Trois grands vaisseaux spatiaux ont été détecté dans l'espace grâce à une photo du programme SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence), et ils devraient arriver sur Terre en 2012, dans le but de mettre fin à l'existence de notre monde.

Le point : L'astronome Philip Plait, connu pour être du courant du scepticisme scientifique, a effectué des calculs trigonométriques visant à prouver que si les vaisseaux étaient aussi grands que ce que l'ont voit sur les photos, il aurait alors été plus près de la Terre que de la Lune et serait déjà arrivé depuis longtemps, sans attendre la date fatidique du 21 décembre 2012.

Le "Timewave zero" annonce une grande complexité fin 2012

La rumeur : Le Timewave zero est une formule numérologique qui serait censée calculer les aléas de la "nouveauté". AInsi, elle étudie au cours du temps les différentes connexions dans l'univers pour prédire l'avenir. Selon le Timewave zero, les données seront d'une infinie complexité en 2012, et toutes les choses imaginables devraient avoir lieu simultanément, conduisant inévitablement à la fin du monde.

Le point : En considérant que tous les événements sont liés les uns aux autres, la machine avait tout d'abord prédit une fin du monde fin novembre 2012. Puis, il s'aperçu qu'en s'accordant avec la date de prétendue fin du monde du calendrier Maya, il aurait certainement plus d'impact. Il modifia alors le résultat pour que le Timewave zero indique le 21 décembre 2012 comme fin du monde assurée !

Maëlle Boudet - Planet.fr du 3 janvier 2012

 

http://gamaliel21.pagesperso-orange.fr/NOUVELLES%20GAMALIEL21%209.pdf


 

Les gourous belges de l'Apocalypse 2012

 

Hier soir, le reportage “Qui sont les gourous de l'Apocalypse” de Régis De Rath s'intéressait au buzz de l'apocalypse 2012 erronément inspiré du calendrier maya.

Dans une interview accordée au quotidien Le Soir, Sandrine Mathen, du Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles, développe ce sujet en s'intéressant au cas de la Belgique. Au cours de cette entrevue, on apprend que ces sectes restent un phénomène marginal et que les tenants de cette thèse se voulant prophètes, exploitent aujourd'hui ce filon mais qu'ils se reconvertiront sûrement lors de l'après 2012. Deux types de défenseurs semblent avoir main mise sur la croyance en la fin du monde en 2012 : dans un premier temps, ceux qui ont flairé le bon coup et qui développent des magasins proposant des articles ou des sites internet offrant des conseils pratiques et spirituels afin de survivre aux événements tragiques annoncés et d'autre part, il y a les illuminés, ceux qui croient dur comme fer que l'apocalypse est proche. Le message est simple, si l'on prétend être sauvé, il faudra se trouver une place au sein des bunkers ou shelters comme ils les appellent. Moyennant la modique somme de 50.000 euros, on pourra ainsi prendre place au sein de ces constructions et ainsi participer à la reconstruction de l'Humanité avec nos semblables.

En ce qui concerne la suite des événements tragiques, Sandrine Mathen explique que l'après non-catastrophe va créer un problème majeur, nommé en psychologie la dissonance cognitive c'est-à-dire la contradiction entre la croyance pure et dure que la catastrophe est là et le constat que rien n'est arrivé. Pour les gourous, plusieurs façons de réagir face à cette non-catastrophe. Certains prétendront que l'interprétation fut hasardeuse et erronée, d'autres, au contraire, affirmeront que c'est grâce aux prières et différentes méditations que le monde a été sauvé et que ces pratiques ont ainsi influencé le devenir de la Terre. Enfin, certains pourraient très mal le supporter et attenter à leurs jours. Le risque est qu'ils entraînent leur disciples dans leur suicide comme cela s'est déjà produit pour le Temple du Peuple ou encore le Temple solaire. Sandrine Mathen nous explique qu'en 1997, le groupe Heaven's Gate s'est suicidé pour rejoindre un vaisseau spatiale caché derrière la comète Hale-Bopp. Les victimes s’élevèrent au nombre de 39 personnes. Ce type de groupes existe également en Belgique et est suivi de très près par le Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles. Ils se disent en contact avec un extraterrestre Ashtar Sheran qui affirme qu'il viendra chercher les élus avant la catastrophe afin de les replacer par la suite sur la Terre. Ces groupes sont une dizaine dans notre pays, la moitié a un discours “peace and love” affirmant que l'on passe à une nouvelle ère, l'autre moitié se situe plus sur le plan du catastrophisme.

 

Express.be du 22 décembre 2011

 

Bugarach avant la fin du monde


Ici on les appelle les "zozotériques". Attirés comme des aimants par les croyances qui gravitent autour de ce petit village de l'Aude, ils amusent sans inquiéter vraiment. Mais avec l'apocalypse annoncée du 21 décembre 2012, même le maire commence à craindre une affluence record.

 

IL ÉTAIT UNE FOIS DANS LE SUD. Un petit village de l'Aude niché à l'abri d'une montagne, le pic de Bugarach. Un château à la fois en ruine et en réfection, une atmosphère paisible, de beaux sentiers de randonnées qui attirent les touristes. "On vient de toute l'Europe pour photographier nos orchidées et nos vautours fauves", souligne fièrement Jean-Pierre Delord, le maire de Bugarach. Ne serait-ce une petite bizarrerie, le fronton de la mairie n'arbore pas la devise de la République, voilà ce qu'on pourrait appeler un village "sans histoires". Sauf que non. C'est tout le contraire. Bugarach et sa "montagne magique" regorgent d'histoires – ou de légendes, c'est selon.

C'est d'ailleurs une spécialité dans cette Haute Vallée de l'Aude. Des communes voisines, Rennes-le-Château, Rennes-les-Bains ou Alet, connaissent une renommée mondiale et accueillent depuis longtemps des chasseurs de mythes fabuleux, qui viennent là sur les traces du trésor des Templiers ou de celui des Cathares, de Jérusalem ou du roi des Wisigoths, ou même des tombeaux de Jésus et de Marie-Madeleine. Vieilles lunes. A Bugarach, on regarde plutôt vers l'avenir. On scrute l'avènement de l'apocalypse, la prochaine, programmée le 21 décembre 2012 selon l'interprétation récente d'un calendrier maya. La fin du monde, qui verra des Extraterrestres cachés dans les plis de la montagne, prêts à secourir des humains méritants et élus, et donc sauvés du désastre annoncé.

Gentilles galéjades mystiques pour les uns, fermes croyances pour d'autres. Et entre les deux, tout un peuple qui aimerait s'en amuser, juste s'en amuser, sans s'y résoudre tout à fait. Ceux qu'une habitante du coin surnomme les "zozotériques", et qu'on appelle aussi, dans le coin, les "pélutes" (chevelus), les "Indiens" ou même les "hippies RSA". Ils sont nombreux dans cette région du Razès, où on les a longtemps considérés, plus simplement, comme des "néoruraux", ou des " arrivés ". Stéphanie Baclin, 36 ans, s'est établie à Rennes-les-Bains voilà quelques années, " enécoutant [son] instinct".

Dans sa maison en surplomb de la rivière Sals et de ses sources d'eau chaude, elle se "sent loin de tout ça", de l'apocalypse annoncée. Pourtant, elle accepterait volontiers la promesse d'un passage à autre chose, de "la fin d'une illusion". Philippe Margarita, 54 ans, se montre moins circonspect : "Je ne dis pas que j'y crois, mais c'est intéressant, j'écoute", explique ce musicien sans emploi installé à Fa. "S'ils trouvent quelque chose sur la montagne, tant mieux pour eux", avance prudemment son copain Alain Didier, 63 ans, adjoint au maire de Saint-Jean-de-Paracol, animateur pour enfants et "branché sur les techniques parallèles de médecine ou d'astrologie, comme tout le monde ici".

PHILIPPE MARGARITA A RANDONNÉ "une seule fois" jusqu'au sommet du pic de Bugarach, pour "faire une médit'". "Ça te recharge, ça te ressource." En 1987, il avait été, dit-il, "catapulté ici depuis le fin fond de l'Espagne", où il jouait de la musique de rue avant d'être "expulsé" du pays. Il a ressenti "des sensations, du feeling", "direct en arrivant ici", "sur ce point d'acupuncture de la Terre". Il a fréquenté les chasseurs de trésors de Rennes-le-Château – "ça vibre fort " –, côtoyé un moment un mouvement hippie, le Rainbow, puis "trippé avec des copains qui vivaient dans des tipis avec des chevaux". Et il a "fini par comprendre que le trésor, ici, c'est la terre, les sources d'eau chaude". Pas de trésor matériel, donc, mais des Extraterrestres ? "Tu vas te marrer, mais un jour, j'ai vu une soucoupe volante, une lentille, un petit point lumineux avec comme une boule de lumière autour." Alain Didier évoque lui aussi un souvenir assez précis, quoique vieux d'une trentaine d'années : "On était en train de bricoler avec un pote, quand on a vu un truc d'un vert très lumineux survoler à grande vitesse la ligne de crête."

Les histoires de fin du monde à la fin 2012, bien sûr, ça les fait "bien rigoler". Mais tout de même. Philippe Margarita s'est intéressé aux Mayas, il a "vachement étudié la question". Sa conclusion : "Ils n'ont jamais parlé de la fin du monde, mais de la fin d'un grand cycle. L'idée, c'est plutôt de repartir de zéro." Nouveau départ, nouvelle vie, voilà des thèmes omniprésents dans la région du Razès. Alain Didier a fui la région parisienne et "le piston" (il désigne les veines au creux de son bras), après 1968, pour essayer de "vivre autrement, rompre avec le modèle courant". Stéphanie Baclin a fait de même, trente ans plus tard, pour s'éloigner de "la machine industrielle, qu'[elle] ne pouvait plus accepter".

Jean-Pierre Delord, le maire de Bugarach, appartient lui aussi à la catégorie des "arrivés". Il a quitté Paris dans les années 1970, pour "changer de vie", mais aussi "pour le pic", fameuse barre rocheuse qui a toujours nourri de nombreuses légendes locales. Pour résumer – si c'est possible –, la "montagne sacrée" des Corbières dégagerait un magnétisme étonnant, générant quelques curiosités. Par exemple, de légers malaises chez certains visiteurs. Ou alors l'emballement saugrenu des appareils de guidage des avions qui ont l'audace de le survoler – une croyance largement répandue sur place prétend d'ailleurs, à tort, que son survol est interdit. Et donc, nouvelle déjà assez ancienne, le pic de Bug abriterait parfois des Extraterrestres. Une preuve ? Ces nuages aux formes suggestives parfois accrochés en son sommet attesteraient de leurs allées et venues. "Voici une trentaine d'années, un habitant du village m'avait demandé d'enregistrer le bruit émis par les moteurs d'engins spatiaux situés sous le pic, racontait récemment un ancien journaliste local, André Galaup, lors d'une conférence organisée à Limoux et chroniquée par le quotidien régional, L'Indépendant. Le bruit qu'on entendait, c'était le moteur du magnéto qui ronronnait..."

Le thème de l'apocalypse est apparu plus récemment. Le maire tendance " progressiste gauchiste" de Bugarach en a entendu parler à l'automne 2010. " Un particulier un peu particulier " du village avait alors attiré son attention sur " des sites Internet américains " colportant l'étrange nouvelle. Jusque-là, comme tous les habitants de la région, monsieur le maire avait entendu toutes sortes d'" histoires vraies ", qu'il n'avait jamais vraiment prises au sérieux. Il avait haussé les épaules lorsqu'un passant lui avait prédit, "il y a dix ans", "tu vas voir, ça va devenir comme à Lourdes ici". Il ne s'était pas davantage inquiété quand il avait fallu, voilà trois ans, "monter faire le ménage là-haut", au sommet du pic. Il en avait redescendu une Vierge noire scellée dans une cavité, qu'il conserve en sa mairie avec tout un bric-à-brac d'objets de culte, colliers, bagues, cristaux noirs et blancs, etc. "Gardons-nous de tout sectarisme ", était sa devise. "Ces gens ont le droit de faire leurs histoires, pas d'en tirer un commerce exagéré", sa limite de tolérance.

Mais là, cette histoire d'extraterrestres sauveurs d'humains méritants. Sur sa commune et nulle part ailleurs ! En l'entendant, son esprit de dessinateur industriel a commencé à échafauder les scénarios du pire pour l'hiver 2012. Des hordes de croyants et autant de curieux déferlant sur sa commune. Des débordements désastreux, sait-on jamais. Ne pas oublier les affaires de l'Ordre du Temple solaire, rappelle-t-il. Et puis, sur un plan plus terre à terre, l'édile a fait les comptes. Il n'a dénombré qu'une centaine de lits marchands sur sa commune, alors que des tenanciers de chambres d'hôte de la commune recevaient, semble-t-il déjà des demandes d'hébergement pour la période de décembre 2012 soit avec près de deux ans d'avance. Que faire ? "Tirer la sonnette d'alarme", se dit-il alors. Prévenir les autorités. Renseigner les services de l'Etat, l'armée, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

LE MAIRE A D'ABORD ÉVOQUÉ LA CHOSE LORS D'UN CONSEIL MUNICIPAL, à l'automne 2010. Puis un élu en a parlé devant un journaliste de L'Indépendant. Qui a publié, fin novembre 2010, un bel article bien vendu à la"une" et reprenant les inquiétudes du maire. Bruno Coince, le correspondant de L'Indépendant à Limoux, se souvient avoir voulu écrire "un truc marrant", à destination de lecteurs habitués aux contes et légendes de la région. Mais cette fois, la puissance d'Internet aidant, "c'est parti en flèche". Les médias régionaux. Puis "l'AFP, Reuters, le New York Times, El Mundo..., énumère le sous-préfet de Limoux, Olivier Tainturier. Un emballement médiatique autour de pas grand-chose".

"Apocalypse 2012 : a French village awaits the "esoterics"", a titré le New York Times, début 2011. L'article mentionnait une aubergiste du coin, Sigrid Benard. Elle y affirmait avoir reçu "nombre d'appels de gens souhaitant réserver des chambres ou des places en caravane pour la période décembre 2012 fin janvier 2013". "Ces gens disaient qu'ils voulaient venir trois semaines avant l'apocalypse et réserver la semaine suivante pour voir ce qui allait se passer", précisait Mme Benard. Jointe au téléphone à la mi-décembre, elle n'a pas souhaité commenter ces déclarations. Un autre hôtelier du coin, dans la commune de Sougraigne, à une dizaine de kilomètres de Bugarach, a lui aussi reçu, "début 2011", deux demandes d'hébergement pour l'hiver prochain. "Un couple et un groupe de 12 personnes", assure François Dumas. Il a repoussé les demandes – son hôtel est fermé en hiver.

Depuis, plus rien. Pas de quoi inquiéter ce Suisse de 51 ans : l'été dernier, il a vu débarquer dans le champ d'un voisin plusieurs dizaines de personnes à la recherche du trésor des Wisigoths. Tout ce beau monde est reparti au bout d'une dizaine de jours. Apparemment bredouille. Ou vraiment très discret. À un an de la date supposément fatidique, l'emballement médiatique a redoublé. Le maire Delord a reçu des envoyés spéciaux de la presse mondiale. Aurait-il voulu se lancer dans une opération de promotion de sa commune qui l'a débordé par son ampleur ?

Dans sa sous-préfecture, M. Tainturier envisage ouvertement une telle hypothèse : "C'est lui qui a allumé la mèche en évoquant l'intervention possiblement nécessaire de l'armée en décembre 2012. Je l'ai rapidement mis en garde : à force de hurler au loup, on finit par le faire accourir." Après avoir sermonné l'élu, il a néanmoins invité les conseillers de la Miviludes à venir enquêter sur place, puis organisé, en juin, une réunion avec des élus des communes les plus exposées, des infirmières, des médecins : "On leur a rappelé qu'ils avaient un rôle de vigie à jouer. La fin du monde vaut bien qu'on s'y prenne un an à l'avance", sourit-il.

Pour l'heure, aucun indice ne signale de mouvements suspects, promet le sous-préfet de l'Aude. Un compteur pédestre installé sur un sentier du pic de Bugarach n'a pas enregistré de hausse de la fréquentation. Dans la vallée, la gendarmerie n'a été saisie d'aucune plainte pour escroquerie ou atteinte à l'ordre public. Mais, assure M. Tainturier, "des gens qui savent ce qu'ils font, (...) qui se présentent comme des chercheurs, (...) qui organisent des stages plus ou moins à découvert", bref, des personnes "non désintéressées", font l'objet d'une surveillance. "Vigilance" est le maître-mot du sous-préfet, sur ses gardes tant "l'irrationnel échappe à la raison". "Et, ajoute-t-il, on sait que les temps de crises, financière, économique ou morale, favorisent la survenance de mouvements alternatifs, de gourous."

Ce lien n'a pas échappé aux plus avertis des "arrivés". Joël Ruffier des Aimes, ancien membre du groupe des Négresses vertes aujourd'hui installé à Couiza (Aude), croit lui aussi déceler un lien entre le "bouillonnement" qu'il observe autour de lui et le "ras-le-bol social". "Ici, cela prend une dimension mystique", constate-t-il. Les Extraterrestres, il y croit sans y croire, "ça dépend des moments". Tout ce qu'il souhaite, c'est que l'histoire de Bugarach "finisse en farce. Que les tam-tams sortent, qu'on fasse un grand pique-nique. Oui, ça va finir comme ça, en rave party." Sa prédiction en vaut bien une autre.

 

Le Monde.fr du 20 décembre 2011

 

2012, le business de la fin du monde


Randonnées new age, kits de survie, bunkers de luxe... Le commerce de l'apocalypse ne connait pas la crise.

 

Comment, vous n'avez toujours pas réservé votre place au chaud pour survivre à la fin du monde ? Si
l'on en croit les prophéties inspirées du calendrier maya, qui fixent l'apocalypse au 21 décembre 2012,
c'est de la pure inconscience. Plus que onze mois pour creuser son trou, édifier son bunker, faire des
provisions et dire au revoir (sait-on jamais) à la planète Terre... On n'a pas trouvé mieux pour juguler la
crise financière : faire de fumeuses prédictions un véritable business. Et le pire, c'est que ça marche.
Les arnaques en tout genre fleurissent sur la Toile sur fond de théories catastrophistes et autre
spéculation apocalyptique.
En France, on connaissait le petit village de Bugarach dans l'Aude qui, depuis quelques mois déjà,
accueille tout ce que le globe compte de néo-babas, adeptes new age et illuminés de tout poil,
intimement convaincus que le cataclysme final ne passera pas par là, grâce au célèbre pic, point
culminant des Corbières, dont la géologie protégerait les environs. Mais ces randonnées ésotériques
aux noms évocateurs, tels que "sauvez le monde", les yourtes, les cérémonies en blanc et autres
incantations réalisées dans le plus simple appareil ne sont que folklore au vu de ce que préparent les
Américains.
De l'autre côté de l'océan, "sauver sa peau" peut en effet coûter une petite fortune. Pour 50 000
dollars, soit environ 35 000 euros, la société Vivos propose une place de choix dans un bunker
antiatomique souterrain. Claustrophobes, s'abstenir. Chacun des vingt bunkers prévus par l'entreprise
de construction peut contenir entre 200 et 1 000 personnes. Cuisines, cellules pour la nuit, salles de
détente, cinéma, hôpital et centre dentaire, l'abri a des allures de paquebot de luxe. La mer en moins,
bien sûr. Selon certains médias, plusieurs milliers d'Américains auraient déjà choisi leur place dans ce
monde parallèle, dont les réserves permettraient de survivre pendant un an à une catastrophe
majeure.

 

Quant à ceux qui n'auraient pas les moyens de s'offrir ce blockhaus trois-étoiles, qu'ils se rassurent :
on ne compte plus les sites internet et les best-sellers qui prodiguent les meilleures astuces pour se
barricader chez soi. Le site Apocalypse2012 vous indique ainsi comment construire votre propre abri et
dresse une liste de conseils à suivre pour survivre : "Prévoyez une pièce raccordable à un groupe
électrogène, qui, s'il est installé dans cette pièce, devra disposer d'un système d'évacuation des
fumées et de gaz, afin de ne pas vous asphyxier. Idéalement, les fumées devront être évacuées vers le
sol pour vous permettre de ne pas attirer l'attention. Cette pièce devra encore disposer d'un grand
placard où entreposer les provisions et qui fermera à clé afin d'assurer et de maîtriser un rationnement
potentiel."
On croirait à une plaisanterie tant ces postulats font penser à un mauvais scénario de science-fiction.
Pour Georges Fenech, président de la Miviludes (mission interministérielle de vigilance et de lutte
contre les dérives sectaires), il n'en est rien. "Si l'apocalypse est présente dans l'ensemble des
religions monothéistes, avec l'arrivée d'Internet, elle revêt un caractère parfaitement irrationnel. En
grec, le terme signifie révélation, ou vérité, et non chaos ou bouleversement. Mais nous devons être
extrêmement vigilants. La récupération et l'interprétation de certaines théories peuvent devenir
extrêmement dangereuses."
"La rumeur est exploitée par des gourous"
Si le terme a évolué, les propos alarmistes, eux, ne datent pas d'hier. Déjà, au XVIe siècle, l'apothicaire
français Nostradamus livrait des écrits divinatoires sur les catastrophes à venir. Et l'on se souvient, il
n'y a pas si longtemps, des théories de l'an 2000... Pour 2012, tous les phénomènes sont bons pour
prévenir le chaos. Pour certains, Fukushima est l'élément annonciateur de la fin. Pour d'autres, ce
serait le réchauffement climatique.
Au programme du 21 décembre prochain ? Un renversement des pôles magnétiques, l'arrivée d'une
nouvelle planète qui percuterait la nôtre ou l'alignement de la Voie lactée. Rien que ça ? "On doit, bien
sûr, respecter la liberté de croyance de chacun, rappelle Georges Fenech. Le problème, c'est que la
rumeur planétaire est exploitée par des gourous sans temple qui créent un climat anxiogène. Et les
conséquences peuvent être terribles." A craindre, un désengagement social. Et même pire, un passage
à l'acte. On se souvient bien sûr du suicide collectif des 914 adeptes du Temple du peuple au Guyana
en 1978, du drame de la secte Heaven's Gate en 1997, et des 16 brûlés vifs de l'Ordre du temple
solaire dans le Vercors en 1995. "Cette année, en Bourgogne, cinq femmes sont tombées sous
l'emprise d'un gourou canadien, via Internet. Une enquête vient d'être ouverte pour incitation au
suicide, s'inquiète le président de la Miviludes. Nos équipes seront donc sur tous les fronts d'ici le 21
décembre."
En attendant, il ne nous reste plus qu'à nous procurer kits de survie (150 dollars), trousses de secours
(39,90 dollars) et mugs antiatomiques sur le site officiel du 21 décembre 2012. Et à télécharger
l'application iPhone "Twenty12" qui permet de compter à rebours jusqu'au jour funeste. J - 345 jours,
12 heures, 7 minutes, 24 secondes...

 

Le Point.fr du 11 janvier 2012

 

Dernière année avant la fin du monde ?


Que va-t-il nous tomber sur la tête le 21 décembre 2012 ? Le spécialiste d'archéologie précolombienne Éric Taladoire nous dit tout.

 

Année fatidique... A en croire la déferlante de rumeurs qui irradie le Net, il faut s'attendre au pire le 21
décembre 2012. Pire que 1999, qui échappa de peu à l'anéantissement de Paris prédit par le grand
couturier Paco Rabanne ? Que 2000 qui faisait frémir geeks et millénaristes ? Que 2008 dont la mise
en route de l'accélérateur de particules du Cern annonçait une catastrophe quantique capable d'avaler
la planète tout entière ? Pis encore ! Cette fois-ci, c'est la bonne, on va tous mourir. C'est du moins ce
qu'augurent une poignée d'illuminés, tapis derrière les prophéties mayas pour créditer leur oracle et
semer la terreur sur la Toile. Le spécialiste d'archéologie précolombienne Éric Taladoire (1) revient sur
l'histoire d'une vaste escroquerie. Et tente de rassurer les plus superstitieux...
Le Point.fr : Depuis quand craint-on la fin du monde en 2012 ?
Éric Taladoire : Depuis 1987 et la sortie acclamée du Facteur maya, best-seller de l'Américain José
Argüelles vendu à des milliers d'exemplaires à travers le monde. C'est lui qui a annoncé la mauvaise
nouvelle que tous les chercheurs avant lui s'étaient, disait-il, bien gardés de dévoiler. Dans son livre, il
révèle que le 21 décembre 2012 mettrait un terme au calendrier maya. Pas la veille, pas le lendemain.
La date est précise et envahit en quelques mois quantité de sites et de blogs, tel un virus de la pire
espèce. L'ironie du sort, c'est qu'Argüelles est mort en mars dernier. Sans avoir eu le temps de vérifier
ses prédictions...
Celles-ci ne sont pourtant pas infondées. Argüelles s'appuie sur des inscriptions mayas. Des
faux ?
Ces textes sont parfaitement authentifiés. Il y a en fait deux sources. D'une part, les inscriptions qui
figurent sur certains monuments - qu'il nous est encore assez difficile de déchiffrer. D'autre part - et
c'est à cela que la plupart des théories se réfèrent -, ces textes que l'on appelle Chilam Balam et qui ne
sont autre chose que des manuels d'astrologie ou la continuation des célèbres codex mayas.
Que trouve-t-on dans ces livres ?

Comme dans un grimoire, des prédictions astrologiques bien sûr. Mais pas seulement... Il y a aussi des
recettes, des indications sur les vertus des plantes médicinales, des anniversaires, des dates de
naissance, les années d'accession au pouvoir des rois ou des dirigeants. En tout, il nous est parvenu
sept ou huit de ces textes présents dans tout le monde méso-américain. Le plus connu reste le Chilam
Balam de Chumayel (superbement traduit en 1955 par le surréaliste Benjamin Péret), mais en fait,
chaque village, chaque cité avaient le leur. On a aussi celui de Mani, de Tizimin, de Kaua, d'Ixil... On
pouvait y lire des propos comme : attention, ceci est un mauvais jour. Il faudrait effectuer tel rituel pour
prévenir le danger. Je caricature à peine. Dans l'ensemble, des traditions orales transmises dans les
villages de génération en génération et consignées par des lettrés à l'arrivée des Espagnols.
Des textes qui évoquent précisément 2012 ?
Les charlatans de la fin du monde se basent uniquement sur le Chilam Balam de Chumayel. Et encore,
sur une partie seulement. Il faut savoir que, dans le système maya, il y a différents facteurs temps.
Comme chez nous, il y a le jour et l'année, kin et tun. Mais aussi le katun, soit une période de 20 ans,
le baktun, 144 000 jours, et ainsi de suite. Le rôle des astrologues dans la civilisation maya, c'est
précisément de prévoir qu'en telle année il pourrait se produire tel ou tel événement, au regard de ce
qui a pu se produire par le passé. Tous les 20 ans, par exemple, on risque de voir se reproduire une
mauvaise récolte, une invasion d'insectes, une tempête, une bataille... Or, le 21 décembre 2012, selon
certains calculs, 3 114 ans exactement se seront écoulés depuis le début du calendrier maya, c'est-à-dire
une période de 13 baktun, soit 13 fois deux millions de jours. Pour les Mayas, le monde tel qu'ils le
connaissaient, avec ses structures, ses cités, ses prêtres, ses divinités, va changer.
Changer ou s'anéantir ?
C'est justement là qu'il y a erreur. S'il y a une chose que José Argüelles semble avoir totalement
occultée, c'est que la pensée méso-américaine est bien une pensée cyclique. Comme dans une
spirale, les cycles mayas ou aztèques, pour ne parler que d'eux, se succèdent dans une perspective de
durée infinie. C'est un renouveau. La fin d'un monde, et non pas la fin du monde.
D'où vient cette appréhension particulière du temps ?
Des mythes, probablement. Prenons les Toltèques, par exemple, et leur dieu Quetzalcóatl. Ce jeune
guerrier élimine tout ce qui lui est hostile, crée la civilisation de Tula, instaure les sacrifices humains,
apporte la civilisation. Puis il devient âgé, gros, pacifique, préfère sacrifier des cailles ou des papillons
plutôt que des hommes. Et un jeune dieu, Tezcatlipoca, vif, belliqueux et trompeur, arrive et détruit Tula
pour prendre le pouvoir à son tour. Du coup, Quetzalcóatl fuit à l'est. Or, quand les Espagnols arrivent
(de l'est justement !), ils ne sont rien d'autre, aux yeux des Aztèques, que le présage annonciateur du
retour de Quetzalcóatl, le signe qu'un nouveau cycle va arriver. Le travail des astrologues consistait à
répertorier ces changements. à telle date, telle cité a été envahie. Attention, cela pourrait se reproduire
dans 20 ans... C'est ce que nous indiquent les Mayas pour le 21 décembre 2012. Sans pour autant
nous annoncer un cataclysme.
Les Mayas contemporains sont-ils toujours aussi férus d'astrologie ?
Absolument. Vous avez dans certaines régions des syncrétismes très impressionnants. Même
officiellement convertis, certains ne se privent pas de placer dans les églises des figurines de divinités
et de procéder aux rituels pour se prémunir d'un potentiel danger. Mais attention, il faut bien distinguer
les véritables coutumes des pratiques new age qui font tant d'adeptes outre-Atlantique.
Que pensent les Mayas de ces prédictions ?
Pour 95 %, ils s'en foutent royalement. Mais je pense que cette indifférence vient essentiellement du
peu de considération que les théories alarmistes accordent à la civilisation maya elle-même et à son
interprétation. Le film de Roland Emmerich en est une illustration parfaite. Dans 2012, en effet, vous
avez vaguement deux photos de Mayas Tikal allongés par terre, puis on passe à Washington, Los
Angeles, aux images apocalyptiques. Cette utilisation d'une culture pour légitimer de sombres thèses
est une imposture. Mais la vérité, c'est que les Mayas sont bien davantage occupés à se battre pour
que leurs oranges vendues à Tropicana ne comportent pas la mention Provenance : Floride qu'à
s'inquiéter de la fin annoncée. Et le 21 décembre 2012 leur donnera certainement raison...

 

(1) Éric Taladoire a publié Teotihuacan et les Mayas. Catalogue de l'exposition "Teotihuacan, la cité
des dieux", musée du Quai Branly, Somogy, éditions d'Art, 2009, Le pillage archéologique en Méso-
Amérique et le marché de l'art précolombien, dans Halte au pillage, éditions Errance, 2011.

 

Le Point.fr du 11 janvier 2012

 

Soyez vigilants, la fin du monde approche !

 

Il y a beaucoup de manipulations autour de cette histoire qui prend forme jour après jour. Des mouvements sectaires manipulent grands et petits. Pour lutter contre ces dérives sectaires le GEMPPI informe et sensibilise l’opinion publique.

 

Le Gemppi est une association de défense des droits de l’homme et des consommateurs, spécialisée dans le domaine des croyances religieuses et thérapeutiques holistiques. Elle travaille pour que chacun puisse exercer sa liberté de conscience, de croire, de se sentir mieux, dans les meilleures conditions possibles en évitant les risques.

 

Des tournées régulières à ZARAFA LA GIRAFE


Chacun peut retirer et déposer des livres à ZARAFA LA GIRAFE, cette bibliothèque en plein air est le terrain de chasse du président du Gemppi. Pour manipuler les gens, certaines personnes y déposent des livres. Cela peut s’avérer dangereux, car il n’y a pas de répertoire qui classifie ces livres. Didier Pachoud essaie de retirer ces livres, car souvent ils portent le nom de roman pour éviter tout soupçon.


Certains d’entre vous ont dû certainement entendre parler de la fin du monde. Selon le calendrier Maya, la fin du monde est prévue pour le 21 décembre 2012. Le site www.211212.info donne un résumé des évènements prévisibles, parmi ces évènements « des astéroïdes peut-être même une nouvelle planète (elle a déjà son nom : Nibiru) cachée pour l’instant dans l’orbite de la terre, vont venir frapper notre terre ce jour- là ».


Mais qui se cache derrière ces prophéties ?


Selon Didier Pachoud « les personnes qui se cachent derrière ces révélations ne sont que des commerçants. Des commerçants qui jouent sur la peur des gens pour pouvoir vendre de l’espoir. Cet espoir se concrétise dans des livres, qu’il faut acheter, dans des stages qu’il faut payer, dans des séminaires auxquels il faut assister ». Là, on comprend mieux qu’il faille mettre la main à la poche pour survivre soit-disant à la fin du monde. Ils sont malins ces gourous, ils n’hésitent pas à jouer sur la peur des gens pour se faire de l’argent.

 

News of Marseille du 10 janvier 2012

 

http://www.newsofmarseille.com/soyez-vigilants-la-fin-du-monde-approche/



 

 

 

 

 

 

 

 

BANGLADESH

Soutenir les femmes brûlées à l’acide au Bangladesh

‣ Cinq associations étrangères ont reçu le 10 décembre le prix des droits de l’homme de la République française. « La Croix » présente leurs actions. Aujourd’hui : à Dacca.

Fondée en 1999 au Bangladesh, l’Acid Survivors Foundation (ASF) défend les victimes d’attaques à l’acide et dénonce inlassablement le fléau de ces agressions visant à punir des femmes jugées insoumises. Ces violences frappent parfois des enfants, parce que les bébés dormant près de leurs mères reçoivent une partie des jets d’acide lancés contre elles dans leur sommeil.

« Les attaques à l’acide ont longtemps été un sujet caché au Bangladesh » , explique Monira Rahman, directrice de l’ASF. L’action de cette association, qui a recensé 3 500 victimes en dix ans, les soutiens internationaux qu’elle a reçus, lui ont permis de pousser à l’adoption d’une loi dans son pays punissant les agresseurs, car « l’impunité est le plus gros problème » . Le Bangladesh a pénalisé les attaques à l’acide en 2002. Des personnalités ont marqué leur soutien à l’ASF, qui emploie aujourd’hui 50 personnes – la moitié sont des survivantes – et a ouvert un hôpital de vingt lits à Dacca, la capitale, où 600 personnes reçoivent des soins.

L’assistance aux victimes reste la priorité. « Après l’attaque, elles portent un poids très lourd. Outre la souffrance physique, elles sont défigurées, et souvent rejetées par leurs familles, ce qui les rend économiquement très vulnérables pour chercher un emploi. Mais ce sont des femmes très fortes, car elles ont eu le courage de dire “non” à un homme. Leur courage nous inspire, confie Monira Rahman. C’est notre récompense de tous les jours ». L’une de ces victimes, Fozilatun Nessa est venue à Paris recevoir le prix des droits de l’homme des mains d’Alain Juppé, ministre des affaires étrangères (lire La Croix du 13 décembre) . Souriante, elle disait en toute simplicité : « On ne pourra plus changer mon visage, mais j’ai conquis mon autonomie. Je montre ainsi que ce qui m’est arrivé n’est pas de ma faute. »

www.acidsurvivors.org DEMAIN : Au Malawi, la protection des plus vulnérables.

NATHALIE LACUBE - La Croix du 28 décembre 2011

 

 

BEATITUDES

A lire...

 

 

CAMBODGE

La mémoire du survivant et les mots du bourreau

Rescapé du génocide cambodgien, le cinéaste Rithy Panh poursuit son travail de mémoire en décrivant pour la première fois, dans un livre capital, ce que fut la réalité quotidienne de ce massacre de masse entre juin 1975 et janvier 1979.

Il signe aussi un documentaire implacable (sortie en salles demain) sur son long face-à-face avec Duch, le bourreau de S 21, responsable de la mort de 12 380 personnes, qui tente de justifier son rôle dans ce processus de déshumanisation.

C’est la voix d’un rescapé, sorti de l’enfer, qui interroge les vivants et les morts. Rithy Panh avait 13 ans quand les Khmers rouges ont fondu sur Phnom Penh et vidé la capitale, déporté toute la population vers les rizières desséchées. Début d’un processus d’extermination collective à grande échelle : en quatre ans, près d’un quart des Cambodgiens ont été affamés, torturés, massacrés.

Entre juin 1975 et janvier 1979, sur 7 millions d’habitants, 1 800 000 personnes ont été « détruites » (mot employé par les bourreaux pour les réduire à néant). Le Cambodge n’était plus qu’un camp de travaux forcés et un charnier, avec 20 000 « champs de morts » à travers le pays.

Derrière cette « solution finale », une organisation qui affame, éradique toute trace d’humanité, invente « une langue de tuerie » , pratique la religion des « aveux » par la torture poussée à un paroxysme de sauvagerie, ne respecte même pas les morts, laissés sans sépulture. Aux prisonniers, l’Angkar (l’Organisation khmère rouge, toute-puissante, qui avait droit de vie et de mort) répétait : « À te garder, on ne gagne rien. À t’éliminer, on ne perd rien. »

Témoignage contre l’oubli
Rithy Panh a fait partie des convois de la mort. Toute sa famille a été emportée : son père, sa mère, son grand frère, sa sœur, son beau-frère, ses nièces, ses neveux… Depuis plus de vingt ans, ce cinéaste fouille les décombres et la mémoire de son pays dans des documentaires où il retrouve la trace des suppliciés, filme les gardiens et les tortionnaires, exhume les morts et leur rend leur dignité, traque le silence et les non-dits, repousse l’oubli.

À ce puzzle tragique, il manquait deux pièces essentielles : son propre témoignage de survivant et les mots du bourreau. Dans L’Élimination , livre capital, aussi important que les récits, en leur temps, de Primo Levi et Robert Antelme, Rithy Panh décrit dans des pages terrifiantes ce que fut la réalité du délire khmer rouge et les étapes de sa résistance au cœur de cette folle entreprise de déshumanisation.

Il signe aussi un documentaire implacable : son face-à-face avec le directeur de S 21, l’ancien collège français de Phnom Penh transformé en camp de détention, d’où personne ne sortait vivant.

Professeur de mathématiques, Kaing Guek Eav, alias Duch (également orthographié Douch), a longtemps dirigé M 13, une prison des maquis khmers rouges, avant d’être nommé par l’Angkar à la tête de S 21 où il a signé de sa main les ordres de torture et d’élimination de 12 380 personnes, regardées par leurs tortionnaires comme des « animaux sans âme » … Dans le registre de S 21, sur des annotations concernant de très jeunes enfants, Rithy Panh voit l’écriture de Duch : « Réduis-les en poussière. »

Duch réinvente sa vérité
À l’approche et en prévision de son procès, Duch a cédé aux sollicitations de Rithy Panh et accepté de répondre, face à la caméra, à ses questions. Pendant près de trois cents heures, le cinéaste a tenté d’obtenir la vérité que son interlocuteur refusait de lui donner, esquivant sans cesser d’argumenter, cachant sa responsabilité sous un flot de paroles.

Rithy Panh précise le sens de sa quête : « Je ne cherchais pas à comprendre Duch ni à le juger : je voulais lui laisser une chance d’expliquer, dans le détail, le processus de mort dont il fut l’organisateur (…). J’avais survécu au régime khmer rouge, je questionnais l’énigme humaine en la personne humaine de Duch. Il m’importait de lui rendre la parole. Je pense que même chez les pires assassins subsiste une part d’innocence. Je voulais qu’il chemine vers l’humanité. »

Peine perdue : Duch réinvente sa vérité, cherche une forme de rédemption avec des mots biaisés, des demi-mensonges. Alterne dans son système de défense entre la revendication d’une idéologie, dont le tort, à ses yeux, est d’avoir échoué, et l’affirmation de son statut de victime, « otage » du Kampuchéa démocratique.

Commentaire de Rithy Panh : « C’est une défense classique dans les systèmes totalitaires : tous les bourreaux se disent terrorisés. » Duch corrigera : « J’ai été l’otage du régime et l’acteur de ce crime. » Sans vrai repentir. Comme un constat. Rithy Panh se braque : « à S  21, Duch a donné des ordres pour que la souffrance soit maximale, au lieu de commander des exécutions rapides. »

Duch nie avoir entendu les cris des suppliciés, se réfugiant derrière la routine de son travail de bureau, simplement soucieux, raconte-t-il, que les prisonniers crachent la vérité (n’importe laquelle, pourvu qu’ils avouent).

À S 21, on torturait à tour de bras, avec des « raffinements » insoutenables : excréments avalés à la cuillère, mains sanglées, mâchoire écartée ; visage recouvert de ciment ; aiguilles sous les ongles ; nourrissons lancés contre un arbre ; bébés jetés d’une fenêtre devant ses parents. Et d’autres méthodes où les « exécutants » déployaient zèle et acharnement, sur ordre de Duch.

«J’étais sans famille. J’étais sans nom »
Ensuite, les victimes étaient exécutées de nuit. À la campagne, famine, brutalités incessantes, déplacements permanents sans logique, séances d’auto-critique en pleine nuit pour priver de sommeil et tenir par la terreur des êtres exsangues, exécutions sommaires et arbitraires se succédaient. Interdiction de se parler. Chacun se battait pour le moindre grain de riz et la noria des tâches de fourmi reprenait sous un soleil de plomb pour des travaux inutiles.

Tous les rapports humains étaient brisés : les mots « mari », « femme », « amour » étaient interdits comme les mariages d’amour ou… les lunettes. Les prénoms étaient abolis. «J’étais sans famille. J’étais sans nom. J’étais sans visage. Ainsi, j’étais vivant, car je n’étais plus rien», écrit Rithy Panh. Réduit à l’état de «loque», entre l’épuisement et les coups, il a tenu alors que sa famille sombrait, mourait. Il mangeait des racines, dormait sous la pluie, sans force.

«La résistance humaine est mystérieuse : j’ai agi comme un animal. L’instinct m’a préservé de mourir. Il y avait trop de morts partout…» Il a aussi assisté à des agonies interminables, atroces. Il a enterré des centaines de cadavres et demeure «hanté par le son que fait un corps humain qui tape un autre corps humain». Rithy Panh revient aussi sur trois «tabous» : les prises de sang forcées et massives jusqu’à la mort, le mode d’exécution des enfants et les viols.

«La banalité du bien»
L’effroi n’est pas de voir de face le visage d’un bourreau de masse qui apparaît sous les traits d’un vieil homme qui se tient droit, affronte les questions, rit face à certains témoignages accablants. Mais de découvrir un intellectuel qui parle français, cite La mort du loup, de Vigny, évoque Marx, analyse et justifie l’idéologie khmère, décrypte, à sa façon, la machine à tuer dont il était l’un des rouages les plus efficaces.

Effroi redoublé par sa conversion récente au christianisme, baptisé sous un faux nom… «Son crime est tel qu’il doit se chercher une voie spirituelle, estime Rithy Panh. Après tous ces morts, le bouddhisme ne peut pas lui accorder ce secours.»

Rithy Panh s’insurge contre ce qu’il est convenu d’appeler «la banalité du mal», formule rabâchée : «à un tel niveau de responsabilité, elle n’existe pas. Duch a cherché, inventé, trouvé des solutions pour exterminer ceux qui arrivaient à S21, avec son esprit mathématique, les améliorant, les perfectionnant de manière rationnelle.»

Sauvé par une série de petits gestes impensables, miraculeux, suivant l’exemple de son père et de sa mère qui ont résisté jusqu’à la mort, Rithy Panh plaide, avec force, pour «la banalité du bien» : «Il n’y a pas que la mémoire du génocide à transmettre, mais aussi le message de la générosité. Je crois que la bonté est une composante essentielle de la vie et qu’il faut se battre pour cette valeur qui est le vrai lien de l’humanité.»

L’élimination , de Rithy Panh (avec Christophe Bataille) – Grasset, 338 p., 19 €.

Duch, Le Maître des Forges de l’Enfer , de Rithy Panh****. Film franco-cambodgien, 1 h 43.

JEAN-CLAUDE RASPIENGEAS  - La Croix du 17 janvier 2012

REPÈRES
UNE QUÊTE OBSTINÉE

• Le sort de Duch

En 2009, Duch a été le premier dirigeant de l’Angkar, l’organisation toute-puissante des Khmers rouges, traduit devant une Cour de justice pénale internationale. Condamné à trentecinq ans de prison, il a fait appel. La cour statuera sur son sort début février.

• Le Centre Bophana

Depuis décembre 2006, le Centre Bophana – centre de ressources audiovisuelles – a été créé à l’initiative de Rithy Panh et de Ieu Pannakar, ancien directeur du centre du cinéma cambodgien, pour rassembler les archives audiovisuelles dispersées, les collecter systématiquement au Cambodge et dans le monde, en assurer la sauvegarde. Dédié à la reconstitution de la mémoire d’hier et d’aujourd’hui, ce lieu est un prolongement du travail cinématographique de Rithy Panh. Il poursuit aussi une autre mission : assurer une formation professionnelle pour l’audiovisuel.

• Bophana est le nom d’une jeune Cambodgienne qui a résisté en écrivant des lettres d’amour à son mari. C’était alors un « crime », passible de la peine de mort. Ils ont été dénoncés et traînés, l’un et l’autre mais sans le savoir, à S 21. Torturée pendant des mois, Bophana crie à la face des bourreaux, jusqu’à sa mort, qu’elle est « un être humain » . En 1996, Rithy Panh lui a consacré un film : Bophana, une tragédie cambodgienne .

• L’Institut national de l’audiovisuel (INA) est associé au Centre Bophana notamment par la consultation en libre accès des images, qui permet aux jeunes Cambodgiens de découvrir cette période tragique de l’histoire de leur pays, par la valorisation des archives sur les platesformes Web de l’INA pour des usages professionnels (inamediapro.fr) et grand public (ina.fr) et par l’analyse historique des sources.

La nécessité de dire l’horreur

‣ Le travail de Rithy Panh s’inscrit dans la liste des témoins et des survivants de génocides.

Après l’abominable, trouver des mots, reprendre la parole. Contrairement à l’idée d’un prétendu mutisme des anciens déportés, telle fut toujours l’urgence des survivants. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le retour des rescapés des camps nazis s’est accompagné d’une « véritable hémorragie d’expression », comme le disait Robert Antelme à son sujet. Dès 1947, Si c’est un homme, de Primo Levi (1919-1987) et L’Espèce humaine, de Robert Antelme (1917-1990) chercheront à mettre leurs mots sur l’expérience concentrationnaire.

Pour les rescapés, l’écriture prend une fonction thérapeutique, elle permet la survie, mais l’enjeu est aussi de transmettre une expérience et de partager un fardeau impossible à porter seul. Elle permet de révéler la vie des camps qui fut « obscurité, manque absolu de repère, solitude, oppression incessante, anéantissement lent », mais aussi « revendication forcenée, et presque toujours elle-même solitaire, de rester, jusqu’au bout des hommes », partage Robert Antelme. Par l’écriture, il s’agit de rétablir une communication brisée par l’univers concentrationnaire où « l’usage de la parole pour communiquer la pensée, ce mécanisme nécessaire et suffisant pour que l’homme soit homme, était tombé en désuétude », témoigne Primo Levi, dans Les Naufragés et les Rescapés.

Chez d’autres survivants, comme Jean Cayrol (1911-2005), l’écriture qui permet de « passer de la survivance à la survie » empruntera les chemins de la poésie. Elie Wiesel envisagera la littérature comme « une matzeva, une pierre tombale invisible à la mémoire des morts sans sépulture » . D’autres, comme Imre Kertész, accepteront le détour par l’esthétique pour circonscrire le mal.

Aux récits initiaux des témoins, d’autres sont venus apporter leur pierre au refus de l’oubli, sans avoir eux-mêmes vécu la déportation et les camps. Le cinéaste Alain Resnais, dans Nuit et brouillard, Claude Lanzmann, dans Shoah, ont montré qu’il était possible de recevoir et de retraduire l’expérience génocidaire. En réponse à la hantise des déportés craignant l’incommunicabilité de leur expérience, ils apportèrent le gage que celle-ci était partageable, au prix d’un inlassable travail de réception.

Face aux tragédies, de grandes œuvres ne cessent ainsi de se construire, modelées par l’urgence du témoignage et l’impératif de la mémoire. Si les drames qu’elles racontent restent irréductibles les uns aux autres – le goulag pour Alexandre Soljenitsyne, le génocide rwandais pour l’écrivain-journaliste Jean Hatzfeld – toutes interrogent, et, par là, relèvent, une humanité martyrisée.

ÉLODIE MAUROT - La Croix du 17 janvier 2012

VU DU CAMBODGE
A Phnom Penh, des procès lents et chaotiques

‣ Les trois ex-dirigeants du régime khmer rouge maîtrisent parfaitement les débats à leur procès. Confuses, les audiences vont durer des années.

À la barre, Nuon Chea a le dessus. Revêche, l’ancien numéro deux du régime khmer rouge réclame les originaux de tous les documents qui lui sont présentés. Une condition pour qu’il s’exprime, grincet-il, surtout quand une question le gêne. « Nuon Chea est très arrogant, parfois moqueur. Il donne l’impression d’un homme qui ne veut pas recevoir d’ordres » , analyse Me Élisabeth Simonneau-Fort, co-avocate principale des parties civiles dans ce procès des anciens dirigeants khmers rouges. Khieu Samphan, ex-chef d’État sous Pol Pot, joue la provocation. Il choisit les questions des juges auxquelles il voudra bien répondre. Il leur donne ses instructions. Ieng Sary, ancien ministre khmer rouge des affaires étrangères, se retire la plupart du temps dans sa cellule pour se reposer. Il n’est apparu qu’une seule fois à la barre, essoufflé, se tapotant la poitrine, pour tenter de convaincre les magistrats d’abréger son interrogatoire. Accusés de crimes contre l’humanité et de génocide, ces trois anciens proches de Pol Pot semblent mener la danse à leur procès.

En audience, Nuon Chea, le plus bavard des trois, a soutenu que « le parti (communiste des Khmers rouges) n’avait pas le pouvoir d’écraser qui que ce soit » et qu’il « n’a pris aucune mesure pour interdire le bouddhisme » . Des propos aux antipodes de ce que les historiens spécialistes de la période 1975-1979 ont prouvé. Glacial, Nuon Chea n’a pas hésité à justifier les massacres : « Il était préférable de préserver le capital humain plutôt que de le tuer, sauf (…) dans le cas de certaines exceptions. »

Pour le moment, les magistrats n’apportent guère la contradiction aux accusés, préférant les caresser dans le sens du poil pour qu’ils coopèrent. Les parties civiles entendues n’ont pas non plus permis de mettre en doute les versions de ces trois vieillards. Âgées, effrayées, sans cesse interrompues par des questions de procédure, elles n’ont rien apporté aux débats. « Les premières audiences sont chaotiques, analyse Me Simonneau-Fort. On navigue à vue. »

Débuté le 21 novembre, le procès examine dans un premier temps la mise en place du régime khmer rouge et les déplacements forcés de population. Cette première phase pourrait durer plus d’un an et demi. Autant dire qu’il n’est pas certain que des questions fondamentales, comme les centres de torture, l’extermination planifiée de certaines minorités et les purges au sein du régime, soient un jour abordées. Les accusés sont âgés : Khieu Samphan, Nuon Chea et Ieng Sary ont respectivement 80, 85 et 86 ans.

Pas sûr, non plus, que ce tribunal parrainé par les Nations unies arrête d’autres suspects. Le procureur international a pourtant réclamé la mise en détention de Sou Met et Meas Muth, ex-commandants de l’armée de l’air et de la marine khmère rouge. Ils seraient responsables de « crimes contre l’humanité » et ils auraient entraîné la mort de « milliers, et sans doute de dizaines de milliers » de personnes, d’après un document judiciaire confidentiel. Mais ces suspects peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Ils sont protégés par le gouvernement cambodgien, composé lui-même d’anciens Khmers rouges de rang moyen. Le premier ministre a indiqué qu’il n’autoriserait pas d’autres procès après celui des dirigeants historiques.

En décembre, un nouveau juge d’instruction international est arrivé au Cambodge. On le dit prêt à rouvrir ces dossiers sensibles. Sa nomination doit être approuvée par le Conseil supérieur de la magistrature local. Celui-ci lambine. Il s’est finalement réuni vendredi, sans investir le juge international. « Le gouvernement cambodgien veut empêcher ce magistrat de travailler , tranche Ou Virak, président du Centre cambodgien des droits de l’homme. Plus l’enquête est retardée, plus le gouvernement a de chances d’atteindre son but, à savoir faire échouer ces dossiers. »

JÉRÔME BORUSZEWSKI - La Croix du 17 janvier 2012

PAROLES
« J’avais peur de me tromper car j’étais le seul à dénoncer »

P. François Ponchaud Missions étrangères de Paris. Il fut le premier à alerter l’Occident sur le génocide khmer dans les éditions de « La Croix » des 24 et 25 octobre 1975

« L’article du Monde, le 17 février 1976, quatre mois après la tribune de La Croix, m’a aussi valu de sévères critiques. C’est seulement après la parution de mon livre, en 1977, que tout le monde s’est écrasé ! Les machines de désinformation soviétique étaient redoutables. Même dans mon esprit, cela n’a pas toujours été clair. Je me trouvais face à un cas de conscience très profond : avais-je tort de contester la révolution en cours ? Ne rendais-je pas un mauvais service à ce peuple ? J’avais peur de me tromper, car j’étais le seul à dénoncer les Khmers rouges. Mais les témoignages allaient tous dans le même sens.

Je vais être appelé à témoigner au procès. Si je le peux, je poserai la question du rôle de l’ONU. Elle a mis quatorze années à réagir ! Or elle savait très précisément ce qui se passait. Mais elle a sacrifié le peuple khmer à des intérêts géostratégiques. Je lui dénie le droit de juger les Khmers rouges, car elle les a soutenus. »

RECUEILLI PAR CÉLINE HOYEAU - La Croix du 17 janvier 2012

Thierry cruvellier ,
« La mémoire se libère différemment »
auteur du « Maître des aveux » (1)

« On constate que la mémoire et les témoignages se libèrent différemment dans le temps, selon les individus et d’une situation politique à une autre. Au Cambodge, les vannes se sont ouvertes très tard ; au Rwanda, le traitement de la mémoire du crime fut au contraire très immédiat. Peut-être la mémoire se libère-t-elle encore plus quand elle se met au service d’une possibilité de punir, comme aujourd’hui au Cambodge ? On voit, dans ce pays, un effet caisse de résonance lié à la création de la cour de justice. Rithy Panh a commencé il y a longtemps son travail audiovisuel, mais il ne s’était jamais exprimé d’un point de vue personnel. Peut-être cette énorme vague de mémoire cambodgienne l’a-t-elle résolu à faire cet exercice sur lui-même. »

(1) Gallimard. Lire La Croix du 20 octobre 2011.

RECUEILLI PAR SABINE AUDRERIE - La Croix du 17 janvier 2012

Le P. François Ponchaud raconte « les machines de désinformation redoutables » sur le Cambodge

Alors que le cinéaste Rithy Panh poursuit son travail de mémoire en décrivant pour la première fois ce que fut la réalité quotidienne du génocide cambodgien entre juin 1975 et janvier 1979 dans L’élimination et le documentaire Avec Duch, Le Maître des Forges de l’Enfer , le P. François Ponchaud, le premier à avoir alerté l’Occident, se souvient de l’inertie de la communauté internationale

Prêtre des Missions étrangères de Paris, il avait publié une première tribune dans La Croix le 15 octobre 1975 (cinq mois après la prise du pouvoir par les Khmers rouges). Mais « même l’article publié dans Le Monde , le 17 février 1976, quatre mois après la tribune de La Croix » lui a valu « de sévères critiques de Libération », se souvient-il.

C’est seulement après la parution de son livre, Cambodge, année zéro , sorti le 3 février 1977, que « tout le monde s’est écrasé ! » : « Les machines d’information et de désinformation étaient redoutables, raconte-il à La Croix . Notamment en provenance de l’Union soviétique qui manipulait l’information en France, y compris dans le clergé. Je me souviens avoir donné une conférence en 1976, certains confrères me disant d’un air condescendant : “Après tout ce que tu as vécu, on comprend que tu sois anticommuniste”… Ils me prenaient pour un fou. C’était une drôle de mentalité à l’époque. Dans l’Action catholique ouvrière par exemple, on ne pouvait être que de gauche, être chrétien de droite, c’était une antinomie. Comme si la vérité était d’un côté ».

Si l’Occident a commencé à croire aux atrocités des Khmers en 1977, selon le P. Ponchaud, c’est parce que le Vietnam et le Cambodge étaient en conflit : « Le premier était soutenu par l’URSS, le second par la Chine… Donc on a révélé les atrocités des Khmers rouges ».

En 1979, atterré par l’inertie de la communauté internationale, il se rend à Rome pour alerter Jean-Paul II. « Même dans mon esprit, cela n’a pas toujours été clair, confie-t-il. C’était un cas de conscience très profond : avais-je tort de contester la révolution khmère en cours ? est-ce que je ne rends pas un mauvais service au peuple khmer ? J’avais peur de me tromper car j’étais le seul à les dénoncer. Mais tous les témoignages allaient dans le même sens. »

Le P. Ponchaud va être bientôt appelé à témoigner au procès des Khmers rouges. « Si je le peux, je dirai que ce qui pose question, c’est le rôle de l’ONU, affirme-t-il. Elle a mis quatorze années à réagir ! Or les Nations unies savaient très précisément tout ce qui se passait. Mais ils ont sacrifié le peuple khmer à des intérêts politiques, géostratégiques. Je dénie à l’ONU le droit de les juger les Khmers rouges, car elle les a soutenus. »

CÉLINE HOYEAU - La Croix du 16 janvier 2012 Urbi et Orbi


 

 

 

CANADA

Des références chrétiennes en voie de disparition

‣ Sous prétexte de ne pas heurter les sensibilités culturelles et religieuses différentes, des responsables politiques et des médias font pression depuis dix ans pour gommer les références chrétiennes entourant Noël, comme le sapin ou l’échange de vœux.

Après les chants, la crèche et le sapin, ce sont désormais les décorations et les vœux de Noël qui sont menacés de disparition dans les rues du Canada. Sous prétexte d’éviter de froisser d’autres sensibilités religieuses, élus et journalistes suppriment ce qui peut connoter chrétiennement cette fête.

L’épisode qui a fait le plus de bruit est la publication, révélée début décembre par le quotidien québécois La Presse , d’une directive de Service Canada, le programme canadien de prestations sociales, interdisant d’afficher des décorations de Noël dans les espaces publics. Devant l’ampleur de la grogne, le ministère fédéral des ressources humaines a annulé cette décision.

Cette controverse, qui date d’une dizaine d’années, se cristallise surtout dans le discours public. Au Québec, le chef du parti libéral, Jean Charest, critiqué déjà en 2008 pour avoir temporairement changé l’appellation « sapin de Noël » par « sapin des fêtes », a effacé le traditionnel « Joyeux Noël » de ses vœux à l’Assemblée nationale. Le gouvernement de l’Ontario, lui, a invité ses employés à fêter « les célébrations dites du solstice d’hiver ». À la radio et à la télévision, on évoque le « temps des fêtes ». « Mes collègues sont gênés lorsque je leur souhaite un Joyeux Noël, comme si j’avais prononcé un mot tabou » , confie une Française travaillant dans un grand média canadien.

L’arrivée massive de populations immigrées et la politique d’intégration volontariste du Canada, qui cherche à éliminer les barrières culturelles et religieuses, explique en partie ces débats. Dernier exemple en date : plutôt que de céder aux demandes des musulmans de placer aussi leurs symboles religieux devant l’hôtel de ville, le conseil municipal de Ville-MontRoyal a préféré supprimer la crèche de Noël. « Il y a une sorte de mauvaise conscience à l’égard des nouveaux arrivants, analyse le sociologue Martin Meunier, directeur de recherche à la faculté des sciences sociales de l’université d’Ottawa.

Le Canada se veut multiculturel. On a peur de sembler privilégier une religion aux autres. Alors on police l’espace public. »

Pour autant, ce débat dépasse la seule question de l’immigration, estime encore Martin Meunier. « La pratique catholique a chuté fortement au Québec avec la révolution tranquille, mais jusqu’aux années 1990, Noël, et l’Église catholique plus largement, restaient une référence forte. Depuis dix ans, le lien entre la culture canadienne et le catholicisme se dissout. » Ainsi 48 % des moins de 35 ans ne vont jamais à la messe.

La fin de ce « concordat culturel » va de pair avec une montée du laïcisme. Très virulent le mouvement laïque québécois invoque la laïcité pour rejeter toutes les requêtes d’« accommodement raisonnable » de nature religieuse. Tandis que les autres communautés religieuses, elles, ne semblent pas s’émouvoir des décorations de Noël. Ainsi lorsqu’une juge de l’Ontario, Marion Cohen, a ordonné le retrait d’un sapin de Noël du hall d’un palais de justice de Toronto, le Congrès musulman du Canada a qualifié la décision de « stupide », ajoutant qu’il faudrait bannir le politiquement correct plutôt que les sapins de Noël.

Céline Hoyeau - La Croix du 22 décembre 2011

 

 

CHEMIN NEOCATECHUMENAL

Eglise catholique: le Chemin Néocatéchuménal a reçu les derniers agréments

CITE DU VATICAN, 11 jan 2012 (AFP) - Le Chemin néocatéchuménal, une
communauté catholique qui connaît un essor exponentiel notamment en Amérique
latine, a reçu les derniers agréments officiels du Vatican en matière
liturgique à l'issue d'un processus de dix ans, a appris mercredi l'agence
d'informations religieuses I.Media.
La publication du décret d'approbation signé le 30 décembre par le Conseil
pontifical pour les laïcs pourrait avoir lieu le 20 janvier lorsque Benoît
XVI recevra en audience quelque 7.000 membres de cette communauté.
Dans la salle Paul VI, le cardinal Stanislaw Rylko, président du Conseil
pontifical pour les laïcs, devrait lire le décret validant les usages
liturgiques de la communauté, en présence des fondateurs, les Espagnols Kiko
Argüello et Carmen Hernandez.
Au cours de l'audience entre Benoît XVI et des délégués de ce mouvement
venus du monde entier, le pape devrait procéder à l'envoi de "familles en
mission", dans le cadre de la "nouvelle évangélisation".
Le Chemin néocatéchuménal, plutôt conservateur et affirmant très fortement
son allégeance au pape, a dû traverser des périodes d'observation et
diverses étapes avant d'arriver à la reconnaissance d'aujourd'hui. En 2006,
le Vatican avait demandé certaines modifications liturgiques.
Ce mouvement reste perçu par certains prélats et évêques avec réticence,
voire hostilité en raison de ses innovations en matière liturgique (par
exemple recevoir la communion assis) et de ce qui est ressenti comme une
trop grande indépendance par rapport aux paroisses.
Plusieurs membres de la Curie et le pape lui-même semblent avoir été conquis
par leur ferveur prosélyte, le vaste recrutement de prêtres, religieux et
religieuses que le mouvement a réussi à opérer.
Le Chemin néocatéchuménal se définit comme un "itinéraire de formation
chrétienne" né dans les années 60. Il est aujourd'hui présent dans plus de
900 diocèses, pour environ 40.000 communautés. Il compte plus de 70
séminaires, appelés "Redemptoris Mater".
Au lendemain des Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ) en août à Madrid,
le "Chemin" avait réuni entre 100.000 et 200.000 jeunes pour poursuivre la
fête avec sa célébration propre.

Mouvement religieux ou secte ?

Rome: Le "Chemin néocatéchuménal" contesté par les évêques japonais

Rome, 12 janvier 2012 (Apic) Benoît XVI a reçu en audience, le 12 janvier 2012, trois évêques nommés en 2011 venus tout particulièrement exposer à Rome les difficultés qu’ils rencontrent avec le Chemin néocatéchuménal, a appris l’agence de presse I.MEDIA. A l’occasion de cette visite, les évêques de Takamatsu, d’Oïta et d’Hiroshima ont également rencontré de nombreux responsables de la curie romaine.

“L’un des sujets majeurs de cette visite est la question des néocatéchumènes“, a ainsi confié à I.MEDIA Mgr John Eijiro Suwa, évêque de Takamatsu, avant d’évoquer sans plus de précision de “nombreux types de problèmes“. “Ces problèmes sont les mêmes qu’avant“, a seulement ajouté le prélat à la tête du diocèse de Takamatsu depuis mars 2011. Cette visite d’évêques japonais intervient alors que, fin 2011, Rome a validé les pratiques liturgiques du Chemin néocatéchuménal, au terme d’un processus …

Apic (Agence de Presse Catholique Internationale) du 12 01 2012

Des évêques japonais évoquent à Rome leurs « problèmes » avec le Chemin néocatéchuménal

Benoît XVI a reçu en audience, jeudi 12 janvier, trois évêques nommés courant 2011 venus tout particulièrement exposer à Rome les difficultés qu’ils rencontrent avec le Chemin néocatéchuménal, a appris l’agence I.Media. À l’occasion de cette visite, les évêques de Takamatsu, d’Oïta et d’Hiroshima ont également rencontré de nombreux responsables de la Curie romaine.

« L’un des sujets majeurs de cette visite est la question des néocatéchumènes », a ainsi confié à I.Media Mgr John Eijiro Suwa, évêque de Takamatsu, avant d’évoquer sans plus de précision de « nombreux types de problèmes ». « Ces problèmes sont les mêmes qu’avant », a seulement ajouté l’évêque à la tête du diocèse de Takamatsu depuis mars 2011. Cette visite d’évêques japonais intervient alors que Rome aurait validé les pratiques liturgiques du Chemin néocatéchuménal, au terme d’un processus long de 10 ans.

Jeudi, le pape a ainsi rencontré Mgr John Eijiro Suwa, dont le diocèse a longtemps abrité un séminaire du Chemin néocatéchuménal fermé en 2008 sur requête de son prédécesseur. L’évêque de Takamatsu était accompagné de Mgr Paul Sueo Hamaguchi, évêque d’Oïta depuis mars 2011, ainsi que de Mgr Thomas Aquino Manyo Maeda, évêque d’Hiroshima depuis juin 2011 après avoir été secrétaire général de la Conférence épiscopale japonaise.

« La cause de souffrances profondes et douloureuses au sein de l’Église »
Devant le pape, en 2007, le président de la Conférence épiscopale japonaise de l’époque n’avait pas hésité à parler de « problème grave » en évoquant les activités des membres du Chemin au pays du Soleil levant. « Au sein de la petite communauté que représente l’Église catholique au Japon, affirmait-il ainsi devant Benoît XVI, les activités des membres du Chemin, puissantes et assimilables à celles d’une secte, sont un facteur de division et de conflit. Elles sont la cause de souffrances profondes et douloureuses au sein de l’Église. »

Plus que la vitalité du Chemin néocatéchuménal, c’est son mode de fonctionnement qui semble poser problème aux évêques nippons, à la tête d’une petite Église.

Quatre ans plus tard, Mgr John Eijiro Suwa évoque encore « des problèmes similaires » mais se dit confiant à l’approche d’une rencontre avec les responsables locaux du Chemin. « Dans un futur proche, les évêques japonais rencontreront les responsables du Chemin néocatéchuménal au Japon », affirme ainsi l’évêque de Takamatsu avant d’ajouter : « Nous devons nous pardonner les uns les autres mais, dans le même temps, il nous faut aussi résoudre les problèmes ».

Développer le dialogue
En 2007 et en 2010, le pape avait déjà accordé des audiences à des évêques japonais venus confier leurs difficultés avec le Chemin néocatéchuménal. La dernière audience, en décembre 2010, en présence de chefs de dicastère de la Curie romaine, avait néanmoins été l’occasion de ne pas donner suite à la requête de l’épiscopat nippon de suspendre la présence du Chemin néocatéchuménal au Japon pour une durée de cinq ans mais au contraire de développer le dialogue entre cette communauté et l’épiscopat, et de nommer un délégué en charge de ce dialogue.

Le Chemin néocatéchuménal est un « itinéraire de formation chrétienne » né dans une banlieue défavorisée de Madrid (Espagne) dans les années 1960 à l’initiative de Kiko Argüello, rapidement rejoint par une autre laïque, Carmen Hernandez, et un prêtre italien, Mario Pezzi, qui forment aujourd’hui l’équipe responsable internationale.

Le Chemin est aujourd’hui présent sur tous les continents, dans plus de 900 diocèses, pour un total d’environ 40 000 communautés. Il compte en outre plus de 70 séminaires Redemptoris Mater dans le monde entier.

La Croix du 13 janvier 2012 - Urbi et Orbi

Le Vatican donne son agrément au Chemin néocatéchuménal, nouveau favori

CITE DU VATICAN, 19 jan 2012 (AFP) - Benoît XVI doit donner vendredi son
agrément final au Chemin néocatéchuménal, mouvement en pleine expansion,
devenu le favori et protégé de plusieurs cardinaux, en raison de son
dynamisme fervent et en dépit de critiques à droite et à gauche de l'Eglise.
Le pape, qui a convoqué un synode en octobre prochain pour relancer la
"nouvelle évangélisation", avait prôné durant son voyage en septembre en
Allemagne une transmission de la foi par des communautés où s'échangent "les
expériences" et où se vit "une nouvelle proximité de l'Eglise avec la
société".
Le "Chemin", né dans les années 60 en Espagne, est aujourd'hui présent sur
tous les continents, pour environ 40.000 communautés. Il compte plus de 70
séminaires formant des centaines de prêtres. En Espagne et en Italie, en
Amérique latine, il est en plein essor.
Dans la Salle Paul VI, le pape devrait recevoir quelque 5.000 membres pour
en valider les pratiques liturgiques, au terme de dix ans jalonnés de
rappels à l'ordre et d'étapes probatoires: en 2002 approbation à titre
expérimental des statuts, en 2008 approbation définitive, validation de la
catéchèse fin 2010.
Le cardinal Stanislaw Rylko, président du Conseil pour les laïcs, lira le
décret validant ses pratiques souvent originales, en y apportant peut-être
quelques correctifs finaux.
Les fondateurs espagnols, Kiko Argüello et Carmen Hernandez, ont la
bienveillance d'un pape pourtant sourcilleux sur l'orthodoxie liturgique. Il
s'est laissé convaincre par l'enthousiasme et la fidélité indéfectible des
néocatéchumènes au Saint-Siège, sans cesse réaffirmée.
Une des spécificités du Chemin néocatéchuménal est d'être un "itinéraire de
formation chrétienne", en diverses étapes et divers groupes, adaptées donc à
la nouvelle évangélisation d'adultes.
Il veut aussi revenir à la participation communautaire des chrétiens des
premiers siècles.
Lors de longues célébrations, accompagnées d'une symbolique puisant dans les
traditions juives, des temps sont accordés aux "partages" de foi,
témoignages personnels des joies et des souffrances. Dans les assemblées
chaleureuses comme celles suivant les Journées mondiales de la jeunesse
(JMJ), des jeunes du mouvement sont appelés à "se lever" s'ils sentent une
vocation religieuse.
Entre 100.000 et 200.000 jeunes du Chemin ont ainsi prolongé les JMJ en août
à Madrid par une célébration propre. Des familles entières sont aussi
envoyées "en mission" dans le monde.
Le mouvement a été critiqué par les tenants d'une liturgie sobre et les plus
traditionalistes pour ses innovations --l'eucharistie reçue par les fidèles
autour de l'autel, les "monitions" et témoignages de fidèles lors de
cérémonies émotionnelles--. Mais aussi par certains progressistes, qui le
soupçonnent d'être sectaire et le trouvent trop aligné sur le Vatican,
rigide en matière de moeurs et jugeant le monde moderne matérialiste et
hédoniste de manière excessivement pessimiste.
Certains évêques et prêtres ont aussi reproché au Chemin de tenir ses
célébrations de manière parallèle aux paroisses, court-circuitant et
dévalorisant les circuits de l'Eglise.
Du côté des "néocats", il n'est pas
rare d'entendre des avis critiques sur des paroisses manquant de chaleur.
La semaine dernière, Benoît XVI a reçu trois évêques japonais venus exposer
leurs inquiétudes sur le Chemin au Japon. Dans le passé, un d'eux avait même
parlé d'"activités puissantes et assimilables à celles d'une secte" et
"facteur de division". Rome juge ces objections largement excessives et
injustes.
Alors que les Légionnaires du Christ ont été affaiblis par le scandale de
pédophilie entourant leur fondateur Marcial Maciel, le Néocatéchuménat est
perçu au Vatican un de ses nouveaux atouts maîtres pour convertir des gens
de tous milieux.

Le Saint-Siège valide l'intuition du Chemin néocatéchuménal

La signature d’un décret du Conseil pontifical pour les laïcs marque la fin d’un processus de reconnaissance qui a pris une dizaine d’années.

Le Chemin est considéré à Rome comme un acteur important de la nouvelle évangélisation.

Devant 7 000 membres du Chemin néocatéchuménal, réunis comme chaque année à cette époque devant Benoît XVI dans la salle Paul-VI du Vatican, Mgr Josef Clemens, secrétaire (numéro deux) du Conseil pontifical pour les laïcs, a lu, vendredi 20 janvier, le décret validant les pratiques liturgiques du Chemin néocatéchuménal. Signé le 8 janvier 2011 par le cardinal Stanislaw Rylko, président de ce Conseil, ce texte marque l’aboutissement d’un long parcours, marqué de polémiques entre des évêques et des représentants du Chemin.

Après l’approbation ad experimentum des statuts en 2002, pour une durée de cinq ans puis leur approbation définitive en 2008, après la validation par la Congrégation pour la doctrine de la foi de son directoire catéchétique fin 2010, ce décret sur les célébrations liturgiques vient clore le parcours de reconnaissance officielle de cette communauté.

« C’est un nouveau départ pour nous », souligne le P. Guillaume Bruté de Rémur, recteur, à Beyrouth, de l’un des 80 séminaires Redemptoris Mater animés dans le monde par le Chemin. « Ce texte, poursuit-il, donne désormais des garanties aux évêques, destinataires de notre itinéraire de formation. »

« Ne pas se séparer de la communauté paroissiale »
Plusieurs cardinaux et de nombreux évêques étaient présents, ce vendredi, dans la salle Paul-VI. Ils ont entendu le cofondateur du Chemin, Kiko Argüello, se féliciter de « ce sceau de l’Église, qui nous aidera dans la bataille de la nouvelle évangélisation ».

Dans son allocution, Benoît XVI a remercié le Chemin pour « son engagement ferme, et pas toujours facile » envers cette nouvelle évangélisation, notamment envers « ceux qui se sont éloignés de l’Église ».

Acceptant la célébration de l’eucharistie « selon leurs particularités dans des petites communautés », il a souligné que « la maturation progressive de la foi au sein des petites communautés doit favoriser leur insertion dans la vie de la grande communauté ecclésiale, qui trouve dans la célébration liturgique de la paroisse sa forme ordinaire », en veillant à « ne pas se séparer de la communauté paroissiale ».

Envoi en mission des « familles missionnaires »
Pour une source vaticane proche du dossier, il n’y a là rien de nouveau. Face aux préventions de nombreux évêques préoccupés des particularités liturgiques mises en œuvre par le Chemin, Rome réaffirme simplement une certaine liberté liturgique. De telles « paraliturgies » existent ailleurs, indique-t-on, Rome veillant à rappeler que l’évêque est « le maître de la liturgie ».

Sur le fond, le soutien romain porte notamment, dans le cadre de la priorité donnée à la nouvelle évangélisation, sur l’envoi en mission des « familles missionnaires », « très courageuses » souligne-t-on. Ce vendredi, Benoît XVI en a ainsi envoyé 18 en mission, dont 12 en Europe (dont Albi, Bayonne, Toulon, Strasbourg, Lyon), quatre en Amérique et une en Afrique.

Cette validation survient six ans après la lettre du cardinal Francis Arinze, alors président de ce dicastère, adressée aux responsables du « Chemin ». Dans cette missive personnelle, considérée désormais par les responsables du Chemin comme « caduque », le cardinal faisait le point sur « la célébration de la messe dans les communautés du Chemin », demandant de suivre les livres liturgiques de l’Église lors des messes, « sans omettre ni rien ajouter ».

Le cardinal Arinze souhaitait que les communautés participent régulièrement aux messes paroissiales, mais aussi qu’elles veillent à réserver les prédications aux prêtres ou aux diacres.

« La diversité liturgique a toujours existé dans l’Église »
L’Église du Japon, pour sa part, avait demandé à Rome, à plusieurs reprises, de suspendre les activités du Chemin dans ce pays. « Là où le Chemin néocatéchuménal est actif, on constate que la confusion, le conflit, la division et le chaos sont présents », avait écrit dans les colonnes de l’hebdomadaire catholique japonais, Katorikku Shimbun , Mgr Leo Ikenaga Jun, archevêque d’Osaka et président de la Conférence épiscopale, déplorant qu’il soit « très difficile de faire remonter jusqu’à Rome la réalité de la situation ». Mais le pape a rejeté cette requête, envoyant un visiteur pour tenter d’apaiser les tensions.

« La diversité liturgique a toujours existé dans l’Église », affirme le P. de Rémur. Cette liberté est également soulignée par le P. Antoine de Monicault, curé de la paroisse parisienne Notre-Dame de Bonne Nouvelle : « Il n’y a pas d’engagement, pas de vœux. Chacun est libre à tout moment d’entrer chez nous comme d’en sortir. »

Et de citer l’exemple du producteur de télévision Thierry Bizot, auteur du best-seller Catholique anonyme (Points-Seuil). Sans pour autant suivre l’itinéraire proposé par le Chemin, c’est à l’occasion de rencontres avec ses membres qu’il a pu redécouvrir sa foi.

Réticences épiscopales aux « appels vocationnels »
Concernant les réticences épiscopales à l’égard des « appels vocationnels » du Chemin, rassemblements qui se tiennent au lendemain des JMJ, et au cours desquels les responsables demandent aux jeunes souhaitant devenir prêtres de « se lever », le P. de Monicault se veut rassurant : « Il s’agit simplement de recueillir les fruits des JMJ. Sur 5 000 qui se lèvent, seulement 3 à 500 vont au séminaire. Et ensuite, le processus de discernement dure dix ans… »

Le 7 janvier, c’est un membre éminent du Néocatéchuménat, Mgr José Luis Del Palacio y Pérez-Medel, que Benoît XVI a nommé évêque de Callao (Pérou). Ordonné prêtre par Jean-Paul II en 1985, il avait fondé plus tard à Callao la Faculté de théologie Redemptoris Mater . Mgr Del Palacio est également membre du nouveau Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation.

FRÉDÉRIC MOUNIER (à Rome) et ANNE-BÉNÉDICTE HOFFNER - La Croix.om du 20 janvier 2012



 

 

 

CHINE

Les membres du Parti communiste ne doivent pas croire en une religion

Le Parti souffrirait de conséquences « pernicieuses » si ses membres étaient autorisés à croire en une religion, a déclaré Zhu Weiqun, chef adjoint exécutif du département de travail du front uni du comité central du PCC. Zhu Weiqun a réfuté que ce soit en contradiction avec la liberté de croyance religieuse rappelée dans la Constitution chinoise. Mais « quand un citoyen adhère volontairement au PCC, il accepte la dialectique matérialiste marxiste du monde » .

La Croix du 21 décembre 2011

Le dissident Gao Zhisheng emprisonné dans le Xinjiang

La Chine a emprisonné un de ses dissidents les plus connus, l’avocat Gao Zhisheng, dans la lointaine province du Xinjiang (ouest), ont précisé des proches. Il s’agit de la première indication sur son lieu d’enfermement depuis son arrestation il y a vingt mois. Âgé de 47 ans, ce célèbre militant des droits civiques, défenseur des chrétiens, avait déjà été condamné à trois ans de prison en 2006 pour « incitation à la subversion du pouvoir de l’État ».

La Croix du 2 janvier 2012

Chine : "Eglises d'Asie" présente les 9 prêtres et évêques prisonniers

Démarche d'AsiaNews pour leur libération

ROME, mercredi 18 janvier 2012 (ZENIT.org) – Sur les neuf prêtres et évêques cités par l’agence AsiaNews, cinq sont détenus au secret sans qu’aucune information n’ait jamais été communiquée par les autorités chinoises à leur sujet, précise "Eglises d’Asie", l’agence d’information des Missions étrangères de Paris (http://eglasie.mepasie.org) qui présente chacun d’entre eux.

Il s’agit de :

- Mgr James Su Zhimin, évêque « clandestin » de Baoding (Hebei) : arrêté le 8 octobre 1997, Mgr Su doit aujourd’hui avoir dans les 80 ans. Jamais jugé, Mgr Su a totalement disparu de la circulation, sauf à une occasion, en novembre 2003, lorsqu’il a été aperçu dans un hôpital de Baoding sous étroite surveillance policière. Auparavant, Mgr Su a passé 26 années en camps de travail en tant que « contre-révolutionnaire » pour son refus de rejoindre les structures patriotiques mises en place par Pékin afin de contrôler l’Eglise catholique de Chine. Au total, Mgr Su a donc passé 40 ans de sa vie en captivité.

- Mgr Côme Shi Enxiang, évêque « clandestin » de Yixian (Hebei) : âgé de 90 ans, Mgr Shi a arrêté le 13 avril 2001, un Vendredi Saint. Ses proches n’ont reçu aucune nouvelle de lui malgré leurs nombreuses démarches auprès des autorités. Emprisonné de 1957, contraint aux travaux forcés dans une ferme du Nord-Est puis dans une mine de charbon du Shanxi, libéré en 1980, Mgr Shi a été de nouveau arrêté en 1983. Suivent trois années de résidence surveillée. En 1989, il est arrêté comme tous ceux qui avaient pris part à la création d’une Conférence des évêques « clandestins » et n’est relâché qu’en 1993. Au total, Mgr Shi a passé près de 51 ans en détention.

- P. Joseph Lu Genjun, vicaire général « clandestin » du diocèse de Baoding : ordonné prêtre en 1990, le P. Lu a été une première fois brièvement détenu, après avoir été arrêté le 5 avril 1998, dimanche des Rameaux. Peu avant Pâques 2001, il a de nouveau été arrêté et condamné à une peine de trois ans de rééducation par le travail. Bénéficiant d’une remise de peine, il avait été libéré à la mi-2003. Puis, le 14 mai 2004, la police l’interpellait de nouveau, le relâchant quatre jours plus tard, après que la nouvelle de son arrestation eut été relayée par des médias étrangers. Arrêté le 17 février 2006, le P. Lu, qui est le second vicaire général du diocèse de Baoding, a depuis « disparu ».

- P. Simon Zhang Jianlin, prêtre « clandestin » du diocèse de Xuanhua (Hebei) : prêtre du diocèse de Xuanhua, le P. Zhang a été interpellé par les Affaires religieuses le 22 juin 2011. Depuis, on est sans nouvelles de lui. En 2008 puis en 2009, il avait déjà eu affaire avec les autorités, celles-ci exerçant de très fortes pressions sur lui afin qu’il rallie les instances « officielles ».

- P. Cui Tai, prêtre « clandestin » du diocèse de Xuanhua : arrêté lui aussi le 22 juin 2011, il a disparu depuis. Etroitement surveillé par la police, il avait été arrêté à plusieurs reprises depuis le début des années 1990. Battu en 1993 lors d’une période de détention de trois ans, il y avait laissé une partie de santé.

Les quatre autres clercs cités par AsiaNews sont détenus dans des lieux connus de leurs proches :

- P. Liu Honggen, prêtre « clandestin » du diocèse de Baoding : arrêté le 27 décembre 2006, il est détenu à la prison de Qingyuan.

- P. Ma Wuyong, prêtre « clandestin » du diocèse de Baoding : arrêté en août 2004, il est détenu à la prison de Qingyuan.

- P. Wang Chengli, prêtre « clandestin » du diocèse de Heze (Shandong) : condamné le 25 août 2011 à deux ans et demi de rééducation par le travail pour avoir refusé de s’affilier à l’Association patriotique, il purge sa peine dans le camp de Jining.

- Mgr Joseph Wu Qinjing, évêque « officiel » du diocèse de Zhouzhi (Shaanxi) : Important diocèse du Shaanxi par le nombre de ses fidèles (60 000) et de ses prêtres (une cinquantaine), Zhouzhi a à sa tête un évêque reconnu par Rome mais non accepté par Pékin. Mgr Joseph Wu Qinjing a en effet été ordonné évêque en 2005 par Mgr Li Du’an, évêque de Xi’an (1987-2006), mais le Bureau des Affaires religieuses, qui avait un autre candidat pour le siège de Zhouzhi, n’a jamais accepté de reconnaître cette ordination épiscopale et, depuis, les autorités mènent la vie dure au jeune évêque, âgé de 42 ans. Les arrestations succèdent aux mises en résidence surveillée, sans oublier les violences physiques exercées sur la personne de l’évêque. L’évêque vit aujourd’hui en résidence surveillée dans un bâtiment du grand séminaire de Xi’an.

© Les dépêches d'Eglises d'Asie peuvent être reproduites, intégralement comme partiellement, à la seule condition de citer la source.

 

 

 

CONGREGATION SAINT-JEAN



 

 

 

COREE DU NORD

Aucune liberté d’opinion, selon « Portes ouvertes »

Le réseau évangélique « Portes ouvertes » a qualifié hier le leader nord-coréen défunt Kim Jong-il de « dictateur cruel pour les chrétiens ».
Ce pays figure depuis dix ans en tête de l’Index mondial de persécution publié chaque année par Portes ouvertes : de 50 000 à 70 000 chrétiens seraient détenus dans des camps de travaux forcés à cause de leur foi.

La Croix du 22 décembre 2011

Le culte de la personnalité, version nord-coréenne

‣ Les funérailles du dictateur coréen seront célébrées aujourd’hui.

‣ Dès le plus jeune âge, la propagande inculque le soutien au régime.

« En Corée du Nord, dès votre naissance, vous entendez parler de Kim Jong-il et de Kim Il-sung. Enfant, j’avais appris une chanson qui disait : la première chanson que je chante dans ma vie, c’est celle du général Kim Il-sung ! », se souvient Kim Myeong-jin, nord-coréen réfugié depuis dix ans au Sud. Dans ce pays communiste, Kim Jong-il, dont les funérailles seront célébrées aujourd’hui, est omniprésent. Son portrait, accompagné de celui de son père Kim Il-sung, orne l’entrée de chaque bâtiment public, les murs de chaque bureau, wagon de métro, et de chacune des pièces des foyers nord-coréens.

Dans les librairies de la capitale, la majeure partie des rayonnages est constituée des œuvres complètes des deux dirigeants ou d’hagiographies qui célèbrent leurs exploits mythiques. Aux carrefours des villes ont été érigés leurs statues, calligraphies ou portraits géants. Lors des fêtes nationales, les Nord-Coréens viennent y déposer un bouquet. « Pour leur anniversaire, on recevait des cadeaux, bonbons ou nouveaux vêtements, se rappelle Kim Myeong-jin. Vous pouvez imaginer comme cela nous rendait heureux ! »

De l’école primaire à l’université, le cours le plus important est « l’histoire de la révolution de Kim Jong-il et de Kim Il-sung » . Au revers de la chemise, chacun porte depuis l’âge de 12 ans un badge à l’effigie de ses dirigeants, symbole de sa loyauté.

« Leur perte est considérée comme un acte presque criminel, qui peut avoir de graves conséquences sur la carrière », explique l’historien russe Andrei Lankov dans son livre North of the DMZ. Plusieurs types de badges existent, indices du rang atteint dans la hiérarchie communiste ; les plus prestigieux portent le portrait de Kim Jong-il.

« Soleil de la nation », « Étoile guide » ou « Grand Dirigeant » : l’autocrate disparu était affublé de divers surnoms fleuris par les médias officiels. Il possède d’ailleurs une fleur à son nom : la kimjongilia. Symbole botanique de son règne, cette variété de bégonia est cultivée dans des serres spéciales à travers tout le pays, aux côtés de son pendant paternel, la kimilsungia.

Ce culte de la personnalité, initié par Kim Il-sung, a été poussé à l’extrême par Kim Jong-il, qui s’en est servi pour imposer sa légitimité. Il explique la longévité exceptionnelle d’un régime oppressif qui a survécu à la chute de la plupart de ses homologues communistes et à une famine qui a fait près d’un million de morts sur 24 millions d’habitants.

« Bien sûr, je ne croyais pas que je devais sacrifier ma vie pour Kim Jong-il, souligne Kim Myeong-jin. Mais j’étais convaincu, comme tous mes amis, qu’il fallait le suivre. »

Depuis la semaine dernière, les médias officiels diffusent des images de Nord-Coréens effondrés, pleurant à chaudes larmes.

« Certes, c’est de la mise en scène. Mais ils sont sincèrement très fiers de leur État. Et comme le régime associe intimement nationalisme et culte du leader, la mort de ce dernier est naturellement une chose triste », explique Brian Myers, auteur de La Race des purs et spécialiste de l’idéologie nord-coréenne.

Kim Jong-il disparu, ce formidable appareil de propagande a entrepris de prolonger son travail de déification au profit de son fils et successeur, Kim Jong-un, 28 ans. Depuis 2010, il apparaît dans les médias officiels aux côtés de son père. Une chanson intitulée Sur leurs traces célèbre déjà ses vertus révolutionnaires. « Nous suivrons Kim Jong-un, notre dirigeant respecté et sans égal, jusqu’au bout de la terre et du ciel », a déclaré vendredi dernier le Rodong Sinmun, l’organe officiel du Parti des travailleurs nord-coréen.

« Je m’attends à voir surgir de nouvelles histoires improbables, estime Kim Myeong-jin. On raconte déjà que Kim Jong-un a tiré pour la première fois au pistolet quand il avait 3 ans. Vingt balles tirées, 20 balles dans le mille ! N’importe quoi. »

FRÉDÉRIC OJARDIAS - La Croix du 28 décembre 2011



 

 

 

CREATIONNISME

La Turquie s’attaque de nouveau à Darwin

Il est de curieux télescopages de l'actualité. A l'heure où la Turquie réaffirme de facto sa position négationniste vis-à-vis du génocide arménien, le même pays flirte dangereusement avec le négationnisme dans un tout autre domaine que l'histoire : la biologie. Dans un communiqué publié jeudi 1er décembre et passé quasiment inaperçu en France, Reporters sans frontières (RSF) dénonce la "censure masquée" d'Internet réalisée par Ankara par le truchement d'un système de filtrage de la Toile. Officiellement, le but, louable, de ce système est de protéger les internautes, et en particulier les plus jeunes, des contenus choquants (pornographie, violence, etc.). Mais le filtrage est apparemment sorti de son lit et a débordé sur d'autres terrains, comme la question kurde, l'homosexualité ou... la théorie de l'évolution de Charles Darwin (en photo ci-dessus). Les internautes utilisant ce système de filtrage mis en place par le Conseil turc des communications et de la technologie de l'information (BTK) ont ainsi eu la surprise de se voir refuser l'accès à des sites comme aboutdarwin.com, darwinday.org, evrimianlamak.org, version turque du site Understanding Evolution (co-création du Musée de paléontologie de l'université de Californie et du National Center for Science Education américain), ou encore richarddawkins.net, le site du biologiste britannique Richard Dawkins, spécialiste de l'évolution mais aussi grand défenseur de la pensée scientifique et de l'athéisme. Une semaine après le communiqué de RSF et après que la presse nationale turque s'est emparée du sujet, les autorités turques ont fait marche arrière et levé la censure sur la plupart de ces sites.

Il est révélateur de voir que, aux yeux de l'organisme étatique qu'est le BTK, la théorie de l'évolution constitue un danger pour les âmes sensibles, au même titre que la pornographie ou le terrorisme. Il faut également noter qu'au moment où des sites présentant cette branche fondamentale de la biologie étaient frappés par cet interdit technologique, le site du créationniste turc Adnan Oktar, plus connu sous son pseudonyme d'Harun Yahya, restait entièrement accessible à tous... Adnan Oktar s'est fait remarquer en France au début de l'année 2007, époque à laquelle il a envoyé à de nombreux collèges, lycées et universités français un exemplaire de son Atlas de la Création, où il nie, au nom du Coran, la réalité de la théorie de l'évolution tout en dénonçant "les liens occultes existant entre le darwinisme et les sanglantes idéologies telles que le fascisme et le communisme". L'homme est également venu en France en 2011 pour donner des conférences sur le même thème dans des mosquées. Des offensives réalisées avec beaucoup de moyens financiers dont on ignore l'origine.

La Turquie dirigée par l'AKP, parti islamiste modéré, n'est pas à son premier essai de censure vis-à-vis de la vulgarisation de l'évolution. En 2009, à l'occasion du bicentenaire de Charles Darwin et du 150e anniversaire de la publication de son Origine des espèces, le magazine de vulgarisation scientifique turc Bilim ve Teknik vit un dossier de 16 pages consacré à la vie et à l'œuvre du savant britannique disparaître purement et simplement de son sommaire. Pour mieux comprendre cet incident, il faut savoir que ce mensuel est édité par un organisme d'Etat, le Conseil de la recherche scientifique et technologique, longtemps indépendant mais passé sous contrôle gouvernemental en 2008... Izge Günel, le président de l'association des conseils d'université, déclara : « Un tel acte de censure, l’année où l’on célèbre le 200e anniversaire de la naissance de Darwin, est une attaque contre la science. »

On pourrait considérer que tous ces incidents ne sont que des escarmouches et non pas un véritable assaut en règle contre le darwinisme. Avec Adnan Oktar, la Turquie est néanmoins devenue le centre le plus vivace du créationnisme en version musulmane. En 2006, les résultats d'une enquête sur la manière dont la théorie de l'évolution était acceptée dans 34 pays (31 pays d'Europe auxquels avaient été ajoutés la Turquie, les Etats-Unis et le Japon) étaient publiés dans Science (voir ci-dessus). Sans trop de surprise, la Turquie arrivait dernière, plus de 50% des personnes interrogées dans ce pays considérant ce pilier de la science comme faux. Alors que la France se classait 4e, derrière l'Islande, le Danemark et la Suède, on notait que, loin derrière, en 33e et avant-dernière position, se traînaient les Etats-Unis, mère-patrie d'un néo-créationnisme chrétien celui-là. Il s'agit probablement du seul pays occidental où la remise en cause de la théorie de l'évolution fait partie de la plate-forme politique et électorale d'un grand parti de gouvernement (à savoir le Parti républicain). Et, pour les héritiers de Darwin qui font la recherche biologique d'aujourd'hui, c'est sans doute plus inquiétant que les attaques turques.

Pierre Barthélémy - Le Monde du 23 décembre 2011

 

 

DEVELOPPEMENT PERSONNEL

Vigilance !

A l’image du médicament prescrit par le médecin, la technique préconisée par le thérapeute en développement personnel peut se révéler avoir des effets secondaires indésirables. Si pour les premiers, ils se voient contraints de l’indiquer dans la notice, pour les seconds aucunement! C’est à votre intuition et votre ressenti que vous devrez faire confiance! Discernement, attention et vigilance donc sont plus que jamais de mise. Soyez bien!
“Nous voulons également mettre en garde les citoyens sur les dangers des thérapies vendues par des guérisseurs auto-proclamés et des pseudo-thérapeutes qui contrairement aux médecins ne peuvent aucunement faire l’objet d’une plainte”…

“En premier lieu, il faut savoir que les “petites pratiques” sont encore plus dangereuses que les grandes organisations. Un gourou guérisseur va exercer une emprise directe et non-médiatisée et va créer une proximité avec sa dizaine de patients. Le cheminement est le même que pour les grands groupes sectaires. Ensuite, il convient de retenir qu’il existe de nombreux vecteurs d’infiltration sectaire: agences de voyage, centre de formation en entreprise, coaching, forums, clubs de passionnés et associations aux motivations diverses (nature, animaux, loisirs, spirituel, affectif…), etc.”

“Soulignons aussi que la formation professionnelle représente un enjeu considérable. Jusqu’à cette année, il suffisait de se déclarer en préfecture pour ouvrir un centre de formation professionnelle. 10 % des créations sont centrés sur le coaching et sur ces 10 %, une bonne partie est l’œuvre d’organisations sectaires qui ne disent pas leur nom mais distillent leurs méthodes au cours de stages.”

AIVMN Association Internationale de Victimes de la Médecine Nouvelle et consorts - 28 décembre 2011

 

 

 

ECOLE EN BATEAU

Les victimes d'un pédophile présumé réclament justice à l'Etat français

Onze anciens élèves de Leonid Kameneff, directeur de « L'Ecole en bateau », assignaient l'Etat, mercredi 14 décembre, pour « déni de justice »

La première chambre civile du tribunal de grande instance de Paris a examiné, mercredi 14 décembre, la plainte de onze anciens élèves de « L'Ecole en bateau » qui assignaient l'Etat pour « déni de justice ». Victimes présumées de viols et d'agressions sexuelles entre 1979 et 1995 dans le cadre d'une expérience pédagogique alternative, ils reprochent à la justice française sa lenteur : plus de seize ans après les faits, l'affaire n'est toujours pas jugée.
Mercredi, l'avocat des victimes, Me Eric Morain, a retracé les méandres d'une procédure pénale entamée en 1994. Instituteur et psychologue, Leonid Kameneff, fondateur de l'association « L'Ecole en bateau », menait sur trois bateaux-écoles une expérience éducative qui a connu un vif succès. Avec l'horizon pour frontière, et « l'épanouissement » pour projet pédagogique, 400 jeunes - dont 60 filles - ont fréquenté ces établissements flottants entre 1969 et 2002. Une trentaine de plaintes pour abus sexuels ont été déposées par d'ex-écoliers-moussaillons et quatorze d'entre eux se sont constitués parties civiles, les faits dénoncés par les autres étant prescrits.

Il y a dix-sept ans, deux plaintes distinctes avaient mis en lumière les pratiques à bord. Au large, au prétexte de mieux appréhender le corps et la sexualité, M. Kameneff aurait encouragé des « jeux » ayant dégénéré en attouchements, masturbations, fellations et sodomies. « Ces plaintes, qui ont justifié l'ouverture d'une première instruction à Fort-de-France [où M. Kameneff faisait escale], n'ont pas été instruites », a déploré Me Morain. Une troisième plainte, déposée en 1999 au parquet de Bordeaux a relancé l'affaire, mais le dossier, transmis au parquet de Lille - lieu de siège de l'association -, a été renvoyé vers Fort-de-France...

« Inertie »

« Il ne s'est alors rien passé », a poursuivi Me Morain. En 2002, la brigade des mineurs de Paris avait pourtant transmis à la Martinique des éléments d'enquête liés à une quatrième plainte. A la suite d'une requête en suspicion légitime des parties civiles, la Cour de cassation a rapatrié le dossier à Paris début 2006. L'instruction s'est achevée en mai 2010 après l'extradition en 2008 de Leonid Kameneff du Venezuela. En mai 2011, le parquet a finalement requis le renvoi de M. Kameneff devant la cour d'assises des mineurs pour « viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans par personne ayant autorité », ainsi que celui de quatre autres personnes. Mais M. Kameneff, 75 ans, et un de ses co-accusés se sont pourvus en cassation, et la tenue du procès est toujours incertaine.

Les 50 000 euros réclamés par Me Morain pour chacun de ses clients, mercredi, sont « le prix de l'attente, du temps de cette enfance abîmée par des adultes et que d'autres adultes, juges et procureurs, ont mis tant de temps à réparer », a-t-il expliqué. « L'ampleur des faits et leur nombre justifiaient d'autres moyens que l'inertie », a ajouté l'avocat. En défense, Me Carole Pascarel, conseil de l'Etat, a souligné « la complexité » d'un dossier bâti sur des plaintes déposées aux quatre coins de France pour « des faits commis dans le monde entier ». La représentante du ministère public, Pauline Caby, a reconnu dans cette affaire « plusieurs années de retard imputables aux services de la justice ».

Jugement le 8 février 2012.

Patricia Jolly - Le Monde du 16 décembre 2011

 

 

 

EVANGELIQUES

Le protestantisme français en pleine recomposition

SOCIOLOGIE Issu d’un colloque sur l’état des lieux du protestantisme, cet ouvrage collectif donne de précieuses clés pour comprendre son étonnante pluralité

LA NOUVELLE FRANCE PROTESTANTE Sous la direction de Sébastien Fath et Jean-Paul Willaime Labor et Fides, 484 p., 39 €

Les sociologues des années 1980 pariaient sur son essoufflement. Trente ans plus tard, le protestantisme français n’a jamais suscité autant d’études universitaires qu’aujourd’hui. En légère progression (3 % de la population), il est, surtout, en pleine recomposition. C’est cette « nouvelle France protestante » qu’explorent vingt chercheurs qui furent sollicités pour un colloque organisé en 2010 sur l’état des lieux du protestantisme (lire La Croix du 18 novembre 2010) , et accompagné d’un sondage Ifop dont on retrouve les cartes, tableaux et analyses dans l’épaisse annexe.

Le phénomène le plus surprenant de ces dernières décennies est évidemment la poussée évangélique. Un nouveau lieu de culte naît tous les dix jours en France. Les études de Jean-Yves Carluer et Christopher Sinclair, notamment, permettent de comprendre les distinctions, les rapprochements et les divergences entre les évangéliques « classiques », de lignée piétiste, et les pentecôtistes et charismatiques (influencés par la troisième vague et ses multiples courants). Mais, plus largement, ces recompositions touchent toutes les branches du protestantisme. En témoigne – à côté de la création du Conseil national évangélique français qui tiendra sa première convention en janvier – le processus d’union des luthériens et réformés, prévu pour 2013.

L’étude d’André Encrevé, entre autres, donne à voir des protestants luthéro-réformés qui se réapproprient leur héritage, redécouvrant notamment la modernité de Calvin, et s’emploient à donner d’eux-mêmes « l’image d’un protestantisme moderne, gai et optimiste ». Que ce soit dans les paroisses évangéliques ou luthéro-réformées, partout les communautés se pluralisent, en particulier sous la poussée de l’immigration. Réalité méconnue, la France compte pas moins de trente églises protestantes d’expression chinoise en France…

Cette vaste étude met en avant la capacité de la minorité protestante française à s’adapter à « une civilisation du choix, du réseau et du changement personnel » , selon la formule de Sébastien Fath : non point une « religion pour mémoire » , mais une « religion pour espoir ». On rêverait d’une pareille somme sociologique sur l’univers catholique, presque aussi diversifié que sa petite sœur protestante.

CÉLINE HOYEAU- La Croix du 12 janvier 2012

 

 

EXTREME-DROITE

Des croix gammées sur une mosquée près de Lyon

Deux croix gammées surmontées des mentions « SS » et « France » ont été découvertes, hier, taguées sur les portes de la mosquée de Décines, près de Lyon (Rhône). Soulignant la « montée de l’islamophobie dans la région », le président de la Coordination contre le racisme et l’islamophobie, Abdelaziz Chaambi, a appelé les pouvoirs publics à se mobiliser pour retrouver les coupables.

La Croix du 21 décembre 2011

« Les valeurs de l’Évangile sont incompatibles avec l’extrême droite »

ENTRETIEN ÉTIENNE PINTE député ump des Yvelines

‣ Avec le P. Jacques Turck, Étienne Pinte publie le 19 janvier un essai sur l’incompatibilité des thèses de l’extrême droite avec le message chrétien. (1) ‣ Dans un entretien à La Croix , le député des Yvelines dénonce le projet de Marine Le Pen qui reste fondé sur le rejet de l’autre.

Estimez-vous que la tentation de l’extrême droite progresse dans l’électorat catholique ?

Étienne Pinte : Oui, les chrétiens sont de plus en plus tentés de voter pour le Front national. Depuis que Jean-Marie Le Pen n’est plus à la tête du FN, l’image de ce parti s’est polie. Marine Le Pen incarne une femme « moderne » et, en s’emparant des sujets économiques et sociaux, elle veut se montrer plus fréquentable. La tentation du vote FN s’explique aussi par un rejet de Nicolas Sarkozy chez certains chrétiens de droite. Cette tendance n’est certes pas plus forte qu’au sein de la population française mais elle m’a décidé à réagir car les valeurs de l’Évangile et la doctrine sociale de l’Église sont incompatibles avec l’extrême droite.

Sur le fond, la question de la place de l’étranger occupe-t-elle toujours le cœur du problème Front national ?

É. P. : L’Église n’a jamais rejeté la légitimité d’une politique d’immigration maîtrisée mais elle condamne tous les discours qui tendent à faire des étrangers les boucs émissaires de nos sociétés. Or, en dépit de ses efforts pour donner une autre image, le Front national ne change pas sur ses fondamentaux. Il continue de prôner l’exclusion de l’étranger et la fermeture des frontières. L’antisémitisme d’hier a cédé la place à l’islamophobie. Les thèses du FN reposent toujours sur le rejet de l’autre, de la différence, en contradiction avec la conception chrétienne de l’homme.

Le FN n’a-t-il pas anticipé une crise du modèle multiculturel que reconnaissent aujourd’hui plusieurs dirigeants européens ?

É. P. : Les responsables politiques qui tiennent ces discours ont des intentions électoralistes. Quand j’observe nos sociétés, je remarque que les gens, dans leur vie quotidienne, s’accommodent très bien de la variété culturelle. La France a été faite et continue d’être façonnée par des hommes et des femmes d’origine étrangère qu’il s’agit d’intégrer, non pas d’assimiler. On ne va pas commencer à faire le tri entre « les bons Français » et les autres. La raison nous conduit à consentir au grand métissage de notre société.

Mais vous écrivez que les étrangers doivent respecter non seulement nos lois mais aussi « nos coutumes ».

É. P. : Cela ne me paraît pas incompatible. Par exemple, concernant la burqa, il était légitime que la France fasse respecter un usage qui consiste à ne pas dissimuler son visage. La communauté peut accepter les différences tout en s’efforçant de mettre en avant son patrimoine et des références.

Le Front national n’est-il pas aujourd’hui rejoint par d’autres formations dans sa dénonciation de la mondialisation et de la crise de l’Europe ?

É. P. : Au sujet de la mondialisation, tous ceux qui suggèrent aujourd’hui une fermeture des frontières sont en contradiction avec l’Église. Le rôle des politiques devrait être de rappeler que la mondialisation a sorti de nombreux pays de la misère et qu’elle a servi aussi les intérêts de nos concitoyens et de nos entreprises. Concernant l’Europe, j’étais contre le traité de Maastricht car je ne partageais pas le choix d’élargir l’Europe avant de réaliser son approfondissement politique. Je considère avec le recul que nous avons eu tort de faire entrer des pays qui en constituent toujours les maillons faibles. Mais c’est se moquer du monde que de faire croire, comme le fait Marine Le Pen, qu’on peut sortir de l’euro.

Certaines idées que vous dénoncez ne sont-elles pas reprises dans votre propre famille politique ?

É. P. : Je m’inquiète en effet de la banalisation de certaines thèses qui propagent des amalgames, comme l’a fait le discours de Grenoble avec les mots « étranger », « rom » et « délinquance »… Je considère que plusieurs positions de la droite populaire sont en contradiction avec le message chrétien. Je suis inquiet d’une contagion qui gagne non seulement la majorité mais aussi certains rangs de l’opposition sur ces thèmes.

(I) Extrême droite, pourquoi les chrétiens ne peuvent pas se taire sera publié le 19 janvier aux Éditions de l’Atelier (96 p., 12 €). Un dé- bat entre les auteurs et le politologue Alain Mergier est organisé en partenariat avec La Croix à la paroisse Sainte-Clotilde, à Paris, le 19 janvier également.

RECUEILLI PAR BERNARD GORCE et LAURENT DE BOISSIEU - La Croix du 12 janvier 2012

Pour le grand rabbin de France les « valeurs du judaïsme » sont « incompatibles » avec le FN

Le grand rabbin de France Gilles Bernheim, interrogé par le quotidien Sud Ouest sur les tentatives de Marine Le Pen de séduire l’électorat de confession juive dans l’optique des prochaines échéances électorales, a répondu que « les valeurs du judaïsme sont incompatibles avec celles du Front national ». « Quel que soit le positionnement de Marine Le Pen aux côtés d’Israël, cela ne changera rien », a-t-il insisté, faisant allusion au voyage en Israël en décembre dernier, de Louis Alliot, numéro 2 du Front national.

La Croix du 17 janvier 2012




 

 

 

INTEGRISME CATHOLIQUE

Fraternité Saint-Pie X : un document transmis à "Ecclesia Dei"

Confirmation du P. Lombardi

ROME, mercredi 21 décembre 2011 (ZENIT.org) – La Fraternité Saint-Pie X a envoyé ces jours derniers une documentation à la commission vaticane Ecclesia Dei, en charge du dossier, rapporte Radio Vatican.

En effet, le directeur de la salle de presse du Saint-Siège l’a brièvement confirmé en réponse aux questions des journalistes.

Cette Commission dépend de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, présidée par le cardinal William Levada. Le document est actuellement examiné par la commission qui verra quelle suite lui donner.

"Le Vatican attendait une réponse de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X concernant le « préambule doctrinal », de septembre dernier, proposant des conditions, doctrinales et canoniques pour un éventuel retour au sein de l’Eglise catholique", commente Radio Vatican.

Le Vatican a proposé à la Fraternité Saint-Pie X un « document doctrinal » sur notamment les « critères d’interprétation » de ce qui est « catholique », en vue de la réconciliation, annonçait un communiqué du Saint-Siège le 14 septembre.

Le supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, Mgr Bernard Fellay, a été reçu mercredi 14 septembre par le cardinal Levada. Celui-ci propose aux membres de la Fraternité l’acceptation de « certains principes doctrinaux » en vue de la réconciliation avec l’Eglise catholique, dont elle est séparée depuis 1988.

Ce communiqué publié en français par la salle de presse du Saint-Siège indique qu’une rencontre a eu lieu le 14 septembre, au Vatican, entre le cardinal Levada, accompagné de Mgr Luis Ladaria, s.j., secrétaire de du même dicastère, et de Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission « Ecclesia Dei », avec Mgr Fellay, accompagné des abbés Niklaus Pfluger et Alain-Marc Nély, assistants généraux de la Fraternité (cf. Zenit du 14 septembre 2011).

ASB

La Fraternité Saint-Pie-X a envoyé un document pour répondre à la proposition de Rome

La Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X a transmis à Rome une documentation concernant le préambule doctrinal qui lui avait été soumis en septembre dernier. « Celle-ci est actuellement examinée par la Commission Ecclesia Dei, qui verra comment poursuivre », a dit hier le porteparole du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi. Le 14 septembre dernier, la Congrégation pour la doctrine de la foi avait proposé à la FSPX, séparée de Rome depuis 1988, l’acceptation de « certains (…) principes doctrinaux » en vue de son retour dans la pleine communion.

La Croix du 22 décembre 2012

Mgr Fellay : « Nos relations avec Rome sont difficiles »

Dans la dernière livraison de sa Lettre aux amis et bienfaiteurs , Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX), se garde bien de divulguer la teneur de sa réponse aux propositions formulées le 14 septembre dernier par le cardinal William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et qui vient d’être reçue à Rome.

Mais le ton de cette lettre bisannuelle montre clairement que, malgré deux années de discussions doctrinales entre les intégristes et la Congrégation pour la doctrine de la foi, les points d’achoppement entre Rome et Écône demeurent ceux qui s’étaient fait jour il y a plus de 40 ans, au lendemain du concile Vatican II : la liberté religieuse, l’œcuménisme et la collégialité. Trois points qui sont, aux dires de Mgr Fellay, « au cœur de la crise qui secoue l’Église ».

Pour le second successeur de Mgr Lefebvre à la tête de la FSSPX, le fond du problème demeure en effet « dans une perte de la foi en la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ ». Selon lui, le refus de la divinité du Christ se traduit aujourd’hui « par le rejet de sa Royauté », conséquence de la liberté religieuse rappelée par Vatican II.

Renoncement à « la fierté des catholiques »
« Cette liberté religieuse, mettant sur un pied d’égalité le vrai et le faux, dispense délibérément l’État et la société humaine de leurs devoirs d’honorer et de servir Dieu, leur Créateur », explique-t-il

Autre point d’achoppement : l’œcuménisme. « Sous prétexte de pouvoir être plus proche de nos “frères séparés”, (…) on ne cherche même plus, de manière délibérée, à les convertir, explique-t-il. L’œcuménisme NE VEUT PLUS CONVERTIR (en capitales dans le texte). » Il voit dans cette attitude un renoncement à « la fierté des catholiques ».

« Les chrétiens sont devenus aujourd’hui tellement mous qu’ils laissent tout faire ! », s’indigne-t-il, à propos cette fois des pièces de théâtre Sur le concept du visage du Fils de Dieu et Golgota Picnic où l’institut Civitas est apparu comme le véritable bras politique de la FSSPX contre ces spectacles.

« L’Église s’est toujours proclamée une monarchie »
Troisième point délicat dans le concile aux yeux de la FSSPX : la collégialité épiscopale, vécue par Mgr Fellay comme une « diminution de l’autorité ». « L’Église s’est toujours proclamée une monarchie, gouvernée par un seul », explique-t-il, dénonçant « la collégialité et la parodie parlementaire des conférences épiscopales, (qui) permet toutes sortes d’abus et livre à la pression du groupe les dispositions du Droit divin déterminant que chaque diocèse n’a qu’une seule tête, l’évêque du lieu ».

Conséquence : « L’autorité aujourd’hui est sérieusement ébranlée, non seulement du dehors par la contestation des responsables laïcs qui prétendent à une part de gouvernement, mais aussi bien, à l’intérieur de l’Église, par l’introduction d’une quantité de conseils et commissions qui, dans l’atmosphère d’aujourd’hui, empêchent l’exercice juste de l’autorité déléguée par Notre Seigneur Jésus-Christ. »

Si ces phrases traduisent le fond de la réponse transmise ces derniers jours par la FSSPX aux propositions romaines, qui impliquaient l’acceptation de l’enseignement de Vatican II tel qu’exprimé dans le Catéchisme de l’Église catholique , on comprend dès lors que, comme le conclut lui-même Mgr Fellay, « nos relations avec Rome sont difficiles ».

Nicolas Senèze - La Croix du 23 décembre 2011

Lettre de Mgr Fellay aux amis et bienfaiteurs n° 79

21 décembre 2011

Chers Amis et Bienfaiteurs,

Dans quelques jours nous célébrerons l’avènement heureux de la Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ. La sainte Liturgie de l’Avent et du temps de Noël est remplie de la foi en la divinité de Notre-Seigneur. Faisant appel surtout à l’Ancien Testament, là où est prophétisée sa venue, elle imprègne notre intelligence et notre cœur de la grandeur infinie des prérogatives et des droits de l’Enfant nouveau-né.

« Celui qui de toute éternité est né d’un Père sans mère, naît dans le temps d’une Mère sans père ! » (Profession de foi du XIme Concile de Tolède)

Recevant sa nature humaine de la très Sainte Vierge Marie, sa Mère, dont Il préserve la Virginité, Il prouve par là même qu’Il n’a rien perdu de sa Divinité. « Dans le buisson que voyait Moïse et qui ne se consumait pas, nous reconnaissons votre louable Virginité conservée. » (Antienne des Laudes, 1er Janvier) Vrai Dieu, vrai homme, il plaît à l’Eglise d’accueillir le Sauveur Jésus en l’honorant du titre de Roi.

Le Roi de paix, Rex pacificus. Ici, nous aimerions développer un peu cette vérité, qui est comme au cœur de la crise qui secoue l’Eglise et qui conditionne les relations de la Fraternité Saint-Pie-X avec le Saint-Siège.

En effet, il nous semble qu’on peut résumer le fond du problème actuel dans une perte de la foi en la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Oh ! Certes beaucoup protestent qu’ils croient que Jésus est Dieu, mais bien peu sont prêts à tirer les conséquences concrètes de cette vérité fondamentale qui éclatera aux yeux du monde entier à la fin des temps. A ce moment-là, Il laissera enfin resplendir sa gloire dans toute sa perfection. L’étendue de ses pouvoirs sur toute créature sera telle que tous les hommes – païens, chrétiens, athées, mécréants, bandits et fidèles –, tous seront prosternés devant Lui, car à l’évocation de son Nom tout genou fléchira sur la terre comme au ciel. (cf. Phil. 2,10)

Pour le court moment de sa vie terrestre durant laquelle Il a pris plaisir à être parmi nous, Il a caché en partie sa souveraineté. Mais ce ne fut que le temps de l’épreuve, le temps d’accomplir sa mission rédemptrice : « Il est mort pour nos péchés » (1 Cor. 15,3).

Mais pendant ce temps où Il a caché à nos yeux sa toute puissance, Il ne l’a en rien perdue. « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre » (Mt. 28,18) est une affirmation à prendre littéralement, Lui qui crée toutes choses, pour qui tout a été créé, sans qui rien de ce qui a été fait n’a été créé (cf. Jn 1,3).

Le refus pratique de la divinité de Notre Seigneur se manifeste souvent dans l’histoire des hommes par le rejet de sa Royauté, c’est déjà le titre et la raison de sa condamnation : « Jesus Nazarenus, Rex Judæorum » (Jn 19,19).

Et dans l’histoire bien souvent, le rejet de Dieu se manifeste par le rejet de la soumission à Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Il faut arriver au milieu du XXme siècle pour assister à cet incroyable événement qui permit de voir un concile qui, soi-disant au nom de l’adaptation à la situation concrète de la société humaine en pleine décadence, modifia la proclamation de tous les âges : « Il faut qu’Il règne » (1 Cor. 15,25). On prétend que cette manière de faire serait en harmonie avec les Evangiles, alors que c’est tout le contraire.

Les sophistes du libéralisme ont fait dire que l’Etat, la société humaine, elle aussi créature de Dieu, devait traiter à égalité l’unique vraie religion et toutes les fausses, accordant également à chacune le droit d’exister, de se développer sans contrainte et d’exercer son culte. On prétendit par là s’opposer aux abus de l’Etat totalitaire qui écrase injustement les êtres humains et opprime la conscience de chacun. Les francs-maçons eux-mêmes ont dit alors leur joie d’entendre résonner sous la coupole de Saint-Pierre ces thèses qui leur sont propres (cf. Yves Marsaudon, L’œcuménisme vu par un franc-maçon de tradition, 1964).

Il y a bien évidemment quelque chose de vrai dans le mal dénoncé. Mais le remède est celui que l’Eglise a toujours indiqué : la tolérance. Le droit à la liberté religieuse, tel qu’il est proclamé à Vatican II, est autre chose. C’est là un des points sur lesquels nous achoppons avec le Saint-Siège.

Cette liberté religieuse, mettant sur un pied d’égalité le vrai et le faux, dispense délibérément l’Etat et la société humaine de leurs devoirs d’honorer et de servir Dieu, leur Créateur. Elle ouvre le chemin à toutes les licences en matière religieuse. C’est comme si, dans l’Eglise, on avait renoncé à la prérogative d’être l’unique voie du salut pour tous les hommes. Ceux qui y croient encore ne le disent plus. Beaucoup font même penser le contraire. Cette concession au monde d’aujourd’hui se fait au prix de la Royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Une autre conséquence, dans la droite ligne de ce qui vient d’être dit, se voit dans la pratique de l’œcuménisme. Sous prétexte de pouvoir être plus proche de nos « frères séparés », on ne proclame plus ces vérités pourtant salvifiques, parce qu’elles leur sont dures à entendre. On ne cherche même plus, de manière délibérée, à les convertir. L’œcuménisme NE VEUT PLUS CONVERTIR. On a banni ce mot, on le tolère encore, mais au nom de la liberté religieuse ! Où est donc l’Eglise de Notre-Seigneur Jésus-Christ ? Où est passée la fierté des catholiques ? Et ce sont leurs chefs qui les font devenir pusillanimes ! Comme on a pu récemment le constater en France, lorsqu’il fallait blâmer des pièces de théâtre blasphématoires. Si de pareilles offenses avaient été faites contre les musulmans, le pays aurait été mis à feu et à sang ! Les chrétiens sont devenus aujourd’hui tellement mous qu’ils laissent tout faire ! On attente à l’honneur non d’un roi de ce monde, mais du Roi des rois, du Seigneur des seigneurs, Notre Sauveur de qui nous avons tout reçu !

Bien évidemment nous avons à cœur le salut et le retour au bercail de toutes ces âmes si chères au Cœur de Notre Seigneur puisqu’il les a rachetées au prix de sa vie ! Mais la manière de faire actuelle n’a plus rien de commun avec le souci de l’unité de l’Eglise des siècles passés. Tout le monde est supposé bon et, par conséquent, la perspective que certains pourraient se damner éternellement fait crier au scandale. On prêche que l’enfer est vide ou presque. L’enseignement de l’Eglise est tout autre…

Une troisième pierre d’achoppement est encore liée à la diminution de l’autorité.

Notre Seigneur est la tête de l’Eglise. Mais parce qu’Il a voulu que son Eglise fût visible, étant monté aux cieux, Il lui a donné une tête visible qui est son Vicaire sur la terre, Pierre et ses successeurs… A lui seul Notre Seigneur a donné le pouvoir de paître agneaux et brebis, lui seul a un pouvoir plénier, souverain, immédiat sur tous et chacun des membres de l’Eglise. C’est pourquoi l’Eglise s’est toujours proclamée une monarchie, gouvernée par un seul. Certes, le caractère humain du gouvernement rend bien compréhensible la recherche du conseil et des avis de personnes sages, mais une forme de démocratie importée dans l’Eglise par la collégialité et par la parodie parlementaire des conférences épiscopales, permet toutes sortes d’abus et livre à la pression du groupe les dispositions du Droit divin déterminant que chaque diocèse n’a qu’une seule tête, l’évêque du lieu.

L’autorité aujourd’hui est sérieusement ébranlée, non seulement du dehors par la contestation des responsables laïcs qui prétendent à une part de gouvernement, mais aussi bien, à l’intérieur de l’Eglise, par l’introduction d’une quantité de conseils et commissions qui, dans l’atmosphère d’aujourd’hui, empêchent l’exercice juste de l’autorité déléguée par Notre-Seigneur Jésus-Christ.

N’est-il pas saisissant de constater combien, à chacune de ces pierres d’achoppement, nous retrouvons au fond le même problème ? Pour plaire au monde, ou du moins pour s’y adapter et composer avec lui, on a sacrifié d’une manière ou d’une autre l’autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur les fidèles chrétiens, sur tous les hommes pour lesquels Il a versé son Sang, sur toutes les nations dont ils sont membres.

Voilà ce qui met à mal l’Eglise. Pour sortir de cette crise, il faut « restaurer toutes choses dans le Christ » (Eph.1,10). Partout et en tout Lui donner la première place, à Lui qui veut être tout en tous. Tant que l’on ne voudra pas quitter cet air libéral qui empeste l’Eglise, celle-ci continuera de dépérir.

C’est à cause de cette douloureuse réalité que nos relations avec Rome sont difficiles.

C’est pourquoi dans la Fraternité nous parlons si souvent de la Royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, car elle est le résumé dans la vie pratique de la reconnaissance de sa Divinité. Il a purement et simplement tous les droits sur nous.

Et c’est à Lui que tous les hommes, païens ou catholiques, jeunes ou vieux, riches ou pauvres, puissants ou faibles, tous, absolument tous rendront compte de leur vie ici-bas, – Lui, leur souverain Juge et leur Dieu dont ils ont tout reçu. Espérons que ces lignes montrent combien la doctrine de la Royauté de Notre-Seigneur est actuelle, combien le combat pour cette Royauté de Notre-Seigneur n’est pas désuet, mais au contraire très nécessaire. C’est aujourd’hui une obligation pour survivre.

Daigne Notre Dame, Mère de Jésus, Mère de Dieu, écouter nos prières pour la gloire de son Fils. Qu’elle nous protège, qu’elle garde notre petite Fraternité au milieu de tant de périls, et qu’elle soit notre guide, notre avocate, notre victoire contre nous-mêmes et notre pusillanimité. Qu’elle soit notre espérance, en attendant son triomphe pour lequel nous prions assidûment, qu’elle soit notre joie dès ici-bas et pour l’éternité.

Nos cum prole pia, benedicat Virgo Maria.

Les lefebvristes ont renvoyé une réponse plus précise

Insatisfait de la « documentation » envoyée en décembre par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) concernant le Préambule doctrinal de septembre 2011, le Saint-Siège étudie actuellement une deuxième réponse que lui ont fait parvenir la semaine dernière les lefebvristes, selon le vaticaniste italien Andrea Tornielli. Rome avait estimé que la première réponse envoyée en décembre dernier par le supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X ne portait pas réellement sur le Préambule doctrinal qui lui avait été soumis.

La Croix du 18 janvier 2012

Lefebvristes : Mgr Williamson prend ses distances avec Mgr Fellay

« Je préfère être un schismatique sédévacantiste qu’un apostat romain » : c’est par ces mots que l’évêque intégriste Richard Williamson, membre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), termine la dernière livraison de sa lettre d’information hebdomadaire Commentaire Eleison diffusée samedi 21 janvier.

Il s’agit là de la première prise de distance officielle d’un responsable de la FSSPX avec la ligne d’ouverture et de dialogue avec Rome impulsée par son supérieur général, Mgr Bernard Fellay.

Dans sa lettre d’information, Mgr Williamson retourne notamment le principal argument de ceux qui prônent un retour de la Fraternité dans le giron romain en soulignant que le fait pour la FSSPX de rester plus longtemps hors de l’Église risquerait de la mener à une mentalité schismatique et à un sédévacantisme pratique (les sédévacatistes estiment que, depuis Paul VI au moins, les papes n’ont pas été validement élus et que le Siège de Pierre est vacant).

« Fascination » pour le Vatican
À ces partisans du retour à Rome au nom du risque d’affaiblissement de l’appartenance ecclésiale, l’évêque britannique rétorque qu’il y a « un plus grand risque encore que d’acquérir une mentalité schismatique qui est celui de contracter la maladie mentale et spirituelle des Romains d’aujourd’hui en s’approchant trop près d’eux ».

Plus loin, l’évêque, qui dès le début constatait que les discussions doctrinales menées entre 2009 et 2011 entre la FSSPX et Rome avaient souligné « un désaccord doctrinal radical », dénonce « la fascination » exercée par les palais romains sur ceux qui les fréquentent. « La fascination de ces lieux sacrés ne vient pas tant du charme des officiels que du sens que ces salles dégagent de 2000 ans d’histoire de l’Église, souligne-t-il. Est-ce la fascination du ciel ? De l’enfer ? En tout cas, la simple atmosphère du Vatican séduit les visiteurs et apprivoise leurs volontés. »

Pas invité à Albano
Mgr Williamson est bien connu pour ses déclarations fracassantes : le 21 janvier 2009, alors que le pape allait lever l’excommunication qui le frappait depuis son ordination illicite en 1988 par Mgr Lefebvre, il avait ainsi tenu des propos négationnistes à la télévision suédoise. Mgr Fellay l’avait alors démis de ses fonctions de supérieur du séminaire argentin de la FSSPX et envoyé à Londres où il lui était interdit de s’exprimer officiellement.

Depuis lors, Mgr Williamson n’a pas cessé de diffuser sa lettre Commentaire Eleison , contrairement aux instructions de Mgr Fellay qui, devant ce refus, ne l’avait pas invité à la rencontre, début octobre à Albano, près de Rome, où les responsables de la FSSPX ont discuté du Préambule doctrinal présenté le 14 septembre par Rome.

Dans une lettre, Mgr Fellay avait également menacé Mgr Williamson, s’il persistait à refuser de garder le silence, du « démarrage de la procédure canonique menant à (son) exclusion de la FSSPX ».

N. S.- La Croix du 23 janvier 2012





 

 

 

INTEGRISME JUIF

En Israël, des juifs extrémistes font scandale en arborant l’étoile jaune

‣ « Bouleversant et terrifiant ! », c’est ainsi que le ministre israélien de la défense, Ehoud Barak, a réagi après avoir découvert les photos de centaines de juifs orthodoxes, dont des enfants, qui ont défilé samedi soir à Jérusalem-Ouest. ‣ Ils portaient la tenue rayée des détenus des camps de la mort nazis, une étoile jaune épinglée à la poitrine.

Pourquoi cette manifestation provocante ?

Officiellement, ces juifs ultraorthodoxes protestaient contre l’attitude hostile, voire « haineuse » selon eux, que leur réservent les médias israéliens. Un climat de tension règne en Israël entre laïques et religieux depuis qu’une frange radicale de ces derniers se réclame de la Halakha (stricte tradition religieuse) pour exiger la ségrégation des femmes dans les lieux publics, notamment dans les transports.

En fait, les manifestants de samedi soir voulaient surtout dénoncer l’arrestation de l’un des leurs, accusé d’avoir orchestré des attaques à la bouteille incendiaire contre une librairie de leur quartier, Méa Shéarim, qu’ils jugent « trop libérale ». Ils reprochent à son propriétaire de ne pas être suffisamment sélectif dans sa clientèle, et notamment de vendre « des écrits sionistes ».

Qui sont ces juifs hostiles au sionisme ?

Il s’agit d’une communauté marginale de quelques milliers d’âmes, des Haredim (« Craignant Dieu »), regroupés pour la plupart à Bné Brak, près de Tel-Aviv, et surtout à Méa Shéarim, le bastion des Natourei Karta qui se sont toujours foncièrement opposés à la création d’Israël. Selon eux, l’État juif aurait dû voir le jour après la venue du Messie. À leurs yeux, le sionisme politique est donc « une imposture » . Pour le combattre, toutes les outrances sont permises.

S’abstenant de parler l’hébreu, « une langue sacrée », ces extrémistes s’expriment en yiddish. Chapeaux et caftans noirs, on en voit régulièrement s’afficher avec les ennemis les plus radicaux d’Israël, comme les dirigeants iraniens ou ceux du Hamas palestinien.

Sans crainte des paradoxes, les rigoristes de Méa Shéarim estiment que leur quartier jouit d’une sorte de statut d’ « exterritorialité » et refusent ainsi de s’acquitter des taxes municipales. Ce dimanche, un de leurs chefs a indiqué qu’il allait prochainem e nt d e ma n d e r « l e d ro i t d’asile politique » en Jordanie pour plusieurs milliers de fidèles de sa communauté.

Résultat : chaque année, quand leurs compatriotes se figent pendant deux minutes pour marquer au son des sirènes le Jour de la Shoah, à Méa Shéarim, la vie se poursuit comme si de rien n’était. Et les thuriféraires des Natouré Karta insultent copieusement les policiers israéliens qui viennent ramener l’ordre dans leur bastion en les traitant de « nazis ».

Quel est l’effet de la provocation de samedi ?

La classe politique à Jérusalem, de gauche ou de droite, a souvent recours à l’imagerie nazie pour dénoncer tel ou tel excès. Mais les dimensions de la manifestation de samedi soir à Méa Shéarim ont provoqué une véritable onde de choc en Israël . « C’est inadmissible. Cela porte atteinte au souvenir de la Shoah et aux valeurs fondamentales du judaïsme », s’est ainsi ému Avner Shalev, directeur du Mémorial Yad Vashem de Jérusalem, voué à l’étude et au souvenir du génocide perpétré par les nazis.

« L’utilisation de l’image d’un enfant juif du ghetto de Varsovie levant les bras en signe de reddition aux nazis est absolument intolérable », a renchéri Nahman Shaï, député du parti centriste Kadima.

La Croix du 2 janvier 2012

La « honte » du président du Conseil central des juifs

Le président du Conseil central des juifs d’Allemagne a déclaré avoir « honte » des juifs ultraorthodoxes qui ont manifesté le 31 décembre à Jérusalem en portant l’étoile jaune. « Ces images m’ont choqué. Et j’ai même honte que précisément des juifs fassent une telle chose et caricaturent la Shoah », a déclaré Dieter Graumann.

La Croix du 4 janvier 2012

Les juifs allemands ont "honte" des orthodoxes qui ont porté l'étoile jaune

Le président du conseil central des juifs d'Allemagne a déclaré dans un entretien, mardi 3 janvier, qu'il avait "honte" des juifs ultraorthodoxes qui ont manifesté le 31 décembre à Jérusalem en portant l'étoile jaune imposée par le régime nazi. "Ces images m'ont choqué. Et j'ai même honte que précisément des juifs fassent une telle chose et caricaturent l'Holocauste", a déclaré Dieter Graumann, selon des propos cités par le quotidien Kölner Stadt-Anzeiger. C'est un déni de l'Histoire et "de très mauvais goût", a-t-il jugé. "Nous, les juifs d'Allemagne, nous disons constamment que l'on n'a pas le droit d'abuser du souvenir de l'Holocauste. Si des juifs le font, ce n'en est que d'autant plus dommageable", a-t-il poursuivi.
Plusieurs centaines de juifs ultraorthodoxes ont manifesté samedi à Jérusalem dans leur bastion de Méa Shearim contre l'"oppression du public laïc et des médias" qui, selon eux, leur sont hostiles. Certains, et notamment des enfants, portaient le symbole de l'oppression des juifs par le régime nazi pendant la seconde guerre mondiale, et d'autres étaient habillés des costumes à rayures portés par les déportés des camps d'extermination. Ces juifs extrémistes ont lancé une campagne contre la présence des femmes dans les lieux publics. Des télévisions israéliennes ont diffusé récemment des images de la ville de Beit Shemesh où l'on voit un ultraorthodoxe cracher sur une femme et d'autres insulter une écolière de 8 ans.

Mais le président de la principale instance représentative des juifs allemands a souligné qu'il s'agit "d'une partie infime de la société israélienne, qui est fanatique et produit ce genre d'image". Il s'est également montré confiant sur le fait que le pays n'est pas menacé par cette frange radicale. "Il y a effectivement une grande tension entre les Israéliens laïcs et religieux. Mais la diversité de la société israélienne laisse à penser que ce genre de tensions se résorberont de façon démocratique : par des votes et des décision à la majorité. Cette fois-ci ne sera pas différente des autres", a-t-il assuré.

Le Monde.fr du 3 janvier 2011


 

 

 

IRAN

L'Iranienne Sakineh, condamnée à la lapidation, pourrait être pendue

La peine de mort par lapidation prononcée contre l'Iranienne Sakineh Mohammadi Ashtiani, condamnée pour adultère, pourrait être transformée en pendaison, rapporte dimanche 25 décembre l'agence de presse Isna.
Sakineh Mohammadi Ashtiani a été condamnée à la lapidation en 2006 pour adultère et à dix ans de prison pour complicité dans le meurtre de son mari. Sa condamnation à mort a été suspendue l'année dernière après la vague d'indignation soulevée par son cas dans le monde entier.

"Nous ne sommes pas pressés. (...) Nos spécialistes de la loi islamique sont en train d'examiner la condamnation d'Ashtiani pour voir si on peut transformer la peine de lapidation en pendaison", a déclaré Malek Ajdar Sharifi, chef de la justice de la province de l'Azerbaïdjan oriental, où Sakineh Mohammadi Ashtiani purge actuellement sa peine.

En vertu de la charia (loi islamique), en vigueur depuis la révolution de 1979, l'adultère est passible de la peine de mort par lapidation en Iran tandis que le meurtre, le vol et le viol sont passibles de pendaison. L'Union européenne avait qualifié l'année dernière de "barbare" la condamnation à mort par lapidation, le Vatican avait appelé à la clémence et le Brésil avait offert l'asile politique à Sakineh.

Le Monde du 26 décembre 2011

La France demande à Téhéran de renoncer à l’exécution de Sakineh

La France « demande instamment aux autorités iraniennes de renoncer » à l’exécution de Sakineh Mohammadi Ashtiani. Cette mère de famille de 43 ans a été condamnée à mort en 2006 dans deux procès différents, l’un pour le meurtre de son mari et l’autre pour adultère. La première condamnation, par pendaison, a été ramenée en appel à une peine de dix ans de prison. Mais la seconde, par lapidation, a été confirmée en 2007 avant d’être suspendue en juillet 2010. Dimanche, un haut magistrat a indiqué qu’elle pourrait être transformée en pendaison.

La croix du 28 décembre 2011

 

 

 

ISLAMISME

L’Égypte empêche des pèlerins juifs d’assister à une commémoration

Le site d’information Jérusalem et Religions indique que le ministère égyptien des affaires étrangères a jugé « inapproprié » de voir des Israéliens effectuer cette année leur traditionnel pèlerinage sur la tombe du rabbin Yaacov Abou’hassira zatsal, dans le village de Damanhour, situé à 180 kilomètres du Caire.

Selon le quotidien algérien L’Expression, ce pèlerinage était pourtant autorisé sous la présidence de Hosni Moubarak, mais les autorités « imposaient la discrétion » aux Israéliens qui s’y rendaient. Or, ces dernières années, cette tradition a commencé à susciter de vives critiques, en particulier dans les milieux islamistes, pour qui le président déchu autorisait ces célébrations afin de maintenir une politique de normalisation avec Israël « contre l’avis du peuple », analyse Jérusalem et Religions.

Ainsi, l’un des responsables politiques proches de la mouvance islamiste aurait déclaré récemment que « visiter le site constituerait une mission suicide » pour les Israéliens, tandis que Gamal Heshmat, l’un des chefs de file des Frères musulmans a précisé que des activistes islamistes ont prévu de bloquer la route d’accès au village.

« Un signe inquiétant » pour les observateurs juifs
Le quotidien égyptien Al-Ahram a fait savoir de son côté que 31 partis et mouvements égyptiens s’étaient joints cette année à la campagne de protestations, manifestement amplifiée par le Printemps arabe. Le centre Simon-Wiesenthal, ONG basée à Los Angeles, a immédiatement dénoncé cette décision qui porte selon lui la signature des Frères musulmans, toujours en tête des élections législatives en cours dans le pays.

« C’est un signe inquiétant. Alors qu’ils vont prendre le pouvoir au Parlement, le premier acte des Frères musulmans est de restreindre la liberté religieuse des juifs », s’alarme le rabbin Abraham Cooper, doyen associé de ce centre.

Rabbin marocain décédé près d’Alexandrie en 1879, Abou Hassira demeure une figure spirituelle très populaire en Israël, où de nombreux juifs ont pris l’habitude de revenir en Égypte pour célébrer sa mémoire au cours d’une manifestation organisée chaque année depuis plusieurs décennies.

F.-X. M. - La Croix du 19 janvier 2012 Urbi et Orbi

Le gouvernement français souhaite dissoudre un groupement « islamiste pro-djihadiste »

Un arrêté d’expulsion est également envisagé à l’encontre d’une figure du mouvement Tabligh en France.

«  Forsane Alizza », les « cavaliers de la fierté », s’est donné pour objectif « de faire revenir les musulmans au kitab (NDLR : au Coran) et à la sunna » , par tous moyens. Créée en août 2010 par Mohamed Achamlane, l’organisation s’est notamment illustrée – par des manifestations parfois musclées – lors du vote de la loi sur le voile intégral et lors des récentes tentatives du ministère de l’intérieur de mettre un terme aux prières musulmanes dans la rue.

C’est cette organisation que le ministère de l’intérieur va proposer au président de la République de dissoudre, sur le fondement d’une loi de 1936 « sur les groupes de combat et milices privées ». Forsane Alizza, avance une note de ses services, « présente, par sa forme et son organisation, le caractère de groupe de combat ou de milice privée » , « a pour but d’attenter à la forme républicaine du gouvernement » , et enfin « propage des idées racistes et antisémites ».

Dans la même optique de « lutter contre l’islamisme en France » , le ministère de l’intérieur annonce par ailleurs « envisager une procédure d’éloignement à l’encontre de M. Mohamed Hammami, président de l’association Foi et pratique, membre du Conseil français du culte musulman » . Âgé de 86 ans, vivant en France depuis plus de quarante-cinq ans et de nationalité tunisienne, il est l’un des principaux promoteurs en France du mouvement tabligh, un courant piétiste et prosélyte de l’islam.

L’imam visé s’est « refermé » ces dernières années
« Le printemps arabe a un peu libéré la parole de certains imams radicaux » , estime-t-on dans l’entourage de Claude Guéant, en rappelant que l’article 521-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile prévoit la possibilité d’une expulsion en cas « d’atteinte aux intérêts fondamentaux de l’état, d’activités terroristes, ou alors – comme ce serait le cas ici – en raison d’actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination, à la haine ou à la violence ».

Un spécialiste de l’islam radical reconnaît que Mohamed Hammami s’était « renfermé » ces derniers temps, mais met cette évolution sur le compte de la « vieillesse » . Rappelant que la surveillance des imams s’est installée lors de la première guerre du Golfe au début des années 1990, il constate depuis des « pics » d’expulsions, parfois liés à des échéances électorales. Et souligne que les expulsions annoncées ne sont pas toujours suivies d’effet lorsque le prévenu fait valoir des attaches familiales en France, ou lorsque son pays d’origine ne souhaite pas le recevoir.

« Dans le passé, certains imams ont simplement été convoqués par la brigade criminelle, ce qui est très efficace », assure-t-il. De son côté, le président du CFCM, Mohammed Moussaoui note que « la procédure d’urgence » n’a pas été retenue, et souhaite donc que les « personnes mises en cause puissent se défendre » .

ANNE-BÉNÉDICTE HOFFNER - La Croix du 24 janvier 2012


 

 

 

ISLAMOPHOBIE

Des croix gammées sur une mosquée près de Lyon

Deux croix gammées surmontées des mentions « SS » et « France » ont été découvertes, hier, taguées sur les portes de la mosquée de Décines, près de Lyon (Rhône). Soulignant la « montée de l’islamophobie dans la région », le président de la Coordination contre le racisme et l’islamophobie, Abdelaziz Chaambi, a appelé les pouvoirs publics à se mobiliser pour retrouver les coupables.

La Croix du 21 décembre 2011

Des inscriptions nazies sur une mosquée en chantier

Ces inscriptions ont recouvert un des murs de la future mosquée de Montigny-en-Ostrevent (Nord), une petite commune proche de Douai, selon une source citée par l’AFP, confirmant une information de La Voix du Nord . Ces tags auraient été peints jeudi dernier mais n’auraient pas été signalés immédiatement par l’association cultuelle musulmane, qui a porté plainte.

La Croix du 18 janvier 2012

 

 

 

ISRAEL

Bataille autour des manuels scolaires à Jérusalem-Est

‣ Les écoles privées palestiniennes de la ville Sainte sont sommées de distribuer des livres préalablement censurés par la municipalité. ‣ Les parents d’élèves veulent saisir la Cour suprême israélienne. ‣ Les autorités israéliennes estiment qu’une « vaste majorité de parents, d’élèves et d’enseignants se satisfont des livres fournis par la municipalité » .

Le responsable du syndicat des parents d’élèves des quartiers arabes de Jérusalem, Abdel Karim Lafi, sort d’un grand sac des manuels scolaires qu’il place côte à côte pour comparer leurs contenus. D’un côté, les livres de l’Autorité palestinienne utilisés en Cisjordanie, de l’autre, les mêmes manuels, revus et réimprimés par les autorités israéliennes, avant d’être distribués dans les écoles palestiniennes de JérusalemEst.

Sur un cahier d’exercice, le drapeau palestinien qui flottait au-dessus de l’école a été effacé. Dans un recueil de langue arabe, le poème « Je t’aime mon pays » a été caviardé : « Le ministère de l’éducation et la municipalité de Jérusalem ont supprimé le passage sur les Palestiniens empêchés de rentrer dans leur pays », explique Abdel Karim Lafi, en désignant un trou dans le texte.

Dans un autre manuel d’arabe, un poème sur l’Intifada a laissé place à une page blanche. « Israël cherche à judaïser davantage la ville et à diluer la culture et l’identité palestinienne », dénonce un communiqué du mouvement « Campagne civile pour préserver le programme scolaire palestinien à Jérusalem » . « Ce sont tous les passages liés à la question nationale palestinienne qui sont retravaillés dans les manuels », note de son côté un diplomate européen.

Le bras de fer entre la mairie de Jérusalem et le ministère de l’éducation israélien d’un côté, et les parents d’élèves et les enseignants de l’autre, remonte au mois de mars dernier. Un courrier de la ville a informé à cette date les directeurs des écoles palestiniennes privées subventionnées, de l’obligation de se procurer les manuels scolaires auprès de la municipalité à partir de l’année scolaire 2011-2012. Et de l’interdiction formelle de se fournir ailleurs.

« Ce système existe depuis une vingtaine d’années dans les écoles publiques de Jérusalem-Est, explique le porte-parole de la municipalité de Jérusalem, Stephan Miller. N ous recevons les livres de l’Autorité palestinienne, nous retirons les passages qui incitent à la violence, ceux qui glorifient le djihad et les meurtres de sang, puis nous réimprimons ces manuels et les distribuons dans les écoles. Cette année, nous avons décidé de procéder de la même manière pour les écoles privées qui reçoivent des fonds publics. »

Les enfants palestiniens de Jérusalem-Est sont scolarisés dans trois types d’écoles. Une cinquantaine d’établissements publics, pilotés par la municipalité, regroupent 48 % des élèves. Le reste des effectifs se répartit entre les écoles islamiques privées Al Waqf, sous l’autorité du ministère palestinien de l’Éducation, et les écoles privées subventionnées par les autorités israéliennes.

« La municipalité a proposé, il y a une dizaine d’années, d’allouer sans contrepartie une subvention d’environ 700 shekels (140 €) par mois et par élève, pour compenser le manque de classes offertes aux enfants dans les quartiers arabes, explique encore le diplomate européen. Si Israël décidait de ne plus participer au financement des écoles refusant les livres remaniés par la municipalité, il leur manquerait, selon certaines sources palestiniennes, de l’ordre de 700 000 à 1 million de dollars par école et par an. »

La pression sur les épaules des directeurs d’école est donc très forte. Suleiman Rabadi, le directeur du collège des Frères à Jérusalem, a reçu cette année les manuels scolaires en double exemplaire : les uns fournis gratuitement, dès le mois d’août – avant la rentrée – par l’Autorité palestinienne et les autres, retouchés, donnés par les autorités israéliennes.

« J’ai laissé les parents choisir les livres qu’ils souhaitaient pour leurs enfants, et la grande majorité d’entre eux ont pris les manuels imprimés en Cisjordanie, raconte Suleiman Rabadi. Comme éducateurs, nous sommes pris au milieu d’un combat politique qui peut avoir des conséquences pour les écoles. » Les subventions israéliennes représentent en effet 35 % à 40 % du budget du collège des Frères . « Mais cet argent ne sort pas des poches israéliennes. Les Palestiniens payent 30 % des taxes perçues à Jérusalem », affirme le directeur.

Les autorités israéliennes estiment qu’une « vaste majorité de parents, d’élèves et d’enseignants se satisfont des livres fournis par la municipalité », cantonnant la protestation « à une minorité ». Des inspecteurs de l’éducation nationale vérifieront au cours de leur mission si les livres fournis par la municipalité ne sont pas restés dans les placards. Les parents d’élèves, fédérés par Abdul Karim Lafi, ont déjà décidé de saisir la Cour suprême israélienne. Et de mobiliser les étudiants, si le conflit devait se durcir.

VÉRONIQUE CHOCRON - La Croix du 2 janvier 2012

En Israël, militants de la laïcité et ultraorthodoxes s’affrontent vivement

‣ Une manifestation était prévue hier à Beit Shemesh, après des heurts lundi entre juifs ultraorthodoxes et policiers. ‣ Le choc des cultures est plus voyant qu’autrefois.

Une manifestation de militants de la laïcité était prévue hier à Beit Shemesh, ville israélienne située à 30 kilomètres à l’ouest de Jérusalem. La ville a été le théâtre, lundi, de vives tensions entre une centaine de juifs ultraorthodoxes et des policiers. Depuis quelque temps, les premiers réclamaient une séparation stricte entre hommes et femmes, exacerbant les tensions jusqu’aux échauffourées.

Dimanche, une équipe de télévision avait été agressée tandis qu’elle filmait des pancartes enjoignant aux femmes de ne pas s’arrêter devant une synagogue. Les médias ont aussi fait écho de plusieurs attaques verbales et physiques récentes contre des femmes ultraorthodoxes, dont certaines n’admettent pas les positions radicales de leurs semblables. Des positions qui vont à l’encontre du principe d’égalité inscrit dans les lois fondamentales du pays.

Les ultraorthodoxes s’appuient sur la Halakha, la Loi juive qui prône dans certains cas la séparation entre hommes et femmes mais qu’ils interprètent de façon très rigoureuse. Ils sont à l’origine de la ségrégation sur les lignes de bus qu’ils empruntent, pratiquée depuis 1980. À Beit Shemesh, les « harédim » (craignant Dieu), demandaient aussi aux femmes de se vêtir « modestement » , en se couvrant les bras et les jambes. « Les communautés aussi séparatistes et radicales restent encore très minoritaires et localisées » précise Nelly Las, historienne spécialisée dans l’histoire des femmes juives.

Les communautés ultraorthodoxes regroupent différentes origines, ashkénazes ou séfarades. Près de 9 % de la population israélienne ferait partie de cette mouvance. Mais, avec une moyenne de sept enfants par famille (contre trois pour les autres familles juives israéliennes), cette proportion devrait passer à 15 % en

2025, selon les prévisions du gouvernement relayées par le Jérusalem Post . « Ces communautés sont en plein essor , confirme Friedman Menachem, sociologue des religions. Elles se répandent dans presque toutes les villes israéliennes ». La proportion d’ultraorthodoxes chez les colons est faible mais les quelques groupements qui existent ont tendance à se radicaliser.

Dans leurs quartiers, les ultraorthodoxes vivent en marge du reste de la société israélienne. La moitié des adultes ne travaillent pas et la plupart des hommes passent leur temps à étudier la Torah. « Le choc des cultures est beaucoup plus voyant qu’autrefois » continue le sociologue. Selon Nelly Las, c’est l’une des causes de leur radicalisation. « Les ultraorthodoxes ont peur de la laïcité. Ils veulent se protéger de la modernité et cherchent à se distinguer », explique-t-elle. Friedman Menachem estime que ce mouvement de radicalisation s’inscrit dans un courant plus global : « Aujourd’hui, l’extrémisme touche les trois religions monothéistes. Ce qui se passe en Israël n’est pas un phénomène isolé ».

Dimanche 25 décembre, le premier ministre Benyamin Netanyahou a réaffirmé le caractère « démocratique, occidental, libéral » de l’État d’Israël et a promis de mettre fin à la ségrégation et à la violence des ultraorthodoxes à l’égard des femmes. Contactée par l’AFP, Frances Raday, professeur émérite de droit à l’Université hébraïque de Jérusalem, spécialisée dans le droit des femmes, a pourtant déploré la position du gouvernement : « L’État d’Israël est beaucoup trop tolérant vis-à-vis de l’intolérance des ultraorthodoxes . Il ne fait rien pour inverser la tendance à la radicalisation . »

Face à ce que beaucoup considèrent comme des actes extrémistes isolés, la société civile a décidé de réagir. Des associations féministes ont eu gain de cause dans leur lutte contre certains publicitaires qui faisaient disparaître les images de femmes des affiches destinées aux quartiers à majorité religieuse. Une grande campagne a été lancée sur le thème de la lutte contre l’exclusion des femmes, faisant fleurir de nombreux logos et affiches dans les rues du pays.

MORGANE PELLENNEC - La Croix du 28 décembre 2011

Pour l’émission critiquée par le Crif, France 2 a respecté la déontologie

Le magazine de France 2 Un œil sur la planète sur l’avenir des Territoires palestiniens, mis en cause par le Conseil représentatif des institutions juives de France, a respecté les « règles déontologiques », a dit mardi le CSA. « Le travail des équipes de ce magazine, qui a fait l’objet d’accusations de partialité, a respecté la diversité des points de vue avec un propos non entaché de partialité. » Par ailleurs, France Télévisions avait condamné « les menaces et insultes » à l’encontre de ses journalistes.

La Croix du 18 janvier 2012

Israël-Palestine : le rapport français explosif sur la question de l'eau

Le rapport a été remis en décembre par le député français, mais c'est plus d'un mois après sa publication, avec la traduction de certains passages dans la presse israélienne, qu'il provoque un tollé en Israël. Ce rapport d'information pour la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale remis par le député socialiste Jean Glavany décrit la question de l'eau comme "révélatrice d'un nouvel apartheid au Moyen-Orient". "Nous sommes étonnés et indignés par ce rapport de M. Glavany qui a introduit une terminologie extrême dans le document, au dernier moment, sans en informer ses collègues", s'insurge le porte-parole du ministère israélien des affaires étrangères Ygal Palmor, qui dénonce dans Haaretz un rapport "rempli d'un verbe emprunt de propagande vicieuse, bien éloignée de l'esprit critique professionnel".

DE L'UTILISATION DU MOT "APARTHEID"

Interrogé par Le Monde.fr, Jean Glavany nie avoir ajouté le terme d'"apartheid" au dernier moment, mais l'avoir fait en connaissance de cause "je savais que cela ne leur ferait pas plaisir (...) mais à force de ne pas vouloir braquer, on laisse faire", réagit le député socialiste qui affirme être "un ami d'Israël" et souhaite parler "du fond et pas de la forme du mot". Sur la méthodologie, le député dit s'être rendu "une petite semaine" avec d'autres élus français dans la région – Liban, Jordanie, Isarël, territoires palestiniens – et avoir rencontré "les ministres israélien et palestinien de l'eau, des diplomates et des ONG". "On n'a pas fait ça depuis notre bureau à l'Assemblée nationale", affirme le député en réponse aux critiques. Dans sont point à la presse du mercredi 18 janvier, le ministère des affaires étrangères décline toute réaction, arguant "nous n'avons pas l'habitude de commenter le contenu des rapports parlementaires".

Sur place, précisément, loin des bureaux de l'Assemblée nationale, Gidon Bromberg, directeur israélien de Friends of the Earth Middle East – une ONG qui rassemble Jordaniens, Israéliens et Palestiniens pour la promotion de la paix et du développement durable dans la région – évoque la question "historique" de l'eau pour dans la région. "Israël ne partage pas l'eau de façon équitable avec les Palestiniens", commente ce spécialiste des questions d'eau et de sécurité. "Les Israéliens considèrent l'eau comme une question relevant de la sphère militaire, ce qui rend presque impossibles les débats ou les projets innovants et équilibrés qui restent dès lors relégués au second plan", analyse de son côté Pierre Berthelot, chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique, dans l'édition janvier-février de la revue "Questions internationales".

La question épineuse de l'eau faisait ainsi partie des accords d'Oslo II, en 1995, qui n'ont pas été renégociés comme prévu en 2000 avec l'éclatement de la seconde Intifada. Si experts et ONG s'accordent pour considérer l'eau comme "un outil militaire", à l'instar de l'expression utilisée par Mark Zeitoun, chercheur à l'université d'East Anglia en Grande-Bretagne, c'est sur la forme et l'utilisation du mot "apartheid" que le rapport est questionné.

Pour Mark Zeitoun, spécialiste des questions de gouvernance environnementale, "si l'on définit 'apartheid' comme une discrimination réalisée sur la base de la race, alors on peut parler d'apartheid de l'eau". Gidon Bromberg, lui, déplore l'utilisation de ce terme : "ce mot, ça n'aide vraiment pas, ça braque les gens", explique-t-il en allusion à la réaction du gouvernement israélien.

"CE SONT LES ISRAÉLIENS QUI DÉCIDENT"

Pour les Palestiniens, la problématique du partage de l'eau se traduit de façon différente en Cisjordanie et à Gaza. Il s'agit tout d'abord d'une question géographique : Israël est située en aval par rapport à la Cisjordanie, tandis que Gaza se situe en aval par rapport à Israël. La définition du prélèvement des eaux a donc été un point crucial des accords d'Oslo II, qui encadrent le forage des sols : en Cisjordanie, tout forage doit faire l'objet d'une autorisation du Joint Water Committee, un comité mixte, composé d'Israëliens et de Palestiniens. "Dans la pratique, ce sont les Israéliens qui décident et en général, c'est à la faveur des demandes israéliennes, pas palestiniennes", souligne Stéphanie Oudot, adjointe au département eau et assainissement à l'Agence française du développement. Cette spécialiste des questions d'eau a travaillé pendant sept ans comme chef de projet dans la région.

Le rapport Glavany évoque ainsi un fonctionnement "sur le mode du consensus, ce qui donne de facto un pouvoir de veto à Israël". Dans la zone C (voir le deuxième encadré de bas de page), les autorisations doivent en outre être approuvées par l'armée israélienne, encore plus réticente à les accorder. "Il faut savoir, par exemple, que les 450 000 colons israéliens en Cisjordanie utilisent plus d'eau que 2,3 millions de Palestiniens", note encore le rapport de M. Glavany. Mark Zeitoun relève en effet que chaque année, "les Palestiniens utilisent environ 70 millions de m3 d'eau contre 222 millions de m3 pour les colons Israéliens".

Dans le détail, le rapport évoque la destruction "systématique" par l'armée israélienne des puits construits "spontanément" par les Palestiniens. "Les puits sont souvent détruits s'il n'y a pas eu de permission", nuance Gidon Bromberg. Pondération similaire sur ce point du rapport par Stéphanie Oudot, qui note que la construction de ces puits, "essentiellement agricoles", n'est "pas systématique".

"GRAVES PROBLÈMES SANITAIRES"

Le directeur israélien de l'ONG Friends of Earth Middle East évoque ainsi de "graves problèmes sanitaires". Face à l'absence de ressources, les Palestiniens doivent acheter de l'eau municipale qui "est bon marché mais limitée", explique l'expert sur les questions d'eau. Les habitants se tournent alors vers l'approvisionnement privé. Selon la Banque mondiale (PDF), les Palestiniens vivant en Jordanie dépensent 8 % de leur revenu en eau. Pour l'eau non municipale, "il n'existe pas de contrôle : [l'eau] peut être contaminée, avec les conséquences que l'on connaît : douleurs abdominales, diarrhées". De son côté, Stéphanie Oudot décrit cette image : "des piscines et des jardins arrosés du côté des colons, tandis qu'à côté, les Palestiniens se rendent au puits avec un seau".

Corollaire de la question de l'eau, celle de l'assainissement. Les eaux de Cisjordanie s'écoulent en effet vers Israël, or "il n'existe qu'une seule station d'assainissement, en Cisjordanie, à Ramallah, et les besoins sont considérables", note Stéphanie Oudot. Des eaux usées s'écoulent ainsi vers Israël, qui accuse les Palestiniens de ne pas agir contre la pollution de l'eau. "Du fait de la domination israélienne, les Palestiniens ne sont pas encouragés à traiter les eaux qui sont donc contaminées", explique Gidon Bromberg. "On considère aussi que 30 % à 40 % de l'eau sont perdus par des fuites non réparées dans les canaux" côté palestinien, poursuit Gidon Bromberg, qui souligne cette situation paradoxale : "en l'absence de coopération avec les Palestiniens, Israël dessert ses propres intérêts".

Pour gérer les eaux usées provenant de Cisjordanie, les Israéliens construisent en Israël des stations d'épuration et "réutilisent ensuite ces eaux pour leur agriculture", relève Stéphanie Oudot. Israël amortit ensuite la construction et l'entretien de ces stations d'épuration "en ne reversant pas les taxes dues à l'autorité palestinienne". Depuis un an ou deux, note la responsable à l'Agence française du développement, les demandes émises par l'autorité palestinienne de construction de stations d'épuration sont davantage accordées, peut-être une concomitance avec ce rapport de 2009 de la Banque mondiale, qui dénonçait le contrôle de l'eau par Israël en Cisjordanie, relève l'experte. Outre les nappes partagées, Stéphanie Oudot évoque également la question du Jourdain, détourné en amont par Israël, "ce qui rend les Palestiniens très dépendants d'Israël en eau potable".

Le partage des eaux en Cisjordanie est déterminé par les accords d'Oslo II de 1995. Des accords "respectés", souligne Mark Zeitoun, mais "asymétriques" et "faussés" : le texte devait être "temporaire", mais n'a jamais été renégocié, mentionne le chercheur. L'accord ne tient en outre pas compte des besoins en eau d'une population qui a doublé depuis 1995, selon les estimations de la Banque mondiale.

"A GAZA, C'EST ENCORE PIRE"

"A Gaza c'est encore pire ; la qualité de l'eau y est épouvantable", témoigne Gidon Bromberg. Contrairement à la Cisjordanie, les Palestiniens peuvent y forer librement. "Des milliers d'habitants y creusent leur propre puits", poursuit Gidon Bromberg. Israël étant en amont, "[les Israéliens] pompent comme des fous de leur côté, il y a donc une surexploitation réelle", signale pour sa part Stéphanie Oudot. Dans une région surpeuplée, où les habitants pompent de l'eau rare, c'est donc de l'eau salée qui sort de terre. "Les Gazaouis ne peuvent plus boire de l'eau du robinet," témoigne Stéphanie Oudot, qui alerte sur une "situation humanitaire d'urgence". Selon la Banque mondiale, à Gaza "seule 5 % à 10 % de l'aquifère correspond aux standards de qualité".

A Gaza, le rapport parlementaire estime que "les réserves d'eau ont été prises pour cible en 2008-2009 par les bombardements". "C'est impossible à déterminer", temporise Mark Zeitoun. Encore plus nuancée, Stéphanie Oudot souligne le fait que les bombardements ont épargné la digue de Betlaya qui retient un vaste lac d'eaux usées. L'assainissement des eaux représente toutefois un problème central dans la bande de Gaza, avec un manque criant d'infrastructures.

Dans ce territoire palestinien, l'enjeu crucial est le dessalement des eaux. Mais cette technologie est extrêmement coûteuse. Dans le même temps, Israël consolide son indépendance "en dessalant l'eau elle-même sur la côte méditerranéenne", relève Gidon Bromberg. Une indépendance qui, estime Mark Zeitoun, devrait mécaniquement "permettre aux Israéliens d'être plus ouverts aux négociations avec les Palestiniens". Le chercheur craint qu'à l'instar de précédents rapports sur l'eau, le rapport Glavany "fasse du bruit (...), mais qu'une fois que l'attention du publique sera retombée, la politique reste la même". "La situation changera lorsqu'Israël reconnaîtra que la sécurité de l'eau pour tous passera par un partage équitable et juste de l'eau", note le chercheur. Gidon Bromberg estime, lui, que l'eau peut "justement représenter un vecteur très solide pour construire la confiance" entre Israéliens et Palestiniens.

Flora Genoux - LEMONDE.FR | 20.01.12


 

 

 

JAKOB LORBER

Le procès des adeptes de Jakob Lorber de Wila près de Zurich. Le réquisitoire du procureur

Peine de sûreté requise pour le Jésus-haschisch

Par Attila Szenogrady : Selon le procureur le gourou de Wila, en raison de multiples blessures graves, doit être gardé en lieu sûr. Son assistante doit être mise derrière les barreaux pendant huit ans. Les avocats de la défense de leur côté ont plaidé pour l'acquittement.

Peu avant dix heures, le procureur public Ulrich Weder laissait sortir le chat du sac. Il a requis pour le dit "hash-Jésus" de Wila, en raison de multiples blessures graves non seulement une lourde peine d'emprisonnement de 12 ans, mais encore de plus la garde (peine de sûreté ?) du chef de la secte impénitent. Weder a requis huit ans de prison pour l'adepte du gourou, aujourdhui agée de 62 ans. L'insensible (cœur froid) assistante sociale a été l'exécutrice docile de l'auteur/acteur principal », a déclaré Weder.

Torture de la pire espèce

Avant, le procureur en chef avait reproché aux deux accusés un règne/domination de terreur sadique. Né d'une compréhension de religion perverse, qui s'est dirigée contre deux petits enfants livrés sans défense. Weder a parlé de sévices/maltraitance physique et mentale de longue durée, qu'il qualifia de torture de la pire espèce. Weder a parlé d'un crime capital. Même si l'accusé, aujourd'hui 44 ans, n'était pas directement responsable de la mort de sa fille G. âgée de presque cinq ans en mai 2006 , il avait pourtant préparé le terrain pour cela.

Enfants gravement traumatisés

Weder s'est montré convaincu que les deux accusés, avec leur système de torture de longue durée (durant des années) - coups, privation fréquente de nourriture, douches froides, debout pendant des heures - avaient gravement traumatisé les deux enfants G. et S. S., maintenant 12 ans, est encore aujourd'hui traumatisée psychiquement, a dit l'accusateur, citant un rapport. Chez la défunte G. aussi, les médecins avaient constaté de lourds dommages à la suite des sévices. Les deux inculpés avaient accepté/assumé les préjudices corporels graves.

Peine de sûreté requise

Weder a porté au débit des accusés pleinement coupables (complètement responsables) une faute très grave et a requis à l'encontre du père accusé, en raison d'un risque élevé de rechute, une peine de sûreté. Mais pas pour l'assistante sociale qui a été surtout sous l'influence de son modèle/exemple. Avec douze et huit ans d'emprisonnement, Weder se prononce pour (requiert) de lourdes peines.


La représentante légale de la fille S. a demandé comme dédommagement 75 000 francs suisses. Le père doit prendre à sa charge pour 50 000 francs suisses.

Plaidoyer pour l'acquittement

Ensuite, ce fut le tour de la défense. Aussi bien l'avocat Dario Zarro, qu'aussi sa collègue professionnelle Marianne Schaub-Hristic, ont demandé dans les requêtes principales (plaidoiries ?) l'acquittement pur et simple. Eventuellement leurs clients, pour violation du devoir de diligence, pourraient être condamnés à des peines de prison avec sursis, 20 mois pour le père, dix mois pour l'assistante sociale.


Zarro, en tant qu'avocat du père en appelle au jury. Vous ne devez pas juger le cas d'un point de vue moral, mais seulement sur la base du Code criminel. (En agissant) ainsi, le père n'avait pas l'intention de nuire à ses enfants, fait-il valoir. Par là, l'avocat attire l'attention sur une vision du monde différente, qui était répandue encore du temps de Jérémie Gottheft, mais reste fréquente encore aujourd'hui dans certaines églises libres.

Traumatismes mis en doute

Les avocats mettaient en doute aussi le rapport entre les méthodes éducatives et les traumatismes causés aux enfants. Même chez la fille aînée S. qui aurait probablement été traumatisée seulement par la mort de sa sœur et par le placement dans une famille étrangère. Avec cela, une blessure corporelle grave n'aurait pas été démontrée/prouvée. L'avocat Zarro a classé le pronostic pour les dommages/dégâts permanents comme insuffisant. En outre, il a parlé d'un préjudice énorme fait à son client par les médias.

Que Dieu bénisse les jurés

Le dernier mot appartenait au dit "hash-Jésus." Dans le sens de Jésus crucifié, il serait prêt à commencer une peine, expliquait-il. Sa foi n'est pas un numéro de tactique, a-t-il dit, et il se référait une fois encore à Jésus, qui a déjà dit dans la Bible, qu'on détestait ses disciples dans le monde. À la fin, l'inculpé a donné aux jurés la bénédiction de Dieu en viatique. Ils (les jurés) rendront leur verdict vendredi prochain.

Du 13 décembre 2010 :

http://www.20min.ch/news/zuerich/story/Verwahrung-fuer-Hasch-Jesus-gefordert-30420706
 

Le verdict: Neuf et demi et sept ans pour maltraitance d’enfants

Le principal accusé du cas de Wila ne sera pas interné

Le (homme de) 44-ans, qui a terrorisé pendant des années ses deux filles par des méthodes brutales de l'éducation, est condamné à neuf ans et demi de prison, son aide/assistante de 62-ans à sept ans. Le jury du tribunal de Zurich les a déclarés vendredi tous les deux coupables de multiples blessures corporelles graves. Il a renoncé à un internement.

Le tribunal a considérée un internement comme disproportionné, comme son président Pierre Martin l’a dit dans sa déclaration/exposé sur la décision. L'accusé était un primo-délinquant. S'il n'avait pas d'enfants à éduquer, il n’était pas dangereux. Pour éviter cela, il y a d'autres moyens et mesures.

Le tribunal a ordonné contre le principal accusé une prison de haute sécurité, afin que le ressortissant britannique ne parte pas à l'étranger. Martin avait à peine terminé ses délibérations, trois policiers cantonaux sont allés vers l’(homme de) 44-ans. L'un d'eux a rapidement pris une veste et une écharpe dans le vestiaire. Ils ont alors mené les condamnés avec les mains liées derrière le dos. Il s’est laissé faire sans résistance.

Avis: Dans l’appréciation judiciaire

Avec sa peine, le tribunal est resté en dessous des réquisitions de l’accusation. Le procureur Ulrich Weder avait demandé pour le principal accusé 12 ans de réclusion criminelle et l’internement, et pour la co-accusée huit ans de réclusion criminelle. Pourtant, Weder est tout à fait satisfait du verdict, comme il l'a dit à la SDA. La peine est entièrement à l'appréciation du tribunal.

La défense ne peut pas être contente/satisfaite. Elle avait plaidé pour l’acquittement, ou tout au plus pour de courtes peines de prison conditionnelles pour manquement par négligence aux devoirs d'éducation et d’assistance. Les deux avocats de la défense ont demandé les motifs (justifications, attendus) écrits du jugement. Ce n'est que lorsque ces derniers sont présents qu’on pourrait décider d'un appel possible.

Grande énergie criminelle

Le président du tribunal Martin a qualifié la faute du principal accusé de très grave. L'homme avait fait preuve d'une grande énergie criminelle et abusé de sa religiosité. Sa personnalité perturbée n'a pas eu pour conséquence d’atténuer sa responsabilité. Ceci s'applique également à la co-accusée, chez qui une "certaine dépendance» a pu être observée.

La description du système éducatif dans l'acte d'accusation comme tyrannique, cruel et dégradant "n'était pas contestable", a déclaré Martin. Certes les accusés n'avaient pas l'intention de nuire aux enfants. Mais non seulement à l'assistante sociale de formation, 62-ans, mais aussi au père des fillettes, "comme à toute personne tant soit peu de bon sens", les conséquences auraient du être claires.

Les défendeurs n’ont jamais nié leurs méthodes draconiennes de l'éducation. Mais ils les ont justifiées par leur conviction que c’est seulement ainsi que les enfants pourraient devenir des êtres agréables (qui plaisent) à Dieu. Par là ils s’en référaient à l’auto-proclamé «scribe de Dieu», Jakob Lorber (1800-1864), et à la Bible.

Des déclarations cyniques

Les deux accusés vivaient avec une troisième femme et les filles de l'homme dans une communauté d’habitation sectaire dans l'Oberland zurichois. Les enfants avaient été confiées bébés au père par leurs mères.

Avec des coups, la privation de nourriture, rester des heures sans bouger, les douches froides, et similaires, ont été punies même les plus petits manquements. Les déclarations de la défense, que les enfants auraient du simplement s’en accommoder, le président du tribunal Martin les a qualifiées de cyniques.

Sous-alimentées et traumatisées

Dans la nuit du 10 Mai 2006 la petite Gabriela est morte d’un traumatisme de secouement, qui lui avait été infligé par une troisième femme. Celle-ci doit comparaitre l'année prochaine devant un tribunal. La fillette de presque cinq ans souffrait dramatiquement de sous-nutrition et était considérablement affaiblie. La taille et le poids correspondaient à ceux d’une enfant de deux ans.

Sa demi-sœur, âgée de trois ans de plus, a été placée dans une famille d'accueil. De l’avis des experts, l'enfant gravement traumatisée aura à lutter/combattre probablement toute sa vie avec ses dommages psychiques.

http://www.nzz.ch/ - 17 décembre 2010

«Jésus-Haschisch» ne sera pas interné

Le verdict est tombé: Mark W., le tortionnaire d’enfants de Wila, a été condamné à 9 ans 6 mois de prison. Mais il ne sera pas interné. Son assistante/aide restera 7 ans derrière les barreaux.

Immédiatement après la publication du verdict, le chef de secte, aujourd’hui 44 ans, a été immédiatement arrêté par la police. Le tribunal de jurés de Zurich, dans son dernier procès de son histoire de 150 ans, (*), a reconnu l’accusé, âgé aujourd’hui de 44 ans, coupable en raison de multiples blessures corporelles graves au détriment de ses deux filles et l’a condamné à une lourde peine d’emprisonnement de neuf ans et demi. Sa complice Barbara N., aujourd’hui 62 ans, qui avait également torturé régulièrement les deux victimes, écope de sept ans d’emprisonnement..

(* les tribunaux suisses vont supprimer les jurés)

Difficile à expliquer rationnellement

Le président du tribunal Pierre Martin a parlé pendant la publication du verdict d'un acte d’une extrême gravité à peine explicable rationnellement. Vu que des petits enfants ont été victimes d'actes criminels, l’appel/demande a été massi- vement dans le public pour une lourde peine. Toutefois, les jurés ne seraient pas laissé influencer par cette atmosphère, a dit M. Martin.

Le tribunal a identifié le père comme le principal responsable. Il a reconnu son système de punitions pendant l'enquête/ instruction et l’a seulement devant le tribunal quelque peu relativisé.

Sous-alimentation massive

Les jurés, selon Martin, sont arrivés à la conclusion que les deux enfants étaient massivement sous-alimentées et affamées. Ils se sont appuyés sur plusieurs rapports médicaux. Un directeur de l'Hôpital pour enfants avait fait un rapport sur un très mauvais état nutritionnel de la défunte Gabriela. La fille ainée Salomé était avant tout à l’école comme une affamée et frappait/étonnait par un comportement alimentaire extrême, a expliqué Martin. En outre, Salomé avait éprouvé à l'école des états d’anxiété devant (à propos de) son père.

De graves dégâts/dommages acceptés/assumés

Une intention directe, n’est pas prouvée chez les deux accusés, ont trouvé les jurés. Toutefois, avec leurs méthodes brutales d’éducation ils ont accepté de graves dommages/dégâts pour les enfants. C’est pourquoi, toujours selon le jugement, ça se serait produit pour les deux victimes.

Salomé souffre selon une expertise aujourd'hui encore d'un syndrome de stress post-traumatique. L'enfant avait dit à sa thérapeute que ça avait été son plus beau jour quand elle avait été séparée de son père. Le régime des accusés, les jurés l’ont qualifié de tyrannique, inhumain, cruel et dégradant. Ils ont porté au débit du principal accusé, qu'il lui avait été plusieurs fois fait remarquer (attiré l’attention) par l'environnement/entourage son comportement fautif.

Très lourde culpabilité

Pour la détermination (mesure, durée ?) de la peine, les jurés ont considéré une très lourde culpabilité des faits. Le père en particulier avait déployé pendant des années une grande énergie criminelle, a dit Martin. La victime décédée était sa propre enfant, qui aurait du pouvoir espérer (s’attendre à) un amour véritable.

La culpabilité de l’assistante sociale aussi, les jurés l’ont jugée lourde, mais aussi plus restreinte car elle avait été sous l'influence du chef de la secte.

Pas d’internement

L’internement demandé par le parquet, la cour/tribunal l’a refusé/ rejeté toutefois pour des raisons de proportionnalité. Car il s’agit d’un primo-délinquant, pas d’une personne très dangereuse, qui occasionne par des actions spontanées de grands malheurs. En outre, l’accusé, depuis le début de la procédure pénale il ya quatre ans, a toujours respecté les conditions imposées par les autorités et a également accepté le retrait de sa plus jeune enfant née l'été dernier, a expliqué Martin. Même après sa libération, un contrôle ultérieur de l'accusé au moyen de consignes ou d'un service de probation serait organisé.

Pour la fille S., les jurés ont parlé de dommages et intérêts principaux, et d’une appréciation de 75 000 Franken à son profit.

http://www.20min.ch/ - 17 décembre 2010 - Par Attila Azenogrady

La communauté sectaire de Wila (Suisse) qui suivait les préceptes éducatifs de Jakob Lorber

10 ans de prison ferme pour la femme qui avait secoué à mort une fillette d'à peine 5 ans

violence enfantine
Elle tue une fillette: 16 ans de prison

Pour avoir mortellement secoué une fillette de 4 ans et 10 mois en 2006, une femme de 27 ans a écopé d'une peine de 16 ans de prison pour meurtre lundi à Pfäffikon (ZH).

Le procureur a requis lundi à Pfäffikon (ZH) une peine de 16 ans de prison pour meurtre contre une femme de 27 ans.

Elle est accusée d’avoir mortellement secoué une fillette de 4 ans et 10 mois en 2006. La défense a plaidé une peine de deux ans avec sursis. Le jugement est attendu mardi.

Au moment des faits, la prévenue vivait dans une communauté de l’Oberland zurichois avec le père de la fillette, les deux filles de celui-ci et son autre compagne. Le père punissait et battait régulièrement ses deux filles.

Il suivait les règles de Jakob Lorber (1800-1864) qui affirme que pendant les sept premières années de sa vie, l’enfant doit apprendre l’obéissance, car Dieu aime l’humilité.

Il faut extirper de l’enfant le mensonge, la rébellion et l’effronterie.

Traumatisme crânien

En mai 2006, la prévenue a secoué la fillette si fort qu’elle est décédée la nuit suivante à l’hôpital pour enfants de Zurich des suites d’un traumatisme crânien. Elle pesait 12 kilos pour 93 cm, soit le gabarit moyen d’un enfant de deux ans.

Pour le procureur, la prévenue agissait par intérêt égoïste, à savoir garder son ami. Elle a ainsi systématiquement accepté les ordres du père quand celui-ci lui ordonnait de battre les enfants.

L’accusée a affirmé pendant le procès qu’elle avait commencé à prendre ses distances par rapport au père des fillettes avant le drame. Un mensonge, selon l’accusation: «Jusqu’à la dernière minute elle faisait partie du système sadique» du père.

«Un accident»

La défense a plaidé l’homicide par négligence et une peine de deux ans de prison avec sursis.

«C’était un accident» et la jeune femme devra en subir les conséquences toute sa vie, a déclaré l’avocat de la prévenue.

L’accusée regrette ses actes. Et ça lui fait terriblement mal de ne rien avoir entrepris pour mettre un terme à ce système éducatif très violent.

Elle était jeune et sous l’emprise du chef de la communauté, a-t-elle expliqué.

L’avocate de la fille survivante a exigé des réparations pour tort moral d’un montant total de 105 000 francs. Cette fille âgée aujourd’hui de 13 ans a été placée dans une famille. Elle souffre de graves troubles psychiques qui l’accompagneront toute sa vie.

Intersexuelle

La prévenue est née intersexuelle, c’est-à-dire sans sexe distinct.

A 16 ans, elle a décidé d’adopter le sexe féminin et elle s’est fait opérer quelques années plus tard. La drogue était omniprésente dans la communauté.

Lors d’un premier procès en décembre 2011, le père des fillettes a été condamné à 9 ans et 6 mois de prison ferme pour lésions corporelles graves.

Sa compagne, âgée de 62 ans, a écopé de 7 ans de prison ferme.

Par ATS le 19.09.2011

http://archives.24heures.ch/actu/suisse/femme-ecope-16-ans-prison-meurtre-fillette-2011-09-19


Maltraitance
Dix ans de prison pour la femme qui a secoué mortellement une fillette

La justice zurichoise a tranché: la sanction infligée à une femme de 27 ans pour avoir secoué mortellement une fillette en 2006 est de 10 ans de prison.
Dix ans de prison: telle est la sanction infligée par la justice zurichoise à une femme de 27 ans pour avoir secoué mortellement une fillette en 2006. La Cour l’a reconnue mardi coupable de meurtre et de lésions corporelles graves.
L’enfant avait déjà été maltraitée avant le drame. Après l’annonce du jugement par le Tribunal de district de Pfäffikon (ZH), la condamnée a immédiatement été emmenée par deux policiers et placée en détention.
Dans son verdict, la Cour a en partie suivi le réquisitoire du procureur. Ce dernier avait réclamé lundi une peine de 16 ans de prison, estimant que la prévenue n’avait certes pas voulu la mort de la fille de 4 ans et 10 mois, mais qu’elle l’avait prise en compte.
L’avocat de la jeune femme avait demandé une peine limitée à 2 ans avec sursis. Il n’avait concédé qu’un homicide par négligence et une violation du devoir d’éducation ou d’assistance de sa cliente.
Au moment des faits, la prévenue vivait dans une communauté religieuse de l’Oberland zurichois avec le père de la fillette, les deux filles de celui-ci et son autre compagne. Le père punissait et battait ses deux filles.
Il a été condamné en décembre 2010 à 9 ans et 6 mois de prison ferme pour lésions corporelles graves. Sa compagne, âgée de 62 ans, a écopé de 7 ans de prison ferme.

Par ATS le 20.09.2011 - Tribune de Genève du 19 09 2011
 

 

 

 

LAICITE

Quand la crèche de Noël embarrasse la laïcité

‣ Malgré les hésitations de la mairie, pour la première fois, une crèche a été installée sur le marché de Noël des Champs-Élysées à Paris. ‣ Par endroits, des réticences se manifestent concernant l’expression religieuse pendant la période de l’Avent. ‣ Les catholiques, eux, se mobilisent pour redonner à la Nativité son sens chrétien.

Le vœu de Dominique de Causans, paroissien de Saint-Pierre-deChaillot, dans le 16e arrondissement de Paris, a bien failli ne jamais se réaliser. Ce retraité intrépide a finalement tenu son pari : transformer les Champs-Élysées en champ des bergers. Ou comment introduire une crèche, avec Marie, Joseph, bœuf et âne, parmi les chalets du principal marché de Noël parisien, plus connu pour sa fièvre commerciale que pour son caractère traditionnel. « L’an dernier, en traversant les allées du marché, j’ai entendu le refrain d’ Il est né le Divin Enfant dans les haut-parleurs. Vous ne pouvez pas savoir ce que cela m’a rajeuni ! Je me suis dit : il faut une crèche sur ce marché. C’était une évidence. »

Ni une, ni deux, le septuagénaire va trouver son curé, qui l’encourage à concrétiser son rêve. Charge à lui de l’assumer. Dominique de Causans rencontre alors Marcel Campion, directeur du marché. « Nous sommes tombés d’accord pour dire qu’un marché de Noël sans crèche, ce n’est pas un vrai marché de Noël. » Mieux : le magnat des forains propose de mettre un chalet à disposition de la paroisse, dès l’année suivante. Sollicitées à leur tour, les moniales de Bethléem acceptent de confier des modèles issus de leur artisanat pour constituer une crèche. Mais, la veille de l’ouverture, la mairie de Paris signifie à la paroisse que « la connotation religieuse » du projet risque de « gêner ». Les paroissiens sont déçus, et la presse s’intéresse à l’affaire.

Craignant une polémique, la municipalité finit par autoriser la crèche sous trois conditions : « Que la paroisse n’apparaisse plus comme étant l’organisateur, qu’il n’y ait aucun prosélytisme et aucune présence humaine » , résume Dominique de Causans. Accommodement ? « Moi, j’y vois un avantage, car ces critères ont le mérite d’institutionnaliser notre crèche. Peu importe qui est derrière : 15 millions de visiteurs vont passer devant et se laisser émerveiller. C’est cela qui compte. »

Cette hésitation reflète un certain malaise de la société française face à ses propres racines. En particulier pendant la période de l’Avent, devenue pour beaucoup une célébration de l’enfance, sans qu’il soit toujours nécessaire d’en mentionner les fondements spirituels. Le « Marché de l’ avAnt » (sic), organisé récemment par la ville de Clamart, dans les Hauts-de-Seine, est symptomatique de cette propension. Ici, c’est l’orthographe même du terme Avent qui a été lissée, comme pour en laïciser le contenu. Interrogée à plusieurs reprises, la municipalité n’a pas souhaité donner suite aux sollicitations de La Croix .

Au centre commercial Parly 2, dans les Yvelines, c’est une tradition vieille de vingt ans qui a manqué de disparaître : celle d’une immense crèche de santons provençaux, devenue l’une des attractions phares à cette période. Mais cette année, la direction a confié la gestion des chalets à un nouveau prestataire, lequel n’a pas souhaité reconduire le santonnier d’Aubagne – dont le stand, soit dit en passant, était plus commercial que pastoral.

Immédiatement, les milieux catholiques traditionalistes – les mêmes qui ont fait campagne contre deux pièces de théâtre jugées blasphématoires – mobilisent leurs sympathisants sur les réseaux sociaux. Des paroissiens du Chesnay se mêlent à la contestation. Le directeur de Parly 2 est inondé de lettres hostiles. Tant et si bien que, le 8 décembre, la direction du centre cherche à éteindre l’incendie sur sa page Facebook : « Nous avons bien noté que l’absence de crèche suscite de nombreuses réactions cette année. Nous avons décidé d’installer une nouvelle crèche à partir de samedi prochain. » Vicaire au Chesnay, à quelques rues du centre commercial, le P. Pierre Amar s’est improvisé conciliateur au cours de cet épisode digne de Don Camillo : « Je trouve déplacé d’invoquer la christianophobie pour une histoire de crèche, concède-t-il. On n’est ni à Bagdad, ni au Caire, ce ne sont pas nos églises qui brûlent. Mais il est vrai qu’on a parfois le sentiment que l’on étouffe les signes qui sont le ciment de notre culture. » L’essentiel, pour le P. Amar, est d’avoir pu dépasser la polémique : « Noël, c’est la crèche et les gens y sont attachés. » Le directeur du centre, Dusan Milutinovic, passablement agacé, rappelle pour sa part que « la crèche est ancrée dans l’identité de Parly 2. Le retard dans sa mise en place est le fruit d’un mauvais concours de circonstances. »

En province aussi, l’étable de Bethléem est parfois un sujet de discorde. L’an passé, à Leers, non loin de Roubaix, un membre de l’opposition municipale a tenté, en vain, d’obtenir l’interdiction d’une crèche, œuvre d’une artiste locale. « Malgré les attaques, je l’ai maintenue contre vents et marées », tempête Jean-Claude Van Belle, maire sans étiquette. Luimême « croyant et pratiquant » , il estime que « Noël, c’est la naissance d’un enfant venu apporter la paix ; pourquoi le cacher ? ». Il en va, dit-il, « de la mémoire collective » et ce n’est « pas une discrimination que de l’affirmer » . À Montiers, dans l’Oise, le conseil municipal a eu moins de chance : l’an dernier, le tribunal administratif a tout bonnement interdit l’installation d’une crèche.

Des crispations qui ne surprennent pas le P. Nicolas de Bremond d’Ars, sociologue des religions, qui estime que « la laïcité française ne sait plus comment fonctionner aujourd’hui ».

Selon son analyse, les catholiques ont été longtemps « modelés » par l’idée que la religion devait être reléguée à la sphère privée. Mais depuis quinze ans, la montée de l’islam et des évangéliques bouscule le paysage : « Le consensus républicain sur l’expression des religions doit être redéfini. Nous assistons à la fin d’un modèle. Et certains catholiques y voient une occasion de réinvestir l’espace public, comme en témoigne la multiplication des processions, des chemins de croix… »

Ainsi, à Grenoble, le pôle évangélisation du diocèse a mis en scène une saisissante crèche vivante dans les rues de la ville, avec costumes et animaux de ferme : « Nous avons cherché à concurrencer le Père Noël qui nous a piqué la vedette ! », résume avec humour Gwendoline Clech, 22 ans, membre de la pastorale des jeunes. Les plus hardis n’ont pas hésité à donner de leur personne : « Un père de famille, qui passait par là, nous a confié son bébé de 9 mois pour tenir le rôle de Jésus. Quant aux policiers, ils sont restés une bonne partie de la journée avec nous. Nous avons été bien accueillis, n’en déplaise à ceux qui voudraient nous voir cantonnés dans nos églises. »

À Chatou, en région parisienne, la paroisse s’est associée aux commerçants pour proposer des animations et redonner à Noël sa dimension conviviale. L’opération « Vivre Noël autrement », menée chaque année par la Mission de France, s’inscrit dans la même optique. Tout comme la « Fête de la solidarité et des enfants », organisée le 10 décembre par la mairie du 16e arrondissement de Paris, en partenariat avec la paroisse Sainte-Jeanne-deChantal. Pour le député et maire UMP Claude Goasguen, « la paroisse est un bon moyen pour permettre aux habitants du quartier de se rencontrer. Si respecter la laïcité, c’est nier la solidarité dans une période où elle est plus que jamais nécessaire, alors la laïcité n’est plus à sa place. »

François-Xavier Maigre - La Croix du 22 décembre 2011

Rejet des recours contre la construction d’une mosquée

La cour administrative d’appel de Marseille a rejeté hier deux recours déposés par le Front national et le Mouvement national républicain pour faire annuler une délibération du conseil municipal autorisant l’implantation d’une grande mosquée. La cour relève que le principe de laïcité n’interdit pas la conclusion « d’un bail emphytéotique administratif en vue de l’édification d’un lieu de culte ouvert au public ».

La Croix du 22 décembre 2011

Le gouvernement durcit la réglementation sur l’abattage rituel

Un décret vient d’être publié au journal officiel par le ministère de l’agriculture.

Il satisfait les associations comme les responsables religieux, même si toutes les questions pratiques ne sont pas réglées.

Pourquoi l’abattage rituel pose-t-il un problème ?
L’abattage rituel, pratiqué – dans des conditions différentes – par les juifs et les musulmans, est un sujet de polémique récurrente, en France mais aussi en Europe, où plusieurs pays ont récemment adopté des législations restrictives. Avec la chasse et l’abattage d’urgence, il constitue l’une des trois exceptions au principe général d’étourdissement des animaux avant l’abattage qui prévaut en droit français depuis 1962.

Les associations de protection des animaux dénoncent les souffrances qui leur sont causées, et laissent entendre également que les quantités de viandes produites dans ces conditions excèdent les besoins des fidèles concernés. Faute de réglementation précise, le ministère de l’agriculture en convient, « des dérives ont pu être observées dans certains abattoirs ».

Un règlement européen, qui doit entrer en application au 1er janvier 2013, a d’ailleurs déjà prévu, dès 2009, un renforcement de la formation des sacrificateurs à la protection des animaux. Interpellé par plusieurs associations, le ministre de l’agriculture, Bruno Le maire, a promis en mars « de mieux encadrer » cette pratique, sans toutefois « stigmatiser les cultes ni revenir sur le principe constitutionnel de leur libre exercice ».

Que dit le décret ?
Après six mois de consultations, le ministère de l’agriculture a fait paraître mercredi 28 décembre au Journal officiel un décret et un arrêté. Alors que, jusque-là, les abattoirs pratiquant l’abattage rituel étaient soumis à un unique agrément sanitaire – qu’il était difficile de leur retirer pour des motifs liés à la maltraitance des animaux – ils devront désormais obtenir une autorisation supplémentaire de la part du préfet.

Et, pour cela, remplir différentes conditions : matériel adapté pour immobiliser l’animal puis pour le saigner (couteau « adapté à la taille de l’animal et en permanence aiguisé et affilé » ), personnel habilité par les autorités religieuses et formé à l’hygiène et à la protection des animaux, etc.

Les abattoirs devront aussi se doter d’un « système d’enregistrements permettant de vérifier que l’usage de la dérogation correspond à des commandes commerciales qui le nécessitent ». « Si on s’aperçoit que ces conditions ne sont plus remplies, on pourra retirer l’agrément », fait-on valoir dans l’entourage du ministre.

Quelles sont les réactions ?
« Ces textes vont dans le bon sens mais restent très insuffisants car les conditions même de l’abattage rituel sont inacceptables », a immédiatement réagi Christophe Marie, le porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot.

De leur côté, les responsables juifs et musulmans estiment qu’ils devraient permettre « d’éviter les abus » tout en leur laissant la marge de manœuvre nécessaire pour continuer à disposer de viande halal ou cachère. « La transparence qu’ils instaurent permettra de mettre fin aux campagnes de dénigrement », estime Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman.

« Nous resterons vigilants et vérifierons que leurs conditions d’application sur le terrain resteront bien dans l’esprit du décret », prévient toutefois le grand rabbin de Metz, Bruno Fiszon, qui précise par ailleurs que les modalités pratiques de la nouvelle formation des sacrificateurs au respect animal ne sont pas encore fixées.

Anne-Bénédicte HOFFNER - La Croix du 2 janvier 2012 Urbi et Orbi
 

Le CFCM « satisfait » du décret sur l’abattage rituel

Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohamed Moussaoui, s’est dit « satisfait » du récent décret du ministre de l’agriculture durcissant les règles de l’abattage rituel.

Dans une déclaration au site d’information musulman SaphirNews, il a confirmé que le texte réglementaire avait été élaboré en concertation avec le CFCM et le Consistoire israélite.

« Nos amendements respectifs ont été pris en compte et le texte dans sa forme finale traduisait un équilibre acceptable par les représentants des deux cultes, s’est-il félicité. Naturellement, nous resterons vigilants sur la mise en application du décret et de l’arrêté, notamment sur la procédure d’autorisation et les éléments du dossier à instruire en vue d’obtention de l’autorisation ainsi que sur les modalités de contrôle. »

« La bientraitance animale est l’essence même de l’abattage rituel »
Le président du CFCM a toutefois contredit les associations de défense des animaux pour qui ce décret serait un premier pas vers une interdiction de l’abattage sans étourdissement préalable. « Le décret a réaffirmé le respect de ce droit », estime-t-il au contraire soulignant que l’absence de réglementation en la matière avait laissé « le champ libre de présenter la réalité de cet abattage d’une manière erronée, voire mensongère ».

« Les chiffres qu’ils annoncent à chacune de leurs campagnes de dénigrement sont souvent imaginaires et ne reposent sur aucune donnée objective, insiste-t-il. Avec cet encadrement, ces associations seront acculées à confondre leurs allégations avec des données officielles incontestables. »

« La bientraitance animale est l’essence même de l’abattage rituel. Tout ce qui peut contribuer au respect de ce bien-être ne peut que servir l’abattage rituel. La formation du personnel, l’amélioration des équipements et des conditions d’hygiène sont aussi de nature à améliorer la qualité des produits mis à la consommation », conclut Mohamed Moussaoui.

N. S. (avec SaphirNews) - La Croix du 4 janvier 2012 Urbi et Orbi

Une femme portant un niqab au volant verbalisée

La conductrice a été verbalisée mardi à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) et condamnée à une amende de 35 €. Les policiers ont repéré par hasard la jeune femme qui semblait hésitante dans sa conduite avant de se rendre compte qu’elle était voilée. « C’est un problème de sécurité et de visibilité », a expliqué le directeur départemental de la sécurité publique, Laurent Dufour.

La Croix du 30 décembre 2011

La présence d’aumôniers bouddhistes en prison va être officialisée

Selon le journal Le Monde daté des 8 et 9 janvier, l’État a demandé à l’Union bouddhiste de France (UBF) de mettre à la disposition de l’administration pénitentiaire des aumôniers chargés de répondre aux besoins spirituels des détenus se réclamant de cette tradition.
Une commission sur l’installation d’une aumônerie bouddhiste en milieu carcéral a été mise en place en novembre 2010, à la suite des ateliers qui s’étaient tenus sur le sujet à l’Institut Huyen-Vi à Vitry (Val-de-Marne), peut-on lire sur le site Internet de l’Union bouddhiste de France.
Le site de l’UBF rapporte qu’une réunion de ladite commission s’est tenue le 29 mars 2011 « pour faire le point sur le dossier et répartir les tâches ».
Cependant, selon Le Monde daté des 8 et 9 janvier, la demande officielle de création d’une aumônerie bouddhiste en milieu carcéral semble avoir pris de court l’UBF. Celle-ci vise l’installation d’« un ou deux » aumôniers régionaux en 2012, préalable à la désignation d’un aumônier national. La France compte neuf régions pénitentiaires.
Dans les faits, des aumôniers bouddhistes interviennent déjà en milieu carcéral mais la demande des autorités tend surtout à institutionnaliser la présence de cette tradition spirituelle en France. L’UBF fait ainsi partie de la Conférence des responsables de culte en France (CRCF), au même titre que les représentants du catholicisme, du protestantisme, du judaïsme et de l’islam.

La Croix du 9 janvier 2012 - Urbi et Orbi

François Fillon va recevoir les représentants de l’Eglise catholique

L’instance de dialogue entre l’Église catholique et le gouvernement se réunit mardi 10 janvier une dernière fois avant les élections du printemps.
Aumôneries d’hôpitaux, laïcité, reconnaissance des diplômes canoniques et chrétiens d’Orient seront les sujets abordés.
Quel est l’objectif de cette rencontre ?
Créé le 12 février 2002 par Lionel Jospin et préservé depuis par tous les premiers ministres, le dialogue institutionnalisé entre l’Église et le gouvernement permet aux deux partenaires de faire régulièrement le point sur un certain nombre de dossiers techniques.
La rencontre de mardi 10 janvier à Matignon doit réunir, côté catholique, le nonce apostolique à Paris, Mgr Luigi Ventura, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, et Mgr Antoine Hérouard, secrétaire général de la Conférence des évêques de France, et, côté gouvernement, le premier ministre François Fillon, le ministre de l’intérieur et des cultes, Claude Guéant, mais aussi, en raison de l’ordre du jour, Nora Berra, secrétaire d’État auprès du ministre du travail, chargée de la santé, Laurent Wauquiez, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, et Henri de Raincourt, ministre chargé de la coopération.
Pour l’Église catholique, c’est une bonne nouvelle que, « pour le symbole », cette instance puisse se réunir comme d’habitude, avant l’accélération du calendrier électoral. Côté gouvernement, on tient à souligner le contexte « apaisé » de cette réunion, d’abord prévue en décembre puis repoussée pour des raisons d’agenda. Lors de la dernière réunion, le 8 juillet 2010, le contexte était plus tendu, lié à l’examen par le Parlement du projet de loi « Besson » du 30 mars 2010 « relatif à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité ».
Quels sont les sujets inscrits au menu de cette réunion ?
Plusieurs sujets doivent être abordés : les aumôneries hospitalières, la laïcité – avec un bilan des initiatives gouvernementales récentes comme le code de la laïcité, le groupe de travail interministériel sur la laïcité, les conférences départementales pour les libertés religieuses, etc. –, la reconnaissance des diplômes canoniques et la situation des chrétiens d’Orient.
Concernant les aumôniers d’hôpitaux, les représentants catholiques comptent faire part de leurs inquiétudes sur « la question financière », en particulier les postes supprimés, mais aussi sur « le fait que tous les cultes n’ont pas les mêmes besoins, les mêmes pratiques » et que cette réalité n’est pas toujours bien comprise par une « administration plutôt dans une logique interconfessionnelle et interreligieuse ».
D’autres sujets seront également évoqués, comme l’utilisation des cathédrales pour des spectacles et des concerts, mais aussi « l’entrée et le séjour en France des ministres du culte » d’origine étrangère. Enfin, plus problématique, la question de « l’accompagnement spirituel dans les centres de rétention administrative » des étrangers en situation irrégulière, qui n’est pour l’instant pas possible.
« En 1905, les centres de rétention n’existaient pas, mais, en vertu de ce texte, des aumôneries sont possibles dans tous les lieux dont on ne peut sortir », rappelle-t-on côté catholique, tout en étant conscient de la crainte de l’administration que les représentants des cultes ne soient en réalité « des militants qui aident les personnes à sortir » .

Anne-Bénédicte HOFFNER - La Croix Urbi et Orbi du 9 janvier 2012

Le Sénat adopte une proposition de loi sur la laïcité dans les crèches

Une proposition de loi controversée du groupe RDSE (à majorité radicaux de gauche) sur le principe de laïcité dans les crèches, les centres de loisirs et chez les assistantes maternelles a été adoptée par le Sénat dans la soirée du mardi 17 janvier. La discussion du texte de la sénatrice Françoise Laborde (RDSE) avait dû être interrompue faute de temps le 7 décembre à la suite d’un vif débat, y compris au sein de la gauche.

C’est l’article 3 du texte qui a suscité l’essentiel des critiques, certains experts de la laïcité l’ayant même qualifié de « grotesque ». Il prétend appliquer le principe de laïcité aux assistantes maternelles accueillant des enfants à domicile, au prétexte que « les parents peuvent vouloir une nounou qui soit “neutre” sur le plan religieux », selon Françoise Laborde.

La majorité sénatoriale est apparue profondément divisée sur cet article, en vertu duquel le principe de laïcité prévalant dans les structures pour la petite enfance pourrait s’étendre à la sphère privée.

« Un fort degré d’ingérence dans la vie privée »
Le groupe écologiste et CRC (communistes) a voté contre l’article. Le président de la commission des lois Jean-Pierre Sueur (PS) ainsi que le rapporteur Alain Richard (PS) ont voté pour, mais le sénateur PS René Vandierendonck contre.

Quelques dizaines de personnes dont une majorité de femmes voilées avaient manifesté devant le Sénat mardi soir en dénonçant « l’islamophobie ».

« Étendre aux assistantes maternelles l’obligation de neutralité constitue une violation du droit à la vie privée consacré par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme » a protesté Esther Benbassa (EELV). « Cet article implique un fort degré d’ingérence dans la vie privée des assistants maternels, qui ne se justifie pas », a renchéri Isabelle Pasquet (CRC).

« Obligation de neutralité en matière religieuse »
« Si l’assistante maternelle est voilée, les parents seront tout de suite informés de ses croyances. Ce texte institue une règle d’information, il ne crée aucune sorte de limitation », a répondu Alain Richard (PS). « Nous avons tout à gagner à réinvestir le champ de la laïcité, il ne doit pas être laissé en jachère », a justifié Françoise Laborde (RDSE).

Sur l’ensemble du texte, les communistes se sont abstenus, les écologistes ont voté contre, l’UMP s'est partagée entre abstentions et contre, le RDSE et le PS ont voté pour.

La proposition, qui doit encore être inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale pour poursuivre son parcours législatif, prévoit également que les crèches bénéficiant d’une aide financière publique doivent « être soumises à une obligation de neutralité en matière religieuse ». Les salariés comme la structure doivent « s’abstenir de toute manifestation ostensible d’appartenance religieuse (tenues, représentations, symboles, discours, prières…) ».

« Accueillir tous les enfants sans distinction »
Les crèches ne bénéficiant pas d’aides publiques doivent, quant à elles, être autorisées « à apporter, si elles le souhaitent, certaines restrictions à la manifestation de convictions religieuses de leurs salariés qui figureraient dans le règlement intérieur ».

Ce fut le cas récemment de la crèche privée Baby Loup de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), qui a fait jurisprudence en obtenant l’aval de la justice au licenciement d’une employée voilée.

Selon cette proposition de loi, les crèches privées à caractère religieux n’ont pas obligation de neutralité. Mais dans le cas où elles bénéficieraient d’aides publiques, elles « doivent accueillir tous les enfants sans distinction ».

La Croix du 19 janvier 2012

Le Sénat vote l’extension de la neutralité religieuse pour les « nounous » à domicile

Devant une assemblée clairsemée, la proposition de loi de Françoise Laborde (Parti radical de gauche) et du Rassemblement démocratique et social européen (RDSE), visant à étendre l’obligation de neutralité aux structures privées en charge de la petite enfance (hors établissements confessionnels) et aux assistants maternels a été adoptée, mardi 17 janvier dans la soirée. L’article 3 de ce texte prévoit : « à défaut de stipulation contraire inscrite dans le contrat qui le lie au particulier employeur, l'assistant maternel est soumis à une obligation de neutralité en matière religieuse dans le cours de son activité d'accueil d'enfants ».

Ce texte, discuté en première lecture en décembre, était soutenu par les socialistes. Les sénateurs communistes se sont abstenus, le groupe Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) a voté contre. S’appuyant sur la jurisprudence « Babyloup » qui permet aux structures privées de restreindre la liberté d'expression religieuse des salariés par le biais du règlement intérieur, la droite a renoncé à légiférer sur ce sujet et le texte ne devrait pas emporter l’adhésion de l’Assemblée nationale.

Lors de la discussion générale de décembre, Philippe Richert, ministre chargé des collectivités territoriales, avait ainsi justifié le rejet de ce texte par le gouvernement : « En souhaitant étendre au secteur privé un des grands principes fondateurs du service public, les auteurs de la proposition de loi bousculent les grands équilibres établis depuis plus de cent ans autour du principe de laïcité. Le simple fait que des employés manifestent, à titre personnel, une croyance religieuse ne met pas en danger la santé ou l’équilibre psychologique des enfants. Vous l’admettez vous-mêmes, puisque les crèches confessionnelles ne sont pas concernées. Le gouvernement estime que ces initiatives sont inopportunes au regard de notre cohésion sociale et nationale. Le texte va trop loin ; il sèmera la confusion et sera source de contentieux ; il renverra chacun chez soi, en encourageant un communautarisme qui vraiment n’a rien de républicain ».

Dénonçant « une intrusion de l’Etat dans la sphère privée », Esther Benbassa, sénatrice d’EELV s’est interrogée, mardi, sur la manière dont serait définie l’expression religieuse au domicile d’une assistante maternelle : « Une représentation de La Mecque ? Une reproduction d’une annonciation de Fra Angelico ou d’un “Judith et Holopherne” ? Une manière de préparer le repas ? »

Mères voilées ou Témoins de Jéhovah?

Le rapporteur socialiste, Alain Richard, a assuré que ce texte instituait "une règle d'information ; il ne crée aucune sorte de limitation". "Ce texte ferait obstacle à l'emploi de femmes voilées ?", s'est interrogé M.Richard. "Au contraire ! Si l'assistante maternelle est voilée, les parents seront tout de suite informés de ses croyances. Il n'y a donc aucun problème. Si des parents ne souhaitent pas que leur enfant soit élevé dans une certaine atmosphère religieuse, ils ont le droit d'être informés. Je vous renvoie à l'exemple des Témoins de Jéhovah : leur appartenance religieuse ne se voit pas immédiatement". Le président socialiste de la commission des lois, Jean-Pierre Sueur a lui salué un "texte de liberté", soulignant que la nounou pouvait être religieuse mais qu’il fallait qu’elle le soit dans « la transparence ».

Pour le collectif Mamans toutes égales qui défend les femmes musulmanes voilées, ce texte est « une loi d’exclusion insupportable. La gauche va donc plus loin que l’UMP et le Front national sur l’exclusion de ces citoyennes de la loi commune ».

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a, de son côté, dénoncé "une violation du droit à la vie privée", estimant que ce texte introduit "une modification majeure dans l'un des fondements de la République, qu'est le principe de laïcité". Le CFCM "souligne la gravité de la situation créée par cette proposition de loi qui risque à la veille de rendez-vous électoraux importants pour l'avenir de notre pays de susciter trouble et interrogations qui ne peuvent être que préjudiciables".

Blog de Stéphanie LE BARS - Le Monde - 18 janvier 2012 

Laïcité dans les crèches : le CFCM dénonce « une violation du droit à la vie privée »

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a qualifié jeudi 19 janvier de « violation du droit à la vie privée », la proposition de loi sur le principe de laïcité dans les crèches, les centres de loisirs et chez les assistantes maternelles, adoptée mardi par le Sénat.

Ce texte, présenté par la sénatrice Françoise Laborde (RDSE, à majorité radicaux de gauche), veut appliquer le principe de laïcité aux assistantes maternelles accueillant des enfants à domicile, parce que « les parents peuvent vouloir une nounou qui soit “neutre” sur le plan religieux », selon Mme Laborde.

Dans un communiqué, Mohammed Moussaoui, président du CFCM, considère que « la limitation préconisée par cette proposition de loi constitue une violation du droit à la vie privée consacré par la Convention européenne des droits de l’homme et apparaît incontestablement comme disproportionnée ».

« Modification majeure du principe de laïcité »
« Le CFCM tient à noter que cette proposition étend une mesure qui jusque-là pesait uniquement sur les fonctionnaires incarnant l’État dans l’exercice de leurs fonctions », précise-t-il.

Il estime que « cette proposition introduit, de ce fait, une modification majeure dans l’un des fondements de la République qu’est le principe de laïcité et se met clairement en contradiction avec les objectifs poursuivis par les grands textes nationaux et internationaux traitant des droits fondamentaux tels que la Déclaration universelle des droits de l’homme ».

Le CFCM souligne « la gravité de la situation créée par cette proposition de loi qui risque, à la veille de rendez-vous électoraux importants pour l’avenir de notre pays, de susciter trouble et interrogations qui ne peuvent être que préjudiciables ».

La Croix du 19 janvier 2012 - Urbi et Orbi

François Hollande veut remettre en chantier la laïcité

La proposition de François Hollande d’inscrire la loi de 1905 dans la constitution provoque des remous.

Pour les spécialistes, une telle réforme remettrait en cause le statut de l’Alsace-Moselle et les relations entre les pouvoirs publics et les cultes.

Des proches de François Hollande, dont l’avocat Jean-Pierre Mignard, s’inquiètent d’un « raidissement » laïque du candidat socialiste.

Inscrire la loi de séparation des Églises et de l’État dans la Constitution. François Hollande avait déjà avancé cette idée devant le Grand Orient de France. Mais ce dimanche, en plaçant la mesure en tête de liste de ses engagements de campagne, le candidat à la présidentielle a provoqué interrogations et critiques.

Pour le constitutionnaliste Didier Maus, cet ajout est « inutile » car l’article premier de la Constitution affirme déjà que la France est une « République laïque ». La Constitution se garde bien de donner un contenu au régime de la laïcité et renvoie pour ce faire aux lois, notamment à celle de 1905. Ce texte est composé de 44 articles qui régissent dans le détail les relations entre les pouvoirs publics et les cultes.

Il est donc « inenvisageable de procéder à un simple copier-coller. Le législateur devra donc s’atteler à un travail d’écriture périlleux », s’inquiète Olivier Échappé, ancien conseiller pour les cultes du président Chirac.

Selon toute vraisemblance, seraient concernés les deux premiers articles de la loi qui fondent un subtil équilibre : la République garantit la liberté de conscience et la pratique religieuse, mais elle ne subventionne aucun culte officiel. Inscrit dans la Constitution, ce régime de séparation se trouverait placé au-dessus des lois et ne supporterait donc plus aucune exception.

« On n’a pas besoin de changer la Constitution pour adopter une loi très laïque »
Olivier Échappé souligne les incidences très lourdes qui en résulteraient : « Le principe de non-subvention est dans bien des situations contourné, qu’il s’agisse du salaire des aumôniers de prison ou bien de la défiscalisation des dons aux Églises. Est-ce tout cela que François Hollande veut remettre en cause ? »

En juillet dernier, le Conseil d’État avait rendu cinq décisions qui illustraient sa lecture « libérale » de la loi de 1905 en ce qui concerne les aides financières des collectivités locales à des cultes quand l’intérêt général est en jeu. Mais, en sens inverse, le législateur est intervenu ces dernières années quand une menace pesait sur la cohésion nationale.

« Le texte sur la burqa prouve bien qu’on n’a pas besoin de changer la Constitution pour adopter une loi très laïque, estime Didier Maus. La Constitution n’est pas un fourre-tout, il ne faut la corriger que lorsqu’elle fait obstacle à une politique. »

« Rajouter la séparation des Églises et de l’État n’apportera rien de plus juridiquement »
Les juristes estiment aussi que constitutionnaliser le régime de séparation aboutirait à la fin du régime concordataire de l’Alsace-Moselle où l’État continue de subventionner les trois cultes catholiques, protestants et juifs, reconnus en 1801. « Il est vrai qu’une telle réforme engagerait un processus de changement pour l’Alsace-Moselle », admet l’historien Jean Baubérot. Si lui se dit « favorable » à une telle perspective, la remise en cause du Concordat déclencherait une véritable tempête dans cette région. Dès dimanche, l’UMP s’est saisi de cet argument pour dénoncer les projets du candidat socialiste.

Si elle laisse sceptique nombre de spécialistes, la proposition de François Hollande a aussi provoqué l’agacement de quelques-uns de ses très proches amis comme Jean-Pierre Jouyet, directeur de l’Autorité des marchés financiers, ou l’avocat de gauche et catholique Jean-Pierre Mignard. « Rajouter la séparation des Églises et de l’État n’apportera rien de plus juridiquement et va au contraire compliquer un peu plus les aides à la construction de lieux de culte », estime ce dernier.

« Préciser qu’on se rattache bien à une conception libérale de la laïcité »
Pour lui, le « raidissement » sur la laïcité de François Hollande s’explique par un « effet de campagne » : nécessité d’occuper le terrain sur lequel s’avance le Front national, besoin de donner des gages à la frange très laïque de la gauche. Mais la petite phrase lâchée dimanche soir par le candidat sur « la démocratie plus forte que les religions » l’a mis en colère. « On n’a pas à opposer l’une aux autres. Les religions sont un fait social et trouvent leur expression dans la démocratie », analyse l’avocat qui espère une « mise au point » de François Hollande sur ses intentions.

Éclaircissement, précisions : c’est aussi ce qu’attend Jean Baubérot. « L’inscription dans la Constitution de la loi de 1905 est un bon point de départ. Mais il faudra préciser qu’on se rattache bien à une conception libérale de la laïcité, celle qui avait précisément inspiré la loi de 1905. »

Sur ce point, la mobilisation récente de certains réseaux laïques qui entendent confiner la religion à la sphère privée et, plus encore, l’islamophobie nourrie par l’extrême droite ne créent guère un contexte favorable.

BERNARD GORCE - La Croix du 23 janvier 2012

« Ce n’est pas en mettant dans la Constitution une loi qu’on luttera contre le communautarisme »

Mgr Antoine Hérouard, secrétaire général de la Conférence des évêques de France, réagit à la proposition de François Hollande d’intégrer la loi de 1905 dans la Constitution

« Inscrire la loi de 1905 dans la Constitution, encore faudrait-il savoir ce que cela signifie. Si c’est pour mettre dans la Constitution le principe de laïcité, il y est déjà. De plus, la loi de 1905 a été modifiée de nombreuses fois, ce serait absurde de l’inscrire comme telle dans la Constitution, sans que l’on ne puisse plus y toucher.

Peut-être veut-il signifier l’interdiction totale de financement du culte par des fonds publics. Mais il y a toute une jurisprudence qui permet de distinguer, en fonction des cas, là où il pourrait s’agir d’un financement indirect du culte, et là au contraire, où sont concernées d’autres activités, culturelles par exemple.

Qu’en sera-t-il des statuts particuliers en Alsace-Moselle et dans certains départements d’Outre-Mer ? Cette question est d’importance pour les populations concernées. Ce n’est pas en mettant dans la Constitution une loi qu’on luttera contre les risques de communautarisme mais en permettant à chacun de s’exprimer quelle que soit sa religion. »

Isabelle de Gaulmyn - LA Croix du 23 janvier 2012

François Hollande veut « rassurer » l’épiscopat

« J’ai transmis à la demande de François Hollande un message à l’épiscopat pour le rassurer. » L’avocat Jean-Pierre Mignard annonce à La Croix avoir pris contact avec la Conférence épiscopale après les inquiétudes suscitées par les propos du candidat socialiste tenus dimanche au Bourget. Il avait évoqué « la démocratie, plus forte que les religions » . Une simple formule de meeting, selon Jean-Pierre Mignard, selon qui une rencontre est en préparation entre François Hollande et l’épiscopat. « Le principe n’en est pas exclu mais aucune date n’est encore arrêtée », précise-t-on à la Conférence des évêques.

La Croix du 26 janvier 2012

PRÉSIDENTIELLE 2012
Nicolas Sarkozy riposte sur la laïcité

‣ Le président de la République a reçu hier les autorités religieuses pour leur adresser ses vœux. ‣ Nicolas Sarkozy critique la proposition du candidat socialiste d’inscrire la loi de 1905 dans la Constitution.

Devant les représentants religieux à qui il adressait ses vœux, hier, à l’Élysée, Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois prôné cette « laïcité positive » dont il se fait le promoteur depuis le début de son quinquennat. C’était aussi une réponse ferme à la proposition, dimanche, de François Hollande d’inscrire la loi de 1905 dans la Constitution. « Aucune société ne peut se contenter de vivre de consommation et de distraction sans courir le risque de la perte de sens », a souligné le président de la République. Prenant ainsi le contre-pied du candidat socialiste, il appelle les croyants à faire entendre leur voix. « Dites à la société ce que vous avez à lui dire, elle peut l’entendre », avance-t-il, en citant l’exemple du cardinal André Vingt-trois, dont il dit avoir lu avec intérêt le récent ouvrage (1). « J’ai la conviction que ce que vous avez à dire de la vie, de l’amour, de l’argent, de la science ou de la mort intéresse tous ceux qui, croyants ou non-croyants, cherchent à donner du sens à leur vie et à leur action », a-t-il ajouté.

Pour Nicolas Sarkozy, la proposition du candidat socialiste est sans réel fondement : la France est « une République laïque et sociale, ce principe est d’ailleurs inscrit noir sur blanc dans le préambule de notre Constitution » . Notre pays a besoin « plus que jamais, d’unité et de rassemblement », estime-t-il, en fustigeant une « vision intégriste » de la laïcité.

À l’issue de la rencontre, le cardinal Vingt-Trois a jugé ces déclarations « bienvenues », dans la mesure où elles incitent les religions « à prendre part à des travaux qui peuvent aider les fidèles à réfléchir à leur vote » . Quant à la polémique lancée par François Hollande, ce n’est, dit-il, qu’une « proposition de campagne » : « Je me méfie de croire qu’il faut tout inscrire dans la Constitution ; dès lors, ce n’est plus la peine de faire des lois ! »

Porte-parole des évêques orthodoxes de France, Carol Saba refuse, lui aussi, toute « sanctuarisation » de la laïcité. Réserves que partage Claude Baty, président de la Fédération protestante de France : « Il est inutile de rallumer des querelles anciennes. » Car, à ses yeux, ces polémiques risquent d’occulter les sujets essentiels de la campagne : justice des mineurs, situations des personnes âgées, handicapées… « Le plus grand drame, c’est qu’une part de la société française manque d’espérance. » Dans ce contexte, Gilles Bernheim, grand rabbin de France, estime que « c’est la place des hommes de religion de donner des repères, de donner à penser à tant d’hommes et de femmes en France qui sont très désemparés » . Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, fait le même constat : la loi de 1905 est « un fondement qui n’a pas besoin d’être à nouveau sujet de discorde ; elle est dans notre pratique depuis un siècle. C’est une loi d’apaisement. »

(1) Quelle société voulons-nous ? Pocket, 158 p., 6,70 €.

FRANÇOIS-XAVIER MAIGRE - La Croix du 26 janvier 2012


 

 

 

LAOS

Noël en prison pour huit responsables chrétiens du Laos

Huit responsables chrétiens protestants, arrêtés le 16 décembre 2011 pour avoir « organisé » une célébration en préparation de Noël, sont encore en prison, en attente de connaître leur sort. Cette célébration, à laquelle ont participé 200 fidèles, s’est déroulée dans le village de Boukham, dans la province de Savannakhet (sud).

L’association pour les droits de l’homme Human Rights Watch for Lao Religious Freedom (Hrwlrf) signale que les responsables chrétiens avaient reçu l’accord pour la célébration. Aujourd’hui, ils se trouvent en prison, mais sans chef d’accusation précis.

Selon Hrwlrf « il est clair qu’ils ont été arrêtés pour avoir rassemblé des personnes sur un motif religieux ». Au Laos, pays au régime communiste, la majorité de la population est bouddhiste. Les chrétiens sont minoritaires, et souvent victimes de restriction de liberté religieuse.

La Croix du 23 décembre 2011 Urbi et Orbi

 

 

MAROC

"Le Nouvel Observateur" interdit de paraître au Maroc pour avoir publié le visage de Mahomet

Le Maroc a bloqué la distribution d'un hors-série sur le monde arabe du Nouvel Observateur parce qu'il publiait une représentation du visage du prophète Mahomet, ont affirmé mercredi 4 janvier les autorités de Rabat, ce que l'hebdomadaire a formellement démenti à Paris.

"Le numéro du Nouvel Observateur a été interdit parce qu'il a reproduit le visage du prophète et c'est interdit par notre religion. C'est évident", a déclaré un responsable du ministère marocain de la communication sous le couvert de l'anonymat. Toute représentation du prophète est proscrite par la tradition musulmane.

"Il n'y a dans ce hors-série aucune représentation du visage du prophète et n'importe quel lecteur peut le constater", rétorque Claude Weil, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, dont le hors-série de 100 pages, intitulé "Des origines à nos jour - Les Arabes", traite notamment du "Temps des conquêtes" des "Humiliations, libérations" et des relations avec l'Occident.

Cette décision des autorités marocaines intervient quelques jours après l'interdiction de l'hebdomadaire français L'Express, qui avait publié un dossier de 95 pages sur l'islam, dans lequel figurait une représentation du visage du prophète Mahomet.

LeMonde.fr du 4 janvier 2012

"L'Express" interdit de paraître au Maroc pour avoir publié le visage de Mahomet

Le Maroc a bloqué la distribution de l'hebdomadaire français L'Express qui a publié, dans un numéro spécial, un dossier sur le monde arabe comportant notamment une reproduction du visage du prophète Mahomet, a-t-on appris samedi 24 décembre auprès des autorités.
Ce numéro a été saisi même si la direction de L'Express a pris l'initiative de voiler le visage de Mahomet, a précisé la direction de l'hebdomadaire sur son site internet.

Contacté samedi par l'AFP, le ministre marocain de la communication Khalid Naciri a déclaré que "nous avons toujours été fermes sur cette question, très sensible pour notre opinion publique". "Cela n'est pas nouveau", a-t-il ajouté.

"L'Express proteste avec vigueur contre cette censure, et s'inquiète de voir le Maroc, alors que le monde arabe connaît une salutaire poussée démocratique, porter une telle atteinte à la liberté de la presse", écrit pour sa part le directeur du magazine, Christophe Barbier, sur le site internet du journal.

"Non seulement les plus grands spécialistes apportent une vision nuancée de toutes les problématiques historiques, mais les sujets les plus sensibles sont traités avec distance et sans aucun esprit polémique", précise M. Barbier

LeMonde.fr du 24 décembre 2011

L'offensive "anti-blasphème" des pays musulmans

C'est une bataille sourde, aux ressorts philosophiques, aux enjeux idéologiques, que se livrent depuis plus de dix ans les représentants de tous les pays dans les salles et couloirs feutrés de l'Organisation des Nations unies (ONU), à New York. Une sorte d'avatar intellectuel du supposé "choc des civilisations", une notion définie, à la fin des années 1990, par l'intellectuel américain Samuel Huntington.

Depuis 1999, tous les ans, les 57 pays de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) s'efforcent de promouvoir, devant la commission des droits de l'homme de l'ONU, le concept de "diffamation des religions", un faux nez pour imposer au monde un controversé "délit de blasphème", surtout en vigueur dans les pays musulmans. Et chaque année les pays occidentaux, rejoints par l'Amérique latine et l'Afrique, s'y opposent fermement au nom de la liberté d'expression et du droit international.

La campagne de l'OCI, censée combattre l'"islamophobie" ressentie, selon ses membres, par les musulmans à travers le monde, a notamment été portée par le Pakistan. Et ce n'est pas un hasard : ce pays a instauré en 1986 une loi "anti-blasphème" parmi les plus dures au monde. Et, contrairement à la plupart des pays, y compris occidentaux, qui ont conservé ce délit dans leur législation, le Pakistan n'hésite pas à la mettre en oeuvre de manière extrêmement rigoureuse. L'affaire d'Asia Bibi, cette jeune chrétienne condamnée à mort en novembre 2010 pour "blasphème" après une altercation avec des villageoises, en est l'une des plus cruelles illustrations.

Au niveau international, l'offensive "anti-blasphème" des pays musulmans remonte à 1999 : cette année-là, ils proposent de faire voter les membres de la commission des droits de l'homme sur une résolution condamnant la "diffamation de l'islam". "Tous les Etats sont appelés à prendre des mesures pour combattre la haine, la discrimination, l'intolérance et les actes de violence, d'intimidation et de coercition motivés par l'intolérance religieuse, y compris les attaques contre les lieux de culte, et pour encourager la compréhension, la tolérance et le respect en matière de liberté de croyance et de religion", indique le texte.

Lobbying occidental

A l'époque, la commission des droits de l'homme accepte ce principe, se contentant d'élargir l'intitulé au-delà de l'islam pour évoquer plus largement la "diffamation des religions". De 2001 à 2010, une résolution, non contraignante, mais non dénuée de portée symbolique et politique, est votée sur ce thème chaque année, y compris par la Chine et la Russie, membres permanents du Conseil de sécurité.

Mais, au fil des années, les discussions se durcissent, les arguments s'affûtent, le lobbying occidental s'accroît et le nombre de pays défendant un tel texte ne cesse de diminuer, malgré la détermination des pays de l'OCI. Ces derniers, soulignant une "poussée de la culture et de la rhétorique antireligieuses" à travers le monde et dénonçant "l'assimilation des musulmans à des terroristes", notamment après le 11 septembre 2001, souhaitent même faire de la condamnation de la "diffamation des religions" un additif officiel aux textes onusiens.

Aux yeux des pays occidentaux, cette approche apparaît de plus en plus clairement comme un moyen de limiter la liberté d'expression, notamment celle des opposants à des régimes autoritaires ou celle des minorités religieuses dans des pays majoritairement musulmans. Soutenus par des groupes de défense des droits de l'homme et de la liberté d'expression, des représentants de toutes les religions et des groupes d'athées, les pays occidentaux parviennent, début 2011, à infléchir le sens du texte. S'il reconnaît "une intolérance, une discrimination et une violence" à l'égard des croyants dans toutes les régions du monde, le texte ne fait plus référence à la "diffamation" des religions : il condamne "toute incitation à la haine religieuse contre des croyants" et appelle les gouvernements à agir pour prévenir de tels comportements.

L'accent mis sur la protection des individus plutôt que sur la défense d'une croyance est considéré comme une victoire par les défenseurs de la liberté d'expression. "Les droits de l'homme ne protègent pas et ne doivent pas protéger des systèmes de croyance", plaide le représentant de l'Union européenne à l'ONU dès 2009. Les diplomates des pays de l'OCI ont toutefois averti qu'ils ne renonceraient pas à militer pour une loi contre le blasphème s'il apparaissait que les pays occidentaux ne protégeaient pas suffisamment les fidèles musulmans.

LeMonde.fr du 24 décembre 2011

Blasphème, l'éternel retour

Blasphème ! Le mot semble sorti d'une querelle médiévale mettant aux prises des clercs tout-puissants et des fidèles impies ou égarés. Il a pourtant ressurgi ces dernières semaines, en France, dans le langage profane et vulgarisé de la plus immédiate actualité. Il a suffi que des catholiques intégristes s'en prennent avec virulence à deux pièces de théâtre mettant en scène le Christ, et que ces supposées offenses soient relayées - plus pacifiquement - par une partie de la hiérarchie et des fidèles catholiques, pour que le mot, à nouveau, fasse florès. Des musulmans ulcérés par des caricatures du prophète de l'islam Mahomet qu'a publiées l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo leur ont emboîté le pas, criant à leur tour au "blasphème". Au point d'en faire l'un des mots-clés de cet automne 2011.

Surprenante, incompréhensible même pour nombre de contemporains détachés de toute croyance ou d'affinités avec le "sacré", cette notion semble aujourd'hui anachronique. "Cette accusation ne vaut que dans des communautés de croyances partagées, observe Olivier Bobineau, sociologue des religions. Aujourd'hui elle apparaît donc inopérante : il est vain d'accuser de blasphème un non-croyant ou le croyant d'une autre religion ! Historiquement, le blasphème était bien compris comme une défaillance de la foi des croyants. Or, aujourd'hui, on prend en compte le propos, pas le messager." "Dans les sociétés pluriculturelles et civilo-laïques comme la nôtre, non seulement le sacré des uns n'est plus le sacré des autres mais le sacré a été "profané" au sens où il a été rendu profane, ajoute Joseph Maïla, ancien recteur de l'Institut catholique de Paris, premier responsable du pôle religions du ministère des affaires étrangères, aujourd'hui directeur de la prospective au Quai d'Orsay. Du coup, le terme même de blasphème n'est pas compris. On est dans un cas typique d'asymétrie, de déphasage culturel."

Employée dans un contexte d'inculture religieuse et de sécularisation, cette notion est d'autant plus difficile à cerner qu'elle ne donne lieu à aucune définition précise. Au fil des siècles, les ressorts sur lesquels les autorités, religieuses ou civiles, se sont appuyées pour l'invoquer ont régulièrement évolué. "Le blasphème délibéré n'est pas une réalité universelle, souligne le dominicain François Boespflug, historien et théologien, auteur de La Pensée des images (Bayard, 2011). Tous les peuples n'ont pas exprimé le besoin de brocarder leurs propres dieux. Le blasphème visant les dieux du lieu est une affaire limitée au bassin méditerranéen qui a commencé dans la Grèce antique. On n'en trouve pas trace en Inde ancienne, en Chine, au Japon."

Dans la culture hellénique, le blasphème, rappelle l'historien Alain Cabantous dans son Histoire du blasphème en Occident (Albin Michel, 1998), concerne toute parole de mauvais augure, tout mot susceptible de faire tort à un individu ou à un dieu. Mais c'est dans le judéo-christianisme qu'il acquiert, ensuite, un statut essentiel : "Tu ne prononceras pas le nom de Dieu en vain", indique le décalogue. L'ancien testament prévoit des sanctions : maudire dieu - ou ses parents - est passible de la mort.

Dans le judaïsme, une religion qui interdit à la fois de représenter Dieu et de prononcer son nom, la notion de blasphème reste limitée : sans visée prosélyte, le judaïsme condamne et exclut plus facilement "celui qui porte atteinte à la communauté" que celui qui maudit Dieu. "Le judaïsme a eu plus à souffrir de caricatures antisémites que de caricatures purement religieuses, explique le rabbin Mendel Samama, qui suit au Conseil de l'Europe les questions religieuses. Si la caricature n'est ni raciste ni antisémite, le croyant passe outre."

Pour les musulmans, la simple représentation de Dieu et de Mahomet suffit à constituer un blasphème. "L'islam est une stricte religion monothéiste qui interdit de donner des concurrents à Dieu, rappelle Malek Chebel, anthropologue et traducteur du Coran. Même si le Coran ne le dit nulle part, la représentation de Dieu et, par extension, celle de son messager, le prophète Mahomet, sont interdites et donc jugées blasphématoires."

Dans l'histoire du blasphème, le christianisme, pour des raisons à la fois théologiques et politiques, conserve une place à part. "Incarné par la figure de Jésus et délibérément iconophile, le christianisme s'expose à être vilipendé, poursuit François Boespflug. Dieu s'est fait homme et les chrétiens ont choisi de le représenter : ses images peuvent donc être défigurées." "Le christianisme est la religion qui a suscité le blasphème au plus haut point, renchérit M. Bobineau, car en légitimant l'homme il a légitimé la critique humaine."

Dans le christianisme, au cours des siècles, le blasphème désigne tour à tour l'affirmation de "choses fausses" sur Dieu ou l'insulte - l'offense faite à Dieu se confondant parfois avec le juron, l'imprécation, l'hérésie ou le sacrilège, souligne M. Cabantous. Parallèlement sont définies des sanctions. Au VIe siècle, le blasphémateur chrétien est menacé d'une "punition du dernier supplice". Mais c'est Louis IX (Saint-Louis) qui, au XIIIe siècle, définit la première législation royale à ce sujet : les coupables sont marqués d'un fer chaud au front, les récidivistes ont la langue et la lèvre percées. Dans le même temps, la papauté se contente d'interdire au blasphémateur d'entrer dans une église et d'avoir une sépulture chrétienne.

La plus grande sévérité de la justice royale de "droit divin" par rapport à la justice ecclésiale perdure jusqu'à la Révolution française. "Le roi pensait que si Dieu était injurié, il cesserait de protéger l'Etat des épidémies et des crises de toutes sortes, explique M. Boespflug. Le blasphémateur faisait donc courir un danger au peuple et devait être puni en conséquence." L'invocation du blasphème sert aussi de prétexte pour se débarrasser d'opposants ou d'importuns et pour asseoir un pouvoir temporel empreint de légitimité spirituelle. Utilisée par l'Eglise catholique pour condamner les sorciers susceptibles de favoriser l'"oeuvre du diable", l'accusation de blasphème entend fixer dans les esprits une croyance normative et hégémonique.

Aux XVIe et XVIIe siècles, la Réforme et les guerres de religion donnent un nouveau souffle au délit de blasphème, fréquemment invoqué à l'encontre des "hérétiques". La fin du XVIIIe siècle donne lieu à l'une des plus célèbres condamnations à mort "pour l'exemple" : le procès controversé du chevalier de la Barre, en 1766, est le dernier du genre en France. Accusé d'avoir refusé de s'agenouiller au passage d'une procession, le jeune homme de 19 ans a le poing et la langue coupés avant d'être décapité et brûlé.

Supprimé durant la Révolution, le délit de blasphème est réintroduit par les autorités civiles durant la Restauration. Ce sont alors les préfets qui sont chargés de repérer les offenses faites à la religion ! "L'intention est davantage de maintenir l'ordre public que de protéger la nation, selon François Boespflug. Tout cela s'écroule en 1870. Le pacte de non-agression contre la religion dominante ne tient plus. Jusqu'au début du XXe siècle, Paris sera la capitale de la caricature anticatholique, les artistes faisant preuve d'une audace dont nous sommes bien loin."

Aujourd'hui, le jeu, au moins en Occident, n'est plus dangereux : comment expliquer que certains continuent cependant à "blasphémer" et que d'autres s'évertuent à crier au "blasphème" ? Après tout, les provocations ad extra - menées par des non-croyants ou des croyants d'une autre religion à l'encontre d'une confession - pourraient être considérées comme insignifiantes par les fidèles, et le blasphème ad intra - celui d'un croyant qui, "offensant le divin, s'offense lui-même", selon François Boespflug - pourrait apparaître comme une forme de schizophrénie.

Et pourtant ! A travers les siècles, rappelle Alain Cabantous, blasphémer revient à "contester une hiérarchisation des valeurs fondamentales, bouleverser le sens de la déférence obligée, nier la vertu d'obéissance et, à terme, douter de l'essence même du pouvoir qui les fonde. C'est aussi troubler l'équilibre général de la société".

Certains artistes et intellectuels se sont engouffrés dans cette symbolique. "La culture chrétienne n'est plus dominante, mais elle le fut longtemps et elle continue de produire une contre-culture", souligne M. Bobineau. "Pour certains, la figure du Christ et le thème de la crucifixion ont été "dévissés" de la culture chrétienne, ajoute le dominicain François Boespflug. Pour beaucoup, il est devenu un motif désidéologisé, utilisé comme le symbole d'une injustice." Reste qu'entre l'intention de l'artiste ou du pamphlétaire et la perception des croyants le fossé peut être immense. "Au-delà d'une souffrance sincère de la part de certains fidèles, il faut se dire qu'un dieu accessible à une flèche, à une injure, n'est plus un dieu", insiste le dominicain. Relayant un sentiment largement partagé chez les croyants de toutes religions, il estime toutefois que la plus totale liberté d'expression ne doit pas empêcher "la société d'éduquer au respect et à la retenue".

D'un point de vue sociologique, la réaction des croyants aux atteintes supposées à leur croyance suggère aussi d'autres analyses. "Chaque fois que l'on a voulu sanctionner plus sévèrement le blasphème, c'est lorsque les sociétés étaient en voie de déchristianisation, relève M. Bobineau. Crier au blasphème est donc l'aveu de la déconfessionnalisation de la société. Or, cette insistance à vouloir rappeler l'importance du sacré, du religieux, n'a jamais permis une rechristianisation." Le chercheur voit dans l'invocation du blasphème par certains croyants "un sursaut de foi, le dernier instrument de contrôle d'une institution religieuse sur les fidèles, dans un monde qui leur échappe".

Pour nombre d'observateurs, la dénonciation du blasphème est le signe d'un repli identitaire et d'un refus de la modernité émanant des sociétés séculières. Confrontées à la mondialisation, à d'autres formes de croyance et à l'athéisme, les religions s'efforcent d'opposer la communauté des croyants - l'Oumma, pour les musulmans - aux agressions extérieures. "Invoquer le blasphème, c'est attiser la confrontation des idées religieuses ; c'est le cheval de Troie des guerres de religion, avance M. Bobineau. On est face à la volonté de dire : il y a eux et nous."

Si la notion de blasphème revient sur le devant de la scène, c'est aussi, estime M. Maïla, parce que le monde actuel est "iconique" : aujourd'hui, beaucoup d'identités passent par des marqueurs, des images. Dans ce contexte, la liberté d'expression, notamment dans ses formes les plus radicales, heurte donc ceux qui ne supportent pas de voir "leurs" images remises en question et qui refusent implicitement la représentation de la diversité. D'autant que les images circulent de nos jours très rapidement de part et d'autre de la planète : une caricature de Mahomet faite au Danemark peut être massivement diffusée quelques heures plus tard dans des pays musulmans d'Asie ou d'Afrique.

Malgré les tentatives, ici ou là, de (re)créer dans le droit un délit de blasphème, la majeure partie des pays démocratiques et laïques s'y opposent. Un pays comme l'Irlande l'a cependant réactualisé en janvier 2010. L'article de loi, aux contours assez flous, prévoit une amende de 25 000 euros pour toute personne tenant "des propos grossièrement abusifs ou insultants sur des éléments considérés comme sacrés par une religion, et choquant ainsi un nombre substantiel de fidèles de cette religion". Plus anecdotique, l'Alsace et la Moselle, toujours sous régime concordataire, prévoient dans leur droit local trois ans de prison pour celui qui provoque "un scandale en blasphémant publiquement contre Dieu par des propos outrageants". Cette disposition, toujours applicable bien qu'elle soit en contradiction avec la liberté d'expression, n'a pas été activée depuis 1954.

"L'Etat n'est pas théologien, il n'a pas compétence pour définir ce qui relève du blasphème, insiste François Boespflug. Le blasphème est une notion anthropologique qui échappe au droit. En revanche, dire que cela n'existe pas est tout aussi vain, car on ne règle pas par décret la sensibilité des gens." Vouloir instaurer un délit de blasphème supposerait que les religions aient des frontières dogmatiques ainsi que des rituels inamovibles et figés à toutes les époques, dans tous les pays. Quel juge pourrait d'ailleurs dire : ceci est un blasphème ? s'interroge M. Maïla.

Tout en jugeant la référence au délit de blasphème "archaïque et sans fondement légal", l'avocat Thierry Massis, qui a plaidé la demande d'interdiction d'une publicité reproduisant une Cène où les apôtres et Jésus étaient représentés par des femmes, rappelle que le droit au respect des croyances s'articule naturellement avec les dispositions de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, qui visent la diffamation et l'injure à raison de la religion. "A ce titre, estime-t-il, seul ce droit fondamental de la personnalité, reconnu par les grands textes et par le juge, peut être revendiqué."

Dans les pays, comme la France, où la liberté d'expression est garantie, les tribunaux pénalisent "l'injure, l'attaque personnelle et directe dirigée contre un groupe de personnes en raison de leur appartenance religieuse" ou l'incitation à la haine raciale ou religieuse : ils jugent donc régulièrement des affaires qui concernent la diffamation des individus. Mais la justice profane déboute quasi systématiquement les groupes religieux qui, devant les tribunaux, questionnent la liberté d'expression au nom de la défense de leur religion. Il existe en effet une nuance de taille entre les droits de l'homme et les droits supposés d'une croyance, ce que certains fidèles peinent à admettre.

LeMonde.fr du 24 décembre 2011

Un nouveau magazine français interdit à la vente

Le Maroc a bloqué la distribution de l’hebdomadaire français Le Nouvel Observateur , qui a publié un article comportant une représentation du visage du prophète Mohammed, proscrite par la tradition musulmane. Le texte faisait partie d’un dossier sur le monde arabe traitant du « vrai visage de Mahomet » ou encore des « poètes du prophète ». Cette décision intervient quelques jours après l’interdiction de l’hebdomadaire français L’Express, qui avait publié un dossier de 95 pages sur l’islam, dans lequel le visage du prophète Mohammed était également reproduit.

La Croix du 5 janvier 2012


 

 

 

MEDECINE NOUVELLE GERMANIQUE

Condamnation de François Leduc (MNG)

Suivi J.E., émission canadienne, revient sur la récente condamnation de François Leduc. Il était soupçonné d’avoir détourné Alain Piat de la médecine classique dans le traitement de son cancer. Aujourd’hui, F.Leduc est reconnu coupable d’avoir exercé la médecine illégalement. Retour sur cette affaire en images … http://tva.canoe.ca/video/1404862532001

AIVMN Association Internationale de Victimes de la Médecine Nouvelle et consorts - 23 janvier 2012

Un thérapeute condamné pour avoir pratiqué la médecine nouvelle

Au Canada, Marion Piat et sa famille ont gagné leur procès contre le thérapeute, François Leduc, condamné à une amende de26 000$ pour avoir pratiqué illégalement la médecine et entrainé la mort de Alain Piat.
Le thérapeute pratiquait la médecine nouvelle germanique, la théorie de Ryke Hamer. Il a convaincu Alain Piat que son cancer n’était qu’un conflit. La victime est décédée en 2009 d’un cancer de la prostate et du cancer des os. Louise-Marie Bédard et François Leduc l’avaient convaincu de s’en remettre à la Médecine nouvelle germanique.
Le 22 octobre 2010, un constat d’infraction (No 700-61-096226-102) pour pratique illégale de la médecine et portant quatre chefs d’accusation avait été émis par le Collège des médecins du Québec (Poursuivant) contre François Leduc (Défendeur) avait été dressé.

Filmé en caméra cachée par l’équipe de journalistes de la télévision canadienne J.E., François Leduc explique la médecine nouvelle qu’il préconise à son patient.
«Le cancer, c’est pas un ennemi, c’est un allié», explique l’homme.
«La chimiothérapie aussi, c’est sympathicotonique, résume-t-il. Comme j’ai dit, ça bloque la réparation.»
« Hamer a fait une découverte absolument étonnante. Le cerveau c’est lui qui commande tout le temps… »

Interview de François Leduc qui présente et défend la théorie de Hamer :

http://video.google.fr/videoplay?docid=-44379341390222885&hl=fr

« La médecine traditionnelle ne sait pas de quoi meurent les cancéreux… » affirme le thérapeute.
« On meurt un fois qu’on est embarqué dans tout le processus médical qui mène à ça… ».
55min : « La phase de réparation. Quand vient de la fièvre, de la douleur, du pus, de l’inflammation, des sécrétions….ce sont toutes des manifestations physiques qui démontrent qu’il y a un processus de réparation qui est en cours… »

AIVMN Association Internationale de Victimes de la Médecine Nouvelle et consorts - 8 janvier 2012


 

 

 

MIVILUDES

Une campagne pour sensibiliser aux dérives sectaires

Une campagne de sensibilisation aux dérives sectaires destinée aux parents et aux familles a été lancée hier par la secrétaire d’État à la famille, Claude Greff, et le président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) à Lille. Elle prévoit la diffusion d’une affche dans les lieux fréquentés par les jeunes ou leurs familles, et des actions de formation destinées aux professionnels de l’enfance et aux écoutants du 119. Selon le dernier rapport de la Miviludes, entre 60 000 et 80 000 enfants sont élevés dans un contexte sectaire.

La Croix du 17 janvier 2012

Enfance : campagne contre l'influence sectaire

Une campagne de sensibilisation contre les dérives sectaires sur les enfants débute lundi, indique Le Figaro.fr. 10.000 affiches appelant à la vigilance seront entreposées dans les crèches, écoles ou les services sociaux. L'action, menée par Claude Greff, secrétaire d'Etat à la famille et le président de Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), Georges Fenech, s'adresse d'abord aux parents.

Ces derniers doivent faire face à la montée en puissance des influences sectaires au sein de la famille. "Confrontés à des problèmes touchant leurs enfants, les parents désarmés ne savent pas toujours vers qui aller", constate Claude Greff. Certaines sectes s'engouffrent dans l'opportunité et jurent "offrir" des remèdes thérapeutiques affirme Georges Fenech, citant en exemple Kryeon, organisation au sein de laquelle les enfantzs handicapés sont considérés comme des êtres de lumière.

Les professionnels de la petite enfance et le personnel du Service national d'accueil téléphonique pour l'enfance en danger (Snated) recevront dès le mois de mars une formation aux dérives sectaires. Un rapport de la Commission d'enquête à l'Assemblée Nationale estime entre 60.000 et 80.000 enfants victimes d'approches sectaires.

Par Europe1.fr - Publié le 16 janvier 2012 à 12h15





 

 

 

MONTFLANQUIN

 

Histoires en série

France 2 à 20h35

Mardi 24 janvier 2012

Un couple à l’épreuve d’une secte

Depuis quelque temps, Jean ne reconnaît plus sa femme Ghislaine. Elle est odieuse avec lui et le prend pour un moins que rien. Jusqu’au jour où elle le met brutalement à la porte. Serrures changées, comptes bloqués… Jean finit par apprendre la vérité : Ghislaine est tombée sous l’emprise d’une secte qui fait tout pour l’ éloigner de lui. Il va alors se battre pendant dix ans et réussir à l’en faire sortir. Pour la première fois, Ghislaine a accepté de témoigner. Nous allons pouvoir suivre cette incroyable histoire telle qu’elle a été vécue des deux côtés du couple.

 

 

 

 

MORMONS

L’installation d’un temple mormon en banlieue parisienne fait débat

‣ L’autorisation de la construction d’un temple 2 mormon de 7 000 m au Chesnay soulève des inquiétudes et des protestations. ‣ Le diocèse estime que le « malaise » est plus politique que religieux, mais il a l’intention d’informer les fidèles sur le mormonisme.

Le Chesnay, petite ville cossue des Yvelines, à 20 km du centre de Paris, est plutôt réputée pour sa tranquillité. Mais, depuis quelques semaines, elle est l’objet d’une vive polémique, après l’annonce de la signature, par la mairie, d’un permis autorisant la construction d’un temple mormon dans le sud de la ville, premier du genre en France (lire encadré) . Sur le papier, l’édifice, installé à quelques encablures du parc du château de Versailles, sera de grande ampleur. Et nombreux sont ceux qui s’interrogent sur ce nouveau bâtiment du 46, boulevard Saint-Antoine, qui s’étendra sur 7 000 m2, au cœur d’un vaste terrain occupé depuis quarante ans par EDF et acquis pour 20 millions d’euros,.

« Le maire a délivré le permis de construire en un temps record, moins de quatre-vingts jours, alors qu’il faut bien plus de temps en temps normal », déplore Matthieu, 33 ans, représentant de l’association Avenir 46, dont les membres s’opposent fermement à cette installation et craignent une modification « en profondeur » de la ville. Les remous n’épargnent pas non plus le conseil municipal, où un adjoint au maire a renoncé à son poste pour protester contre la décision du premier édile. « Nous avons besoin de logements sociaux et d’équipements sportifs. Le temple mormon ne correspond à aucun de ces besoins », fustige aujourd’hui le démissionnaire, Louis-Marie Soleille (divers droite).

Averti en mai 2010 de l’intention de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, le nom officiel des mormons, d’acheter le terrain, le maire (UMP dissident) dit en avoir informé le conseil municipal un mois plus tard, averti l’Église catholique, et chargé trois élus de travailler sur la question.

« Les mormons ne sont pas considérés comme une secte. Je n’avais aucune raison juridique de m’opposer à leur demande », dit-il, même s’il ne cache pas son manque d’enthousiasme. « Les Chesnaysiens ne sont pas favorables aux mormons, concède-t-il, mais ils sont plus heureux que si un projet d’urbanisme leur avait imposé 17 000 m2

– la surface constructible maximale – de logements sociaux ou de bureaux. » À ses opposants, qui lui reprochent de ne pas avoir préempté le terrain, Philippe Brillault oppose qu’un tel projet n’était ni réaliste ni responsable. Et que, dans ce cas, il aurait été obligé d’y construire exclusivement des logements sociaux, des équipements publics, ou d’aménager un espace vert. « Faux, répliquent ses détracteurs, un projet mixte était parfaitement possible. » Quatre recours pour annuler la décision du maire ont été déposés.

Le porte-parole du mouvement mormon se veut rassurant. Il souligne que ce temple ne sera ouvert que du mardi au samedi. Les rassemblements dominicaux seront toujours organisés dans les deux lieux de culte installés dans les Yvelines, à Versailles et à Mantes. « L’installation de ce temple ne changera rien à la situation de la ville », promet Dominique Calmels, responsable de la communication de la branche française. « Ce ne sera pas un lieu de rassemblement. Les cérémonies qui y seront célébrées réuniront 80 personnes au maximum », poursuit-il.

Sur le fond, la polémique a donc pris un tour beaucoup plus politique que religieux.

« Le malaise n’est pas religieux ou spirituel. Au nom de l’Évangile, nous accueillons tout le monde. Je ne vois pas pourquoi je dénoncerai des gens parce qu’ils n’ont pas la même foi que moi », affirme le vicaire de la paroisse, le P. Paul Amar. L’évêque du lieu, Mgr Éric Aumônier, s’interroge : « Je cherche encore l’intérêt de cette implantation dans une ville qui, à ma connaissance, ne compte pas actuellement de mormons. » S’il dit comprendre le malaise exprimé par certains catholiques, il souligne qu’il ne lui revient pas de s’opposer à l’installation de ce temple : « Qui peut penser que l’Église catholique pourrait ou voudrait bâillonner des groupes religieux en les empêchant de s’implanter ? »

Le diocèse de Versailles a prévu, dans les jours à venir, d’éditer un tract à plusieurs milliers d’exemplaires pour informer les habitants de la région sur les mormons, rappelant qu’aux yeux de l’Église, les adeptes de ce courant ne sont pas chrétiens, mais qu’ils ne peuvent pas non plus être considérés comme appartenant à une secte.

Le temple, lieu central du mormonisme

Fondée en 1830 aux États-Unis, l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, dont les membres sont plus connus sous le nom de mormons, développe une théologie qui s’articule autour de la foi en Jésus-Christ et du repentir pour les péchés (lire La Croix des 15 et 16 octobre) . Pour les mormons, le temple est un lieu particulier, différent d’autres lieux de culte, comme les chapelles. Ainsi, « les temples sont uniquement ouverts aux mormons pratiquants, qui payent leur dîme, respectent les interdits alimentaires et les obligations morales », précise Chrystal Vanel, spécialiste du mormonisme et doctorant à l’École pratique des hautes études.

« Pour les mormons, il est indispensable d’aller au temple pour accéder au salut », poursuit-il. C’est uniquement dans ce bâtiment que peuvent avoir lieu des actes religieux comme le baptême des morts, c’est-à-dire le baptême de ses ancêtres, post-mortem, ou le « mariage éternel » . En revanche, les cérémonies dominicales ne se déroulent pas dans les temples, qui sont ouverts du mardi au samedi.

Jusqu’ici, les mormons français qui souhaitaient se rendre dans un temple devaient aller jusqu’à Francfort, La Haye, Berne, Londres, ou encore Madrid. En tout, la France compte 110 lieux de culte mormons, pour 36 000 membres.

Loup Besmond de Senneville - La Croix du 5 janvier 2012

Comprendre
Les mormons

À un an de l'élection présidentielle américaine, et alors que le candidat mormon Mitt Romney est actuellement le favori de l'investiture républicaine, éclairage sur l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, l'une des religions les plus prosélytes

D'où vient le mormonisme ?

L'histoire de ses origines se confond avec celle de son fondateur, Joseph Smith (1805-1844). Il grandit dans l'État de New York, une région « incendiée » par la ferveur mystique des prédicateurs protestants. À l'âge de 14 ans, il aurait reçu de Dieu une mission : rétablir la vraie Église dans sa pureté primitive, afin de préparer le retour du Christ.Trois ans plus tard, un ange du nom de Moroni lui aurait révélé l'existence d'un livre en « égyptien réformé ». Smith aurait traduit ces tablettes d'or grâce à deux pierres magiques avant que l'ange ne les reprenne.

Ce Livre de Mormon (du nom du prophète qui l'aurait compilé) est présenté comme divinement inspiré. Il relate l'exode de tribus d'Israël en Amérique, 600 ans avant notre ère, à qui Jésus serait apparu après sa Résurrection… En 1830, Smith fonde à Fayette « l'Église de Jésus-Christ » – et plus tard « des saints des derniers jours ». Il rêve d'établir une théocratie, mais doit fuir les persécutions avec ses fidèles vers l'Ouest, avant d'être assassiné.Que croient-ils ?

Pour eux, la Révélation biblique a besoin d'être complétée par le Livre de Mormon, sorte de Troisième Testament, et par les révélations ultérieures des prophètes (présidents de l'Église). La théologie mormone s'articule autour de la foi en Jésus-Christ et du repentir pour les péchés. Ils croient que si l'homme est créé à l'image de Dieu, c'est parce que Dieu était lui-même un homme qui a évolué vers la divinité. À son tour, l'âme, qui préexiste, doit s'incarner dans le monde pour devenir un dieu.

Comme leur nom le laisse entendre, les « Saints des Derniers Jours » sont millénaristes : ils attendent que le Christ revienne – aux États-Unis – et établisse un royaume de mille ans de bonheur. « C'est une religion foncièrement américaine, explique le chercheur Carter Charles, de l'université de Bordeaux, auteur du blog « Mormonisme et sociétés ». Le Livre de Mormon canonise l'idée que le peuple américain est élu de Dieu, envoyé dans la nouvelle Terre promise. »

Est-ce une secte ?

Certaines associations de lutte contre les sectes comme l'Unadfi ont publié des témoignages d'anciens mormons se plaignant de pressions. Mais les mormons ne sont pas référencés comme tels dans le rapport parlementaire sur les sectes, ni par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Ni, non plus, par l'Église catholique. « Leur prosélytisme et le fait qu'ils se considèrent comme la seule vraie Église du Christ pose néanmoins un problème », estime Sœur Chantal-Marie Sorlin, du Service pastorale nouvelles croyances et dérives sectaires de la Conférence des évêques.

Il ne faut pas les confondre avec les Amish, qui refusent le progrès. Ils se caractérisent en revanche par leur rigueur morale : ils mettent l'accent sur la famille, ne consomment ni alcool, ni thé, ni café, ni tabac, jeûnent un jour par mois et versent la dîme.

Sont-ils chrétiens ?

Ils se présentent comme une Église chrétienne, mais, du point de vue catholique, ils ne peuvent être considérés comme tels. Leur refus d'adhérer au Credo de Nicée les empêche d'adhérer au Conseil œcuménique des Églises. « Leur conception de la Trinité, où le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois dieux séparés, n'a rien à voir avec le christianisme », affirme Sœur Chantal-Marie.

Si les relations avec les autres Églises ont été très tendues par le passé, on assiste à des tentatives de rapprochement. « Nous n'avons pas de vision œcuménique au sens strict, mais nous nous situons dans une perspective de travail en commun, dans l'humanitaire en particulier », affirme Christian Euvrard, directeur de l'institut mormon de formation à Paris.

Lors de son voyage aux États-Unis en 2008, Benoît XVI a présidé une cérémonie interreligieuse à laquelle étaient invités deux mormons. En février, le cardinal Francis George, président de la Conférence épiscopale américaine, a donné une conférence devant 22 000 mormons de la Brigham Young University (Utah), sur le thème : « Partenaires dans la défense de la liberté religieuse. »

Pourquoi sont-ils passionnés de généalogie ?

« Les saints des derniers jours » considèrent que seul peut être sauvé celui qui a reçu leur baptême. Y compris parmi les défunts. Il faut donc retrouver ses ancêtres, afin de pouvoir les baptiser post mortem, « par procuration ». Loin d'être un hobby, la généalogie est une obligation spirituelle. Créée en 1894, la Société généalogique d'Utah aurait recensé deux milliards de noms. Depuis 1987, un accord passé avec les Archives nationales de France permet aux mormons d'accéder aux registres d'état civil. Le Saint-Siège, lui, a interdit aux mormons l'accès aux registres paroissiaux, le baptême des morts n'ayant pas de sens pour l'Église catholique.

Sont-ils polygames ?

Une des révélations de Joseph Smith autorise la polygamie, pratique qui valut aux mormons d'être persécutés. Ils l'abandonnent finalement en 1890. Aujourd'hui, seuls certains groupes dissidents pratiquent encore la polygamie.

Combien sont-ils ?

Selon leurs statistiques 2010, les mormons seraient 14 millions dans le monde. Un chiffre qui ne tient pas compte « de tous ceux qui n'assistent plus aux activités de l'Église mormone depuis des années », tempère Carter Charles, qui évalue à quatre millions les mormons actifs. Reste qu'il s'agit d'une des religions à la plus forte croissance dans le monde.

Le prosélytisme est pour eux un passage quasi obligé. À partir de 19 ans pour les garçons, de 21 ans pour les filles, tous doivent partir en mission deux ans. On les reconnaît aisément, deux par deux, portant chemise blanche et badge. Cinquante et un mille circulent actuellement dans le monde, dont 300 en France.

Quelle est leur influence ?

Leur poids politique aux États-Unis, où ils sont la quatrième religion, est manifeste. Deux mormons concourent à la présidentielle : Jon Huntsman et Mitt Romney, l'actuel favori de l'investiture républicaine. « Ils sont convaincus qu'ils doivent être présents dans l'espace politique pour mettre en place le changement préalable à la venue du Fils de Dieu », affirme Carter Charles.

Les mormons donnent beaucoup d'argent pour soutenir les campagnes de communication de leurs candidats et sont très influents dans les batailles éthiques. Bien que ne représentant que 2 % de la population de la Californie, ils ont réussi à plusieurs reprises à bloquer la loi sur le mariage homosexuel. « Ils sont un des groupes religieux les plus riches, relève Carter Charles, mais, depuis cinquante ans, personne ne sait à combien s'élève leur patrimoine immobilier. »

Céline Hoyeau - La Croix du 15 octobre 2011

Quand Mitt Romney était missionnaire mormon en France

Favori de la primaire républicaine pour la présidentielle américaine, Mitt Romney, 64 ans, a passé deux ans et demi en France dans les années 1960 en tant que missionnaire mormon, laissant chez ceux qui l’ont côtoyé le souvenir d’un « leader naturel », « charismatique » et « très francophile ».

Mitt Romney arrive dans l’Hexagone à 19 ans, en juillet 1966, pour y prêcher la doctrine de l’Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours (36 000 fidèles en France, 14 millions dans le monde, dont 4 millions seraient actifs). Après des affectations au Havre ou à Brest, il est muté à Bordeaux début 1968, est appelé à Paris en juin, où il achève sa mission de 30 mois, et regagne les États-Unis en décembre 1968.

« C’était un grand gaillard, plutôt charismatique », explique à l’AFP André Salarnier, ancien responsable de la chapelle mormone de Talence, près de Bordeaux. « Il venait manger chez nous assez fréquemment. Il raffolait des galettes bretonnes de ma femme », s’amuse cet ancien VRP de 79 ans, qui brosse le portrait d’un « leader naturel », « garçon séduisant » doté « d’une certaine prestance, très sympathique, très ouvert et très francophile ».

Quotidien rythmé par la prière, l’étude des Écritures et les activités prosélytes
« Nous sommes partis ensemble (pour la France) le 4 juillet 1966 », jour de la fête nationale américaine, se souvient l’un de ses co-missionnaires, Michael Bush, 65 ans, qui anime un blog sur Mitt Romney. Michael Bush, ancien lieutenant-colonel de l’US Air Force et actuellement professeur de français à la Brigham Young University (BYU) de Provo (Utah), est affecté à Limoges, Mitt Romney dans l’ouest. Début 1968, ils se retrouvent à Bordeaux.

Le quotidien des missionnaires est rythmé par la prière, l’étude des Écritures et les activités prosélytes, souvent du porte-à-porte et en binôme. Repéré pour son dynamisme et ses qualités de meneur d’hommes, Mitt Romney se voit vite confier des responsabilités. À Bordeaux, il était ainsi chargé d’encadrer les missionnaires du Sud-ouest.

« Il travaillait très dur », était « bien organisé », « très réfléchi » et « très intelligent », se souvient Mike Bush. « Son père (George Romney, candidat malheureux à l’investiture républicaine en 1968) était gouverneur du Michigan mais il n’en parlait presque jamais. Il ne se mettait pas en avant. »

Témoin de Mai 68
À Bordeaux, « nous habitions 4, place du Maucaillou », dans le quartier populaire des Capucins, au centre-ville, se souvient Steven Bang qui travaillait avec lui. L’appartement, très modeste, était « typique » de ceux où logeaient les missionnaires en France, explique-t-il.

Steven Bang relate comment, circulant en voiture un matin près de Bordeaux, Mitt Romney et lui remarquent un immeuble en feu. Mitt Romney, qui était au volant, a « immédiatement quitté la route pour se diriger vers le bâtiment ». Les deux missionnaires ont alors pénétré dans le bâtiment envahi par la fumée pour aider les habitants à sortir. « C’est un exemple que je n’oublierai jamais », confie-t-il à l’AFP, louant le « dévouement » et le « courage » de Romney lors de cet épisode.

Juste avant d’être appelé à Paris en tant qu’assistant du président de la mission en France, Romney sera témoin de Mai 68. Alors que le pays est paralysé, les missionnaires américains, qui dépendent des subsides envoyés par leurs proches, se retrouvent à court d’argent. Romney organise alors le ravitaillement en allant chercher l’argent dans des banques espagnoles.

L’expérience française a « profondément changé » Romney
La fin de son séjour dans le Sud-ouest sera endeuillée par un grave accident de voiture, survenu en juin 1968, à Bernos-Beaulac, au sud de Bordeaux. Il est au volant. À bord, le président de la mission mormone en France et son épouse. Dans un virage, une voiture vient percuter leur véhicule. L’épouse du président périt dans l’accident. Romney est grièvement blessé.

Actuel directeur de l’Institut de religion de Paris de l’Église mormone, Christian Euvrard se souvient d’une personne « enjouée » avec « une affinité pour “l’esprit français” ». « Je l’ai revu plusieurs années plus tard, il gardait un excellent souvenir de la France et des Français. »

Au final, l’expérience française a « profondément changé » Romney, « il est devenu très fort », témoigne Dan McBride, qui a travaillé avec lui au siège parisien des mormons. À l’issue de son séjour, ses convictions personnelles, sa foi, s’étaient « renforcées », estime-t-il.

La Croix du 10 janvier 2012 Urbi et Orbi

Mitt Romney fut missionnaire mormon en France

Candidat de la primaire républicaine pour la présidentielle, Mitt Romney, 64 ans, a passé deux ans et demi en France dans les années 1960 en tant que missionnaire mormon. Il est arrivé dans l’Hexagone à 19 ans, en juillet 1966, pour l’Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours (36 000 fidèles en France). Après Le Havre, Brest, il est muté à Bordeaux puis Paris, où il achève sa mission de 30 mois en décembre 1968.

La Croix du 11 janvier 2012

 

 

NAZISME

Le sourire des bourreaux

• Album(s)d’Auschwitz 22 H 45 SUR FRANCE 2

En avril 1945, dans la confusion de la libération du camp de concentration de Dora en Allemagne, Lili Jacob, 19 ans, malade du typhus, fouille l’un des baraquements à la recherche de vêtements et découvre, dans un tiroir, un album de photos. Sur les 193 clichés, qui montrent l’interminable défilé des déportés à leur arrivée au camp d’Auschwitz, la jeune Hongroise reconnaît ses anciens voisins et des membres de sa famille, notamment ses frères déportés en même temps qu’elle, un an auparavant. Unique trace de ses proches disparus, ce précieux album constituera également un sésame pour une nouvelle vie : le musée juif de Prague en échangera une copie contre l’argent nécessaire pour émigrer aux ÉtatsUnis. « Comment pouvez-vous conserver ça ? » lui demandera près de vingt ans plus tard Simon Wiesenthal, directeur de recherche sur les crimes nazis. « Je ne pourrais pas vivre sans », répondra-t-elle, avant d’accepter de témoigner au procès de 24 anciens officiers SS, à Francfort en 1963.

En contrepoint du récit poignant de Lili Jacob, décédée en 1999, les réalisateurs William Karel et Blanche Finger dévoilent d’autres images d’Auschwitz, prises à la même époque, sans doute par les mêmes photographes. Conservé en secret par un militaire américain pendant soixante ans, le recueil, ayant appartenu à un haut responsable du camp, Karl Höcker, témoigne des moments de détente passés par les SS et leurs familles dans un chalet voisin (photo ci-dessus). Alors même que l’extermination des juifs atteint son point culminant avec jusqu’à 24 000 personnes gazées en un jour, les bourreaux ramassent des champignons, bronzent sur la terrasse avec une insouciance inconcevable, même si un historien rappelle le culte du secret entretenu autour des chambres à gaz : seuls ceux qui manipulaient les portes ou jetaient la capsule de zyklon B étaient témoins des crimes… Leur sourire donne aujourd’hui la nausée.

CÉCILE JAURÈS - La Croix du 23 décembre 2011

 

 

NEO-NAZISME

Un restaurant porte plainte après une soirée nazie

Le restaurant La Fondue, à Val-Thorens (Savoie), dans lequel le député britannique Aidan Burley avait reçu, début décembre, un convive déguisé en officier SS, a annoncé hier qu’il portait plainte. « Il y a deux qualifications pénales : incitation et provocation à la haine raciale et apologie de crime contre l’humanité » , a précisé l’avocat. Aidan Burley a fait part sur son compte Twitter « de son profond regret de ce qui s’était passé » .

La Croix du 23 décembre 2011

 

 

NIGERIA

Au Nigeria, les chrétiens sont endeuillés

‣ Plusieurs attentats, condamnés hier soir par Nicolas sarkozy, ont eu lieu dans des églises. Ils ont été revendiqués par le mouvement islamiste Boko Haram.

Au moins 27 victimes dans un attentat dans une église de la banlieue d’Abuja dimanche. Un mort, quelques heures après, dans une explosion près d’une autre église, à Jos. Et plusieurs explosions, toujours dimanche à Damaturu et à Gadaka, là encore visant des églises remplies en ces temps de fête. Pour les chrétiens du Nigeria, Noël 2011 restera comme particulièrement sanglant, dans un pays déchiré depuis des années par les violences ethniques et religieuses.

L’attentat d’Abuja était revendiqué par le groupe islamiste Boko Haram, qui avait déjà revendiqué une série d’attaques dans le nord-est du pays jeudi et vendredi, provoquant des dizaines de morts. Lancé en janvier 2004, ce mouvement se réclame des talibans afghans et est soupçonné de liens avec la branche maghrébine d’Al-Qaida (Aqmi). Boko Haram avait fomenté en 2009 une insurrection sous l’autorité de son ancien dirigeant Mohammed Yusuf à Maiduguri. Soulèvement brutalement réprimé par l’armée : environ 800 personnes avaient été tuées. La mosquée ayant servi de quartier général au mouvement avait été rasée, son chef tué.

Mais le groupe poursuit ses raids meurtriers. Depuis mi-2010, il a même élargi son champ d’action. Du nord – majoritairement musulman – il s’étend désormais dans d’autres régions du pays, notamment Abuja, où il a attaqué le quartier général de la police (deux morts en juin) et le bureau des agences des Nations unies (24 morts en août). Boko Haram, dont le nom signifie en langue haoussa « l’éducation occidentale est un péché », prône un État islamique dans le nord du pays, avec une stricte application de la charia.

« L’attentat contre l’église Sainte-Thérèse d’Abuja, à l’occasion du jour de Noël est la manifestation, à nouveau, de la cruauté, d’une haine absurde, sans respect pour la vie humaine et qui cherche à alimenter encore plus de haine et de confusion », a déclaré le porte-parole du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi, hier. Déjà, en novembre, alors que différentes attaques perpétrées par Boko Haram au nordest du pays avaient causé la mort d’au moins 150 personnes, Benoît XVI avait invité à « mettre fin à toute violence qui accroît les problèmes, semant la haine et la division y compris parmi les croyants » .

La Croix du 26 décembre 2011

Nigeria : plusieurs églises visées par des attaques meurtrières

Une vague d'attentats visant principalement des églises catholiques remplies de fidèles au Nigeria le jour de Noël a fait au moins 40 morts dont un kamikaze, selon le dernier bilan de ces attaques revendiquées par la secte islamiste Boko Haram.
L'attentat le plus meurtrier, avec 30 morts selon le dernier bilan en date, s'est produit à l'extérieur d'une église catholique à Madalla, en périphérie d'Abuja, la capitale fédérale. L'attentat a provoqué des scènes de chaos et endommagé l'église Ste Theresa. Des trous étaient visibles dans les murs et le toit était très abimé. Du sang maculait les murs à l'extérieur. Des jeunes en colère ont allumé des feux et menacé d'attaquer un commissariat de police des environs. Les policiers ont tiré en l'air pour les disperser et fermé un grand axe routier.

Après celui de Madalla, un second attentat a visé une église évangélique de Jos, épicentre de violences intercommunautaires dans le centre du pays, tuant un policier. A Damaturu, dans le nord-est, un kamikaze qui s'est tué a lancé sa voiture contre un convoi des services de renseignement de la police (SSS), tuant trois agents, selon un communiqué des SSS. Une autre explosion a retenti dimanche à Damaturu, sur un rond-point et samedi soir, un engin explosif a été lancé contre une église à Gadaka (nord-est) devant laquelle se trouvaient des fidèles, ont rapporté des témoins. Aucune victime n'avait été signalée dans l'immédiat. Damaturu et Gadaka sont situées dans l'Etat de Yobe, déjà secoué en fin de semaine par une vague d'attaques revendiquée par Boko Haram.

La vague d'attaques survenues samedi soir et dimanche à travers le pays a été revendiquée par Boko Haram, un groupe qui prône la création d'un Etat islamique au Nigeria et auquel sont imputés la plupart des violences récurrentes dans le nord. "Nous sommes responsables de toutes les attaques de ces derniers jours, y compris celle à la bombe contre l'église de Madalla. Nous continuerons à lancer de telles attaques dans le nord du pays dans les prochains jours", a déclaré par téléphone à l'AFP un porte-parole des islamistes, Abul Qaqa. Ces derniers jours, le pays est par une vague d'attaques meurtrières dans le nord-est, toutes revendiquées par Boko Haram.

Ce mouvement, qui dit vouloir imposer un Etat islamique, a revendiqué l'attentat suicide d'août 2011 contre le siège des Nations unies à Abuja, qui avait fait 24 morts. Il s'était également attribué la responsabilité d'une vague d'attaques sanglantes le 24 décembre 2010, veille de Noel, qui avaient visé plusieurs églises et, avec les représailles qui avaient suivi, avaient fait des dizaines de morts à Jos.

"UNE GUERRE INTERNE"

"C'est comme si une guerre interne avait été lancée contre le pays. Nous devons vraiment être à la hauteur et faire face", a déclaré le ministre chargé de la police, Caleb Olubolade, qui s'est rendu sur les lieux d'un des attentats.

Les attaques, condamnées par le Vatican comme le fruit d'une "haine aveugle et absurde", surviennent après deux jours d'affrontements, jeudi et vendredi, entre des membres de Boko Haram et les forces de l'ordre dans le nord-est, qui auraient fait près de cent morts. Le président français Nicolas Sarkozy et le ministre italien des Affaires étrangères, Giulio Terzi, ont également fermement condamné les attaques.

Le Nigeria, qui est le sixième pays au monde pour le nombre de chrétiens, toutes confessions confondues, voit les tensions interreligieuses s'aggraver, une évolution qui inquiète le Vatican.
Lors de son voyage au Bénin en novembre, le pape avait insisté sur la tradition tolérante de l'islam en Afrique et sur la coexistence pacifique entre musulmans et chrétiens, parfois au sein des mêmes familles.

Ce pays pétrolier, le plus peuplé d'Afrique, avec 160 millions d'habitants, compte environ autant de musulmans, plus nombreux dans le nord, que de chrétiens, majoritaires dans le sud. Les actions menées par Boko Haram ont évolué, devenant plus sophistiquées et mortelles depuis plusieurs mois. Des observateurs craignent que des membres de la secte aient développé des liens avec la branche maghrébine d'Al-Qaïda.

Le Monde du 25 décembre 2011

Boko Haram, la secte qui veut imposer un Etat islamique

La secte islamiste Boko Haram a revendiqué, dimanche 25 décembre, l'attentat contre une église d'Abuja, capitale du Nigeria, qui a fait 27 morts le jour de Noël, ainsi qu'une série d'attaques dans le nord-est du pays jeudi et vendredi. Cette secte, dont le nom signifie en langue haoussa "l'éducation occidentale est un péché", veut imposer un Etat islamique dans le nord du pays, avec une stricte application de la charia. Le nord est à majorité musulmane avec quelques enclaves chrétiennes, alors que le sud est à dominante chrétienne.
Lancé en janvier 2004, le mouvement se réclame des talibans afghans et est soupçonné de liens avec la branche maghrébine d'Al-Qaïda (AQMI). Jusqu'à la répression de 2009, les combattants islamistes étaient actifs dans leur fief de Maiduguri, capitale de l'Etat de Borno (nord-est), près des frontières du Cameroun, du Niger et du Tchad. Depuis, on ignore où est située leur base.

Boko Haram avait lancé en 2009 une insurrection sous l'autorité de leur ex-dirigeant Mohammed Yusuf à Maiduguri. L'armée avait brutalement réprimé le soulèvement et environ 800 personnes avaient été tuées. La mosquée ayant servi de quartier général au mouvement avait été rasée, leur chef tué.

INTENSIFICATION DES ATTAQUES

Mais le groupe continue de lancer des raids meurtriers visant policiers, militaires, hommes politiques ainsi que responsables communautaires ou religieux opposés à leur idéologie.

Depuis mi-2010, la secte a élargi son champ d'action. Active essentiellement dans le nord - majoritairement musulman - du pays le plus peuplé d'Afrique avec plus de 160 millions d'habitants, elle s'étend désormais dans d'autres régions, notamment Abuja, où elle a attaqué le quartier général de la police (deux morts en juin) et le bureau des agences des Nations unies (24 morts en août).

Les liens de la secte semblent dépasser les frontières du Nigeria. Le 15 juin, le mouvement a affirmé dans un communiqué que certains de ses membres avaient reçu une formation militaire en Somalie, en partie contrôlée par les Shebab, combattants islamistes liés à Al-Qaïda.

"Très bientôt, nous lancerons le jihad (guerre sainte)... Nous voulons faire savoir que des jihadistes sont arrivés au Nigeria en provenance de Somalie, où ils ont reçu une formation militaire de la part de nos frères qui ont rendu ce pays ingouvernable", annonçait alors Boko Haram dans un communiqué.

A ses débuts en 2004, le groupe était essentiellement composé de diplômés de l'université et de personnes ayant rompu avec leur milieu social d'origine, classe aisée ou classe moyenne. Quelque 200 personnes avaient alors établi un camp près de la frontière avec le Niger, dans le village de Kanamma, dans l'Etat de Yobe (nord-est), surnommé "Afghanistan".

A partir de cette base, ils ont commencé à lancer des attaques sur les postes de police, à tuer des policiers et voler des munitions. Depuis cette date, et malgré une répression brutale de l'armée, les combattants de Boko Haram n'ont cessé d'intensifier leurs attaques.

Le Monde du 26 décembre 2011

Nigeria : après les attaques de Noël contre les chrétiens, la population sous le choc

Des magasins tenus par des chrétiens ont été incendiés et des centaines de gens ont pris la fuite, lundi 26 décembre, après la vague de violences qui a touché le nord-est du Nigeria à la suite d'une série d'attentats meurtriers le jour de Noël. Le groupe islamiste Boko Haram a revendiqué cette série d'attentat.
Selon des habitants et un responsable de la police, une trentaine de boutiques de chrétiens ont été brûlées dans la nuit de dimanche à lundi dans la ville de Potiskum, dans le nord-est. Un supermarché a aussi été incendié de même que le domicile d'un dirigeant chrétien local, a déclaré un habitant.

Un responsable de la police parlant sous couvert de l'anonymat a confirmé que des incendies criminels, qui n'ont apparemment fait ni mort ni blessé, s'étaient produits. "Nous n'avons malheureusement pu arrêter personne car les incendiaires ont pris la fuite dès que les bâtiments ont été en feu", a-t-il dit. Non loin de là, dans la ville de Damaturu, théâtre d'affrontements meurtriers la semaine dernière entre militants de Boko Haram et forces de l'ordre et d'un attentat-suicide le dimanche de Noël, des centaines de personnes se sont rassemblées devant des stations de taxi et arrêts de bus pour fuir.

"JE PEUX ÊTRE LA PROCHAINE VICTIME"
Lundi, le climat semblait relativement calme mais "la situation est terrifiante. Personne ne peut dire ce que sera la prochaine cible. Ma maison a été incendiée dans les attaques", a dit un commerçant de 42 ans accompagné de sa femme et de leurs trois enfants, attendant de pouvoir monter dans un véhicule pour quitter Damaturu. "Je ne peux pas rester plus longtemps", a ajouté un autre homme devant un arrêt de bus. "C'est calme aujourd'hui mais rien ne garantit qu'il en ira ainsi dans les prochaines heures", a ajouté cet homme de 31 ans. "Des gens ont été tués et je peux être la prochaine victime", a-t-il expliqué.

La série d'attentats contre des églises chrétiennes et d'autres cibles au Nigeria ont fait une quarantaine de morts le jour de Noël. Un porte-parole de Boko Haram a revendiqué plusieurs de ses attaques.

La haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, a vivement condamné, lundi, ce qu'elle a qualifié de "lâches attentats", apportant son soutien aux autorités nigérianes dans "leur combat contre le terrorisme".

Le Monde du 26 décembre 2011

Les chrétiens du Nigeria "répondront" en cas de nouvelles attaques

Le président de l'Association des chrétiens du Nigeria (CAN) a averti mercredi 28 décembre que ces derniers répondraient "de façon appropriée" à d'éventuelles nouvelles attaques, après une vague d'attentats attribuée à des islamistes qui ont visé notamment des églises. "La communauté chrétienne au niveau national n'aura pas d'autre choix que de répondre de façon appropriée si il y a d'autres attaques contre nos membres, nos églises et nos biens", a déclaré le révérend Ayo Oritsejafor peu avant un entretien avec le président nigérian, Goodluck Jonathan, sans aucune précision sur la nature de cette "réponse".

L'INSTAURATION D'UN ETAT ISLAMIQUE

Plusieurs attentats dimanche, le jour de Noël, ont visé notamment des églises, faisant une quarantaine de morts. L'attaque la plus meurtrière a tué au moins 35 personnes à la sortie d'une église à Madalla, près de la capitale, Abuja, après la messe de la Nativité. Les attaques ont été attribuées par les autorités à la secte islamiste Boko Haram, qui les a elle-même revendiquées.

Les actions de ce groupe sont "considérées comme une déclaration de guerre contre les chrétiens et contre le Nigeria en tant qu'entité", a affirmé le révérend Oritsejafor. Prônant l'instauration d'un Etat islamique au Nigeria, Boko Haram multiplie les attaques de plus en plus sophistiquées et meurtrières.

Le révérend a dénoncé une "détérioration de l'état d'insécurité" dans le pays et "l'incapacité apparente du gouvernement à protéger (...) les vies, les églises et les biens de nos membres". Les autorités ont tenté de rassurer la population après les attentats, dans un contexte de craintes de représailles et d'escalade des violences interconfessionnelles. Elles se sont jusqu'à présent montrées incapables d'empêcher Boko Haram d'agir. Le révérend les a accusées de n'avoir procédé à "aucune arrestation de haut profil pour calmer les angoisses du public".

"LES TERRORISTES VIVENT PARMI NOUS"

Le président Jonathan a assuré que "tout" était fait pour surpasser cette crise, appelant à un effort collectif pour démasquer les coupables. "Les terroristes sont des êtres humains (...), ils vivent parmi nous, nous les connaissons, les gens les connaissent", a-t-il dit. Le chef de l'Etat a aussi assuré qu'en matière de sécurité, "nous faisons de notre mieux, nous allons restructurer, réajuster, nous assurer que nous avons une équipe capable de faire face aux défis que nous rencontrons aujourd'hui".

Le révérend Oritsejafor a par ailleurs jugé que les réponses des autorités musulmanes du pays avaient été "inacceptables". Le plus haut responsable musulman du Nigeria a assuré mardi "à tous les Nigérians qu'il n'y a aucun conflit entre les musulmans et les chrétiens, entre l'islam et la chrétienté". "C'est un conflit entre des gens diaboliques et des gens bien", avait poursuivi le sultan de Sokoto, Muhammad Sa'ad Abubakar, qui dirige le Conseil suprême pour les affaires islamiques du Nigeria.

Boko Haram avait revendiqué juste avant les attentats de Noël une vague d'attaques dans le nord-est qui avaient donné lieu à des combats avec les forces de l'ordre. Des sources ont indiqué que ces violences, jeudi et vendredi derniers, avaient fait jusqu'à 100 morts. Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, compte 160 millions d'habitants, dont environ autant de musulmans, majoritaires dans le Nord que de chrétiens, plus nombreux dans le Sud.

Le Monde.fr du 29 décembre 2011

« Le gouvernement nigérian ne fait pas son travail »

ENTRETIEN Mgr John onaiyekan, archevêque d’Abuja (Nigeria)

‣ Dans un entretien accordé à La Croix, l’archevêque d’Abuja, Mgr John Onaiyekan, dont le diocèse a été durement frappé par des attentats le jour de Noël, appelle le gouvernement à assurer la sécurité du Nigeria. ‣ Il souligne que les bombes ont tué des chrétiens, mais aussi des musulmans. ‣ Il demande aux catholiques de rester calmes et confiants.

Le président de l’association des chrétiens du nigeria a déclaré aujourd’hui que les chrétiens de votre pays répondraient à toute nouvelle attaque contre des églises (lire ci-dessous) . approuvez-vous cette déclaration ?

Mgr John Onaiyeka : Ce qu’il a dit ne doit pas être pris comme une citation catégorique : c’est un signal envoyé au gouvernement pour qu’il fasse son travail afin que nous soyons protégés. Cette déclaration doit d’abord être prise comme un cri de colère. Si les autorités ne font rien, d’autres personnes seront tuées. Il ne s’agit pas d’un appel pour susciter des actions terroristes, sûrement pas.

Plus précisément, qu’attendezvous des autorités ?

Mgr J. O. : Je ne suis pas sûr d’être le mieux placé pour conseiller telle ou telle action au gouvernement. Il doit savoir ce qu’il a à faire ! S’il me demande mon avis, je lui dirai qu’il faut dénicher les membres de cette organisation (NDLR : Boko Haram, qui a revendiqué les attentats de Noël) . J’attends que les autorités les arrêtent, qu’elles examinent d’où ils viennent, qui les forme et qui les endoctrine pour en faire des kamikazes. Si le gouvernement le veut, il peut le savoir.

Nous n’attendons pas seulement que nos églises soient protégées par des soldats ou des policiers : il existe déjà une collaboration entre les services de sécurité et les responsables chrétiens, mais cela ne suffit pas. Aujourd’hui, nous faisons déjà tout notre possible pour identifier qui vient dans nos églises et pour arrêter les fauteurs de troubles qui pourraient venir perturber nos offices. Aux abords de l’une des églises touchées par une bombe, nous contrôlions déjà tous les véhicules. Mais la voiture qui a explosé, et qui a fait tant de victimes, ne s’est pas arrêtée.

Craignez-vous que ces attaques menacent l’unité du pays ?

Mgr J. O. : Oui, effectivement, mais n’oubliez pas que les bombes n’ont pas seulement tué des chrétiens, mais aussi des musulmans. Tous, que nous soyons chrétiens ou musulmans, nous vivons dans l’insécurité. Nous sommes 140 millions d’habitants : 70 millions de chrétiens et 70 millions de musulmans. Certains parlent d’un risque de guerre religieuse au Nigeria, mais ce qu’il faut souligner, c’est que beaucoup de conflits prétendument religieux reposent en fait sur d’autres raisons, économiques ou politiques. Ces attaques peuvent aussi renforcer notre unité, chrétiens et musulmans. Nous pourrions nous mettre tous ensemble pour renforcer l’unité de notre pays.

Pouvez-vous comprendre une sorte de ressentiment de la part de certains musulmans nigérians ? est-elle justifiée, à vos yeux ?

Mgr J. O. : Le ressentiment est partout au Nigeria. Si les gens commencent à poser des bombes et à tuer des innocents parce qu’ils ont du ressentiment, alors tout le pays sera en feu ! Le ressentiment n’est ni une justification ni une excuse de ce qui est arrivé. Nous avons tous du ressentiment. L’une des raisons, c’est que nous avons un gouvernement qui ne fait pas son travail. Aujourd’hui, le problème doit se régler au niveau politique.

Quel message voulez6vous adresser aux chrétiens de votre pays ?

Mgr J. O. : Depuis les attentats, les gens sont plus nombreux à se rendre à l’église. Je me joins au président de la Conférence des évêques du Nigeria, qui a appelé tous les catholiques à rester calmes, confiants. Nous ne devons pas permettre aux terroristes de semer la terreur dans nos esprits. Je ne prendrai aucune mesure pour annuler le moindre office religieux au mois de janvier. Nous voulons continuer à prier, et continuer à adorer notre Dieu, et à accomplir notre mission, en chrétiens libres.

La Croix du 30 décembre 2011

Au Nigeria, nouvelles menaces des islamistes de Boko Haram contre les chrétiens

La secte radicale islamiste Boko Haram a fixé un ultimatum de trois jours aux chrétiens vivant dans le Nord du Nigeria (majoritairement musulman) pour partir et menacé de combattre les troupes gouvernementales dans des zones où l’état d’urgence a été décrété.

Abul Qaqa, qui s’est déjà exprimé au nom du groupe accusé d’avoir mené de nombreuses attaques meurtrières dans le passé, a déclaré que Boko Haram donnait « un ultimatum de trois jours aux chrétiens pour quitter le Nord du Nigeria ». « Nous souhaitons aussi appeler nos frères musulmans du Sud (majoritairement chrétien) à revenir dans le Nord car nous avons la preuve qu’ils vont être attaqués », a-t-il ajouté en langue hausa, utilisée principalement dans le Nord.

Le président Goodluck Jonathan a décrété l’état d’urgence ce week-end dans plusieurs zones du Nigeria où les attaques de la secte ont fait des centaines de morts tandis que le pays entrait dans la nouvelle année avec la mort d’une cinquantaine de personnes dans un conflit entre communautés. Il a également ordonné la fermeture des frontières avec le Niger, le Cameroun et le Tchad. Ces mesures interviennent après les attaques revendiquées par Boko Haram qui avaient fait une cinquantaine de morts le jour de Noël.

La secte reproche au président nigérian sa visite dans une église
« Nous trouvons pertinent de souligner que les soldats ne tueront que des musulmans dans les zones gouvernementales locales où l’état d’urgence a été décrété », a ajouté Abul Qaqa à des journalistes au cours d’une audioconférence dimanche soir. « Nous les affronterons pour protéger nos frères », a ajouté Abul Qaqa, qui a déjà parlé plusieurs fois au nom du groupe.

Le porte-parole de Boko Haram a d’autre part critiqué la visite du président Jonathan samedi dans une église en périphérie d’Abuja, qui a été la cible de l’attaque la plus meurtrière le 25 décembre avec une explosion qui a tué 44 personnes à la fin de l’office religieux. « Le président ne s’est jamais rendu sur les lieux où ont été tués des musulmans », a ajouté le porte-parole de Boko Haram, dans une allusion où des dizaines de musulmans ont été tués lors des émeutes postélectorales en avril.

Quelques jours avant ces menaces, les évêques catholiques du pays ont appelé samedi le président nigérian à recourir à des experts étrangers pour aider les forces de sécurité dans la lutte contre Boko Haram.

La Croix du 2 janvier 2012 Urbi et Orbi

Au Nigeria, l’entrée en lice de l’armée fait craindre une escalade des violences

‣ Après la série d’attentats perpétrée à Noël par la secte islamiste Boko Haram, le président Goodluck Jonathan a instauré l’état d’urgence dans quatre États du Nigeria. ‣ Boko Haram a répliqué en fixant un ultimatum aux chrétiens du nord pour quitter la région et a menacé de s’attaquer aux forces gouvernementales.

Rien ne semble pouvoir enrayer l’escalade de violence tant redoutée au nord du Nigeria. Après la série d’attentats perpétrée le jour de Noël par la secte islamiste Boko Haram (le plus meurtrier ayant fait au moins 44 morts à la sortie de la messe de la Nativité célébrée dans une église catholique de Madalla, à 30 km de la capitale Abuja), le président Goodluck Jonathan a instauré, le week-end dernier, l’état d’urgence dans quatre États du nord-est et centre-ouest de ce pays le plus peuplé d’Afrique (160 millions d’habitants).

En annonçant cette mesure, le président nigérian s’est engagé à « écraser » Boko Haram, un ennemi qu’il qualifie de « cancer » qui veut « tuer » le pays. Concrètement, l’État d’urgence élargit les droits des forces de sécurité dans leur lutte contre les combattants islamistes. Goodluck Jonathan a également annoncé la fermeture des frontières terrestres avec le Niger, le Tchad et le Cameroun pour mieux contrôler leurs mouvements. Une mesure temporaire mais nécessaire car « les terroristes ont su tirer profit de la situation pour frapper avant de se replier hors de portée de la justice nigériane », a-t-il jugé.

En réponse à cette déclaration de guerre, Boko Haram a répliqué en fixant, dimanche soir, un ultimatum de trois jours aux chrétiens vivant dans le nord du Nigeria pour quitter la région et a menacé de combattre les troupes gouvernementales dans les zones où l’état d’urgence a été décrété.

Dès lundi, des blindés de l’armée patrouillaient dans les rues de Maiduguri, la capitale de l’État de Borno et berceau de Boko Haram. Or, l’armée nigériane est connue pour avoir commis de nombreux abus tout le long de son histoire. Ses méthodes sont jugées expéditives : exécutions sommaires, tirs à balles réelles contre des civils. L’unité militaire dédiée à la lutte contre Boko Haram dans l’État de Borno a été accusée d’avoir tué des civils, ces derniers mois, et brûlé des maisons, affirmant que les habitants collaboraient avec les islamistes.

En 2009, le gouvernement avait déjà lancé une vaste opération militaire contre la secte islamiste : des dizaines de sympathisants avaient été tuées, le quartier général de la secte rasé, son chef, Mohammed Yusuf, arrêté et exécuté. L’opération avait également fait de nombreuses victimes parmi les civils : aucun bilan officiel n’a été publié mais la Croix-Rouge avait fait état de 780 tués dans les rues de Maiduguri.

Pour Shehu Sani, responsable d’une organisation de défense des droits de l’homme basée dans le nord, le Civil Rights Congress, l’état d’urgence « constitue un chèque en blanc donné aux militaires pour perpétrer toutes sortes d’abus sous couvert de mettre un terme aux violences » . « Après les attentats de Noël, Goodluck Jonathan était sommé de réagir, analyse Daniel Bach, du Centre d’étude de l’Afrique Noire (Cean). Mais il s’appuie sur une police et une armée qui se comportent comme si tout le monde supportait Boko Haram. L’état d’urgence marginalise encore plus les habitants du nord. Ce n’est en rien une réponse à la corruption des élites, la nonrépartition des richesses, l’isolement des États du nord… autant de facteurs qui nourrissent le mécontentement populaire sur lequel prospère cette secte ».

Si les violences se poursuivaient, la communauté chrétienne a menacé de recourir à l’autodéfense. De son côté, l’épiscopat catholique a demandé au gouvernement fédéral de faire appel à des experts, des criminologues étrangers. Doutant aussi que le déploiement des forces de sécurité suffirait à mettre un terme à la menace de Boko Haram.

LAURENT LARCHER - LA Croix du 4 janvier 2012

Nigeria: Boko Haram, ennemi public numéro 1

La secte islamiste Boko Haram a revendiqué l'explosion d'une bombe dans une église d'Abuja le jour de Noël. Mais qui sont ces «fous de Dieu» qui veulent instaurer un Etat islamique pur et dur ?

Mise à jour du 26 décembre: La vague d'attentats au Nigeria perpétrée le jour de Noël a fait 40 morts dont un kamikaze, selon le dernier bilan. Ces attaques revendiquées par la secte islamiste Boko Haram ont notamment visé des églises pendant les célébrations chrétiennes de la Nativité.

***

Mise à jour du 25 décembre 2011: Une explosion a fait au moins quinze morts dimanche de Nöel dans une église catholique près de la capitale du Nigeria, selon les secours, quelques jours seulement après une vague d'attaques meurtrières dans le nord-est revendiquées par la secte islamiste Boko Haram.

Dimanche matin, alors que des personnes se trouvaient à l'intérieur de l'église Ste Theresa à Madalla, en périphérie de la capitale Abuja, une déflagration qui pourrait être un attentat a fait 27 morts

***

23 personnes tuées et 81 blessées. C'est le nouveau bilan fourni le dimanche 28 août par un porte-parole de l'ONU, après l'attentat-suicide perpétré le vendredi 26 août contre la représentation des Nations unies à Abuja, la capitale du Nigeria. L'attentat a été revendiqué par la secte islamiste Boko Haram, qui a déjà revendiqué plusieurs attaques à la bombe dans le passé. Mais l'attaque à la bombe du 26 août est la toute première perpétrée contre une organisation internationale.

Boko Haram signifie «l’éducation occidentale est un péché» en langue haoussa, la plus parlée dans le nord du Nigeria, majoritairement musulman. C’est également une des langues les plus importantes au Niger voisin.

Cela reflète la vive opposition du mouvement aux autorités d’Abuja, la capitale, accusées de promouvoir un Etat laïque, de ne pas faire appliquer la charia (loi islamique) d’une manière stricte dans les 12 Etats du Nord qui l’ont déjà réintroduite, et enfin d’être un allié des Occidentaux, notamment des Américains, dans leur guerre contre al-Qaida.

Quand le mouvement-a-t-il été créé?
Le mouvement a été créé en 2002 dans le nord-est du Nigeria, dans les Etats de Yobe et de Borno, qui comptent parmi les plus pauvres du pays. Il est particulièrement actif dans ce dernier, frontalier du nord du Cameroun et du Tchad. N’Djamena n’est d’ailleurs qu’à 200 km à vol d’oiseau de Maiduguri, capitale du Borno.

Mais à cette époque, les combattants islamistes de cette région sont connus sous le nom de «Talibans nigérians» en raison de leur modèle afghan, alors en guerre contre les Américains après les attentats du 11 septembre 2001.

Ces «Talibans» font très vite parler d’eux. En 2003 et 2004, ils lancent des attaques contre des postes de police, notamment pour s’emparer des armes et munitions. Un déploiement massif de militaires et de policiers dans la région gèle la situation pendant environ deux ans. Mais les islamistes sont réapparus en 2006, cette fois sous le nom de «Boko Haram». Et surtout en se dotant d’un chef, Mohammed Yusuf, né en janvier 1970 dans l’Etat de Yobe, selon une étude très complète réalisée par l’organisation International Crisis Group (ICG). Ce leader religieux, passé par des écoles coraniques au Tchad et au Niger, a enclenché en juillet 2009 une véritable insurrection dans quatre Etats du nord.

Si une grande partie de la région s’embrase, faisant craindre une guerre civile, les pires violences entre les islamistes et les forces de sécurité ont lieu dans la ville de Maiduguri, peuplée d’un million d’habitants.

Policiers et militaires emploient les grands moyens: ils lancent l’assaut contre une mosquée de Maiduguri servant de quartier-général à la secte; arrêtent le chef de Boko Haram et rasent l’édifice religieux. Le leader islamiste est tué lors de sa garde à vue.

Aucun bilan officiel n’a été publié, mais la Croix-Rouge a fait état de 780 corps enterrés dans des fosses communes de Maiduguri.

Comment expliquer la recrudescence des attaques?
Les autorités croyaient en juillet 2009 avoir exterminé Boko Haram. Mais ils ont transformé le chef de la secte en véritable martyr, que les combattants ont immédiatement voulu venger. Ils ont d’abord trouvé refuge au Niger et au Tchad voisins ou ont simplement fait profil bas à Maiduguri, selon ICG.

Ils se sont progressivement réorganisés, et, en septembre 2010, ont attaqué la prison de Bauchi, libérant plus de 700 prisonniers dont 150 de leurs combattants. Boko Haram avait plié un an plus tôt mais venait de relever la tête. La secte multiplie les attaques de commissariats, élimine les responsables politiques et religieux qui barrent sa route.

Depuis le début de l’année, le mouvement islamiste est passé à la vitesse supérieure: les attaques se font de plus en plus fréquentes et visent majoritairement les bars en plein air, souvent installés près ou même à l’intérieur des campements militaires. Le message est clair: boire de l’alcool, même une simple bière, est un crime ici, puisque la charia l’interdit.

Les victimes civiles sont donc de plus en plus nombreuses. La police est dépassée et, en juin 2011, l’armée a pris les choses en main en créant des unités spéciales.

Il est vrai que les forces de sécurité venaient de subir un affront majeur.

Début juin, le chef de la police nigériane Hafiz Ringim fanfaronnait que les jours de Boko Haram étaient comptés et qu’il les exterminerait en 10 jours. Peu après, une bombe a explosé devant le quartier-général de la police à Abuja, tuant deux personnes. C’était la première attaque de Boko Haram dans la capitale fédérale.

La secte est-elle liée à al-Qaida?
Selon les services de sécurité, des liens existent entre Boko Haram et la nébuleuse d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), très actif dans la bande sahélienne, de la Mauritanie au Niger. Ces derniers mois, Aqmi a enlevé plusieurs occidentaux à Arlit, la grande cité nigérienne de l’uranium, et même dans la capitale Niamey.

Des camps de formation d’Aqmi sont installés dans le nord du Mali et attirent de plus en plus de ressortissants ouest-africains, notamment des Nigérians. Et l’organisation terroriste a réussi à mettre la main sur des armes lourdes libyennes à la faveur de la guerre contre Kadhafi. Ces armes pourraient être revendues dans le nord du Nigeria.

Boko Haram est également liée aux shebab somaliens, eux-mêmes liés à al-Qaida et qui contrôlent une partie de la capitale Mogadiscio et du sud du pays. Mi-juin, le mouvement nigérian avait annoncé que certains de ses membres, formés en Somalie, venait de rentrer au Nigeria pour intensifier le «jihad», la guerre sainte.

Des liens avec des cellules d’al-Qaida au Pakistan, pays où s’était réfugié Oussama Ben Laden et où il a été tué par un commando américain le 2 mai 2011, existeraient également.

Va-t-on vers une guerre civile?
Les attaques de Boko Haram dans le Nord-Est, mais aussi jusqu’au centre de la capitale Abuja, gagnent en intensité semaine après semaine. Mais elles ne semblent toutefois pas, à ce stade, pouvoir faire basculer le géant démographique du continent (plus de 160 millions d’habitants) dans la guerre civile.

Les raids du mouvement islamiste appuient toutefois là où ça fait mal. Le Nigeria est un colosse aux pieds d’argile, avec de vives tensions entre le Nord majoritairement musulman et le Sud, en grande partie chrétien.

Les affrontements interreligieux et intercommunautaires enflamment régulièrement la région des Plateaux, dans le centre du pays, notamment autour de la ville de Jos. Les morts se comptent à chaque fois par centaines.

La brutalité de la répression des forces de sécurité, accusées de faire des victimes parmi des civils supposés soutenir les islamistes, n’arrange pas les choses. Elle risque de faire basculer les nombreux jeunes sans emploi vers une radicalisation religieuse et politique, favorisée par la pauvreté et la corruption.

Des millions de Chrétiens vivent dans le Nord. Si les violences s’étendent, ils risquent de fuir vers le Sud, provoquant d’importants mouvements de population. Et dans le Sud, ceux-ci pourraient se venger à leur tour sur la minorité musulmane. Une meurtrière spirale de vengeance s’enclencherait alors.

Il ne manque pas grand-chose pour faire exploser la poudrière nigériane. Boko Haram a allumé une mèche. Il n’est pas trop tard pour l’éteindre.

Adrien Hart - SlateAfrique.com du 28 août 2011

Pas de « guerre de religion » au Nigeria, affirme le cardinal Okogie

Les violences qui endeuillent notamment la communauté chrétienne au Nigeria ne sont pas « une guerre de religion », mais répondent à des intérêts visant à la désintégration de la fédération, a déclaré le cardinal Anthony Olobunmi Okogie, archevêque de Lagos, dans un entretien au site Internet italien Vatican Insider, affirmant que Benoît XVI « nous a enseigné à résister à ceux qui profanent le nom de Dieu pour recourir à des violences ».
« Il n’y pas de guerre de religion en cours au Nigeria, mais une féroce persécution qui trouve ses sources dans des ambitions de pouvoir et des causes économiques. Ils veulent désintégrer la fédération mais n’y réussiront pas », a-t-il prédit, dénonçant la pression d'« énormes intérêts économiques » pour « déstabiliser un pays rendu appétissant du fait de ses ressources pétrolières ».
« C’est une escalade tragique (…) Je n’ai pas de preuves » que les terroristes de Boko Haram « reçoivent un soutien de l’étranger, mais il est évident que leur menace a pris de l’ampleur par rapport au passé. Mais ils ne réussiront certainement pas dans leurs projets. L’Église nigériane est solide et vivante, ne se laisse pas intimider, et comme Jésus en croix, elle est prête à témoigner de sa foi jusqu’au sacrifice suprême », a-t-il dit.
« Nous ne répondrons pas à la violence par la violence »
Depuis les sanglants attentats visant les célébrations du jour de Noël et qui avaient fait au moins 49 morts, six nouvelles attaques contre des chrétiens du Nord musulman ont fait plus de 80 morts. La majorité de ces raids ont été revendiqués par Boko Haram, un groupe islamiste qui réclame l’application de la charia (loi islamique) dans l’ensemble du pays.
« Les dirigeants de l’islam nigérian ont déclaré que les terroristes de Boko Haram représentent une fraction folle mettant en péril l’intérêt national et nuisant aux musulmans pacifiques eux-mêmes qui représentent l’écrasante majorité et vivent pacifiquement mêlés aux chrétiens, a rappelé le cardinal. Le dialogue est l’antidote au venin du terrorisme. Nous ne répondrons pas à la violence par la violence. »
« Nous avons le droit légitime de nous défendre »
Le cardinal a déploré « l’échec des autorités dans la protection des citoyens chrétiens du nord » du pays, jugeant que « c’est seulement en arrêtant et en condamnant rapidement les responsables de l’assassinat de personnes innocentes que le gouvernement pourra regagner la confiance de la population ».
Le cardinal soulignait la bonne relation entre chrétiens et musulmans de son pays, après les propos de Ayo Oritsejafor, dirigeant de l’Association chrétienne du Nigeria (CAN) – regroupant des catholiques et des protestants – qui avait déclaré samedi que les attaques actuelles visant des chrétiens « rappellent » la guerre civile qui a fait plus d’un million de morts dans les années 1960.
Les responsables chrétiens « ont décidé de définir les moyens nécessaires pour se défendre face à ces tueries insensées », et « nous avons le droit légitime de nous défendre (…) quoi qu’il en coûte », avait-il averti.

La Croix Urbi et Orbi du 9 janvier 2012

Niger : l’archevêque de Niamey inquiet d’une contagion de la secte islamiste Boko Haram

De retour d’un voyage-éclair à Abuja, la capitale nigériane, Mgr Michel Cartatéguy a fait part de la situation tendue au Nigeria.

Il souligne aussi que la secte extrémiste tente de s’infiltrer dans les pays voisins du Nigeria, dont le Niger

Après la vague d’attentats revendiqués par la secte islamiste Boko Haram qui a fait plus de 40 morts le jour de Noël au Nigeria, Mgr Michel Cartatéguy, archevêque de Niamey (Niger), s’est rendu à Abuja, la capitale nigériane, le 30 décembre dernier. Il s’agissait pour lui d’accompagner une mission dirigée par le ministre nigérien des affaires étrangères, et à laquelle participait également Cheik Ismaël, président de l’Association islamique du Niger, d’« apporter un message de compassion au peuple du Nigeria ».

Dans le long témoignage qu’il a publié à la suite de ce voyage-éclair, Mgr Cartatéguy souligne notamment l’extrême tension qui règne au Nigeria.

« La sécurité du convoi est impressionnante, raconte-t-il ainsi. Les militaires casqués, vêtus de gilet pare-balles tenaient leurs mitraillettes menaçantes. Ils étaient devant, au milieu et derrière. Je les sentais partout. Nous franchissons de nombreux barrages militaires. Plus nous nous approchons du palais présidentiel, plus les militaires sont nombreux et armés. Tout est désert. Ces lieux sentent le danger permanent, tout le monde a peur du pire ! »

« Les membres de la secte sont déjà au Niger, au Tchad et au Cameroun »
L’archevêque de la capitale nigérienne, qui partage près de 1500 km de frontière avec le Nigeria, souligne aussi l’inquiétude d’une contagion de Boko Haram au reste de l’Afrique occidentale.

Au cours d’une audience d’une dizaine de minutes, le président du Nigeria Goodluck Jonathan a d’ailleurs souligné que le risque était réel. « Il nous a avoué que les membres de la secte sont déjà au Niger, au Tchad et au Cameroun », confie Mgr Cartatéguy.

Le père blanc d’origine basque, archevêque de Niamey depuis 2003, souligne d’ailleurs que des courants extrémistes gagnent du terrain au Niger, comme en témoignent des SMS qui ont circulé interdisant aux musulmans de participer aux fêtes de Noël.

SMS menaçants
« Dans le cadre de la lutte contre les perversités en islam, on rappelle au musulman que les fêtes du 24, 25 et 31 décembre sont formellement interdites. Nous ne sommes plus ignorants. Le prophète a dit : quiconque imite un peuple fait partie de ce peuple. Donc n’imite pas les chrétiens. Faites passer l’info, svp. », souligne l’un de ces messages.

Des injonctions qu’il met en rapport avec la doctrine de la secte Boko Haram qui rejette toute modernité. « Boko vient du mot anglais “book” qui veut dire “livre” et “haram” est un mot arabe qui signifie “interdit” Tous les livres sont mauvais et interdits (symbole de l’éducation occidentale) un seul livre est valable : le Coran », explique-t-il ainsi.

Dans l’avion, Mgr Cartatéguy a montré ce message au Cheikh Ismaël, président de l’Association islamique du Niger. « Il n’est pas étonné du message, rapporte l’archevêque. Lui-même en reçoit régulièrement pour lui dire qu’il n’est pas dans la droiture de l’islam. »

« Elle s’attaque aussi aux musulmans »
« Tout cela nous vient de l’extérieur… et nous devons être vigilants et combattre ensemble ceux qui veulent nous diviser… nous devons faire la paix et l’unité en interne, sinon, les diviseurs qui sont nombreux venant de l’extérieur et qui nous guettent pourront profiter de notre faiblesse pour nous dresser les uns contre les autres. Monseigneur, tous les deux, nous sommes dans la même situation et nous ne devons pas nous décourager… », lui répond le responsable musulman, « en égrenant son chapelet que certains courants islamistes lui interdisent d’utiliser ».

Et pour souligner combien ce conflit divise les musulmans, il rappelle qu’à peine de retour à Niamey, il apprend que la secte Boko Haram vient de faire exploser une bombe à la mosquée de Maiduguri. (nord du Nigeria). « Elle s’attaque aussi aux musulmans », insiste-t-il.

La Croix Urbi et Orbi du 10 janvier 2012

Les violences se poursuivent dans un pays paralysé par la grève

Le Nigeria reste en proie aux violences ethniques et religieuses. Mardi, dans le Nord, le mitraillage d’un bar par des islamistes présumés a coûté la vie à huit personnes, tandis que trois habitants d’un village en majorité chrétien ont été tués par des inconnus armés. Dans le Sud, deux attaques de mosquées en vingt-quatre heures ont fait cinq morts et provoqué la fuite de milliers de personnes. Au même moment, un mouvement de grève paralyse le pays. Un syndicat des ouvriers du pétrole a menacé hier d’interrompre la production de brut.

La Croix du 12 janvier 2012

Attaques à Kano, une église catholique visée

Manipulation de la religion

ROME, lundi 23 janvier 2012 (ZENIT.org) – Une église catholique a été prise pour cible lors des attaques qui ont frappé la vilel de Kano, au Nigeria, déplore l’agence vaticane Fides. Il dénonce la manipulation de la religion pour des objectifs bien différents.

« Je cherche à joindre par téléphone Mgr John Namanza Niyiring, évêque de Kano, mais les lignes ne fonctionnent pas », a confié à Fides Mgr Ignatius Ayau Kaigama, archevêque de Jos, dans la partie centrale du Nigeria.

Au soir du 20 janvier, une série d'attaques à la bombe coordonnées et d'assauts armés ont frappé différents objectifs à Kano, la principale ville du nord du Nigeria, dont un certain nombre de commissariats de police.

L’archevêque de Jos précise qu’il a parlé avec le curé de l'église de Notre-Dame des Apôtres joint sur son téléphone portable : il était contraint à se cacher, étant la ligne de mire des agresseurs.

Les communications sont difficiles : « Les lignes téléphoniques sont interrompues, je ne sais si cela est dû à un problème technique ou à d'autres causes. La situation est encore confuse. Nous verrons comment réagira le gouvernement à cette nouvelle attaque », ajoute l’archevêque.

Mgr Kaigama confirme également qu'à Jos arrivent actuellement des chrétiens fuyant l'Etat de Yobe (dans le nord du pays) du fait des récentes attaques perpétrées par les membres de la secte islamiste Boko Haram : « Attendu que Jos est une zone dans laquelle les chrétiens sont prédominants, ces personnes arrivent ici pour y retrouver des amis et des parents ».

Pour Mgr Kaigama il est nécessaire « d'aller au-delà de l'aspect religieux » de la crise : « A chaque fois que des chrétiens et des musulmans sont tués, il faut se rappeler qu'existent des forces mauvaises qui manipulent la religion pour des objectifs qui leurs sont propres ».

Il essaye d’analyser la situation : « Nous devons comprendre qui sont ces forces. De nombreux intérêts alimentent la tension et la violence au Nigeria. Il est incroyable de voir comment la secte Boko Haram réussit à conduire des attaques toujours plus sophistiquées et coordonnées non seulement contre la population civile mais également contre les agents de l'Etats. Ce sont des attaques conduites de manière très efficace et avec précision ».

« C'est pourquoi nous devons regarder par-delà les apparences : il existe un réseau sophistiqué qui recrute des personnes, les entraîne et les arme afin de conduire ce type d'attaques », déplore l’archevêque.

L’armée mène une opération contre Boko Haram

L’armée du Nigeria a conduit, hier, une opération musclée contre des membres présumés du groupe islamique Boko Haram, à Kano, ville du nord du Nigeria touchée vendredi par une série d’attentats (185 morts). Des explosions et des fusillades ont ponctué cette opération et semé la panique parmi la population. « Les deux parties ont utilisé des mitrailleuses lourdes et tout le monde dans le quartier était terrorisé », a raconté un habitant. Selon l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch, les attentats revendiqués par Boko Haram ont fait au moins 935 morts depuis 2009.

La Croix du 25 janvier 2012





 




 

 

 

PAKISTAN

La santé physique et mentale d’Asia Bibi s’est beaucoup dégradée

‣ Haroon Barkat Masih, le directeur international de la Fondation Masihi qui lui vient en aide, s’inquiète pour cette chrétienne pakistanaise condamnée à mort pour blasphème. ‣ Il craint que son isolement ne compromette définitivement son équilibre psychologique.

Le 19 décembre dernier, une délégation de la Fondation Masihi a rencontré Asia Bibi pendant plus de deux heures dans la prison pakistanaise du district de Sheikhupura, au Pendjab (centre), où elle se trouve à l’isolement, dans l’attente de son procès en appel. Selon le communiqué publié à l’issue de cette visite, et transmis à l’agence Fides, l’état d’Asia Bibi, condamnée à mort en première instance pour blasphème le 8 novembre 2010, s’est nettement dégradé.

Cette paysanne catholique et illettrée d’Ittan Wali, minuscule village du Pendjab, dans le centre du Pakistan, accusée de blasphème par quelques villageoises le 9 juin 2009, détenue depuis dans la prison de Sheikhupura et désormais condamnée à la peine de mort, ne prend pas de bain depuis plus de deux mois, paraît « vieillie » , explique le texte. Elle est « pâle » , « semble très fragile voire incapable de demeurer seule ». « Pendant les dix premières minutes, elle n’était pas en mesure de réagir et ne parvenait pas à comprendre si nous étions des amis ou des ennemis, se montrant même épouvantée par l’eau que ses visiteurs souhaitaient lui offrir. » Puis au cours de l’entretien, « Asia Bibi, qui ne parvenait jamais à fixer un point ou un interlocuteur, est passée par divers stades : absence de réaction, rire, peur et pleurs. »

Dans quelques « rares moments de lucidité », précise le texte, elle a néanmoins pu dire que personne ne s’occupait sérieusement d’elle, et qu’elle avait perdu la notion du temps. « Le seul jour dont je me souviens est le 9 juin, a-t-elle confié d’une voix basse et soumise. Cela a été le début d’un cauchemar pour moi et pour ma famille. »

La Fondation Masihi, spécialisée dans la défense des chrétiens et l’éducation au Pakistan, a envoyé au ministère fédéral de l’intérieur pakistanais son rapport et demandé qu’une équipe médicale puisse apporter des soins à Asia Bibi avant que sa santé physique et mentale ne soit irrémédiablement compromise. Devant l’urgence de la situation, le ministre d’État chargé de l’harmonie interreligieuse, le catholique Akram Gill – qui a rencontré le pape le 16 novembre dernier – ainsi que Paul Bhatti, conseiller spécial du premier ministre pour les affaires des minorités religieuses, ont promis d’intervenir. La fondation compte aussi sur la mobilisation internationale pour obtenir la libération de cette mère de cinq enfants, accusée de blasphème pour avoir répondu à des femmes qui lui expliquaient qu’il serait impur pour elles de boire l’eau qu’une non-musulmane venait de puiser. Elle a également annoncé son intention d’écrire à Benoît XVI, qui avait déclaré il y a un an, à l’occasion de ses vœux au corps diplomatique, qu’il était « urgent d’abroger la loi sur le blasphème »

MARTINE DE SAUTO - La Croix du 2 janvier 2012

Le mari d’Asia Bibi affirme qu’elle va bien

Interrogé par l’AFP, Ashiq Masih, le mari d’Asia Bibi, chrétienne condamnée à mort pour blasphème, a dénoncé les « nouvelles fausses » diffusées récemment sur son état ( La Croix 2 janvier) . Alors que les chancelleries occidentales ainsi que Benoît XVI se sont mobilisés pour obtenir la grâce de la détenue, Paul Bhatti, conseiller du premier ministre pour les minorités religieuses, avait demandé le silence des médias sur elle. Son avocat, ainsi que Mgr Joseph Coutts, évêque de Faisalabad, ont dit craindre que ces démarches soient « perçues comme une provocation ».

La Croix du 5 janvier 2012

Des locaux de Caritas saisis illégalement au Pakistan

Le 10 janvier dernier, le gouvernement du Pendjab a détruit à Lahore une institution gérée conjointement par l’Église catholique et la Caritas Pakistan, rapporte l’agence Églises d’Asie.

Le centre Gosha-e-Aman abritait, avant sa transformation en maison d’accueil et école de couture il y a une cinquantaine d’années, une maison de retraite, un établissement scolaire de filles, un couvent et une chapelle.

Sur l’ordre du responsable de district et « sans fournir aucun acte officiel », comme le souligne la commission Justice et Paix de la Conférence des évêques catholiques du Pakistan, la police a démoli les bâtiments au bulldozer, exproprié les familles qui y vivaient, détruit des bibles et des objets religieux, avant de saisir « au nom de l’État » le matériel « éducatif » comme les ordinateurs, l’ensemble de la propriété et tous les terrains adjacents.

Le P. Emmanuel Youssef Mani, président de la commission Justice et Paix, a annoncé lors d’une conférence de presse que l’Église déposerait un recours devant la Haute Cour de Lahore contre la « saisie illégale » de l’un de ses biens dont elle possède tous les titres de propriété, qui remontent à 1887.

Mercredi 11 janvier, plusieurs milliers de chrétiens ont manifesté à Lahore, bloquant les rues menant aux décombres de l’ancien centre, pour dénoncer les « manœuvres criminelles » des autorités du Pendjab et les « violations des droits des minorités religieuses ».

La Croix du 19 janvier 2012 - Urbi et Orbi


 

 

 

PROFANATIONS

Nouvelle profanation de tombes musulmanes à Carcassonne

Des inscriptions racistes et des croix gammées ont été découvertes lundi sur une trentaine de tombes d’anciens combattants musulmans enterrés au carré militaire du cimetière de Carcassonne (Aude). C’est la seconde profanation en trois mois de tombes musulmanes dans la ville.

« Cette profanation qui intervient quelques jours après la profanation de deux mosquées, à Pau et Décines, aggrave le sentiment d’inquiétude des musulmans de France », déplore le Conseil français du culte musulman.

La Croix du 28 décembre 2011

Un profanateur de tombes musulmanes condamné avec sursis

Un ancien militaire, jugé pour avoir profané trois tombes du carré musulman du cimetière de Castres (Tarn) avec du porc, a été condamné hier par le tribunal correctionnel de la ville à trois mois de prison avec sursis. Jean-Yves Podeur devra également verser 1 000 € de dommages et intérêts aux familles de deux victimes. Il avait été confondu par son ADN.

La Croix du 5 janvier 2012

 

 

PSYCHO-SPIRITUEL

Bernard Dubois, 58 ans, né à Toulon, a fait ses études de médecin-pédiatre à Paris.A
exercé ensuite pendant 3 ans les fonctions de chef de clinique avant de rejoindre la
communauté des Béatitudes au Château-Saint-Luc. Il a écrit deux principaux livres :
La Guérison intérieure en 2001 (éditions Béatitudes) et la Libération intérieure en 2010
(avec Daniel Desbois aux Presses de la Renaissance qui a stoppé la commercialisation
en octobre dernier). Il prépare un nouveau livre.


Plus de 7000 personnes en France ont suivi
depuis dix ans les stages d'Agapè-thérapie (il
les appelle Agapè simplement aujourd'hui ) de
Bernard Dubois, un ancien médecin-pédiatre
âgé de 58 ans, membre de la communauté d'obédience
chrétienne des Béatitudes depuis
1987. Mais c'est seulement depuis août 2005,
et l'installation au Puy dans les locaux du diocèse
à l'invitation de l'évêque Henri Brincard,
que la fréquentation a explosé.
Plus de 1500 personnes sont venues suivre
cette année des stages Agapè au Puy. Il y en a
de deux sortes : des sessions pour les retraitants
et des “formations” plus approfondies
pour ceux qui veulent devenir accompagnants
spirituels. Ces stages d'une durée de trois à
sept jours se déroulent dans les bâtiments du
Grand Séminaire en vieille ville du Puy. Les
prix oscillent en fonction du type de retraite,
de 250 euros les 3 jours à 530 euros pour le
plus gros contingent, celui des retraitants en

session de 7 jours. Le succès est considérable
et, d'après Bernard Dubois dont l'association
Anne-Peguy Agapè dont il est salarié reverse
une partie fixe (un prix de journée) au Grand
Séminaire, cela aurait permis à la structure
diocésaine gérée sous forme associative, de
retrouver un équilibre financier depuis 2007-
2008. En grande partie depuis l'arrivée des
sessions Agapè au Puy.


GÉRER LES REMONTÉES...
C'est quoi l'Agapè ou Agapè-thérapie qui
attire autant de gens dans le sanctuaire marial
depuis six ans ? « C'est une retraite dont le
but principal est de goûter et de rencontrer l'amour
de Dieu » explique Bernard Dubois.
Expérimenter que Dieu est amour, c'est ça la
vraie guérison, découvrir que Dieu nous aime.
Je ne suis pas thérapeute, je suis dans une
démarche spirituelle, c'est de cela dont les
gens ont soif ». Mais Bernard Dubois qui est
un des « promoteurs en France » de l'Agapèthérapie
comme le dit Georges Fenech, le
responsable de la mission interministérielle de
vigilance et de lutte contre les dérives sectaires
(lire par ailleurs l'entretien qu'il nous a
accordé), malgré le glissement sémantique
assez habile qu'il opère depuis son arrivée au
Puy, est un homme très critiqué depuis des
années (les articles de presse sont légion).
C'est, contrairement à ce qu'il affirme aujourd'hui,
sur cette confusion entre l'homme de
médecine, « psychothérapeute
autoproclamé » comme l'a écrit à la fin du
mois de novembre l'Agence France-Presse, et
l'homme de foi que les critiques se focalisent.
Ses contradicteurs et les gens qui se déclarent
victimes de ces stages, lui reprochent de
mélanger psychologie et spirituel, de faire
revisiter aux retraitants leur prime enfance
pour y rechercher des blessures de vie qui
amènent souvent à reprocher, après les sessions,
à son père, sa mère, voire ses ancêtres
les maux d'un parcours de vie. Et les témoignages
de gens qui se disent victimes d'emprise
mentale, de déstructuration psychologique
et de ruptures familiales après ces stages se
multiplient.


MANIPULATIONS MENTALES ?
Le centre contre les manipulations mentales
(CCMM) recense inlassablement ce genre de

témoignages depuis des années. Il aurait fourni
à la Miviludes (mission interministérielle
de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)
un nombre conséquent de témoignages
et des dizaines de dossiers directs seraient
instruits par le CCMM. « Bernard Dubois
m'a bidouillé mes émotions » dit par exemple
Myriam Michelena qui a passé plusieurs
années dans la communauté des Béatitudes de
Château-Saint-Luc à Cuq dans le Tarn où Bernard
Dubois était le berger (le responsable) de
1994 à 2000. « J'ai perdu la régulation de
mes émotions, je n'arrive pas à relativiser »
explique cette femme brisée qui a passé un
mois à l'hôpital cet automne après sa deuxième
tentative de suicide. Après être sortie de la
communauté avec son mari et ses enfants, elle
a porté plainte contre Bernard Dubois en 2005
pour abus de faiblesse. Mais les faits étaient
trop anciens et la justice les a déclarés prescrits.
« Je crois sincèrement que Bernard Dubois
est un homme bon » dit a contrario une ponote
d'une quarantaine d'années qui a suivi une
session Agapè récemment, « il s'agit de
reprendre sa vie, de sa conception à sa vie
adulte. C'est vrai qu'il faut un accompagnement
après sinon il est difficile de gérer les
choses qui remontent ». Des choses qui
remontent, c'est à cela qu'est confronté ce mari
domicilié dans le centre de la France qui a
récupéré sa femme en lambeaux après plusieurs
sessions Agapè au Puy. « Quand elle
est rentrée » explique t-il, « elle a commencé
à poser des questions à sa famille, si elle n'avait
pas eu un ancêtre qui aurait connu une
mort bizarre, pourquoi sa mère ne lui aurait
pas dit qu'elle avait eu un jumeau mort dans
l'utérus... Elle était déjà fragilisée par un problème
psycho-affectif et cette session l'a écartée
des psychanalystes compétents qu'elle
aurait dû voir. Aujourd'hui, elle a rompu les
ponts avec sa mère, elle est tout le temps
ailleurs, jamais les pieds sur terre, elle se perçoit
comme persécutée et elle a menacé de se
suicider. J'ai compris ce qui lui arrivait quand
j'ai surfé sur internet pour voir à quoi correspondait
cette session Agapè, tout s'est
éclairé et je réfléchis actuellement à une
plainte pour exercice illégal de la médecine
mais j'aimerais que ma femme prenne conscience
de tout cela par elle-même... Je suis
remonté aujourd'hui, surtout contre l'église
car ma femme ne serait jamais allée suivre ce
genre de déviance et de délire si cela ne s'était
pas fait sous couvert de l'église ». Chaque
session Agapè est en effet annoncée depuis
des années sur le site officiel de l'évêché et du
diocèse du Puy. Les plaquettes de l'association
Anne-Peguy Agapè mentionnent même qu'elles
sont placées « sous la bienveillance et
l'autorité de monseigneur Henri Brincard ».

RAPPORT
CONFIDENTIEL EXPLOSIF
Rupture familiale, mal-être, anéantissement
des proches qui ne comprennent pas le
changement radical d'attitude à leur égard...
on pourrait remplir des pages entières avec ces
souffrances. La liste s'est tellement allongée
qu'une commission spéciale a été mise sur
pied par la conférence des évêques de France.
Intitulé “groupe de réflexion spirituel et
psychologie”, ce groupe de travail a réuni pendant
un an des Jésuites éminents, des théologiens
et un psychiatre-psychanalyste sous l'autorité
de son président, l'évêque de Créteil,
Michel Santier. L'Eveil a pu consulter ce
“document rigoureusement confidentiel” qui a
été diffusé seulement aux évêques de France
au mois de novembre dernier. L'analyse de ces
stages psycho-spirituels est accablante et le
docteur Dubois, ses livres, les témoignages
d'anciens retraitants du Puy et les écrits du livret
de retraite de Notre-Dame du Puy y sont
disséqués.
Lors de notre entretien, Bernard Dubois
s'est défendu vertement de mélanger spirituel
et psychologique dans ses stages. Pourtant,
voici l'analyse de son dernier livre dans ce rapport
(La Libération Intérieure, aux Presses de
la Renaissance en 2010) : « ce discernement
critique rigoureux manque gravement dans le
livre de Bernard Dubois et Claude Desbois »
(p.32). Et les membres de la commission de
pointer plusieurs manquements ou interprétations
erronées dans la doctrine même de la foi.
L'auteur de la préface en prend lui aussi pour
son grade : « on se demande comment le père
Abbé de Kernogan a pu donner une préface à
un ouvrage tissé de telles confusions, qui ressemble
plus à un plaidoyer pro domo qu'à une
étude respectueuse ».


UN PSY ACCABLE CES SESSIONS
Bernard Dubois nous a dit qu'il ne se sentait
pas concerné par ce document, qu'il nous mettait
au défi d'y trouver la moindre citation de
ses activités ponotes. Et pourtant... Le chapitre
le plus accablant contenu dans ce rapport
est l'analyse d'un livret de retraite de Notre-
Dame du Puypar un psychiatre des hôpitaux,
psychanalyste. La première phrase est directe :
« Les auteurs associent du spirituel à du
psychologique, avec de manifestes méconnaissances
de la psychologie de base, ce qui aboutit
à des interprétations erronées et des raisonnements
simplistes et réducteurs ». La
suite est à l'avenant et synthétise très bien plusieurs
analyses émises ici et là pour alerter sur
la dangerosité potentielle de ce genre de
stages : « On peut s'interroger sur le fantasme
de toute puissance des auteurs de ce texte. Les
parents, imparfaits par nature, sont ici disqualifiés
dans leurs fonctions parentales et
d'éducateurs (…) D'emblée, dans la définition
de l'Agapè, la recherche de bouc-émissaire est
annoncée. Il y a confusion entre l'événement et
le traumatisme (…) Ils utilisent le spirituel
dans une fonction magique pour panser les
plaies psychoaffectives qui ne seront en fait ni
nommées, ni analysées, juste suggérées au
risque de les induire. Le registre émotionnel
domine, sans l'aide de la pensée, puisqu'il est
recommandé plusieurs fois au retraitant de ne
pas réfléchir... ce qui laisse l'autre penser,
réfléchir pour soi ».
Enfin, la conclusion du médecin mandaté
par la conférence des évêques est mise en
exergue dans le rapport : « la démarche d'offrir
des réponses toutes faites à des questions
ou blessures personnelles peut apporter un
soulagement dans un premier temps, car le
sujet a l'illusion d'avoir trouvé la réponse à
ses maux. Mais non seulement elle n'ouvre pas
la voie vers un travail personnel d'élaboration
de ses propres conflits psychiques mais elle
risque, au contraire, d'aboutir à une fermeture
personnelle, voire à des ruptures relationnelles
en rapport avec des bouc-émissaires désignés
».


FRATERNITÉ STE-THÉRÈSE
DES BÉATITUDES
Autre imbroglio. Le service communication
du diocèse du Puy nous a expliqué que
« monseigneur Brincard a accepté d'héberger
Bernard Dubois au Puy en 2005 justement
parce qu'il avait quitté les Béatitudes » dont
les dérives ont souvent été pointées du doigt
(un procès pour pédophilie contre un ancien
frère de la communauté vient de se clore à
Rodez). Mais c'est un paradoxe de plus. Car
Bernard Dubois n'a jamais quitté cette communauté
issue du Renouveau Charismatique !
Il a même créé au Puy, au 12 rue Saulnerie,
dans une maison appartenant au diocèse, une
fraternité des Béatitudes depuis son arrivée,
appelée Fraternité Sainte-Thérèse ND du Puy.
Rattachée à la maison des Béatitudes de Pont-
Saint-Esprit, elle comprend Bernard Dubois et
son épouse Florence, une religieuse des Béatitudes
et « la mère d'une soeur des Béatitudes
qui a voulu rester avec nous après une session
il y a six ans ». Bernard Dubois est sûr de son
fait malgré le tombereau de critiques : « l'Agapè
est un laboratoire dans l'église, qui a le
soutien des évêques (sic) sinon j'arrête ce
soir ! S'il y a des choses à corriger, il faut nous
le dire. Je pense que l'on fait plus de bien que
de mal sinon j'aurais arrêté... ». Il s'abrite
derrière un comité de vigilance et de surveillance
pluridisciplinaire mis en place par
l'évêché du Puy. Nous avons contacté un de
ses membres... qui ne savait pas grand-chose
des activités organisées au Grand Séminaire.
Bernard Dubois, acculé par nos questions,
lâche en fin d'entretien cette froide statistique :
« Dans la population française, 1,8 personne
sur 1000 risque d'avoir des problèmes psychotiques.
Sur 7000 personnes accueillies depuis
dix ans, on devrait donc avoir eu 14 craquages
de type psy, pour l'instant j'en ai relevé quatre...
».
Dans le cadre de cette enquête, Mgr Henri
Brincard que nous avons sollicité à plusieurs
reprises, n’a pas souhaité répondre à nos questions.
Il prépare un communiqué commun
avec l'évêque de Créteil, Mgr Santier. Le diocèse
du Puy, quant à lui, annonce d'ores et déjà
sur son site internet la tenue de 20 sessions
Agapè en 2012 au grand séminaire.
Julien BONNEFOY


Le président de la Miviludes va saisir les autorités locales

Etonné et surpris.Voilà les premiers mots qu'a employé Georges Fenech, le président
de la Miviludes en France (mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les
dérives sectaires) quand nous l'avons appelé au début du mois de décembre. Etonné et
surpris que Bernard Dubois organise des stages « pour des centaines de personnes
apparemment » dans la ville du Puy. « Bernard Dubois est un des promoteurs de l'Agapè-
thérapie en France » explique le président de la Miviludes, également député UMP
du Rhône, « cela consiste à soigner à travers des méthodes non-validées, des méthodes
profanes. Dans l'Agapè, il y a une confusion entre ces méthodes dont on connaît la dangerosité
et le mélange avec le spirituel. Il y a une confusion entre le rôle du prêtre et celui
de psychothérapeute. Ces méthodes sont dangereuses car elles peuvent engendrer une
emprise mentale, elles ont d'ailleurs été dénoncées par un communiqué des Béatitudes et
elles ont été décommandées par le Vatican qui a pris conscience de la dangerosité de ces
groupes de prière. Je constate aujourd'hui que Bernard Dubois qui n'appartient plus
aux Béatitudes (notre enquête a prouvé le contraire plusieurs jours après cet entretien,
ndlr), continue ces séances dans des locaux qui dépendent directement du diocèse du
Puy, l'accueil Saint-Georges ou le grand séminaire. On ne peut que s'étonner qu'il continue
ses activités aujourd'hui. On n'a pas fait d'enquête mais on a un certain nombre de
documents à la Miviludes. Nous allons nous y intéresser et saisir les autorités locales surtout
vu qu'il semble rencontrer un certain succès. On va saisir les autorités préfectorales
de Haute-Loire, l'agence régionale de santé, le conseil de l'ordre départemental des
médecins et écrire à l'évêque Henri Brincard. Car je m'étonne également de la promotion
forte qui est faite de ces activités par le diocèse du Puy ».

L’Eglise cherche à mieux baliser les sessions de « guérison spirituelle »


Le nombre de sessions de guérison spirituelle organisées par l’Église catholique s’est multiplié ces dernières années, avec, selon les chiffres de « La Croix », 25 000 Français concernés en dix ans.

 

Suite à un certain nombre de plaintes et à certaines dérives, l’épiscopat a publié un document resté confidentiel pour mieux pointer les risques et dérives possibles.

Les responsables de ces retraites mettent l’accent sur l’indispensable formation des accompagnateurs.

 

Anorexie, violentes angoisses, culpabilité extrême et troubles obsessionnels du comportement… Sandrine énumère aujourd’hui avec détachement ces « grosses casseroles » qui ont longtemps rendu sa vie insoutenable.

La « guérison » a commencé pour cette Parisienne de 35 ans non pas dans le cabinet d’un psy, mais au Canada, au cours d’une session dite d’« agapèthérapie » organisée par une communauté catholique. « Je pressentais que dans le conflit avec mes parents se jouait aussi une dimension spirituelle. Lors de cette retraite où l’on est invité à relire son histoire, j’ai mieux compris le contexte dans lequel j’étais née. J’ai présenté cela à Dieu et eu l’intime conviction d’être aimée personnellement. »

Pour autant, cette retraite n’a pas été « magique », admet la jeune femme : « Je suis revenue en France avec mes angoisses, mais j’avais pu commencer à pardonner à mes parents et cela avait ouvert une porte. J’ai donc repris sérieusement une psychothérapie. Les deux ont été très complémentaires. »

Multiplications des propositions
Comme Sandrine, 25 000 Français en dix ans, selon les chiffres de La Croix, ont suivi une session de « guérison intérieure » au sein d’une association ou d’une communauté catholique. Cacouna (Canada), Agapè (au Puy-en-Velay en Haute-Loire), Nicodème ( Béatitudes à Château-Saint-Luc), Retraite de guérison intérieure ( Famille Saint-Joseph), Siloé (Chemin-Neuf), Évangélisation des profondeurs ( Bethasda avec Simone Pacot) : depuis trente ans, les propositions se sont multipliées, et certains lieux affichent une liste d’attente de plusieurs mois.

Face aux souffrances morales et à l’engouement pour les nouvelles thérapies inspirées du New Age et des religions orientales, certains ont cherché à proposer dans l’Église une alternative chrétienne aux retraites traditionnelles, prenant en compte les personnes dans leur globalité – physique, psychique et spirituelle. « Les foules se ruent vers les guérisseurs. Que fait l’Église pour tous ces gens ? », interroge un accompagnateur spirituel. Ces sessions attirent d’ailleurs un nombre important de prêtres et de religieuses.

Orienter, si besoin, vers une psychothérapie
Sans prétendre remplacer une psychothérapie, ces retraites – aux méthodes et aux enseignements très variés selon les lieux – se présentent comme un complément de l’accompagnement spirituel.

« Les retraitants peuvent venir avec un grand désir de mieux-être, mais nous travaillons avant tout sur la croissance spirituelle, affirme Bernard Dubois, pédiatre, membre de la communauté des Béatitudes et l’un des initiateurs de l’Agapè. Nous regardons ce qui, au niveau psychologique, peut bloquer la relation à Dieu. Par exemple, quelqu’un qui ne parvient pas à prier le Notre Père car son propre père fut violent… Sa confiance en Dieu est altérée. Le but n’est pas d’être guéri, mais d’être libre pour assumer sa vie et aimer. »

Magali Raoul, sœur consacrée du Chemin-Neuf, médecin, responsable de la formation Siloé, confirme : « Nos sessions sont suivies par un psychiatre non pour proposer une démarche thérapeutique au sens médical du terme, mais pour nous aider à discerner dans le chemin spirituel de la personne ce qui peut relever d’un problème psychologique… Il faut être formé pour ne pas tout mélanger. Cela nous permet en outre d’orienter éventuellement les personnes vers une psychothérapie. »

Des dérives difficiles à rattraper
Pour autant, si un grand nombre salue les bienfaits de ces retraites, des plaintes de certains retraitants ou de leurs familles inquiètent l’Église. Ici c’est un prêtre qui quitte le sacerdoce, là des couples en déroute… Dans plusieurs cas, des personnes sont revenues chez elles persuadées d’avoir été victimes d’inceste et ont rompu avec leurs familles.

« Trois dossiers m’arrivent chaque semaine », tempête Jeanine Dijoux, secrétaire générale du Collectif des victimes des dérives du psycho-spirituel, qui regroupe plusieurs centaines de personnes au sein du Centre contre les manipulations mentales (CCMM). « Comment des chrétiens qui n’ont aucune compétence se permettent-ils de manipuler des domaines aussi sensibles ? Ce sont des apprentis sorciers ! Il faut que l’Église reconnaisse les victimes de ces pratiques psycho-spirituelles sauvages. »

Dans les diocèses, deux centres ont récemment été fermés : Kinor, dans les Landes, tenu par l’ancien responsable des Béatitudes, Ephraïm, tandis que des responsables de la Communion Marie-Reine, dans le diocèse de Laval, ont été interdits d’enseignement.

Avis divergents au sein de l’Eglise
Les plaintes sont suffisamment graves pour que les évêques aient mis en place il y a un an un comité d’experts sur le « Spirituel et psychologique » auprès du service Pastorale, nouvelles croyances et dérives sectaires de l’épiscopat. Ce dernier vient de remettre aux évêques un document resté confidentiel. « Ce qui est en jeu, c’est le sanctuaire inaliénable de la liberté de l’homme », alerte Bertran Chaudet, diacre au Mans et co-coordinateur de ce service.

Le sujet est si épineux que, même parmi ces experts mandatés par l’Église, les avis sont partagés. Certains sont catégoriques : ce type de retraite est « une fausse piste », inoffensive pour des personnes relativement équilibrées, mais très dangereuse pour des personnalités fragiles.

Certains estiment qu’ils conduisent à induire des faux souvenirs, à manipuler le vécu des personnes et, en « psychologisant » le message évangélique, à réduire le salut à une « idéologie » de la blessure et de la guérison.

« Des dégats terribles »
« Quand la personne entre dans un climat psycho-émotionnel fort, ses défenses tombent. Si certains ‘‘souvenirs’’ sont trop rapidement confirmés par un accompagnateur mal formé, qui plus est avec une autorité spirituelle, les dégâts sont terribles » , s’alarme l’un d’eux. En clair, les chrétiens en souffrance devraient en rester à un accompagnement spirituel d’un côté et, de l’autre, une psychothérapie.

Pour d’autres, en revanche, il ne faut pas « jeter le bébé avec l’eau du bain », mais accompagner ces initiatives avec vigilance et « corriger ce qui doit l’être » . Le document remis à la Conférence des évêques de France (CEF) appelle ainsi à une extrême prudence : il met en garde contre le risque d’entretenir la confusion entre le salut chrétien et la santé psychique, de brader la séparation chère à l’Église entre for interne et for externe sous prétexte qu’il faut débattre en équipe et avec le responsable de la session des états d’âme de la personne…

Nécessaire formation des accompagnateurs
« La vie chrétienne ne consiste pas à guérir de toutes ses blessures , insiste Mgr Denis Lecompte, co-coordinateur du service Pastorale, nouvelles croyances et dérives sectaires de la CEF. Lorsque quelqu’un est remis debout dans la foi, il y a tôt ou tard des conséquences psychiques positives, mais c’est parfois à l’intérieur même de nos blessures que la grâce passe. »

Tous insistent cependant sur une meilleure formation des accompagnateurs. « Certaines pratiques choquent par le caractère simpliste des causes invoquées au mal-être des personnes. Il s’agit de ne pas être réductionniste, mais de bien prendre en compte la complexité de la psychologie humaine » , souligne le docteur Bertrand Guiouillier, psychiatre et psychanalyste au Mans. Pour cela, il s’agit d’ouvrir ces sessions à l’expertise de professionnels extérieurs.

Un premier pas a été fait notamment au Puy-en-Velay, où l’évêque, Mgr Henri Brincard, a mis en place un conseil de surveillance et où l’on insiste sur le travail collégial entre théologiens, psychiatres, psychothérapeutes, médecins et formateurs. « Nous avons évolué dans nos pratiques, affirme le P. François-Régis Wilhélem, théologien du conseil élargi. Nous ne parlons plus de guérison mais de libération. Qu’il y ait des points de débat, c’est normal. Nous sommes ouverts aux critiques. Parlons-en ensemble. »

 

CÉLINE HOYEAU - La Croix du 3 janvier 2012  Urbi et Orbi

 

Jacques Arènes : « Il ne faut pas confondre salut et santé psychique »


Pour le psychanalyste Jacques Arènes, professeur à l’Institut catholique de Lille et au collège des Bernardins (1), beaucoup de personnes veulent se construire psychologiquement à travers un chemin spirituel.

 

Comment expliquer un tel engouement pour les sessions psycho-spirituelles ?

Jacques Arènes : Dans notre culture morcelée, de nombreuses personnes sont marquées par une grande fragilité narcissique. Elles sont en demande de réparation. Auparavant, cette attente se portait davantage dans le champ psychologique. Mais la psychanalyse qui, dans un monde très structuré, permettait de prendre un peu de liberté personnelle n’apporte pas aujourd’hui de solution simple à une vie en quête d’unité, dans un monde qui, rappelons-le, en manque ! Aussi la demande de sens et de structuration s’est-elle déplacée dans le domaine spirituel. On va chercher à se construire à travers un chemin spirituel. On attend de Dieu qu’il soit un soutien pour réparer l’estime de soi défaillante. Cet engouement s’explique aussi par une tendance plus générale à appréhender son histoire sous l’angle quasi exclusif du traumatisme vécu et à céder à la victimisation.

En quoi les retraites dites de guérison spirituelle rejoignent-elles cette tendance ?

Dans ce type de démarche, on parlera beaucoup de la « blessure » – un concept qui n’appartient d’ailleurs pas au champ psychanalytique. Ainsi, la souffrance psychique sera présentée comme la conséquence d’un mal subi dans l’enfance. C’est cette « blessure d’enfance » qui entraverait sa volonté, et dans le domaine spirituel, qui empêcherait de se tourner vers Dieu.

Lors de certaines sessions dites « psycho-spirituelle », on va alors travailler sur ce mal subi, comme un fait quasi objectif… On demandera à Dieu la guérison de la blessure psychique en tant que telle, d’une manière quasi magique. D’autres approches seront beaucoup plus nuancées.

Dans les cas extrêmes on oublie que la blessure est toujours ce que la personne en fait. On va travailler sur ce que le sujet a subi plutôt que sur ce qu’il a fait de ce qu’il a subi. Dans cette démarche, il faudra alors souvent trouver dans l’environnement familial un responsable, le manque de soutien des parents par exemple.

Mais peut-on réduire toute souffrance psychique à une défaillance de l’entourage ? La psychologie humaine est plus complexe, plus opaque que cela. La souffrance psychique n’est pas toujours liée à un mal « objectif » subi dans l’enfance. Il faut prendre garde au désir de vouloir faire la clarté des choses qui ne seront jamais claires.

Dieu peut-il guérir le psychisme humain ?

Il faut faire attention à l’image d’un Dieu tout puissant qui guérit en restituant la personne dans ce qui serait un état originel. Les chrétiens sont en droit de penser que Dieu accompagne les psychismes blessés mais, s’il le fait, il ne court-circuite pas la complexité du psychisme humain. Le risque est donc dans les excès de la démarche : le désir d’être « réparé » à tout prix est imprégné d’illusion.

Beaucoup de personnes vont attendre indéfiniment d’être guéries avant de vivre les renoncements que suppose la vie chrétienne. Mais la vie éthique ne consiste pas nécessairement à chercher à sortir de ses blessures. Il s’agit aussi de s’ouvrir aux autres, notamment par l’exercice des vertus.

Certains grands spirituels sont restés de grands névrosés. La vie spirituelle ne s’identifie pas forcément à une recherche d’équilibre psychique. Elle ne favorise pas toujours l’épanouissement personnel. Il ne faut pas confondre salut et santé psychique. Du reste, pour la psychanalyse comme pour la tradition chrétienne, le but n’est pas de guérir de ses blessures, mais d’être libre autant que possible. Je me méfie d’une anthropologie de la blessure qui déresponsabilise.

Que proposer ?

Il ne s’agit pas de critiquer de manière simpliste tel ou tel mouvement. Lorsque ces retraites sont données en tenant compte de l’opacité du psychique, ce peut être fait avec justesse. Mais plus largement, il me semble important qu’au sein de retraites spirituelles plus classiques, on prenne davantage en compte ces questions liées à la souffrance psychique. Car beaucoup de gens quelle que soit la retraite chercheront à se construire.

(1) Auteur de La Quête spirituelle hier et aujourd’hui, un point de vue psychanalytique, Cerf, 400 p., 30 €.

 

RECUEILLI PAR CÉLINE HOYEAU - La Croix du 3 janvier 2012 Urbi et Orbi

 

Agapèthérapie, un terme controversé

 

Inventé par un prêtre canadien en 1975, ce terme grec signifie « guérison par l’amour de Dieu ». Ainsi se sont intitulées des sessions de « guérison spirituelle » organisées d’abord à Cacouna, au Québec, puis en France dans des maisons des Béatitudes, du Verbe de Vie ou des Foyers de Charité. Elles proposent de présenter devant Dieu, dans la prière, les blessures psychiques de l’enfance. Ce terme est controversé en France où le mot « thérapie » renvoie au domaine strictement médical. Dans un souci de clarification, depuis octobre 2001, l’association du Puy-en-Velay a renoncé à ce terme.

 

La Croix du 4 janvier 2012
 

 

 

http://gamaliel21.pagesperso-orange.fr/NOUVELLES%20GAMALIEL21%2010.pdf



Les dérives du psycho-spirituel

 

Enquête de Golias - novembre/décembre 2011

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Les précisions de l’évêque du Puy-en-Velay à propos des sessions psycho-spirituelles

 

À la suite de la publication sur le site de l’hebdomadaire contestataire Golias du rapport confidentiel des évêques sur « spirituel et psychologie », rapport contenant des remarques très critiques au sujet de sessions organisées au Puy-en-Velay, l’évêque, Mgr Henri Brincard, a fait savoir que ces sessions sont organisées par une association indépendante sur laquelle il a « dès le début » exercé sa vigilance et pour lesquelles il a demandé un audit.
« Parce qu’elles se déroulent dans des locaux appartenant au diocèse et aussi parce que l’association « Anne-Peggy Agapé » se réclame de la foi de l’Église catholique, dès le début, j’ai exercé ma vigilance épiscopale sur ces sessions, sans d’ailleurs rencontrer la moindre réticence de la part des organisateurs », a précisé Mgr Brincard dans un communiqué publié sur le site du diocèse dimanche.
Ainsi, un « conseil de vigilance » a été créé, composé de médecins, de psychiatres, de théologiens et de prêtres de paroisse. Il a obtenu « de sérieuses modifications » dans le déroulement des sessions. « À ce propos, souligne Mgr Brincard, il convient de remarquer que la critique du livret dans le document « Spirituel et Psychologie » a été faite à partir d’une première édition qui n’est plus en usage aujourd’hui ».

 

« Des confusions, parfois lourdes de conséquences malheureuses »
L’évêque affirme également que « les discernements ont été affinés en ce qui concerne les personnes admises à suivre une session ». « Le suivi des personnes après une session Agapé fait aussi l’objet d’une réflexion approfondie ». Mgr Brincard se dit « déterminé à poursuivre l’exercice de (sa) vigilance pastorale », faisant siennes les préconisations du rapport « Spirituel et Psychologie ».
Ce rapport, remis en octobre aux évêques par un comité d’experts, souligne que « ce type d’écoute (à la fois spirituelle et psychologique) peut engendrer des confusions, parfois lourdes de conséquences malheureuses ». Ainsi plusieurs dizaines de plaintes sont arrivées au Centre contre les manipulations mentales (CCMM). Des familles victimes de ces démarches « sont en attente d’une position claire des autorités ecclésiales », et des enquêtes sont en cours.
Les experts soulignent qu’« il est loin d’être évident que les actuels directeurs ou animateurs de sessions psycho-spirituelles » respectent les règles que l’Église s’est donnée en matière de distinction entre le for interne et le for externe, de discrétion sur tout ce qui touche le for interne et d’observation des exigences de la loi civile qui encadre désormais la fonction de psychothérapeute. Ils recommandent d’imposer aux accompagnateurs de ces sessions « les exigences de formation requises pour les directeurs spirituels dans les séminaires ».


« L’amélioration de la santé n’induit pas une meilleure vie spirituelle »
Un autre expert sollicité par les évêques, le P. Étienne Garin, jésuite, souligne dans ce document que « le danger ne réside pas dans le souci d’être attentif à la réalité psychosociologique, car tout accompagnateur classique doit l’être ; il provient de l’importance primordiale attribuée à la santé psychosociologique, comme si elle était nécessaire pour que la vie spirituelle soit possible ». « L’amélioration de la santé du corps et du bien-être psychologique n’induit pas une meilleure vie spirituelle, ni une conversion », insiste le document.
Selon le jésuite, une démarche psycho-spirituelle fait vivre « simultanément aux personnes deux mouvements orientés en sens opposés » : le mouvement de vie spirituelle qui le tourne vers Dieu, et le mouvement de la vie psychologique qui centre le sujet sur lui-même. « La Parole risque de n’être plus écoutée que comme moyen de guérison et non comme présence du Seigneur lui-même », avertit-il.
Psychiatre et psychanalyste au Mans, Bertrand Guiouillier pointe dans le livret des sessions du Puy-en-Velay qu’il a analysé (livret qui selon Mgr Brincard aurait été corrigé entre-temps) notamment la « méconnaissance de la psychologie de base, conduisant à des interprétations erronées et des explications simplistes et réductrices » et un glissement du psychoaffectif au spirituel.


Prudence
Il conclut que cette démarche « peut apporter un soulagement dans un premier temps car le sujet a l’illusion d’avoir trouvé la raison de ses maux », mais « non seulement elle n’ouvre pas la voie vers un travail personnel d’élaboration de ses propres conflits psychiques mais elle risque au contraire d’aboutir à une fermeture personnelle, voire à des ruptures relationnelles en rapport avec des boucs émissaires désignés ».
Le P. Étienne Michelin, théologien, remarque enfin que tout cela « bouscule » l’Église car ces propositions nouvelles « cherchent à répondre à des attentes prenant un regain d’importance » et abordent des aspects du salut « quelque peu tus ou négligés dans la doctrine catholique », comme la dimension affective de la relation au Christ. « Les évêques ne peuvent que se réjouir mais à condition de rester clairvoyants », affirme le document.
Invités à la plus grande prudence, les évêques sont encouragés à accompagner davantage, à interpeller et remettre en question les organisateurs de ces sessions.
Le groupe de réflexion « Spirituel et Psychologie » se composait de Mgr Michel Santier, évêque de Créteil, Mgr André Dupleix, secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques de France, Mgr Denis Lecompte et Bertran Chaudet, tous deux coordinateurs du service de la conférence épiscopale Pastorale, Nouvelles croyances et dérives sectaires, des jésuites Claude Flipo, Étienne Garin, du psychiatre Bertrand Guiouillier, du P. Étienne Michelin (Notre-Dame de Vie) et de Sœur Marie-Ancilla, moniale dominicaine à Lourdes.

 

C. H.- La Croix Urbi et Orbi du 9 janvier 2012


L'Agapè sous la vigilance de l'évêque du Puy

 

Suite au rapport d'un groupe de réflexion sur les sessions spirituelles et psychologiques de l'Agapè, Henri Brincard, évêque du Puy-en-Velay, demande un audit et apporte quelques précisions tout en réitérant son soutien.

 

Henri Brincard, évêque du Puy-en-Velay a demandé un audit des sessions Agapè, régulièrement organisées dans la cité ponote depuis 2005. En octobre dernier, tous les évêques de France ont reçu le rapport de travail du groupe de réflexion "spirituel et psychologie" présidé par Mgr Michel Santier. Le rapport contient des remarques très critiques au sujet d’un livret remis aux retraitants.

Une école de vie et de prière
L’Agapè existe depuis dix ans. Fondée par un psychologue-psychothérapeute et un médecin psychiatre, membre de la communauté des Béatitudes, l'association "Anne-Peggy Agapè" se décrit, entre autres, comme "une école de vie et de prière qui tient compte des souffrances psychiques, des difficultés relationnelles, des épreuves particulières de la vie spirituelle". Elle organise des retraites de plusieurs jours qui se sont définitivement fixées au Puy en Velay en 2005 grâce à l’action de Mgr Brincard, évêque du Puy.

"Dès le début, j'ai exercé ma vigilance épiscopale"
Mgr Brincard rappelle que l'association est "indépendante du diocèse du Puy" et qu'elle "assume seule la responsabilité de la conduite des sessions". En revanche, l'évêque précise que, parce que les sessions "se déroulent dans des locaux appartenant au diocèse et aussi parce que l'association se réclame de la foi de l'Eglise catholique, dès le début, j’ai exercé ma vigilance épiscopale sur ces sessions, sans d’ailleurs rencontrer la moindre réticence de la part des organisateurs".
Il a ainsi réuni autour de lui, un conseil de surveillance et d’accompagnement ou conseil de vigilance comprenant des membres du conseil d’administration de l’Agapè, des médecins dont un psychiatre, des théologiens, des prêtres de paroisse.

 

Un livret sous haute-surveillance
Chaque retraitant dispose d’un "livret de cheminement". Etudié puis sérieusement modifié, il a été refondu totalement et la nouvelle édition est utilisée depuis janvier 2011. Mgr Brincard rappelle que le livret critiqué dans le rapport de travail du groupe de réflexion n’est plus en usage aujourd’hui.
Par ailleurs, les "discernements ont été affinés en ce qui concerne les personnes admises à suivre une session". En clair : les motivations des retraitants et les éventuelles contre-indications d’ordre pathologique sont vérifiées par une commission composée, entre autres, d'un médecin et, parfois, d'un psychiatre. Le suivi des personnes après une session fait aussi l’objet d’une réflexion approfondie.

"Il faut se réjouir que des chrétiens se mobilisent"
"Le sérieux du travail accompli par le conseil de Vigilance m'a amené à continuer d'accueillir les sessions", conclut l'évêque qui se dit "déterminé à poursuivre l’exercice de (sa) vigilance pastorale" d'où l'audit demandé. Mgr Brincard réitère son soutien à l'Agapè, "ainsi que le dit si bien le rapport "spirituel et psychologie", il faut se réjouir que des chrétiens se mobilisent pour aider leurs frères à accueillir l'amour de Dieu, en particulier dans des situations de souffrances".

"Ca a transformé ma vie"
"De nombreux retraitants ont donné des témoignages très positifs, explique Mgr Brincard. Ils ont notamment affirmé que de telles sessions ont été une étape décisive dans leur chemin de foi ainsi qu’une aide précieuse pour dépasser diverses épreuves." C'est le cas d'Alix, une retraitante de 58 ans. Cette Parisienne est venue il y a quelques années pendant cinq jours.
"Ca a transformé ma vie, confie-t-elle. Si je n'avais pas fait l'Agapè, j'aurais été incapable de relativiser toutes mes souffrances. Cette semaine là, j'ai pardonné beaucoup de choses, des pardons très forts et irréversibles. Il n'y a plus de victimisation, plus de rancoeur. Et après, on se sent libre, léger et plus confiant. La vie continue. On a tous été touchés." Alix était pourtant méfiante au début, elle s'est beaucoup renseignée avant de s'inscrire. "On peut se dire qu'il y a un risque de manipulation pour les personnes fragiles. Mais, pas du tout. Il y a une totale liberté". Si elle estime ne pas avoir besoin de revenir, sa "transformation" a convaincu son mari de tenter l'expérience.

 

Objectif de l'Agapè
"L’objectif est avant tout un objectif spirituel mais cette démarche spirituelle ne néglige pas les interactions possibles avec la dimension psychologique de l’homme, ni les outils de la connaissance humaine et psychologique. Le but n’est pas la guérison, au sens médical du terme, ni même le mieux-être psychologique. C’est d’abord un chemin de conversion et de réconciliation avec Dieu, avec soi-même, et avec les autres." (extrait du site internet)

 

Alexandra du Boucheron - Zoomdici.fr Le Puy en Velay du 12 janvier 2012

 

 

 

 

 

 

 

RUSSIE

La Bhagavad Gita ne sera pas interdite

Un tribunal russe a refusé d’interdire une traduction de la Bhagavad Gita, l’un des textes les plus sacrés de l’hindouisme, a indiqué jeudi la chaîne d’information américaine CNN. Un procureur de la ville de Tomsk, en Sibérie, avait demandé l’interdiction d’une traduction de la Bhagavad Gita, affirmant que le texte sacré faisait la promotion de l’extrémisme et de la discorde sociale. Un tribunal d’instance a rejeté la demande du procureur le 28 décembre.

La Croix du 2 janvier 2012

 

 

SANTE

Médecines non conventionnelles et cancers

C'est une première ! La journée d'information de la Fondation contre le cancer abordera ce sujet sensible, en insistant sur la prise en charge globale de la maladie et sur l'importance du dialogue entre patient et médecin.

Homéopathie, phytothérapie, sophrologie, mindfulness (méditation en pleine conscience), suppléments alimentaires, massages... Ces médecines non conventionnelles, appelées aussi médecines douces, médecines alternatives ou thérapies complémentaires ont le vent en poupe. Même auprès de patients oncologiques. Il semble que ces derniers soient très nombreux à y avoir recours... mais en catimini.

Pourquoi ces cachotteries ?
Car le sujet est tabou et délicat. A vrai dire, il est rarement abordé par le corps médical classique. L'initiative de la Fondation contre le cancer doit donc être saluée comme courageuse et engagée. « Pourtant, nous avons longuement hésité, par crainte d'être mal interprétés, confie en toute franchise le Dr Didier Vander Steichel, directeur scientifique et médical de la Fondation. Cela dit, j'insiste : notre but n'est pas d'encourager le recours aux médecines non conventionnelles ni d'en dissuader l'usage, par principe. Nous voulons informer sur deux aspects importants. Primo, que peut-on raisonnablement espérer d'un recours aux médecines non conventionnelles ? Secundo, quelles sont les conditions d'une utilisation sans risques de ces médecines ? »
L'idée de cette journée d'information est née d'un double constat. De très nombreux patients se tournent vers les médecines non conventionnelles mais seulement un tout petit nombre en informent leur cancérologue. Pourquoi ces cachotteries ? En absence de toute étude, on ne peut qu'avancer quelques hypothèses. Certains patients passent sous silence les traitements complémentaires, car ils ont l'impression que leur cancérologue n'a pas le temps de les écouter. D'autres ont des doutes quant au sérieux ou à l'efficacité des médecines non conventionnelles mais... aimeraient y croire. Sans oublier des cancérologues (de moins en moins nombreux) qui affichent un certain mépris vis-à-vis de ce type de médecines. D'où la crainte du patient de se rendre ridicule. « Or ce manque de communication est préoccupant, poursuit le Dr Vander Steichel. En effet, si on veut une sécurité d'utilisation, elle doit passer obligatoirement par un dialogue avec le cancérologue. Certains traitements de phytothérapie, par exemple, peuvent perturber l'efficacité de la chimiothérapie. Lors de cette journée d'information, nous voulons transmettre deux messages : "Parlez-en !" et "Ayez des attentes réalistes". Aucune médecine non conventionnelle ne peut garantir des chances de guérison. Seules des techniques de médecine classique arrivent à démontrer un impact sur les chances de guérison. Ne rajoutez pas des risques inutiles. La sécurité avant tout et cette sécurité passe par la communication avec son médecin traitant. »

Vers une médecine intégrative

Celle-ci englobe la maladie elle-même mais aussi tout ce qui tourne autour, autrement dit tous les aspects liés au mode vie, au bien-être et au stress. Cette approche, née aux Etats-Unis et introduite dans les programmes de médecine dans les universités américaines et canadiennes depuis le début des années 2000, est encore peu connue du corps médical en Europe. En revanche, elle est pratiquée par les patients. « De nombreuses études ont été réalisées sur le sujet, et certaines d'entre elles montrent clairement que le cancer tout comme ses traitements poussent une proportion importante de patients à combiner leurs traitements conventionnels avec d'autres méthodes qui le sont moins », explique Olivier Schmitz, anthropologue à l'UCL. Le cancer est une maladie terrible qui véhicule énormément de représentations, qui touchent à tous les aspects de la vie des patients. La prise en charge de ces aspects reste parcellaire et est rarement assurée par l'institution hospitalière. Le patient, angoissé, désemparé et perdu, sait très bien que les médecines non conventionnelles ne vont pas le guérir, mais il cherche du « sens » à la maladie (pourquoi moi ? pourquoi maintenant ?) et à la guérison (vais-je guérir ? à quel prix ?), des conseils et des encouragements, parfois tout simplement de pouvoir en parler avec quelqu'un qui ne soit pas un proche. On peut ainsi affirmer que, selon les cancers et selon les recours pris en compte, jusqu'à huit patients sur dix empruntent, d'une façon ou d'une autre, des voies parallèles qui vont d'une consultation chez un psychothérapeute ou chez un homéopathe à l'utilisation d'huiles essentielles. Le scénario standard n'existe pas et la fréquentation des différents thérapeutes dépend beaucoup de la culture, au sens large, du patient.

Massages, sophrologie et homéopathie

Partisan d'une médecine intégrative, le Dr Bernard Willemart, chef du service d'oncologie, radiothérapie et médecine nucléaire à la clinique Sainte-Elisabeth à Namur, a lancé en mai 2009 un projet pilote de soins de massages, soutenu financièrement par la Fondation contre le cancer. Les massages, gratuits, sont dispensés par des massothérapeutes spécialement formés, suivis par des psycho-oncologues. Souhaitant aller plus loin, le service d'oncologie propose, depuis le début 2011, des séances de sophrologie de groupe. « Les résultats sont vraiment extraordinaires, souligne le Dr Willemart. Aujourd'hui, nous nous trouvons à un point de non-retour et il est inconcevable de ne plus proposer ces soins. Le financement reste toutefois un problème. A l'avenir, nous tâcherons de trouver des partenariats privés. » On retrouve la même vision intégrative chez certains médecins homéopathes. Le Dr Odile Cormann, médecin généraliste, diplômée en carcinologie clinique, travaille en synergie et en étroite collaboration avec les oncologues pour complémenter les traitements lourds. « La nature même d'un traitement homéopathique a deux avantages, explique-t-elle. La dilution des produits permet un confort d'utilisation et une non-interaction avec le traitement oncologique. Par ailleurs, la consultation en elle-même permet d'aborder tout le contexte de la maladie : l'alimentation, le sommeil, l'environnement, l'aspect psycho-émotionnel et le vécu. Sa durée, minimum une heure, permet au patient d'avoir la parole, de se sentir écouté et pris en charge dans sa globalité. Or la médecine classique est loin de répondre à ses angoisses et à ses interrogations. » D'autres bénéfices de l'homéopathie ? Elle diminuerait les effets secondaires des traitements, les nausées et les aphtes et soutiendrait le système immunitaire. Même si ces faits n'ont pas été validés scientifiquement, ils ont été constatés de manière empirique.

L'objectif des médecines non conventionnelles consiste donc à apporter un soulagement, une amélioration de la qualité de vie, une diminution du stress et des effets secondaires. Ce n'est pas négligeable. La conclusion ? Laissons-la au Dr Vander Steichel : « Le recours à une médecine non conventionnelle peut s'envisager en plus ou en complément du traitement classique mais jamais, au grand jamais, à la place de ce traitement. »

Journée d'information « Médecines non conventionnelles et cancers. Quels bénéfices ? Quels risques ? », 16 décembre 2011, de 9 heures à 15 h30, palais des Beaux-Arts, à Bruxelles. Inscription : www.cancer.be

BARBARA WITKOWSKA - Le Vif.be du 14 décembre 2011

 

 

 

SCIENTOLOGIE

Exclusif: la Scientologie veut-elle entrer à l'école ?

Sciences et Avenir s'est procuré un document interne à la Scientologie révélant un projet d'entrisme dans les écoles en France et des méthodes de collecte de fonds auprès des adeptes. Enquête.

C’est un document édifiant. Un courriel qui, en quelques lignes, dévoile les velléités d’entrisme de la Scientologie dans les écoles. Plus intéressant encore, il révèle les pratiques de la Scientologie pour soutirer de l’argent à ses membres.

Le message a été reçu le 1er juin par un adepte. L’expéditeur est David Hostettler, vice-président polyglotte de New Era Publication, l’une des deux maisons d’édition de la Scientologie. Dans un langage ésotérique (pour décrypter lire Parlez-vous le scientologue?) ce cadre dirigeant rappelle le combat que mène l’organisation contre la psychiatrie :

«Comme tu le sais nous nous battons contre la loi inventée par les SPs qui permet de pouvoir librement interner chaque personne en France dans des hôpitaux psychiatriques. »

SPs est l’abréviation de "Suppressive Persons", les ennemis de la Scientologie, considérées comme des «personnalités antisociales» par Ron Hubbard, le fondateur de la Scientologie. Selon Hostettler, les psychiatres font peser une grave menace sur «notre future génération – nos enfants». D’où cette initiative détaillée dans le courriel : «placer» un DVD de propagande intitulé «Le chemin du bonheur» dans les écoles de la République : «Nous avons les adresses de 44.229 écoles en France», assure le dirigeant de la maison d’édition.

Un projet ambitieux qui nécessite un financement conséquent et justifie donc de faire appel à la générosité des scientologues : «Pour cela nous avons besoin de ton aide. Nous pouvons gagner mais on doit travailler en équipe…» Une équipe dont les membres sont invités à mettre la main au portefeuille : «Tu peux faire une donation très simplement par carte de crédit ou transfert bancaire» précise David Hostettler qui s’empresse d’indiquer à son destinataire les coordonnées bancaires de New Era Publication.

Plusieurs hypothèses
Difficile de dire si les DVD ont réellement été envoyés. Nous avons contacté plusieurs directeurs d’écoles primaires. Aucun n’a reçu de DVD intitulé «Le chemin du bonheur». «Nous sommes très vigilants sur ce sujet. S’il y avait eu un envoi de ce genre nous en aurions entendu parler» nous a confié une directrice d’école primaire du deuxième arrondissement de Paris. Idem du côté du Ministère de l’éducation nationale. Pas de DVD. Nous avons finalement contacté la communication de l’Eglise de Scientologie en France qui affirme aussi ne pas avoir connaissance de cet envoi massif. Alors quid de cette campagne d’envergure ?

Première hypothèse, elle n’a pas encore commencé. La diffusion de ce DVD est effectivement recommandée dans les établissements scolaires comme le précise le site dédié (http://www.chemindubonheur.fr/programs/governments.html) : « Fournissez des livres et montrez le film "Le chemin du bonheur" aux écoles… »

Autre possibilité : la Scientologie n’a jamais eu l’intention de réellement lancer cette opération et souhaitait juste récolter des fonds auprès de ses adeptes.

Dernière hypothèse : ce document serait un faux. Peu probable. Le 1er juin, date d’envoi de cet email, David Hostettler postait à 22h48 sur son compte Facebook ce message : «Je travaille sur un gros projet sur l’école pour améliorer l’éducation dans les écoles...». Et le 29 juin : «Je suis à Paris pour quelques jours» !

Nous avons alors tenté d’en savoir plus sur cette action en le contactant directement à Copenhague. Impossible d’engager la discussion. Avant de nous raccrocher au nez, le vice-président de New Era Publication nous a bombardé de questions (votre prénom? votre nom? le titre de votre journal ? etc…) sans jamais répondre aux nôtres.

Quant au contenu du DVD «Le chemin du bonheur», il est possible d’en voir quelques extraits sur le site officiel de New Era Publication (http://fr.newerapublications.com/store/catalog/the-way-to-happiness-film-dvd.html#nn). A travers de petites scénettes caricaturales il fait la promotion de l'ouvrage du même nom, qui pour 17€ dévoile 21 «grands préceptes» d'une inconsistance affligeante tels que : «Ne volez pas» ou encore «Ne commettez pas de meurtre». Et d’expliquer que voler c’est admettre qu’on est «incapable de réussir honnêtement dans sa vie ou que l’on n’est pas tout à fait équilibré» !

La Scientologie, bien que condamnée en France en 2009 pour escroquerie en bande organisée (elle a fait appel, le jugement est attendu le 2 février), propose des méthodes de rééducation à travers une multitude de cours, livres, DVD et auditions pour vous ramener dans le droit chemin. Bien sûr, il faudra encore ouvrir grand le porte-monnaie…

Olivier Hertel - Science et Avenir du 20 janvier 2012

Parlez-vous le scientologue ?

La Scientologie a son propre jargon accessible aux seuls initiés. Avec l’aide de Roger Gonnet, ancien scientologue et auteur du site www.antisectes.net nous avons décrypté certains passages de ce courriel.

SP : Suppressive Person : Personne ennemi de la secte qui empêche son développement, la critique, l’attaque etc… Cela peut donc concerner des psychiatres, des magistrats, des policiers et bien sûr des journalistes, mais aussi des ex-scientologues ou des proches de scientologues se rebellant contre leurs pratiques.

«Nous devons équilibrer le thêta et l’enthêta en France» : le thêta est une notion assez vague représentant à la fois l’esprit, la force de vie, l’élan vital, la raison, le bonheur… Plus concrètement, cela représente tout ce qui est positif du point de vue de la secte. A l’inverse, l’enthêta représente tout ce qui est négatif. Par exemple, en interne, quand quelqu’un critique la Scientologie, on dit «qu’il fait de l’enthêta.»

«Des données stables pour remplir le vide» : la «donnée stable» est un axiome de la Scientologie, une vérité indémontrable. Par exemple, «Ron Hubbard est un immense génie» est une «donnée stable». Le «vide» par contre, exprime tout ce qui est faux aux yeux des scientologues ou non inspiré du savoir de la Scientologie. Remplir le vide avec des données stables consiste donc à diffuser la doctrine de la secte, notamment à l'école, comme l'indique dans ce courriel David Hostettler.

«Forte ton 40» : Nous n’avons pas trouvé d’explication au mot «Forte». Peut-être une faute ou un mot nouveau. Par contre, le « ton 40 » fait référence à l’échelle des tons émotionnels, «un outil vital pour comprendre les rapports humains» (http://french.scientologyhandbook.org/sh4_1.htm ). Chaque ton correspond à une émotion. Par exemple, les hommes sont en moyenne au ton 2.0, représentant l’Antagonisme, c’est-à-dire «une personne qui suspecte simplement une perte ou un échec susceptible de lui arriver ou qui reste figée dans cette attitude, éprouve de l’irritation». Un Ton de 0.05, c’est l’Apathie, quand la personne est proche de la mort. Par contre, un ton de 40 se trouve au sommet de l’échelle. On a atteint là, la «sérénité de l’être». Bien sûr, pour progresser sur cette échelle des tons, il faut passer par de nombreuses séances d’audition payantes. (http://french.scientologyhandbook.org/sh4_2.htm)

« Ta donation compte sur ton statut international pour la DISSÉMINATION PLANÉTAIRE » :Une phrase alambiquée montrant l'importance de donner de l'argent à l'organisation pour être un bon scientologue qui participe activement au développement du mouvement.

O.H.



 

 

 

SOKA GAKKAI


Au Japon, le président du principal mouvement bouddhiste s’élève contre le nucléaire

Le président honoraire du mouvement bouddhiste japonais Soka Gakkai, Daisaku Ikeda, a appelé le Japon, jeudi 26 janvier, à abandonner l’énergie nucléaire. « À l’aune de l’accident de la centrale atomique de Fukushima, j’appelle le Japon à étudier rapidement des politiques énergétiques qui ne dépendent pas de l’énergie nucléaire », a-t-il écrit.

Daisaku Ikeda souhaite également que face aux catastrophes subies, soient prises des mesures pour resserrer les liens internationaux. Il est présenté par l’organisation comme un penseur, poète, militant de la paix et écologiste.

Revendiquant une présence dans 192 pays et 12 millions de membres, Soka Gakkai est un mouvement religieux qui influence fortement le Nouveau Komeito, parti politique centriste situé dans l’opposition au Parti Démocrate du Japon (PDJ, centre gauche) au pouvoir depuis septembre 2009.

Désastre nucléaire
Le PDJ, présidé par le premier ministre, Yoshihiko Noda, prône une réduction de l’usage de l’énergie nucléaire mais souhaite dans l’immédiat relancer des réacteurs arrêtés, une fois leur sécurité garantie. Il encourage également l’exportation de technologies nucléaires civiles japonaises.

Déclenché par le séisme et le tsunami qui ont dévasté le nord-est du Japon le 11 mars, l’accident de Fukushima a constitué le pire désastre nucléaire depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) en 1986, entraînant des rejets massifs de radioactivité dans la région et l’évacuation d’une centaine de milliers personnes.

D’autres réacteurs japonais ont été stoppés à cause du séisme ou de précédents tremblements de terre et la plupart de ceux qui restent, arrêtés pour maintenance depuis, n’ont pu redémarrer en raison de l’obligation de procéder à des tests de résistance destinés à vérifier leur sécurité.

Sur les 54 unités du Japon, à partir de la fin de cette semaine, seuls trois resteront en fonctionnement et le pays risque d’être complètement privé d’énergie nucléaire durant plusieurs mois à compter de ce printemps, avant l’éventuel redémarrage de certaines tranches.

De leurs côtés les évêques catholiques avaient déjà appelé à l’abandon du nucléaire, après l’accident de Fukushima

La Croix Urbi et Orbi du 26 janvier 2012

Le président du principal mouvement bouddhiste s’oppose au nucléaire

Le président honoraire du mouvement bouddhiste japonais Soka Gakkai a appelé hier le Japon à abandonner l’énergie nucléaire. « À l’aune de l’accident de Fukushima, j’appelle le Japon à étudier rapidement des politiques énergétiques qui ne dépendent pas de l’énergie nucléaire. »

Ce mouvement religieux influence fortement le Nouveau Komeito, parti politique centriste.

La Croix du 27 janvier 2012

 

sur la SOKA GAKKAI

http://www.sos-derive-sectaire.fr/FICHES/soka_gakkai.htm

 


 

 

 

SUEDE

Le copier-coller devient une religion officielle en Suède

Les adeptes du partage ont enfin leur religion en Suède ! Le gouvernement vient d'accepter leur demande de faire de l'Eglise missionnaire du kopimisme une religion à part entière après deux tentatives infructueuses. Les détails avec Planet.fr.

Ils pouvaient déjà participer à la politique grâce au Parti Pirate, ils ont désormais leur propre religion officielle ! Le site Forbes révèle que les adeptes du copier-coller et du partage de données sur Internet viennent d'obtenir l'autorisation de considérer leur Eglise missionnaire du kopimisme (Missionary Church of Kopimism) comme une religion à part entière.

Cette nouvelle religion trouve son origine auprès de Isak Gerson, son chef spirituel. L'Eglise missionnaire du kopimisme a dû montrer qu'elle intégrait bien un "système de croyance et des rituels". C'est d'ailleurs l'absence de cette preuve qui l'avait empêché d'accéder au rang de religion les deux précédentes fois.

3 000 adeptes et "Ctrl+C" "Ctrl+V" comme caractères sacrés
Aujourd'hui, l'Eglise missionnaire du kopimisme compte pas moins de 3 000 adeptes désireux de partager les informations sans entrave. Et petit détail amusant, ils ont choisi de se doter de caractères sacrés, qui ne sont autres que "Ctrl+C" et "Ctrl+V", les raccourcis claviers bien connus pour "Copier" et "Coller"...

Planet.fr du 11 janvier 2012

 

 

 

TEMOINS DE JEHOVAH

Mons: une fillette violée durant 2 ans au sein de la communauté des Témoins de Jéhovah

Diana' a 23 ans. Violée deux années durant entre ses 8 et ses 10 ans (entre 1995 et 1997), elle a porté plainte à Mons à ses 20 ans contre son abuseur, Fabrice, qui avait environ 27 ans à l'époque et était membre des Témoins de Jéhovah. La justice examine le dossier.

La victime et le violeur présumé avaient des parents témoins de Jéhovah: amis, ils se voyaient régulièrement, et à ces occasions, Fabrice a abusé de Diana, chez elle, à Mons, à de multiples reprises. Presque tous les jours. Le tribunal correctionnel de Mons vient d'ouvrir le dossier.

Un jour de 1997, Fabrice embrasse Diana sur la bouche. Sa maman a la puce à l'oreille: Diana lui avoue alors de très fréquentes fellations (ce qui est un viol au sens légal), imposées depuis ses huit ans par Fabrice. “ Ne portons pas plainte immédiatement ”, conseille l'adulte. “ Moi-même, j'ai été abusée à mes 13 ans, j'ai porté plainte et cela ne m'a rien apporté, bien au contraire. Si tu veux, tu le feras quand tu seras majeure. ”

A l'époque, les parents de Diana portent le litige devant le comité judiciaire des Témoins de Jéhovah. Là, les ‘sages' choisissent le silence devant la justice civile… et ils excommunient Fabrice de leur congrégation. Le comité n'était apparemment pas au courant de la gravité des faits.

Le temps passe: à 20 ans, Diana porte plainte. Le procès de Fabrice se déroule devant le tribunal de Mons devant une chambre à trois juges.

Interrogé par Jean-Marc Ruchard, le prévenu s'apitoie surtout sur son sort.

“ La victime est en souffrance, comme le prévenu, mais celle de Diana est mille fois supérieure à la vôtre, ” constate Me Graulich, partie civile. Qui estime positif, dans ces cas d'enfance brisée, que les victimes bénéficient d'un délai à partir de leur majorité, pour porter plainte contre leur bourreau.

Vincent Baert, substitut, requiert 4 ans d'emprisonnement, assorti d'un sursis probatoire, avec comme condition, de suivre son traitement et de ne pas entrer en contact seul avec des mineurs d'âge.

Jugement début février.

Sud Presse.be du 10 janvier 2012

 

 

TERRE SAINTE ...

Bagarre à la basilique de la Nativité à Bethléem

Une bagarre a éclaté mercredi entre des prêtres arméniens et grecs-orthodoxes, à la suite d’un différend sur le nettoyage de la basilique de la Nativité, à Bethléem, selon un correspondant de l’AFP. Un prêtre arménien supervisant les opérations a eu l’impression qu’un ecclésiastique grec-orthodoxe empiétait sur leur espace. Comme l’église du Saint-Sépulcre, dans la Vieille Ville de Jérusalem, la basilique de la Nativité à Bethléem, où le Christ a vu le jour selon les Évangiles, est soumise à un strict statu quo régissant les responsabilités des Églises grecque-orthodoxe, catholique et arménienne.

La Croix du 30 décembre 2011

 

 

VASSULA

Church of Cyprus: Announcement Concerning Vassiliki (Vassula) Paraskevis Pendakis-Ryden

CHURCH OF CYPRUS
Synodical Committee for
Matters of Heresy
Holy Archdiocese of Cyprus
13 January 2012.

ANNOUNCEMENT 

Topic: The heretical positions of Vassiliki (Vassula) Pendakis-Ryden.

Over the last few days Vassula Ryden has been appearing in the media, giving lectures and trying to come into contact with bishops and priests, giving the impression that she presents and teaches the Orthodox Christian faith. In reality, her teachings are heretical, and her claims that she communicates directly with Christ are fantastical and outside of the spirit of the experience of the our Church.

Seeing that she tries, not only in Cyprus, to present herself as Orthodox and that she possesses certificates of Orthodoxy from bishops, we cite the Ecumenical Patriarchate's explicit announcement regarding this matter, so that Orthodox Christians may know exactly what it pertains to: (Click here)

Source (greek): http://www.churchofcyprus.org.cy/article.php?articleID=2129

Translated by the Holy Monastery of Pantokrator

http://www.impantokratoros.gr/church-cyprus-vassoula-ryden.en.aspx


EGLISE DE CHYPRE
Comité Synodal en matière d'Hérésies

Saint Archevêché de Chypre

Le 13 janvier 2012.

ANNONCE

Thème: Les positions hérétiques de Vassiliki (Vassula) Pendakis-Ryden.

Ces derniers jours, Vassula Ryden est apparue dans les media, donnant des conférences et tentant d'entrer en contact avec des évêques et des prêtres, donnant l'impression qu'elle présente et enseigne la foi Orthodoxe chrétienne. En réalité, ses enseignements sont hérétiques, et ses affirmations, selon lesquelles elle communiquerait directement avec le Christ, sont fantaisistes et hors de l'esprit de l'expérience de notre Eglise.

Vu qu'elle tente, non seulement à Chypre, de se présenter comme Orthodoxe et qu'elle possède des certificats d'Orthodoxie fournis par des évêques, nous citons l'annonce explicite du Patriarcat Oecuménique sur cette question, afin que les Chrétiens Orthodoxes puissent savoir exactement de quoi il s'agit: [suit le texte en grec du Patriarcat de Constantinople. Une traduction non officielle est disponible sur le site http://orthodoxologie.blogspot.com/2011/03/enfin-declaration-concernant-vassoula.html].


Source (grec): http://www.churchofcyprus.org.cy/article.php?articleID=2129



 

 

 

VIETNAM

Violations des droits de l'homme et de la liberté religieuse

L'Etat pointé du doigt par Human Rights Watch en 2011

ROME, mardi 24 janvier 2012 (ZENIT.org) – La publication du rapport annuel de Human Rights Watch (HRW) sur l’état des droits de l’homme dans le monde a coïncidé, cette année, avec le premier jour de l’année lunaire, le 23 janvier 2012. Une partie importante du document est consacrée au Vietnam où, selon l’association américaine, la pression des autorités sur les dissidents et les militants des droits de l’homme s’est encore fait plus pesante au cours de l’année 2011, rapporte « Eglises d’Asie », l’agence d’information des Missions étrangères de Paris (cf/ http://eglasie.mepasie.org), dans cette dépêche :

Les libertés d’expression et d’association ont été encore restreintes, les blogueurs et militants pour la protection des droits, de la liberté, de la démocratie et contre la corruption ont été victimes de nombreuses exactions. Ils ont été menacés, arrêtés, maltraités ou jetés en prison.

Selon le rapport de HRW, au cours de l’année 2011, les autorités ont inculpé au moins 33 militants pacifiques et les ont condamnés à des peines qui, au total, représentent 185 années de prison, auxquelles il faut ajouter 75 années de résidence surveillée. Parmi ceux qui ont été condamnés pour leurs activités pacifiques, on peut citer le juriste Cu Huy Ha Vu, personnalité très connue dans son pays, Phung Lam, Vi Duc Hoi, Nguyên Ba Dang, Pham Minh Hoang, Lu Van Bay et Ho Thi Bich Khuong, autant de personnages reconnus pour leur action en faveur de la démocratie et dont les écrits ont été mis en ligne sur des blog défendant les droits de l’homme. Durant la même année, les autorités ont encore procédé à l’arrestation de 27 autres militants pacifiques qui n’ont pas encore été jugés.

Le document accorde également une place importante à l’exercice du culte et l’expression des croyances religieuses au Vietnam. Il dénonce le fait que des ministres des organisations religieuses indépendantes subissent encore menaces et persécutions, bon nombre d’entre eux étant arrêtés. Les groupes non reconnus par l’Etat du caodaïsme, du bouddhisme Hoa Hao, des Eglises domestiques évangéliques, de l’Eglise mennonite, du bouddhisme vietnamien unifié sont considérés comme illégaux. La Sécurité publique fait obstacle à leurs assemblées, arrête ceux qui participent à leurs activités et place leurs dirigeants en résidence surveillée. Au sein même d’organisations religieuses enregistrées et reconnues, des églises comme celles des rédemptoristes à Hanoi ou Saigon sont l’objet d’exactions. A Thai Ha, un groupe de voyous a été envoyé aux portes de l’église pour provoquer les catholiques.

Au mois d’avril dernier, huit militants religieux ‘montagnards’, ont été condamnés à des peines allant de huit à douze ans de prison, pour avoir « saboté l’unité nationale ». Au mois de juillet, malgré les protestations de l’opinion internationale, un prêtre catholique, le P. Nguyên Van Ly, encore gravement malade, a été contraint de retourner en prison après seize mois de résidence surveillée. Au mois de novembre, deux adeptes du Falungong ont été condamnés à des peines de deux et trois ans de prison pour avoir diffusé des nouvelles de leur mouvement en direction de la Chine. Au mois de décembre, dans la province d’An Giang, deux fidèles du bouddhisme Hoa Hao ont été condamnés à trois et cinq ans de prison en raison de leur activité religieuse. Le même mois, le pasteur protestant Nguyên Trung Tôn a écopé de deux ans de prison pour avoir dénoncé par écrit la répression religieuse exercée par les autorités.

Au cours de l’année 2011, la Sécurité publique a arrêté au moins 19 militants catholiques et deux fidèles protestants. En conclusion de cette énumération de violations de la liberté religieuse au Vietnam, Human Rights Watch demande que soit réexaminée la possibilité d’inscrire à nouveau le nom du Vietnam dans la liste américaine des pays préoccupants en matière de liberté religieuse.

On peut également trouver dans ce rapport l’analyse critique des textes législatifs sur lesquels s’appuient les tribunaux populaires pour leurs condamnations. Ils sont pour la plupart très vagues et ne servent qu’à pénaliser des actions dissidentes non violentes. La plupart des opposants sont condamnés pour « activités visant à renverser le pouvoir populaire », « sabotage de la politique d’unité nationale », « propagande contre l’Etat » ou encore « abus des libertés démocratiques » portant atteinte aux intérêts de l’Etat (articles 79, 87, 88 et 258 du Code pénal). Le rapport ajoute que le gouvernement vietnamien refuse de reconnaître qu’il emprisonne des citoyens simplement parce que leur point de vue politique est différent du sien, les articles du Code pénal cités précédemment ne servant qu’à camoufler ses véritables motivations. Le présentateur du texte de HRW, M. Robertson, a déclaré que le gouvernement vietnamien devrait abandonner ses références au Code pénal pour se conformer aux dispositions de la déclaration universelle des droits de l’homme.

L’organisation américaine passe également en revue les divers moyens utilisés par l’Etat vietnamien pour sanctionner les dissidents sans jugement préalable. L’ordonnance 44 de l’année 2002 et l’arrêté 76 de l’année 2003 l’autorisent à confier les personnes susceptibles de troubler l’ordre public ou la sécurité nationale à des institutions psychiatriques, à les placer en résidence surveillée dans leur propre maison ou dans des « camps de rééducation » de l’Etat. Dans ces centres, qui sont normalement destinés à la désintoxication des drogués, sont détenus aujourd’hui environ 40 000 pensionnaires, généralement astreints au travail forcé. Tout récemment, une dissidente, Mme Bui Thi Kinh Dang, a été placé dans un camp de ce type pour 24 mois par le Comité populaire de la ville de Hanoi (1).

(1) On peut retrouver le texte en anglais et en vietnamien du rapport 2012 de Human Rights Watch, sur le site de l’association : http://www.hrw.org/news/2012/01/23/vietnam-systematic-crackdown-human-rights

© Les dépêches d'Eglises d'Asie peuvent être reproduites, intégralement comme partiellement, à la seule condition de citer la source.


 

 

 

 

 

ARCHIVES 2012
JANVIER 2012
FEVRIER 2012
MARS 2012
AVRIL 2012
MAI 2012
JUIN 2012
SEPTEMBRE 2012
OCTOBRE 2012
NOVEMBRE 2012
DECEMBRE 2012

 

                                                                                             

  Pour les années précédentes 

des sites sont à votre disposition pour vous aider dans votre recherche

en particulier

http://www.sos-derive-sectaire.fr

 

http://www.prevensectes.com

 

 

                                                                                       Il y a des dérives sectaires, oui.

Mais il y a aussi des comportements de paix, de dignité, de respect et de liberté :

les fruits de Gamaliel

 

 

 

RAPPORT 2010

DE LA MIVILUDES 

(Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

http://www.miviludes.gouv.fr/IMG/pdf/ra2010_mise_en_ligne.pdf

 

RAPPORT 2009

DE LA MIVILUDES 

(Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

http://www.miviludes.gouv.fr/IMG/pdf/rapport2009_mise_en_ligne.pdf

 

RAPPORT 2008

DE LA MIVILUDES 

(Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

http://www.miviludes.gouv.fr/IMG/pdf/Miviludes_Rapport_2008.pdf

 

RAPPORT 2007

DE LA MIVILUDES 

(Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

http://www.miviludes.fr/IMG/pdf/Rapport_Miviludes_2007.pdf


RAPPORT 2006

DE LA MIVILUDES 

(Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

http://www.miviludes.gouv.fr/mise_a_jour.php3


RAPPORT 2005 

DE LA MIVILUDES 

(Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

http://www.miviludes.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_MIVILUDES_2005-2.pdf


RAPPORT 2004 

DE LA MIVILUDES 

(Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

http://www.miviludes.gouv.fr/article.php3id_article=125


RAPPORT 2003 

DE LA MIVILUDES 

(Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)

http://www.miviludes.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_MIVILUDES_2003.pdf

 

accueil