SERVICE DIOCÉSAIN "PASTORALE, SECTES ET NOUVELLES CROYANCES"

9 bis, boulevard Voltaire - 21000 DIJON

 

"PASTORALE, SECTES ET NOUVELLES CROYANCES"

N° 13

     Les manipulations mentales

ISSN 0990-0500

 

 

 Editorial n°8

 

LES MANIPULATIONS MENTALES

 

Beaucoup s'étonnent de la facilité avec laquelle certains se font piéger par les sectes et s'ils admettent que les masques de celles-ci puissent tromper, ils en concluent néanmoins qu'une fois le masque soulevé, la victime "n'a qu'à" s'en aller. Et d'ajouter que bien entendu tout cela ne saurait leur arriver, à eux...

Pourtant...

Il faut en effet se poser cette question: "Sommes-nous manipulables ?" "Peut-on influencer quelqu'un au point de l'amener à modifier en toute liberté ses idées, ses décisions ou son comportement ? Derrière cette question qui nous concerne tous, se profile un important problème de psychologie sociale. Plusieurs décennies de recherches expérimentales montrent en effet que l'on peut influencer autrui sans avoir à exercer sur lui de pressions, ni même sans avoir à le convaincre. Il suffit d'obtenir des actes qui engagent la personne et l'amènent finalement à penser, à décider, à se comporter en toute liberté mais différemment de ce qu'elle aurait fait spontanément."

"La recherche" de septembre 1988 ( n° 202 ) livre la synthèse des travaux sur la psychologie de la soumission effectués par Jean-Léon Beauvois, professeur de psychologie sociale à l'université de Grenoble et de Robert-Vincent Joulé, professeur de psychologie sociale également à l'université de Provence. 

Durant les années 1940, les citoyens des Etats-Unis durent modifier leurs habitudes de consommation. La guerre, en effet, imposait de nouvelles pratiques, alimentaires notamment. Ainsi les ménages américains devaient boire davantage de lait, acheter plus souvent des bas-morceaux de boucherie, les mères devaient donner de l'huile de foie de morue et du jus d'orange à leurs nourrissons, etc. C'est dans ce contexte qu'il a été demandé au psychologue Kurt Lewin du Massachussets Institute of Technology à Cambridge... de mettre sa science au service de la société.

Deux stratégies susceptibles d'amener les ménagères à modifier leurs habitudes de consommation furent utilisées par Lewin.

La première est traditionnelle et repose sur la persuasion : des ménagères, réunies par petits groupes, écoutaient un conférencier qui s'attachait à les convaincre des vertus diététiques et nutritionnelles du lait ou des abats.

La seconde stratégie était, à l'époque, incontestablement plus novatrice. Les ménagères étaient encore réunies par petits groupes. Cette fois, plus de conférencier, mais un animateur qui les laissait discuter entre elles en s'arrangeant néanmoins pour leur communiquer toutes les informations contenues dans la conférence faite à l'autre groupe. Au terme de la réunion, les ménagères étaient invitées à prendre la décision publique de consommer dans les prochains jours davantage de lait ou de servir chez elle des bas-morceaux.

Les résultats sont éloquents. Ils attestent de la très nette supériorité de la seconde stratégie.

Lorsqu'on veut obtenir d'autrui qu'il modifie ses idées ou change ses comportements, plutôt que d'adopter une stratégie reposant sur la persuasion, il est souvent plus efficace d'opter pour une stratégie, dite "comportementale", qui consiste à obtenir d'entrée de jeu des comportements préparatoires à ce changement: c'est la théorie de l'engagement.

La supériorité de la seconde méthode réside dans le fait que les ménagères persévèrent dans la décision qu'elles ont été amenées à prendre non pas à cause des raisons qui leur ont été fournies, mais parce qu'elles ont été amenées à prendre une décision qui les engage. Si l'on veut en effet induire des changements de comportement avec quelque chance de succès, mieux vaut alors opter pour des stratégies qui ne reposent plus sur la persuasion, mais qui consistent avant toute chose à obtenir des actes, même si ceux-ci paraissent dérisoires. Des personnes font ainsi, en toute liberté, ce que d'autres souhaitent qu'elles fassent. C'est ce qu'on appelle LA SOUMISSION LIBREMENT CONSENTIE.

Les décisions qui nous préparent à émettre les comportements qu'on attend de nous et qui affectent peu ou prou nos opinions doivent être réparties en deux catégories : les décisions relatives à des actes conformes à nos motivations et à nos attitudes et les décisions relatives au contraire à des actes qui ne sont pas conformes à nos motivations ou attitudes.

Nous prenons les premières, sans la moindre hésitation, convaincus que nous sommes de leur peu d'importance. Ainsi nous acceptons de garder la valise de quelqu'un qui doit s'absenter quelques minutes pour téléphoner, de changer provisoirement de poste de travail pour remplacer un collègue absent, d'assister à un cours facultatif, etc. Les conséquences de ces comportements présentent une soumission parce que ces actes nous conduisent après coup à accepter des requêtes coûteuses ou compromettantes auxquelles nous n'aurions pas satisfait spontanément; cette soumission se réalise sans pression parce que nous y satisfaisons en toute liberté sans avoir été l'objet de tentatives de coercition, ni même de persuasion.

Curieusement, nous prenons les secondes décisions presque aussi facilement que les premières, bien qu'elles débouchent cette fois sur des comportements contraires à nos motivations ou à nos attitudes, pour peu évidemment qu'ils ne soient pas trop coûteux et que la personne qui nous le demande soit dotée d'une certaine légitimité. Ainsi nous acceptons de ne pas fumer pour ne pas gêner nos amis. Les conséquences de tels comportements entrent cette fois dans le cadre de la soumission forcée: soumission parce que nous acceptons de faire le contraire de ce que nous aurions fait sur la base de nos motivations ou de nos attitudes; forcée parce que nous ne l'aurions pas accepté sans l'intervention d'une pression morale, institutionnelle, économique, etc.

L'étude scientifique de la soumission sans pression date des années 1960. C'est en 1966 que J.L. Freedman et S.C. Fraser, proposèrent à la fois le concept et le principe d'une des techniques susceptibles d'inciter autrui à se comporter tout autrement qu'il ne l'aurait fait spontanément : la technique du "PIED-DANS-LA-PORTE". Son principe est simple. Il consiste à demander peu dans un premier temps pour tenter d'obtenir beaucoup ensuite.

Dans l'une des expérimentations, des ménagères sont ainsi conduites à accepter l'implantation dans leur jardin d'un encombrant panneau en faveur de la sécurité routière après avoir accepté de poser un auto-collant en faveur de la même cause sur l'une des fenêtres de leur pavillon. Alors que 16,7 % seulement des ménagères acceptent la pose du panneau lorsqu'on leur en fait directement la demande, 76 % y consentent lorsque l'expérimentateur a pris le soin de leur extorquer, dix jours auparavant, la décision de poser l'autocollant. On peut ainsi augmenter, parfois considérablement, la probabilité qu'une personne accepte de participer à une enquête longue et fastidieuse après avoir obtenu qu'elle réponde à un court questionnaire; ou encore qu'une personne fasse un don généreux pour une bonne cause après avoir obtenu d'elle qu'elle signe une pétition pour la même cause. Il est plus facile d'obtenir un franc d'un passant après lui avoir demandé l'heure.

Ainsi l'acceptation du dernier comportement est lié à la décision d'accepter le premier.

 

La seconde technique de soumission sans pression est l'AMORÇAGE. Elle a été expérimentalement éprouvée à la fin des années 1970 à l'université de l'Arizona par R.B. Cialdini et ses collaborateurs. Il s'agit d'obtenir d'un individu qu'il prenne une décision sans en connaître le coût réel ou sur la base d'avantages fictifs. Ce n'est que lorsqu'il a pris cette première décision qu'on lui délivre l'information exhaustive, qui rend sa décision incontestablement moins intéressante ou plus coûteuse. On demande alors à la personne ainsi amorcée si elle souhaite revenir sur sa décision. L'effet d'amorçage se traduit par le fait que l'individu tend à maintenir sa décision initiale, en dépit des dernières informations qui lui ont été communiquées.

Il est ainsi proposé à des étudiants de participer à une brève expérience de psychologie. La plupart acceptent, prenant ainsi une première décision. Ils sont alors informés que l'expérience a lieu à 7 heures du matin ! Les étudiants sont invités à prendre une seconde décision confirmant ou infirmant la première. Ils ont effectivement tendance à accepter le rendez-vous proposé, en bien plus grand nombre que les étudiants d'un groupe-contrôle auxquels on a d'entrée de jeu donné toute l'information (56 % contre 31 %).

Bien davantage que la technique du "pied-dans-la-porte", la technique de l'amorçage ne va pas sans problèmes éthiques. Dans le cas qui vient d'être évoqué, l'expérimentateur s'est contenté de différer l'énoncé de la vérité. Il en est d'autres dans lesquels cette technique implique un mensonge caractérisé, la vérité n'étant rétablie qu'après que l'individu amorcé ait pris la première décision. L'amorçage peut revêtir des formes diverses dont certaines frisent l'escroquerie.

La seconde décision s'explique par une persévération ou persistance de la première, même après que l'individu ait été informé des conséquences effectives de son choix initial. Les gens ont tendance à s'accrocher à leurs décisions, même lorsqu'elles sont clairement remises en question par les faits.

Ces techniques peuvent être tenues pour des techniques de manipulation. De telles manipulations sont fort nombreuses dans la vie quotidienne, même lorsqu'elles se réalisent en toute innocence et pour la satisfaction de tous.

Les recherches montrent que, pour un individu, le fait d'accepter d'émettre un comportement contraire à ses attitudes ou à ses goûts, pour peu qu'on ne lui fournisse que de faibles justifications, le prédispose soit à reproduire librement par la suite ce comportement initial, quand plus personne ne le lui demande, soit à émettre tout aussi librement de nouveaux comportements allant dans le même sens.

On demande par exemple à des enfants de ne pas toucher à un jouet particulièrement attractif, par exemple un robot, qui est pourtant volontairement laissé à leur portée durant le temps de l'expérience. Les enfants sont abandonnés à eux-mêmes, mais on contrôle, au travers d'un miroir sans tain, qu'ils ne touchent pas au jouet défendu. Le facteur auquel s'intéressent les psychologues sociaux est l'importance de la menace qui accompagne l'interdit. Ainsi, peut-on dire à l'enfant : "Pendant que je ne serai pas là, ne joue pas avec le robot, ce ne serait pas bien" (absence de menace ou faible justification); ou au contraire : "Pendant que je ne serai pas là, je ne veux pas que tu joues avec le robot, je serai très en colère et j'agirai en conséquence" (menace ou forte justification). On constate d'abord que les enfants obéissent à l'injonction faite par l'adulte, qu'ils aient été menacés ou non. On constate ensuite et surtout que cette obéissance a des conséquences différentes sur le comportement ultérieur : les enfants n'ayant pas été menacés (donc les plus engagés) sont moins enclins que les autres à s'amuser avec le jouet interdit trois semaines plus tard. Pourtant la situation est totalement différente, puisque le robot est cette fois mis à leur disposition et qu'ils peuvent jouer avec. Les enfants engagés reproduisent donc en toute liberté le comportement qui leur a été extorqué durant la première phase de l'expérience.

Dans l'une des expériences les plus troublantes de la psychologie sociale, réalisée à la Clark University de Worcester par R. Comer et J.D. Laird en 1975, on tire au sort, parmi les sujets volontaires, ceux qui seront appelés à réaliser une tâche anodine et ceux qui seront appelés à manger un ver. Intéressons-nous à ces derniers. On pourrait penser qu'ils n'acceptent l'épreuve qui leur incombe qu'à contre-coeur, et uniquement parce qu'ils ont accepté de prendre part à une expérience et au tirage au sort annoncé. Pourtant lorsqu'on leur signale après coup qu'ils ne sont pas obligés de manger le ver et qu'ils peuvent aussi bien réaliser la tâche anodine, ils sont un nombre non négligeable à se porter volontaires pour avaler le ver, ce que ne fait aucun sujet du groupe de contrôle. Et lorsqu'on les informe qu'ils ont en fait le choix non entre la tâche anodine et le ver, mais entre cette même tâche anodine et une épreuve a priori tout aussi pénible que la précédente, à savoir recevoir de violents chocs électriques, il en est encore qui souhaitent endurer les chocs électriques. Cette expérience montre que l'acceptation d'un comportement qui va à l'encontre de nos attitudes ou de nos goûts a des répercussions sur notre comportement ultérieur : une telle acceptation nous prépare, en effet, d'abord à reproduire ce comportement coûteux alors qu'aucune obligation ne nous en est plus faite ; et ensuite à émettre de nouveaux comportements allant dans le même sens et tout aussi coûteux, comportements que nous n'aurions à l'évidence jamais acceptés de façon spontanée.

Il apparaît donc qu'on peut assez facilement obtenir d'autrui des comportements qui tantôt sont conformes à ses attitudes ou motivations (soumission sans pression) et qui tantôt vont à l'encontre de ces mêmes attitudes ou motivations (soumission forcée). Il apparaît surtout que ces comportements - que nous disons "extorqués" - ne sont pas sans effets sur les comportements à venir. Par exemple, signer une pétition pour une cause à laquelle on adhère rend plus accessibles en mémoire les idées, croyances, opinions, etc. en rapport avec cet acte. Et les arguments, faits, savoirs ou informations qui valident ses attitudes seront plus immédiatement accessibles, notamment dans le cas où une propagande opposée viendrait justement à s'en prendre à ces attitudes. L'acte engageant rend l'individu plus résistant aux tentatives ultérieures de persuasion.

Par ailleurs, un individu qui a émis un comportement contraire, à ses goûts ou à ses attitudes, pour peu qu'il soit engagé dans ce comportement, va modifier ses goûts ou ses attitudes pour les faire mieux s'accorder avec ce qu'il a fait. L'individu en effet éprouve un état d'inconfort psychologique appelé état de dissonance, chaque fois que certaines de ses idées ou connaissances ne s'accordent pas avec la façon dont il s'est comporté. Il s'efforce alors de réduire cet état d'inconfort en réajustant ces idées ou connaissances à ses actes. On demande par exemple à des étudiants de se livrer pendant une heure à une tâche répétitive et ennuyeuse. Puis on les conduit à accepter de présenter cette tâche au suivant en lui disant qu'elle est amusante et passionnante. On obtient donc de ces étudiants qu'ils mentent à un pair. Après leur mensonge, ils trouvent la tâche plus attrayante qu'auparavant. Mais ce n'est pas tout : alors que certains sujets se voyaient offrir la somme de vingt dollars pour émettre ce mensonge, d'autres n'étaient rémunérés qu'avec un seul dollar. La rémunération de vingt dollars pouvant être considérée comme une importante justification du mensonge, les étudiants ainsi rémunérés étaient bien moins engagés dans leur mensonge que ne l'étaient les étudiants rémunérés par un seul dollar. On observe chez ces derniers un plus grand changement d'attitude dans le sens d'une adhésion au mensonge.

La conclusion peut être la suivante : il est quelquefois plus facile d'agir sur les opinions, ou sur les penchants des gens, bref sur leurs attitudes, par le biais de l'extorsion d'un comportement préparatoire relativement anodin que par le biais de la persuasion. Ainsi on peut obtenir d'autrui qu'il se comporte comme on le souhaite, sans avoir recours à l'autorité, aux pressions, ni même à la persuasion. On peut donc exercer une telle influence sur autrui sans que celui-ci ait à mettre en doute cette liberté qu'il a apprise, dans nos sociétés, à considérer comme l'un des ses attributs essentiels. Mieux : les résultats expérimentaux évoqués ne peuvent être obtenus que dans un contexte de liberté. L'homme engagé est un homme libre ou plus exactement qui se sent libre. Il reste que ce sentiment de liberté n'a jamais empêché les sujets d'émettre le comportement que l'expérimentateur souhaitait les voir émettre, c'est-à-dire tout simplement de se soumettre. Cela s'appelle la soumission librement consentie : les personnes ont à se soumettre, à réaliser pour autrui un comportement qu'ils n'auraient pas réalisé de leur propre chef, et à se soumettre dans un contexte de liberté affirmée.

 

Certains groupes sectaires, comme la Scientologie, sont passés maîtres en la matière! Et il serait dangereux de se croire invulnérable à ce genre de manipulation mentale !

 

 

CLINIQUE ET PSYCHOLOGIE D'UNE EXPERIENCE SECTAIRE

par ISABELLE ET NATHALIE

dans B.U.L.L.E.S de l'ADFI - n°19 - 1988

 

Le docteur Sophie Beal, psychiâtre, est l'auteur d'une thèse intitulée "Les sectes: clinique et psychopathologie", soutenue en 1986 pour l'obtention du CES de psychiâtrie au C.H.U. Pitié-Salpétrière.

Chargée de procéder à l'étude de témoignages écrits par deux ex-membres d'un groupe qui s'apparente de très près à une secte, elle analyse ici les expériences relatées dans ces témoignages à l'aide des critères qu'elle a retenus pour sa thèse. Nous avons bien entendu changé les noms du groupe et des ex-adeptes. Nous appellerons celles-ci Isabelle et Nathalie et celui-là "Epsilon".

A partir des témoignages de Nathalie et d'Isabelle, ex-adeptes du groupe "Epsilon", témoignages écrits avec un réel souci d'objectivité et dans un ton qui n'est ni passionné ni revanchard, nous allons évoquer les éléments qui nous font penser que nous avons peut-être affaire à un phénomène sectaire. Beaucoup d'éléments décrits, en effet, ressemblent à ce que nous avons pu observer dans des sectes notoires (même s'il s'agit ici du mode mineur d'un phénomène ressemblant, pour ne pas dire probablement identique).

 

L'ENTREE DANS LA COMMUNAUTE

L'entrée dans la communauté, au cours d'une phase difficile de la vie, est typique de ce que l'on voit dans les sectes, où le futur adepte est en pleine crise existentielle, cherchant un sens à sa vie (et au fond, en quête d'une identité que la secte lui donnera, toute préparée d'avance).

 

La Séduction

La séduction instantanée, lors du premier contact, est quasiment constante chez les sectes. Nathalie nous décrit l'attention portée "aux nouveaux", qui entraîne chez elle un bien-être psychologique immédiat: "Je me suis sentie protégée par tant d'amitié et les petits problèmes que je connaissais s'estompaient avec une rapidité extraordinaire". On remarque le sentiment d'être protégée qui fait penser au sentiment de l'enfant protégé par ses parents et qui sous-entend chez une fille de 18 ans une certaine régression affective.

Isabelle aussi est séduite: "Epsilon a été pour moi une véritable révélation". Ce sentiment de "révélation" revient souvent dans les témoignages d'ex-adeptes des sectes.

Pour Nathalie, c'est aussi une révélation quand une amie du groupe lui dit que sa vocation est à Epsilon: "Ce fut une révélation. Je me sentais devenir une sainte et j'étais persuadée que je devais absolument rester en contact permanent avec Epsilon pour le devenir vraiment". C'est cette impression, caractéristique des sectes, que ceux qui sont dans le groupe sont des élus, différents du reste des mortels.

 

Les vrais buts

Les vrais buts du groupe ne sont pas dévoilés tout de suite, comme dans les sectes. Pendant toute une période, Nathalie pense qu'il s'agit uniquement d'activités culturelles... Ce n'est que par les questions qu'elle pose qu'elle apprend leur "vocation" : "Ils voulaient vivre l'Evangile".

A chacune de ses questions, il y aura des réponses souvent vagues, parfois fausses ou absurdes:

- de quoi vivaient-ils ? De subventions de l'Etat et de dons, sans préciser de qui.

- leur lien avec l'Eglise catholique ? Il ne devait pas tarder à être reconnus et de toutes façons, ils étaient patronnés par de hautes autorités religieuses.

- Pourquoi tant de gens ne sont pas d'accord avec ce que vous faites ? : "Par peur du nouveau: des garçons et des filles vivant ensemble et faisant voeu de célibat."!

Si la réponse à certaines questions semblait absurde à Nathalie, on lui répétait comme un refrain " Avoir la foi, c'est vivre dans l'absurde ".

Pour Isabelle, c'est pareil: "On répondait à toutes mes questions d'ordre spirituel". Ce sont des réponses comblantes, ne permettant pas apparemment une véritable recherche personnelle.

 

L'Engagement

L'engagement de Nathalie dans la communauté est rapide, comme dans les sectes, au bout de deux à trois mois: " Au cours de l'engagement, il fallait jurer devant Dieu qu'à dater de ce jour, rien ne passerait avant les activités du groupe".

 

 

LE MODE DE VIE

 

Le mode de vie est particulier:

- peu de temps est consacré au sommeil, est-il noté dans les deux témoignages (idem dans les sectes);

- les prières sont longues, intenses, se finissant tard dans la nuit (2 à 3 heures du matin);

- les "discussions" aussi sont interminables : "Il fallait toujours parler de ce que nous ressentions, et lorsque quelqu'un ressentait quelque chose qui ne correspondait pas avec l'esprit d'Epsilon, les heures de discussion ne se calculaient même plus", remarque Nathalie.

- la vie doit être vécue dans la "transparence", c'est-à-dire que personne ne doit rien cacher à un autre membre de la communauté. Par contre, souligne Nathalie, on ne lui conseillait jamais de se confesser à un prêtre : "Cela semble remplacé par ces discussions interminables où tout le monde finit par "avouer" les détails les plus intimes de son caractère et de sa vie". "A chaque décision que nous prenions, il fallait d'abord la soumettre aux autres..."

- la pratique des "baisers de paix" est assez particulière : "les baisers de paix qui clôturaient une prière étaient de véritables étreintes où les yeux se fixaient les uns sur les autres pour ne plus rien voir d'autre que des yeux" rapporte Nathalie. Isabelle parle "des embrassades qui, dans un autre contexte, pourraient paraître impudiques, le contact physique permanent, se tenir par les épaules, s'embrasser..."

- il n'est pas possible d'être seul (comme dans les sectes), sauf pendant les heures de cours, note Nathalie. Pour les lettres venant de l'extérieur, on se sent inconsciemment conduit à les lire à tous. Les amitiés sont interdites...

 

Les conséquences de ce mode de vie sont nombreuses:

- d'abord une rupture avec la famille, des amis (caractéristique des sectes).

Désormais, Nathalie évite " toute discussion avec ses parents ". On essaie de faire en sorte qu'Isabelle quitte ses parents en lui citant la phrase de l'Evangile: " Quitte ton père et ta mère et suis-moi ";

- on leur demande aussi d'abandonner leurs études : Isabelle abandonne effectivement ses études et l'on incite Nathalie à ne pas passer son examen;

- toutes deux notent une fatigue continuelle due au manque de sommeil.

 

 

LA STRUCTURE HIERARCHIQUE

La structure hiérarchique et surtout le fonctionnement hiérarchique sont aussi particuliers.

Dans chaque groupe de la communauté, il y a un chef, plus ou moins absolu, à qui on doit se soumettre pour toute décision de la vie courante. S'il y a un problème important, on en parle à l'échelon supérieur: "Ils nous disaient quoi faire pour le résoudre". Pour les problèmes encore plus importants, cela peut aller jusqu'à la tête suprême, le fondateur qui prend toutes les décisions, et " si l'on refuse de lui obéir, cela revient à dire que l'on refuse toute la communauté et cela crée un cas de conscience très grave, car cette personne se trouve en désaccord total avec Epsilon, donc avec l'oeuvre de Dieu. Dire non au fondateur équivaut presque à dire non à Dieu lui-même, et cette conviction, je l'ai ressentie pendant plus de six mois " (Nathalie).

On a l'impression d'avoir à faire à un leader de secte tout puissant, qui représente à la fois la communauté et Dieu lui-même. Il détient apparemment la vérité sur toute chose. Isabelle dit de lui: " Il pouvait faire ce qu'il voulait de moi ".

 

 

LES TECHNIQUES D'ENDOCTRINEMENT OU DE MANIPULATION MENTALE

On peut analyser, à partir de ces deux témoignages, ce qu'on pourrait appeler des techniques d'endoctrinement ou techniques de manipulation mentale utilisées dans ce groupe.

 

La perte d'autonomie

D'abord, on provoque, chez chaque membre du groupe, une perte d'autonomie et une dépendance par rapport au groupe: chaque acte de la vie quotidienne se fait sous le regard et le jugement des autres. Tout doit être soumis aux " petits chefs".

La rupture avec le passé (famille, amis, études) peut aussi provoquer cette perte d'une identité personnelle.

L'engagement rapide, au bout de deux à trois mois pour Nathalie, facilite aussi cette dépendance au groupe: "Au cours de l'engagement il fallait jurer devant Dieu qu'à dater de ce jour, rien ne passerait avant les activités du groupe.

Les discussions-confessions sans fin dont nous avons parlé sont aussi une technique coercitive pour convaincre de rester dans le groupe, d'adopter totalement son idéologie et aussi une façon de faire que chacun se dévoile le plus possible aux autres et ne garde plus rien de personnel.

 

Le néo-langage

Il semble aussi exister dans ce groupe un néo-langage (quasi constant dans les sectes), compréhensible uniquement pour les initiés... Il n'est pas exclu que des citations bibliques soient interprétées de façon particulière, comme chez les Témoins de Jéhovah ou les Enfants de Dieu, et tant d'autres sectes à prétention religieuse.

 

La culpabilisation

Il existe une indéniable volonté, même si elle est inconsciente, de culpabiliser les membres du groupe. Et la culpabilisation est un des meilleurs moyens employés par les sectes pour manipuler les personnes.

- "A chaque fin de discussion, surtout si on a émis des doutes, il fallait prier à nouveau pour demander pardon à Dieu d'avoir douté de lui " (Nathalie).

- Après les séances de prière et les baisers de paix, Nathalie sort " bouleversée de chacune de ces prières tant j'avais l'impression d'être envahie par le jugement de Dieu à travers tous ces regards ".

 

Un monde fermé

Le monde dans lequel doivent vivre les membres de cette communauté est un monde fermé: la rupture avec le passé (famille, amis) et la société (cf. l'interruption des études) est plus ou moins exigée. Et la communauté tend à remplacer l'ancienne famille, comme le montre la lettre d'Isabelle qui s'engage pour trois ans et écrit à sa mère que désormais le groupe Epsilon est sa vraie famille.

Aucun contact avec l'extérieur n'est possible. Il faut chercher conseil uniquement auprès d'un membre du groupe. Les liens personnels d'amitié sont défendus, car comme le dit Isabelle, cela permet de prendre une distance par rapport au groupe et donc d'en sortir un peu. La façon dont on essaie de détruire l'amitié est particulière : on dit à l'une les défauts de I'autre (faiblesse psychologique ou superficialité) et "pour notre foi, il fallait que nous nous éloignions l'une de l'autre ", la foi est mise en danger par l'amitié.

Ces quatre points se retrouvent dans les sectes : dépendance par rapport au groupe, néolangage, culpabilisation, milieu clos. Ils vont provoquer un changement de comportement, là aussi classique de ce que l'on voit dans les sectes. Les amis de Nathalie vont le remarquer: ils la trouvent " terriblement changée ", ils lui reprochent "de s'être laissée ensorceler par une bande d'illuminés ", ce qui provoque entre eux une rupture de six mois. Ils disent ne plus la reconnaître. Pour Isabelle, ses amis trouvent "qu'elle n'est plus la même ", " qu'elle répète des phrases-types ", trait caractéristique des adeptes de secte qui ont un langage stéréotypé.

 

 

LA SORTIE DU GROUPE

La sortie du groupe va se faire difficilement pour Nathalie, comme pour Isabelle. Un des éléments qui a dû jouer dans la décision de Nathalie a été la rencontre avec ses parents. Or, le désir de revoir ses parents, à une date anniversaire particulièrement chère à la famille, va se heurter au refus du " chef " de son groupe. Comme Nathalie insiste, le chef l'accompagnera chez ses parents. Au retour de cette visite, alors qu'elle exprime sa colère de voir la souffrance inutile de ses parents, elle va subir pendant sept heures une sorte de lavage de cerveau au terme duquel " elle supplie Dieu de lui pardonner pour avoir tant douté de lui ". Ce n'est que plus tard qu'elle réalisera " à quel point les gens d'Epsilon sont forts pour convaincre quelqu'un de quelque chose et qu'il suffit de traverser une période difficile où les choses ne sont pas très claires pour nous, pour se laisser complètement envahir par de nouvelles opinions et de nouvelles certitudes ".

D'autres pressions s'exercent sur elle pour l'empêcher de partir. On lui dit : "Dieu t'aidera beaucoup plus que ton examen... On lui propose de suivre une école dirigée par Epsilon. On la harcèle de visites, on l'attend à la sortie de son école, on lui téléphone sans arrêt et on cherche à la culpabiliser, comme nous l'avons vu précédemment. L'ultime pression avant la rupture sera l'essai de la convaincre d'abandonner son projet de fiançailles.

Quant à Isabelle qui ne vivait pas en communauté, elle semble avoir subi moins de pression, encore que ce soit une nouvelle rencontre avec une adepte qui l'ait poussée à retourner une dernière fois dans le groupe.

 

 

APRES LA SORTIE

Après leur sortie, Nathalie et Isabelle vont éprouver des difficultés psychologiques, de type dépressif essentiellement.

Nathalie va connaître une période difficile, car " après avoir vécu six mois aussi spirituels, aussi intenses, il est difficile de ne pas trouver la vie de tous les jours fade et inintéressante ". Mais c'est surtout Isabelle qui connaît le plus de difficultés : son départ fut " le début d'une période de dépression assez longue ". Elle n'avait pas de travail (ayant arrêté ses études sous l'influence du groupe), elle avait rompu avec ses anciens amis qui "n'avaient pas supporté son changement". Elle "ne voyait aucun intérêt à la vie, ayant vécu pendant six mois intensément ". Elle essayait de retrouver le même genre de rapport avec d'autres, mais elle se rendait compte que "tout ce qu'elle avait vécu n'était qu'un rêve ".

Cette dernière phrase est importante, car elle montre le type de lien particulier qui se crée dans ce genre de groupe: un lien de dépendance qui se fait par la régression affective des membres. Ils sont comme des enfants comblés par le groupe lui-même qui devient une sorte de matrice; et ils éprouvent donc une sorte de jouissance archaïque et mortifère, qui est de l'ordre du fusionnel. Après une expérience aussi intense sur le plan psychique et affectif, Isabelle, qui se retrouve seule (plus seule que Nathalie) vit un véritable "état de manque" (caractéristique du phénomène des sectes), avec une " envie suicidaire de retourner au groupe et en même temps un sentiment d'être coupable de " se détourner du chemin que Dieu lui avait tracé " (sous-entendu: le groupe). On voit qu'elle n'est pas dégagée des croyances que le groupe lui a inculquées. Aussi après avoir revu la soeur de Nathalie, elle craque et fait un bref retour à la Communauté. Elle arrive cependant à en ressortir rapidement malgré les pressions du groupe. Nathalie qui la connaît bien l'aidera à faire la coupure totale.

Si nous voulions faire l'étude de ce groupe comme nous pouvons le faire pour une secte connue, beaucoup d'éléments manquent ici, notamment l'historique du groupe, la personnalité du fondateur et (ou du leader), le rapport à l'argent du groupe, du leader ou de chaque membre... et aussi d'autres témoignages. Cependant, d'après ces deux témoignages, on peut repérer quelques points de ce qu'on pourrait appeler l'idéologie du groupe.

L'inspiration est chrétienne, le groupe se veut lui-même relié et reconnu par l'Eglise catholique. Cependant, on remarque:

- une interprétation particulière de phrases de la Bible: le " Quitte ton père et ta mère " pour provoquer la rupture avec les parents; le recours devant des points épineux à une foi reliée à I'absurde: " Avoir la foi, c'est vive l'absurde".

- la confession à un prêtre ne semble pas quelque chose qui existe dans cette communauté qui se veut catholique,

- enfin et surtout, le monde extérieur est vécu comme dangereux pour la foi, voire sous le pouvoir de Satan : " Dieu a mis en toi une petite flamme que tu dois faire grandir et Satan va essayer de l'éteindre... Satan prendra beaucoup de formes pour essayer d'éteindre ta flamme, par exemple il te fera tomber amoureuse d'un garçon, ou il te laissera influencer par tes amis, ou encore il te fera poser beaucoup de questions sur toi-même ". On a l'impression que tout ce qui n'est pas le groupe est susceptible de venir de Satan. C'est la vision paranoïaque d'un monde manichéen, caractéristique des sectes : tout ce qui est dedans est bon, tout ce qui est dehors est mauvais, avec des tendances à se sentir persécuté.

 

Pour conclure, même si on ne peut pas totalement affirmer à partir seulement de ces deux témoignages que ce groupe est une secte, on remarque que beaucoup de traits caractéristiques des sectes s'y retrouvent : recrutement par la séduction chez des personnes en difficultés psychiques mineures, rupture avec le passé, engagement rapide, mode de vie particulier dans la " transparence ", structure hiérarchique pyramidale avec présence d'un leader qui fait autorité, des techniques se rapprochant des techniques de manipulation mentale; dépendance créée par rapport au groupe, culpabilisation, monde fermé sans vrai contact avec l'extérieur, pressions diverses pour éviter toute désertion.

Tout ceci entraîne, comme nous l'avons vu chez Nathalie et Isabelle, des troubles psychiques et un changement de comportement remarqué par l'entourage habituel.

Nathalie et Isabelle ont fait part, dans ces témoignages, de leurs difficultés psychiques, aussi bien pendant leur séjour dans le groupe qu'après leur départ, mais elles n'y sont restées que peu de temps, aussi ont-elles pu s'en sortir sans trop de dommages: Nathalie est mariée, heureuse et équilibrée, et Isabelle a repris des études. Notre expérience nous montre que des personnes restant plusieurs années dans ce type de groupe, soit n'arrivent plus à en sortir, soit si elles en sortent, se retrouvent totalement démunies (sans travail notamment), avec de graves difficultés psychologiques.

 

 

dans QUESTIONS n° 6 de septembre 1986

 

La règle de base de la manipulation sectaire est d'approcher le néophyte afin de lui inculquer la doctrine en lui imposant des réunions amicales ou des week-ends de réflexion... La technique du contrôle mental est subtile, cohérente et difficile à détecter pour qui n'est pas averti. C'est un peu une forme intensive du marketing américain.

 

APPROCHE DU FUTUR CONVERTI

 

I- Les "missionnaires" ont des règles très précises à respecter afin de recruter le maximum de sympathisants.

* afficher le bonheur, être calme, serein;

* regarder les gens droit dans les yeux avec un large sourire;

* être tempéré, avoir une tenue correcte BCBG et ne pas dire surtout qui ils sont de suite pour ne pas "effaroucher";

* inspirer confiance et proposer de suite la réflexion concernant les grands problèmes sociaux (communication entre les hommes, violence, guerre,...), théologie ou morale;

* inviter les gens à des conférences et week-ends de réflexion.

 

II- Les sectes choisissent leurs cibles:

Par exemple, chez Moon, le futur converti était, en 1978:

* 18 à 24 ans;

* sérieux, optimiste, idéaliste, religieux, en bonne santé, à la recherche de la vérité et d'une vie ayant un sens, ouvert, célibataire, autant que possible du type "sac à dos" c'est-à-dire, sans lien social direct avec une famille, une résidence, une profession;

* un universitaire;

* "nous ne nous adressions jamais aux malades, aux pauvres, aux exclus de la société. On nous disait que nous pourrions nous occuper d'eux plus tard. Il fallait d'abord recruter des gens énergiques". (J.F.Boyer)

* D'autres sectes choisissent des jeunes à problèmes; le recruteur a été formé pour les repérer avec succès, dans la rue, un café, le métro ou la gare...

 

III- Approche d'un jeune par un jeune, c'est efficace:

"Les Jeunes, dans les campus, sont très influençables" (Moon)

 

IV- En attirant l'attention par des manifestations, des chants, danses ou scènes bizarres dans la rue tels les "Krishna ou les dévots du Maître vivant Mahradj J.", ou en proposant des activités intéressantes : "C'était sympathique. Pendant 7 jours, il était question de monter des sketches de théâtre pour la télévision, puis petit à petit, on ne peut plus rien faire, parce qu'il faut ramasser de l'argent".

 

 

LA SEDUCTION A REUSSI, COMMENCE LA PERSUASION

Une fois l'attention attirée, le processus de conversion hautement sophistiqué entre en jeu :

 

* "On ne vend une marchandise que si l'on se rend sympathique à l'acheteur d'où l'accueil très chaleureux pour le nouveau venu qui se sent tout de suite à l'aise, écouté, valorisé et se "livre"... Chez Moon, ils sont "bombardés d'amour". C'est leur "exemple" de la communication fraternelle qui règne chez eux.

* Le chant est beaucoup utilisé ainsi que des rites, répétitions de formules.

* La personne est amenée à étudier les premières bases et c'est là qu'est le piège car, à la base, bien des sectes offrent des choses valables qui "tiennent debout" et lorsque le mensonge se glisse, personne ne le remarque.

* L'étude de l'idéologie est intense ce qui captive les esprits jeunes et idéalistes.

* Application de méthodes de sophrologie jusqu'à l'hypnose.

* Ils réussissent à convaincre qu'ils sont les seuls à savoir comment sauver le monde... "On en arrive à croire qu'on est à l'avant-garde de l'histoire".

* Ils utilisent le mot Eglise ou Institutions éducatives pour abuser le public. "La propagande doit au départ, annoncer les cours sans trop insister sur Nouvelle Acropole, ni sur ses symboles. en la présentant simplement comme un institut culturel privé" (N.A.). Ils font témoignage de personnalités qui les ont reçus (ces personnalités avaient été abusées).

* Le nouveau venu aura tôt fait de commencer des activités dans le groupe.

* Pour séduire, ils n'hésiteront pas à tromper consciemment les nouveaux. Lorsque les mensonges des chefs sont soutenus par l'assentiment des anciens, le sens critique du nouveau est amoindri ; il met de côté ses doutes et son raisonnement est dévalué.

* Pour justifier ces pratiques malhonnêtes, les anciens invoquent le bien de la secte, de la nouvelle recrue.

* L'esprit critique du nouveau est diminué encore par les pressions internes du groupe dont il n'a pas conscience et tout devient suggestif.

* Les Conférences sont interminables, répétitives, ... ce qui amène aussi un manque de repos, de sommeil et le sujet sera plus malléable

* Le nouveau ne restera jamais seul car il pourrait réfléchir et contester.

* Deux nouveaux seront toujours "très entourés" ou séparés afin d'éviter toute interférence.

* Si par hasard la "recrue" pose des questions, il lui est répondu qu'elle comprendra plus tard ou on l'infériorisera en lui affirmant qu'elle est négative.

* La personne perd plus ou moins le contrôle de ses pensées et gobera tout. Ce phénomène est augmenté par la pression de groupe : tout le monde a l'air si heureux que celui qui doute paraît anormal et acquiesce.

 

 

ILS TIENNENT LEUR PROIE

Le changement a été radical et rapide : la première grande étape "séduction et persuasion" est terminée. Avec un nouvel état mental, le nouveau devient le pantin du gourou et suivra le processus destructif qui renforcera la conversion ou la transformation de la pensée. C'est l'étape du contrôle psychique. Il fait SIEN tout ce qui est de la secte !

* Occupé très tôt le matin, jusque tard le soir, qu'il vive ou non en communauté, par un travail accablant et un endoctrinement intensif pour une nouvelle idéologie ou croyance, l'adepte est maintenu en servitude ou obéissance passive.

* Il est coupé de sa famille, de ses amis, de l'extérieur (journaux, T.V.) puisqu'il n'a plus le temps de rien. Il ne peut se rendre compte des informations erronées dont on l'abreuve.

* Le changement de régime (beaucoup de féculents chez Moon) souvent un régime pauvre et carencé, dont on lui aura prouvé les vertus, favorisera la perte de l'esprit critique. "Il est constaté que la sous-alimentation, au bout d'un certain temps, déclenche une diminution de l'activité cérébrale. Au cours d'un jeûne prolongé, il perd toute combativité." (La Cité, Mai 81). Ce n'est pas par avarice que sont institués certains régimes, ce n'est pas par hasard non plus... "Il en venait à bout en la faisant jeûner sous prétexte de purification. Il l'empêchait de dormir, l'évangélisait jusqu'à 2 heures du matin. Elle était l'ombre d'elle-même, ne mangeait plus " (Témoignage).

*Je peux convaincre n'importe qui de n'importe quoi si je le répète assez souvent et que le sujet n'ait aucune autre source d'information." (Charles Manson) Des croyances les plus aberrantes passeront. Quand on lit leurs textes, c'est du verbiage creux.

* Comment des jeunes qui sont loin d'être des imbéciles, qui ont fait des études universitaires, en arrivent à annoner ces textes docilement." Posez-leur une question qui les surprend, ils seront incapables d'y répondre sans revenir à une même phrase.

C'est un véritable matraquage pseudo-intellectuel.

* Il est surveillé constamment.

* L'adepte est convaincu que sa santé physique et psychique n'est assurée que dans le groupe.

* Toutes ses relations avec autrui sont dictées. Il n'a plus de personnalité et son attitude avec les siens est complètement changée. A ce stade, les familles s'inquiètent mais il est presque trop tard.

* Il est envoyé facilement à l'étranger surtout si la famille voit "clair " et tente de raisonner ce dernier. Coupé de son environnement habituel, il sera plus soumis (choc émotionnel).

* De plus, le décodage du langage, voire même le changement de vocabulaire, lui enlèvera la possibilité de communiquer avec l'extérieur. Le vocabulaire spécifique de la Scientologie est édifiant. "Il" s'éloignera des siens qui ne le comprennent plus, aimera se retrouver de plus en plus dans le groupe et reportera son affection sur ce groupe. Il deviendra totalement dépendant mentalement de la secte.

* C'est avec une facilité étonnante que la secte lui prouvera que les siens sont "mauvais".

* Il ressentira toujours le besoin d'avoir davantage d'enseignement de la doctrine, ce qui explique que des gens se ruinent pour accéder à la "connaissance" de la Scientologie ou de la Méditation Transcendantale car ils veulent atteindre la perfection définie par la secte.

* L'adepte ne se rend pas compte que l'action faite sur ses cellules nerveuses est, en fait, une "programmation". Il ne répondra plus que par des phrases toutes faites ou apprises dans la doctrine : c'est un "zombie" !

A ce stade, l'esprit de l'adepte est prisonnier et c'est autrement plus grave que s'il était retenu entre quatre murs. Il restera imperméable aux raisonnements du monde et il est entièrement acquis à la secte.

 

 

 

LA MANIPULATION MENTALE PASSE PAR UNE ATTEINTE À

LA PERSONNE

 

* dans sa SANTÉ PHYSIQUE

 

par

- privation de nourriture (jeûnes)

ou carence (régime végétarien ou végétalien)

A la Fraternité Blanche Universelle par exemple, les repas sont végétariens et frugaux, considérés comme "actes sacrés de communion" et exercices yogiques ("yoga de la nutrition") - on mastique chaque bouchée longuement, on respire profondément de temps en temps, on se concentre sur la nourriture, dans un silence absolu.

- habitation exiguë et insalubre

"Nous dormons entassés : à peu près 16 à 18 personnes dans une pièce de 5 m sur 4 m." (Scientologie)

- manque d'hygiène

ex: Coucher à même la terre sous des tentes indiennes, déjections par terre, ne pas se laver, pour ne pas se couper des vibrations (Ecoovie)

 

- sauna

ex: 4h 30 de sauna par jour à Narconon (branche anti-drogue de Scientologie). La science médicale indique qu'on ne doit pas dépasser une demi-heure; au-delà, il y a élimination excessive des sels minéraux et donc perte de la résistance psychique.

 

- privation ou réduction de sommeil

"Il m'est arrivé certains jours de n'avoir qu'une ou deux heures de sommeil, ou pas du tout, le reste étant consacré à la production. Il est également arrivé plusieurs fois que l'on vienne me réveiller en plein milieu de la nuit pour retourner travailler. " (Scientologie)

 

- travail intense, surmenage

Travail épuisant dans des usines ou sous forme de racolage sur la voie publique. "...j'ai fourni en moyenne 16 heures de travail par jour pendant ces 2 ans, y compris pendant les jours fériés. On m'enverra également travailler le jour de Noël et le jour de l'An."

 

- absence de soins médicaux

(ou nécessité de l'autorisation du gourou ou du médecin de la secte)

A Scientologie, la maladie est considérée comme le résultat d'un acte mauvais.

"Selon une dépêche de l'A.F.P. du 7 juin 1985, un garçonnet de dix ans est mort à Kawasaki (Japon) après que ses parents ont refusé une transfusion sanguine, en raison de leur conviction religieuse. Dai Suzuki, fils aîné d'un libraire de cette ville industrielle du sud du Japon, avait été renversé par un camion près de son domicile. Les médecins de l'hôpital où il avait été transporté ont estimé que son état nécessitait une transfusion sanguine et une opération chirurgicale. Bien que leur fils les ait suppliés en disant "je veux vivre, je ne veux pas mourir", les parents, adeptes de la secte des Témoins de Jéhovah, ont refusé la transfusion et signé une déclaration écrite affirmant que de telles pratiques étaient interdites selon l'enseignement de la Bible. Le garçonnet est mort cinq heures plus tard, a indiqué la police" (Bulles n°7 p.22)

Dans la secte "Invitation à la Vie", la gourou Yvonne Trubert enseigne que "lorsque des gens ont des crises d'asthme, par exemple, vous n'avez pas à appeler le médecin. Par les soins avec vos mains (=harmonisations), il n'y aura plus d'asthme"... De même "tous les cancers sont guérissables. Vous pensez bien qu'une chimiothérapie ne remettra pas d'ordre, au contraire, c'est une destruction plus profonde... Il suffit de prier et le miracle se fait. Il n'y a pas de maladie inguérissable"... (Bulles n°11, p.12-13),

 

- exercice illégal de la médecine

"Thierry Villa, diabétique, s'inscrivit en 1980 au Centre Culturel de Naturobiotique d'Aix-en-Provence et suivit à la lettre le régime conseillé par le Maître Shri Suhridam Sarvabhutanam. C'est alors que complètement débilité, une piqûre d'insuline, faite au Centre, en état de jeûne, provoque un coma qui entraîne la mort..."

 

 

* dans sa SANTÉ PSYCHIQUE

 

Chez les adeptes on détruit progressivement tout esprit critique, tout libre arbitre, toute capacité de décision personnelle. Ils croient avoir adhéré librement, mais ils n'ont pas eu conscience de la manipulation mentale dont ils ont été l'objet. Et ils continuent de s'affirmer libres, incapables qu'ils sont de se rendre compte du conditionnement et de l'auto-conditionnement permanents qui les emprisonnent. La prison est dans leur tête !

 

Il y a manipulation mentale par

 

* ISOLEMENT

Afin de prendre le contrôle du processus rationnel de pensée chez l'adepte, la secte cherche à éliminer toute information ou influence extérieure qui pourrait briser la fascination et le processus d'assimilation des sentiments, des attitudes et des modèles de comportement. La secte contrôle essentiellement la communication, non seulement de chaque individu avec l'extérieur, mais aussi avec lui-même. Ce contrôle matériel ou psychologique tend à créer un environnement contenant uniquement la vérité du groupe, tout le reste étant considéré par l'adepte comme du non-réel. L'isolement se fait par :

- détournement des recrues de leur vie passée

- rupture avec la famille

s'il le faut en provoquant un exil à l'étranger,

un divorce,

une atteinte à l'honneur et la réputation des parents (St Erme)

Extrait d'une lettre reçue d'Afrique du Sud par une maman dijonnaise dont les deux fils sont partis dans un groupe évangélique à la suite d'un gourou. Il faut signaler avant la lecture d'un extrait de cette lettre que la destinataire est une chrétienne tout à fait croyante et pratiquante. Voici ce que lui écrit un de ses fils: "S'il te plaît, veuille ne plus envoyer de courrier pour moi en Suisse, car il ne me serait pas envoyé. Si je désire que tu m'écrives, je te donnerai une adresse, mais pour l'instant, vu ton hostilité et ta position à l'égard de l'oeuvre de Jésus Christ, je ne pense pas que tu aies quoique ce soit d'édifiant à me partager."

- rupture avec les amis

- arrêt des études

- arrêt du travail

- rupture de toutes relations extérieures

- rupture avec la société

(absence de radio, télévision, journaux, magazines,...)

- élimination de traitement médical

(pas de contact avec un médecin extérieur)

- usage d'un vocabulaire spécifique à la secte

d'où difficulté chez l'adepte à s'exprimer avec l'extérieur selon un langage et des concepts courants. Il y rétrécissement, appauvrissement, amputation linguistique, d'où suppression de pans entiers de la capacité de penser et de sentir. L'individu devient étranger au monde extérieur, étranger à lui-même, à son propre passé: il n'arrive même plus à se représenter son "ancienne vie".

- absence de solitude

- absence de réflexion...

- par maintien des recrues résidentes, dans un état d'occupation continue,

en ne les laissant jamais seules; elles sont toujours accompagnées et surveillées par un "mouchard"

- par multiplication des réunions pour les non-résidents:

- 5 fois semaine chez les Témoins de Jéhovah

- Nouvelle Acropole offre un idéal de vie en 3 cycles d'enseignement de 400h chacun + 40h cycle préparatoire en 3 mois. La formation culturelle: 1200 h / 2ans

 

Une fois réalisé le contrôle du milieu, l'étape suivante est la manipulation personnelle. Dirigée "d'en haut", elle a pour but de provoquer un ensemble de comportements et d'émotions déterminés, mais de façon qu'ils soient ressentis comme spontanés.

 

* ENDOCTRINEMENT

Utilisation de clichés empêchant la réflexion;

Systèmes logiques clos;

Limitation de la pensée réflexive;

Lavage de cerveau, mantras : ( 1728 x Hare Krishna , Hare Krishna, Krishna, Krishna, Hare, Hare, Hare Rama, Hare Rama, Rama, Rama, Hare, Hare)

Répétition des visites (les Témoins de Jéhovah)

Les problèmes humains les plus complexes sont réduits à quelques phrases courtes, péremptoires, faciles à se rappeler et à répéter. Le cliché a l'avantage de dispenser de toute discussion réelle, de l'exploration d'interprétations diverses, de toute réflexion et expression personnelles. C'est "le langage de la non-pensée".

L'expérience personnelle, les sentiments, les émotions sont continuellement canalisés, mis dans un moule abstrait d'interprétation, les sentiments devant correspondre au catalogue officiel. Jusqu'au sentiment de fusion totale avec le mouvement idéologique.

Le groupe offre le seul mode valide d'exister, la seule voie menant à la véritable existence.

- ambiance d'exaltation

exhortation et formation continuelles dans le but d'arriver à un état d'exaltation spirituelle, de conscience émoussée, de soumission automatique aux directives;

(assemblée hystérique au groupe évangélique de La Mission de Besançon ou hosties droguées au Domaine de l'Immaculée Conception)

- méditations fréquentes ou longues ou au soleil

 

* TRANSPARENCE

- confessions publiques

- connaissance de choses intimes sur la personne

 

* CULPABILISATION

- avec avilissement par travaux ingrats

- moqueries

au sujet des troubles psychiques, du manque de relations sociales...

- insistance sur les comportements déviants du passé,

comme l'usage de la drogue, les méfaits sexuels;

 

* DEREGLEMENT DE LA SEXUALITE

- sexualité communautaire

masturbation collective

homosexualité (Ecoovie)

prostitution et inceste (Ex-Enfants de Dieu)

sexualité avec le gourou

sexualité interchangeable

interdiction de relations sexuelles

les époux sont choisis par le maître et ne se retrouvent que pour procréer Moon)

 

* EMPRISE DU GOUROU qui devient le centre affectif absolu

* Exigence d'un abandon inconditionnel au fondateur, au leader charismatique

* forte concentration sur le leader; certains groupes peuvent même diminuer le rôle du Christ en faveur du fondateur (dans le cas de "sectes chrétiennes")

 

* CHANTAGE AFFECTIF ET SPIRITUEL

Toute pensée ou action mettant en question le but supérieur est considéré comme rétrograde, égoïste, mesquine, ou démoniaque.

Le gourou de Saint-Erme, Marcel Cornelis, ancien prêtre et aumônier de jeunes, exerçait son emprise sur ces derniers soit en leur rappelant qu'ils lui devaient par exemple un abandon de la drogue, soit en leur conseillant de ne pas succomber aux tentations du diable qui essayait de les couper de leur vocation par des doutes.

 

* Distribution d'argent ou de médicaments ou de matériel agricole... (les Amis de l'Homme)

Les actes les plus cyniques peuvent ainsi être commis pour servir le "but suprême" du groupe : "la fin sanctifie tous les moyens".

On demande à l'adepte d'accepter les manipulations sur la base de la confiance - ou de la foi - ultime. Et celui qui éprouve ce degré de confiance en arrive même à prendre plaisir aux souffrances causées par les manipulations; il les croit nécessaires pour l'accomplissement du "but supérieur" qu'il a fait sien. De même, incapable d'échapper à des forces plus puissantes que lui, l'adepte va chercher avant tout à s'adapter à elles. Il développe alors le sens de la bonne réponse, est sensible à toute sorte de signaux, apprend à anticiper les pressions de l'environnement, à se laisser porter par la vague; ses énergies psychiques se fondent dans le courant, au lieu de se tourner contre lui-même, ce qui serait douloureux. Il lui faut pour cela participer à la manipulation des autres, se plier aux trahisons exigées envers les autres et envers lui-même.

 

* OBEISSANCE ABSOLUE

Il est interdit ou impossible de mettre en question l'autorité du gourou révéré. Oser critiquer sa "science sacrée", avoir des idées différentes, même non-dites, devient immoral et "antiscientifique".

 

* ENTRETIEN DE LA PEUR

- peur du monde, des autres présentés comme des ennemis et des persécuteurs, peur de l'apocalypse prochaine...

- punitions

Le monde de la secte est rigoureusement divisé entre le pur et l'impur, le bien absolu et le mal absolu. Toutes les souillures doivent être recherchés et éliminées. La réforme permanente exige de chacun qu'il s'efforce d'arriver à quelque chose qui non seulement n'existe pas, mais est étranger à la condition humaine. Dans ce monde-là, chacun doit s'attendre à être puni. L'individu intériorise même ces critères absolus et devient son propre juge; de plus, il les projette à l'extérieur : les "impuretés" proviennent d'influences extérieures. Le meilleur moyen de se débarrasser du fardeau de la culpabilité est de dénoncer continuellement ces influences.

Chez les Davidiens (la secte de Waco au Texas), les punitions corporelles étaient quotidiennes. Les enfants étaient frappés avec une planchette pour le moindre "petit péché", comme le renversement d'une tasse de lait. Pour des fautes plus graves, ils pouvaient être privés de nourriture, parfois durant toute une journée. "Les enfants vivaient dans la peur. Ils ont appris à remplacer et substituer la peur à l'amour", a expliqué le docteur Perry qui les a examinés après leur libération. Ainsi, quand un enfant écrit : "J'aime Koresh", il faut traduire, selon lui, qu'il en avait peur. A leur sortie de la ferme-forteresse, au mois de mars 1993, ces enfants avaient un rythme cardiaque de 140, alors que la moyenne se situe entre 70 et 90, ce qui indique qu'ils "vivaient dans un état de peur permanente", souligne le médecin.

- peur de la malédiction

La secte se veut parfaite, divine. En dehors, point de salut. Si l'adepte cherche à s'éloigner, à sortir, il est menacé de punition. L'adepte, s'il a gardé une certaine croyance, n'osera pas parler, craignant les foudres des mauvais esprits. Par exemple, certains groupes demandent le secret le plus absolu sur le "mantra", laissant croire que le dévoiler à l'extérieur, amènera bien des malheurs.

- peur des représailles

avec menace de châtiments et de mort...

Plus l'empire des sectes s'étend, plus elles sont sûres d'elles-mêmes, invulnérables et procédurières quand on ose mettre sur la place publique leurs pratiques réelles. Combien d'ex-adeptes refusent de témoigner sous la pression de la secte...

- culpabilisation de l'ex-adepte

qui ressent son expérience comme un échec. En parler détruit l'ex-adepte. Il a besoin de ne pas traîner ce "boulet" toute sa vie. De plus, à sa sortie, l'adepte se méfie de tout et de tous. (d'où suicide)

* DEPOUILLEMENT

- perte de ses économies

- avec engagement de dettes

(les prêts étudiants contractés sous l'influence de Scientologie laissent l'adepte seul face aux banques créditrices)

- absence de sécurité sociale

- perte de ses biens

L'adepte a tout perdu: ses relations humaines... ses biens... lui-même d'une certaine manière... sur quoi peut-il s'appuyer pour en sortir ?

* ATTEINTE DES DROITS DE L'ENFANT

- soustrait à toute reconnaissance de paternité (Enfants de Dieu)

- sans affection paternelle ou maternelle

- voire séparé des parents: il appartient à tous

Ainsi un couple mooniste a donné son cinquième enfant à un autre couple mooniste stérile.

- sans hygiène de vie

- sans scolarisation (il est élevé dans des écoles de la secte)

- perversion sexuelle :

"Il faut supprimer les lois faisant automatiquement un détournement de mineur d'un rapport sexuel entre un individu de plus de dix-huit ans et un individu de moins de dix-huit ans, et reconnaître aux adolescents le droit à une vie sexuelle indépendante" Recommandation particulière à la femme qui a un enfant "sans vivre avec un homme": "Reçois les hommes qui te plaisent et qui seront autant d'exemples masculins pour ton enfant... Le changement d'environnement est toujours positif pour un enfant". (Mouvement Raëlien)

En février 1983, le tribunal de Belfort condamnait à trois ans de prison le "berger" d'une communauté des ex-Enfants de Dieu (Famille d'Amour) qui prostituait deux adolescentes de treize et seize ans.

 

 

LA MANIPULATION PASSE AUSSI PAR UNE ATTEINTE À :

 

LA SOCIETE

 

soit par la

1/ Stratégie du désert

Chez les Témoins de Jéhovah, l'adepte ne doit avoir aucun contact avec cette société jugée diabolique. Il est ainsi privé de vie culturelle, de communication, d'information, de vie civique, sociale, économique...

soit par la

2/ Stratégie d'intervention, insertion et ingérence grâce

au droit à la liberté d'association

à l'accès aux fonctions publiques ou sur des lieux stratégiques (ingénieurs à Saclay par exemple...)

à l'accès à la vie politique (élections : Moon, Méditation Transcendantale, Soka Gakkai au Japon...)

La Scientologie par exemple essaie de faire main basse sur l'Albanie, après avoir réussi à se faire introduire auprès des autorités du pays. Selon les reporters de la télévision bavaroise, le complexe hôtelier du pays est déjà en chantier, et Gerhard Haag, industriel allemand scientologue, participerait au projet d'autoroute. Pour récupérer les investissements, il est prévu de percevoir un péage, et une taxe sur les véhicules. Construction, presse, agriculture, tourisme, banque, télécommunications, informatique, techniques de management : tous les secteurs économiques sont visés dans le projet scientologue.

Certains groupes sectaires ne cherchent-ils pas la main-mise sur un certain nombre de pays, afin de réaliser un vieux rêve : le gouvernement mondial ?

 

Les sectes, comme toute organisation totalitaire, utilisent la méthode de la manipulation mentale, méthode qui ne leur est pas propre, puisqu'on l'a vu appliquée par des mouvements idéologiques, en Chine par exemple au début des années cinquante. Il n'y a donc pas à s'étonner de la vulnérabilité des adeptes : ils sont entrés dans un groupe, mus par de réelles aspirations (voir les motivations des adeptes "Pastorale et Sectes n°8); le groupe, masqué, leur a fait croire qu'il avait la réponse à leur quête. A partir de cette rencontre, un système de lavage de cerveau se met en branle, savamment dosé, jouant sur des mécanismes de psychologie humaine et transformant à son insu, l'adepte en zombie. Et l'adepte se proclame libre ! La prison est alors dans sa tête...

 

cf. "Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens" aux Presses Universitaires de Grenoble 1987- "Soumission et Idéologies" aux Presses Universitaires de France 1981