SERVICE DIOCÉSAIN "PASTORALE, SECTES ET NOUVELLES CROYANCES"

9 bis, boulevard Voltaire - 21000 DIJON

 

"PASTORALE, SECTES ET NOUVELLES CROYANCES"

N° 19

"Je suis le bon Pasteur"

(pourquoi Jésus n’est pas un gourou)

 

ISSN 1279-1849

 

 

JEUDI 5 AVRIL 2001

 

JE SUIS LE BON BERGER

(ou : pourquoi Jésus n’est pas un gourou)

 

INTRODUCTION

I LES ORIGINES DE JESUS CHRIST

1- JESUS LE NAZAREEN EST FILS D’ABRAHAM

2- JESUS LE NAZAREEN EST FILS DE DIEU

A) JESUS EST LE CHRIST, C’EST-A-DIRE L’OINT DE DIEU, L’ENVOYE, LE MESSIE ATTENDU

B) ENVOYE, JESUS NE TRAVAILLE PAS A SON COMPTE

* Il ne cherche que la gloire du Père

* Il n’est jamais seul et ne se suffit pas à lui-même

* Il se réfère toujours au Père

* Le Père est “la” Source

* Sa nourriture est d’accomplir la volonté du Père

II LES MOYENS EMPLOYES POUR LA MISSION

* LE MAITRE EST SERVITEUR

* LA PETITESSE ET LA MODESTIE, LA DOUCEUR ET L’HUMILITE, LA FAIBLESSE

* LA PAUVRETE ET LE DEPOUILLEMENT

* JESUS NE CIBLE PAS, NE RACOLE PAS

* JESUS EST VERIDIQUE

* IL NE JOUE PAS SUR LA PEUR

* IL NE FAIT PAS DE CHANTAGE

* EN JESUS, POINT DE MISE EN SCENE

* JESUS N’EST PAS UN MAGICIEN

* IL EST DISCRET

* JESUS N’EST PAS UN DEMAGOGUE

* IL NE CHERCHE PAS LA GLOIRE DES HOMMES

* IL REFUSE D’ETRE ROI

* IL OBEIT JUSQU’AU BOUT

* IL DONNE SA VIE ET PROTEGE CELLE DE SES DISCIPLES

* IL PAYE DE SA PERSONNE

* IL PARTAGE SA GLOIRE FILIALE

* CE BERGER EST L’AGNEAU DE DIEU

III LE REGARD SUR LES AUTRES

1- POUR JESUS, CHACUN EST UN FRERE

* LE SALUT EST POUR TOUS

* CHACUN EST UNIQUE ET IRREMPLACABLE

* SA COMMUNAUTE EST PENTECOSTALE

* SON REGARD EST POSITIF, RESPECTUEUX ET NON CULPABILISANT

* JESUS ADMIRE LES AUTRES

* L’HOMME VIVANT ET HEUREUX EST SON SEUL BUT

* IL N’EST QU’AMOUR ET MISERICORDE

* JESUS NE CONDAMNE PAS NI NE JUGE

* JESUS DONNE TOUJOURS SES CHANCES

* JESUS RESPECTE LE RYTHME DE CHACUN

* IL A LE VRAI SOUCI DE L’AUTRE

* IL PROTEGE

* JESUS N’ABANDONNE PAS LES SIENS

* SES DISCIPLES SONT SES AMIS

* LE SACREMENT DU FRERE

2- JESUS RESPECTE LA LIBERTE DE L’HOMME

A) LA LIBERTE RATIONNELLE

* JESUS RESPECTE LA LIBERTE

* JESUS N’IMPOSE RIEN, IL PROPOSE

* DANS LE DIALOGUE ET LE PARTENARIAT

* JESUS EDUQUE ET RESPONSABILISE

* JESUS SUSCITE LA TOLERANCE

* JESUS N’ENFERME PAS

B) LA LIBERTE AFFECTIVE

* JESUS NE CHERCHE PAS A S’ATTACHER LES AUTRES

* JESUS EST CHASTE ET DESINTERESSE

IV LA VERITE DE L’OEUVRE

1) LA COHERENCE

* LA COHERENCE DES PAROLES ET DES ACTES

* LA COHERENCE ENTRE L’EXTERIEUR ET LE COEUR

* UN AMOUR UNIVERSEL

* JESUS NE DESINCARNE PAS

* LES FAITS NE CONTREDISENT PAS LES PAROLES

* LA VERIFICATION DU TEMPS

2) LE FRUIT DE VIE

* JESUS EST PASSE EN FAISANT LE BIEN

* QUAND IL GUERIT, IL GUERIT

* UNE OEUVRE DE VIE

* LA BEATITUDE

* LA VRAIE LIBERTE DES FILS

* POUR RASSEMBLER ET NON SEPARER

CONCLUSION

 

 

Au cours des deux soirées précédentes, nous avons vu que les hommes, tous les hommes, parce qu’ils sont hommes précisément, sont animés, de manière claire ou confuse, par la quête du sens, et plus exactement par la recherche de la victoire sur l’Ennemi par excellence, l’ultime, la Mort, la fin absurde.

Un seul a vaincu celle-ci, sur sa propre trajectoire, et pour nous. Par sa mort filiale, par sa Réponse d’amour incarnée jusqu’au plus profond de nos enfers, Jésus Christ a fait la brèche et nous a ouvert le ciel. En se faisant véritablement Homme et jusqu’au bout, il nous a divinisés, ou plus exactement il nous a filialisés. Lui seul a ainsi les paroles de la vie éternelle. Lui seul est la Parole de la vie éternelle, le Verbe de Vie.

Pour notre troisième rendez-vous, nous allons contempler ce Sauveur dont il est dit qu’ “il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés” (Act 4, 12).

Cette soirée est illustrée par le logo du service diocésain “Pastorale, Sectes et Nouvelles Croyances”. Là, tout est dit de la mission et de l’esprit du service.

Un oiseau : nous sommes faits pour voler. Nous ne sommes pas qu’une masse de chair, ou une carte génétique. Certes, nous sommes Adam le terreux, ma is Adam est appelé dès le commencement à devenir fils de Dieu, Fils du Père par, avec et dans le Fils.

Malheureusement, pour reprendre l’image du psaume 123, l’oiseau se retrouve parfois prisonnier “du filet du chasseur”, nous dirions aujourd’hui, des gourous. Et on sait bien la subtilité de cet emprisonnement : souvent, il n’y a pas besoin de cage extérieure; les barreaux de la prison sont dans la tête.

Mais “Béni soit le Seigneur qui n’a pas fait de nous la proie de leurs dents ! Comme un oiseau, nous avons échappé au filet du chasseur; le filet s’est rompu : nous avons échappé. Notre secours est le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.” (Ps 123, 6-8)

Les mains prédatrices des gourous se ferment sur elles-mêmes et leur proie. Les mains eucharistiques du Bon Pasteur, elles, sont ouvertes sur la croix, tournées vers le Père...

Par Lui, avec Lui et en Lui, l’oiseau, plein de l’Esprit filial, peut s’envoler...

 

Note préliminaire

L’erreur de nombreux groupes fondamentalistes est d’isoler les versets bibliques et de leur contexte et les uns des autres. Or, en lisant attentivement les Evangiles par exemple, on se rend vite compte que sur telle ou telle question, on peut citer des versets parfaitement contradictoires si on les prend isolément. Par exemple, l’attitude du disciple par rapport aux parents : d’un côté, Jésus annonce la déclaration de guerre : “je suis venu opposer l’homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère: on aura pour ennemis les gens de sa famille” (Mt 10, 35; Lc 14, 26). En revanche, Jésus ne cesse de rappeler le quatrième commandement de Dieu : “Honore ton père et ta mère” (Mt 15, 1-9). Pris isolément, ces versets se contredisent et si l’on privilégie l’un des deux, on aboutit à deux conduites parfaitement opposées. D’où par exemple, la rupture rigide des adeptes vis-à-vis de leurs familles. Or, précisément, un accueil sain de la Parole de Dieu interdit ce genre de manipulation des Ecritures. L’écoute de la Parole se doit d’être synthétique, totale...

On pourrait se dire, à la lecture de ce qui va suivre, que l’utilisation des versets néotestamentaires ne respecte précisément pas le conseil rappelé ci-dessus. Et souvent, on pourrait rétorquer : “oui, Jésus dit cela en tel chapitre, mais à un autre endroit, il dit le contraire !”

A cela, nous répondons :

1° que cette sélection des versets bibliques veut souligner les traits du bon berger en opposition à ceux que l’on peut discerner sur le visage des gourous. Les gourous vous disent... Or, Jésus, lui, déclare...

2° par ailleurs, on ne perdra jamais de vue en effet que tel verset est toujours équilibré par un autre, lequel ne vient pas le contredire, mais en fait, par la nuance apportée, vient empêcher précisément toute interprétation extrémiste et sectaire. Pour reprendre l’exemple des relations familiales, on sait bien que l’accomplissement d’une vocation personnelle, et de toute vocation personnelle, implique de “quitter”. Il est demandé à Abraham de quitter son pays..., il est demandé aux apôtres de quitter leurs barques et leurs pères, comme il est demandé au jeune époux de quitter ses parents pour vivre avec sa femme... Cette loi pour ainsi dire naturelle ne conduit cependant pas aux ruptures radicales et définitives que l’on peut constater dans les groupes sectaires.

*

Le mot “gourou” dans le vocabulaire occidental contemporain a une connotation péjorative. On désigne par là un maître à penser et à agir, qui en fait, exerce une emprise totalitaire sur ses disciples. Malheureusement, peu se demandent qui lui a donné autorité.

Or, c’est bien la question que les grands prêtres, les scribes et les anciens du peuple posent à Jésus : ”Par quelle autorité fais-tu cela ? ou qui t’a donné cette autorité pour le faire ?” (Mc 11, 27).

Cette autorité qui fait que Jésus Christ n’est point un gourou, se vérifie précisément en quatre points :

 

* l’autorité des origines

* l’autorité des moyens employés pour la mission

* l’autorité du regard sur les autres

* l’autorité de l’œuvre.

 

 

I LES ORIGINES DE JESUS CHRIST

Un gourou est en général un “enfant trouvé”. Il surgit de lui-même. Et même si par la suite il s’efforce de réécrire l’histoire et de se donner une ascendance spirituelle ou une raison d’être salvifique, objectivement il ne présente aucune lettre de créance.

Jésus Christ, lui, se situe au contraire dans une lignée, dans l’histoire d’un Peuple dont il est solidaire. Vrai homme, il se révèle aussi vrai Dieu, non par autoproclamation, mais sur témoignages

.

1- JESUS LE NAZAREEN EST FILS D’ABRAHAM

* La généalogie de Jésus donnée par saint Matthieu fait descendre celui-là d’Abraham : “Livre de la genèse de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham” (Mt 1, 1).

Fils d’Abraham : cela signifie qu’il se situe dans une lignée humaine et spirituelle. L’histoire de Jésus s’inscrit dans l’histoire d’un peuple, et qui plus est le Peuple de Dieu. Abraham, s’étant détaché des dieux d’Ur en Chaldée, reçoit dans la foi, la promesse de devenir le père d’un peuple, le peuple universel des croyants au Dieu unique. Avec lui, commence le temps proprement dit de la Révélation, laquelle se déroulera au fil du pèlerinage.

Israël est ainsi constitué comme un veilleur qui attend l’aurore de Yahvé. Il est en quelque sorte le berceau du Messie, ce sauveur qui doit venir au nom de Dieu. Et de génération en génération, on prépare cet avènement : “le roi Hérode s’émut, et tout Jérusalem avec lui. Il assembla tous les grands prêtres avec les scribes du peuple, et il s’enquérait auprès d’eux du lieu où devait naître le Christ. A Bethléem de Judée, lui dirent-ils; ainsi, en effet, est-il écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es nullement le moindre des clans de Juda; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël” (Mt 2, 3-6).

Jésus a donc une histoire, l’histoire d’un peuple qui avance sur la route de la promesse depuis 1850 ans environ. La naissance et la vie de Jésus s’inscrivent dans les Ecritures : “il est écrit”... “Les Ecritures... ce sont elles qui me rendent témoignage” (Jn 5, 39); “Moïse... c’est de moi qu’il a écrit” (Jn 5, 46).

Lui-même en est conscient : “N’allez pas croire que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir” (Mt 5, 17). Ainsi, “Il vint à Nazara où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il était écrit : “L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, envoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur”. Il replia le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous dans la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui. Alors, il se mit à leur dire : “Aujourd’hui s’accomplit à vos oreilles ce passage de l’Ecriture.” Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche” (Lc 4, 16-22).

Jésus n’est donc point une sorte d’électron libre ou d’extra-terrestre débarqué brusquement sur notre planète. Il vient dans le fil d’une histoire : “le salut vient des Juifs” (Jn 4, 22) - “Vous, vous héritez de leurs fatigues” (38), il est comme le fruit mûr d’une longue tradition, la tradition des pères.

Dieu est respectueux des hommes et ne les sauvent pas sans eux, d’où cette maturation du salut, cette pédagogie de Dieu et cette collaboration de l’humanité.

* Fils d’Abraham... fils d’Adam... précise saint Luc (3, 38). Non seulement Jésus intervient dans le fil d’une histoire sainte et paraît comme le fruit d’une lignée spirituelle, mais il fait corps avec son Peuple; il ne renie pas ses racines humaines et terreuses. Contrairement aux gourous à la mode qui ont toujours tendance à enjoliver leurs ascendances, Jésus est véritablement homme parmi les hommes. D’ailleurs, toujours dans la scène de la synagogue, ne disait-on pas : “N’est-il pas le fils de Joseph, celui-là ?” (Lc 4, 22). “Celui-là n’est-il pas le fils du charpentier ? N’a-t-il pas pour mère la nommée Marie” (Mt 13, 55). Vrai homme, il assume ses ascendants et ses “biographes” ne chercheront pas à gommer certaines ténèbres : parmi les aïeux, on repère Rahab la prostituée, Thamar la rusée, David l’adultère assassin... Jésus est bien l’un des nôtres, il est bien venu chez les siens.

Ses origines sont d’ailleurs tellement charnelles qu’on a pu se demander : “Est-ce de la Galilée que le Christ doit venir ?” (Jn 7, 41)

 

Et non content d’avoir une telle ascendance, Jésus se comporte comme un homme ! On remarque pourtant chez tous les leaders plus ou moins sectaires une propension à se faire passer (même si la réalité occulte est différente) pour des êtres supérieurs, au-dessus de nos pauvres contingences terrestres.

Jésus lui, mène la vie de tout le monde.

Il est bien incarné : il grandit en taille et en sagesse, il mange, il a soif et il boit, il travaille à l’atelier familial, il connaît la fatigue et s’endort, il participe à des noces, il aime aller se reposer à Béthanie chez ses amis, il pratique sa religion, comme tout bon israélite, montant à Jérusalem pour la Pâque, ou rejoignant la communauté à la synagogue.

Il est sensible, il a des entrailles : à la mort de Lazare, “Jésus pleura. Les Juifs dirent alors : “Voyez comme il l’aimait!” (Jn 11, 35).

Il est humain. Il se montre plein d’attentions et de tendresses. Après sa résurrection, heure de gloire par excellence, que fait-il ? “Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise, avec du poisson dessus et du pain... Jésus leur dit : “Venez déjeuner...” Le Ressuscité n’est pas du genre à affamer ses adeptes pour mieux les manipuler.

Son influence ne désincarne pas ceux qui l’approchent. Au contraire. Quand il guérit le paralytique, il lui demande de prendre son grabat et de marcher (Jn 5, 8).

Quand il prêche la confiance en la Providence, il ne fait pas pour autant l’éloge de la misère : “Ne vous inquiétez donc pas en disant : qu’allons-nous manger ? qu’allons-nous boire ? de quoi allons-nous nous vêtir ?... Cherchez d’abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît (Mt 6, 31-33). Il a d’ailleurs le sens des réalités : “Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu” (Mt 22, 21). Lui-même prend soin de payer ses impôts.

Même la fin du monde s’attend, selon lui, dans l’ordinaire de la vie : ”Alors deux hommes seront aux champs : l’un est pris, l’autre laissé; deux femmes en train de moudre: l’une est prise, l’autre laissée... Ainsi donc, vous aussi, tenez vous prêts, car c’est à l’heure que vous ne pensez pas que le Fils de l’homme va venir” (Mt 24, 40). On est loin de ces instigations sectaires à abandonner ses engagements dans la société et à attendre la catastrophe finale.

 

Enfin, il ne se comporte pas comme un “sauveur”, mais il est tellement “avec”, il se fait tellement solidaire. Il prend place dans la file d’attente des pécheurs repentants auprès de Jean-Baptiste. Homme au milieu des hommes : “Alors Jésus arrive de la Galilée au Jourdain vers Jean, pour être baptisé par lui. Celui-ci l’en détournait, en disant : “C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi !” Mais Jésus lui répondit : “Laisse faire pour l’instant : car c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice” (Mt 3, 13-15).

Bref, il est tellement humain que certains ont fait la moue : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs !” (Mt 11, 9).

 

2- JESUS LE NAZAREEN EST FILS DE DIEU

Si saint Matthieu a mis l’accent sur les racines humaines et juives de Jésus, saint Luc dans sa généalogie insiste lui sur l’origine divine du Christ. Celui que l’on croyait “fils de Joseph”, “fils d’Adam” est... “fils de Dieu” (Lc 3, 38) : “une voix partit de la nuée, qui disait : “Celui-ci est mon Fils, l’Elu, écoutez-le” (Lc 9, 35).

 

A) JESUS EST LE CHRIST, C’EST-A-DIRE L’OINT DE DIEU, L’ENVOYE, LE MESSIE ATTENDU

“Je ne viens pas de moi-même; mais lui m’a envoyé” (Jn 8, 42); “Ce n’est pas de moi-même que je suis venu, mais il m’envoie vraiment, celui qui m’a envoyé... je viens d’auprès de lui et c’est lui qui m’a envoyé” (Jn 7, 28-29).

Jésus ne parle pas “de son propre fond” (44).

Les gourous contemporains nous habituent à la prétention messianique : Claude Vorilhon se fait appeler “Raël”, c’est-à-dire “messager”, le messager des Elohim rencontrés sur une autre planète. Joseph Smith, le fondateur des Mormons, se fait passer pour le serviteur de l’ange Moroni qui lui aurait remis deux tablettes sur lesquelles était inscrite la vérité : caché derrière un rideau, Joseph traduit le livre aux caractères mystérieux - de l’ “Egyptien réformé” - grâce à deux pierres magiques. Quant à Moon, il prétend être le véritable et ultime Messie.

Mais ces intronisations se font toujours sans témoins !

Or, Jésus lui, ne se rend pas témoignage à lui-même : “Si je me rends témoignage à moi-même, mon témoignage n’est pas valable. Un autre témoigne de moi” (Jn 5, 31-32).

En effet, dans le cas de Jésus, on a des témoins : Jean-Baptiste : “Et moi, j’ai vu et je témoigne que celui-ci est l’Elu de Dieu” (Jn 1, 34); des hommes et des femmes, plutôt de bon sens : ce sont des pécheurs du lac, solides et bien les pieds sur terre, qui ne s’en laissent pas compter. Ou bien des érudits, qui ont une connaissance sérieuse des Ecritures (Nathanaël). Ou bien des zélotes qui n’ont pas envie de rêver (Simon).

Certains, le trio privilégié de Pierre, Jacques et Jean, ont entendu la voix leur désignant le Fils unique à écouter. Tous, au fil de leur compagnonnage avec le Maître, ont deviné en l’observant silencieusement que celui-là n’était jamais seul et vivait constamment avec Quelqu’un. A tel point qu’un jour, ils lui ont demandé de partager son secret, et de les faire entrer un peu dans ce dialogue intime qu’ils percevaient.

 

B) ENVOYE, JESUS NE TRAVAILLE PAS A SON COMPTE

C’est le zèle de la maison de son Père qui le dévore (Jn 2), son unique souci est d’être aux affaires de son Père : “il nous faut travailler aux oeuvres de celui qui m’a envoyé” (Jn 9, 4).

 

* Il ne cherche que la gloire du Père

“Celui qui parle de lui-même cherche sa propre gloire; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé, celui-là est véridique et il n’y a pas en lui d’imposture” (Jn 7, 18); “Père, glorifie ton nom !” (Jn 12, 28); “J’ai manifesté ton nom aux hommes” (Jn 17, 6). “C’est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruit et deveniez mes disciples” (Jn 15, 8).

 

* Il n’est jamais seul et ne se suffit pas à lui-même

“Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous saurez que Je Suis et que je ne fais rien de moi-même, mais je dis ce que le Père m’a enseigné et celui qui m’a envoyé est avec moi; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui plaît” (Jn 8, 28). D’ailleurs, le centurion devant la mort de Jésus, reconnaît en lui le Fils, le Fils de Dieu.

 

* Il se réfère toujours au Père

L’histoire de Jésus est une histoire d’amour, la vie de Jésus est relationnelle : “il faut que le monde reconnaisse que j’aime le Père et que je fais comme le Père m’a commandé” (Jn 14, 31).

Aussi, “le Fils ne peut rien faire de lui-même, qu’il ne le voie faire au Père; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement” (Jn 5, 19). “Ma doctrine n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé” (Jn 7, 16); “le Père qui m’a envoyé m’a lui-même commandé ce que j’avais à dire et à faire connaître... Ainsi donc ce que je dis, tel que le Père me l’a dit je le dis” (Jn 12, 49-50); “la parole que vous entendez n’est pas de moi, mais du Père qui m’a envoyé” (Jn 14, 24).

 

* Le Père est “la” Source

Ce n’est pas Jésus qui décide des places à donner à sa droite et à sa gauche, mais c’est le Père : “il ne m’appartient pas d’accorder cela, mais c’est pour ceux à qui mon Père l’a destiné” (Mt 20, 20-23). “Quant à la date de ce jour, et à l’heure, personne ne les connaît, ni les anges des cieux, ni le Fils, personne que le Père, seul” (Mt 24, 36).

Et cette conscience que le Père est “la” Source, explique l’importance de la prière dans la vie de Jésus : “Le matin, bien avant le jour, il se leva, sortit et s’en alla dans un lieu désert, et là il priait” (Mc 1, 35); “il s’en alla dans la montagne pour prier, et il passait toute la nuit à prier Dieu. Lorsqu’il fit jour, il appela ses disciples et il en choisit douze, qu’il nomma apôtres” (Lc 6, 12).

 

* Sa nourriture est d’accomplir la volonté du Père

C’est pour être fidèle à celle-ci qu’il combat à Gethsémani : “il disait : “Abba (Père) ! tout t'est possible : éloigne de moi cette coupe; pourtant, pas ce que je veux, mais ce que tu veux !” (Mc 14, 36).

En un mot, Jésus n’a qu’une idée en tête, qu’un but dans sa vie et celle de ses disciples : le Père. “Qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en celui qui m’a envoyé” (Jn 12, 44).

 

II LES MOYENS EMPLOYES POUR LA MISSIONS

Au commencement de sa vie publique, Jésus, rempli d’Esprit-Saint, fut emmené au désert et là, connut la triple tentation :

“Le diable lui dit : “Si tu es Fils de Dieu, dis à cette pierre qu'elle devienne du pain.” Et Jésus lui répondit : “Il est écrit : Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme.”

“L'emmenant plus haut, le diable lui montra en un instant tous les royaumes de l'univers et lui dit : “Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car elle m'a été livrée, et je la donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, elle t'appartiendra tout entière.” Et Jésus lui dit : “Il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et à lui seul tu rendras un culte.”

Puis il le mena à Jérusalem, le plaça sur le pinacle du Temple et lui dit : “Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d'ici en bas; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, afin qu'ils te gardent. Et encore : Sur leurs mains, ils te porteront, de peur que tu ne heurtes du pied quelque pierre.” Mais Jésus lui répondit : “Il est dit : Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu.” (Lc 4, 1- 13).

Tentation de l’attachement à l’avoir et à la jouissance matérielle, tentation du pouvoir, tentation de la main-mise sur Dieu. Jésus repousse ces moyens.

Contrairement à un Moon qui vise à récolter le plus d’argent possible et à exercer son pouvoir politique sur le plus grand nombre possible de nations. D’ailleurs, ne présente-t-il pas la vie de Jésus comme un échec, celui de la croix ? Attitude aussi contraire à un Georges de Nantes convoquant Dieu au tribunal des ordalies pour faire descendre son feu sur son contradicteur le Cardinal Lustiger ?

Jésus repousse la tentation jusqu’au bout : sur la croix, les sirènes continuent de lui siffler l’attrait de la puissance magique (Mt 27, 39) : “Les passants l'injuriaient en hochant la tête et disant : “Toi qui détruis le Sanctuaire et en trois jours le rebâtis, sauve-toi toi-même, si tu es fils de Dieu, et descends de la croix !” Pareillement les grands prêtres se gaussaient et disaient avec les scribes et les anciens : “Il en a sauvé d'autres et il ne peut se sauver lui-même ! Il est roi d'Israël : qu'il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui ! Il a compté sur Dieu; que Dieu le délivre maintenant, s'il s'intéresse à lui ! Il a bien dit : Je suis fils de Dieu !” Même les brigands crucifiés avec lui l'outrageaient de la sorte”.

En fait, la parole de Jésus a autorité, parce qu’il est le Verbe fait chair en vérité. Ainsi, son enseignement des Béatitudes est audible, parce qu’il en est le premier disciple. La lumière de ces mots est supportable parce qu’elle est reflétée sur le visage du Christ. Il trace lui-même la route et donne l’exemple. Alors, si le disciple n’est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron, disciples et serviteurs sont paisibles, parce que leur maître ne se situe pas au-dessus d’eux, contrairement aux gourous de tout crin.

Lui, “le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude” (Mt 20, 28).

 

* LE MAITRE EST SERVITEUR

“Il se lève de table, dépose ses vêtements, et, prenant un linge, il s’en ceignit. Puis il met de l’eau dans un bassin et il commença à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint” (Jn 13, 4-5). C’était la tâche des esclaves. On comprend que Pierre ait réagi ! Comme la croix sera le supplice réservé aux esclaves.

“Quand il leur eut lavé les pieds, qu’il eut repris ses vêtements et se fut remis à table, il leur dit : “Comprenez-vous ce que je vous ai fait ?” (12).

Reconnaissons que ce n’est pas très facile. Les disciples, après l’institution de l’Eucharistie dans saint Luc (22, 24-27) ne se chamaillaient-ils pas encore pour savoir “lequel d’entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ?” Cette contestation leur avait valu une bonne mise au point : “Il leur dit : “Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs. Mais pour vous, il n'en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert. Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert? N'est-ce pas celui qui est à table? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert!”.

Saint Matthieu rapporte des paroles du Christ qui contestent tellement tant de comportements de pouvoir et de vanité : “En tout ils agissent pour se faire remarquer des hommes. C’est ainsi qu’ils font bien larges leurs phylactères et bien longues leurs franges. Ils aiment à occuper le premier divan dans les festins et les premiers sièges dans les synagogues, à recevoir les salutations sur les places publiques et à s’entendre appeler “Rabbi” par les gens. Pour vous, ne vous faites pas appeler “Rabbi” : car vous n’avez qu’un Maître, et tous vous êtes des frères. N’appelez personne votre “Père” sur la terre : car vous n’en avez qu’un, le Père céleste. Ne vous faites pas non plus appeler “Directeurs” : car vous n’avez qu’un Directeur, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé” (Mt 23, 55-12).

Ainsi, les moyens du Maître sont délibérément

 

* LA PETITESSE ET LA MODESTIE, LA DOUCEUR ET L’HUMILITE, LA FAIBLESSE

Lui, de condition divine, Fils du Saint, se place dans la file des pécheurs, pour être baptisé par Jean-Baptiste. Au grand dam des scribes des Pharisiens, il mange avec les pécheurs et les publicains. On est loin en effet de l’orgueil des purs ! loin de cette vision commune à certains groupes fondamentalistes et intégristes qui partagent l’humanité en deux camps. D’ailleurs, Jésus ne prévient-il pas que “les publicains et les prostituées arrivent avant vous au Royaume de Dieu” (Mt 21, 31).

Pour son entrée décisive à Jérusalem, il pose un signe : “Voici que ton Roi vient à toi; modeste, il monte une ânesse, et un ânon, petit d’une bête de somme” (Mt 21, 5). Et c’est le chemin qu’il trace pour les disciples : “mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur” (Mt 11, 29).

L’œuvre du salut universel commence “tout petit” : avec douze apôtres, qui sont des hommes ordinaires, avec leurs générosités et leurs lâchetés, leur zèle et leurs opacités. Mais cet ordinaire ne les empêche pas de succomber à la tentation de la prétention. Jésus a dû leur rappeler que le plus petit parmi eux tous, était le plus grand : “Laissez les petits enfants et ne les empêchez pas de venir à moi; car c’est à leurs pareils qu’appartient le Royaume des cieux” (Mt 19, 14). “Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux” (Mt 18, 1-4). Et Jésus exultait devant l’œuvre de Dieu : “Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits” (Mt 11, 25).

A l’heure du danger extrême, Jésus demeure fidèle à cet esprit : “Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs” (Jn 18, 36). “Rengaine ton glaive; car tous ceux qui prennent le glaive périront par le glaive. Penses-tu donc que je ne puisse faire appel à mon Père, qui me fournirait sur le champ plus de douze légions d’anges ?” (Mt 26, 52).

Autrefois déjà, Jésus n’avait-il dû calmer la fougue vengeresse des fils du tonnerre qui voulaient faire descendre le feu du ciel sur les Samaritains hostiles ?

 

* LA PAUVRETE ET LE DEPOUILLEMENT

Alors qu’en général, les gourous ont l’argent pour intérêt principal de leur action, Jésus est ferme : “Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent” (Mt 6, 24), et joignant le geste à la parole, il chasse les vendeurs du Temple. Quant aux disciples, ils reçoivent la consigne de se procurer “ni or, ni argent, ni menue monnaie pour vos ceintures, ni une besace pour la route, ni deux tuniques, ni sandales, ni bâton” (Mt 10, 9). La mission ne vise pas un avoir. Au contraire, “Tout ce que tu as, vends-le et distribue-le aux pauvres; puis viens, suis-moi” (Lc 18, 22). Les biens du disciple sont alors donnés en aumônes et non au profit personnel de Jésus; “le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête” (Mt 8, 20).

 

* JESUS NE CIBLE PAS, NE RACOLE PAS

Jésus ne fait pas de recrutement. Il n’a pas la hantise du nombre et n’a pas peur du vide.

Du coup, il ne s’appuie pas sur des moyens de pression morale. Il ne manipule pas les personnes. Il ne profite pas par exemple d’une vulnérabilité pour s’attacher des

adeptes.

Combien de fois, alors même que tel ou tel malade guéri voulait le suivre, il l’a renvoyé à sa famille et à son village : “lève-toi, dit-il alors au paralytique, prends ton lit et va-t-en chez toi”. Et se levant, il s’en alla chez lui” (Mt 9 6-7). Il en est de même pour le démoniaque gérasénien (Lc 8, 38-39). Ainsi Jésus ne provoque pas de rupture pour isoler le disciple et capter son énergie à son seul profit. D’ailleurs il ne manque pas de fustiger le prosélytisme de certains : “Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui parcourez mers et continents pour gagner un prosélyte, et quand vous l’avez gagné, vous le rendez digne de la géhenne deux fois plus que vous !” (Mt 23, 15).

Lorsque le Christ appelle, le disciple est mis en mesure de prendre connaissance et de choisir librement : “Le lendemain [ce n’est pas le jour même, on prend le temps], Jean se tenait là, de nouveau, avec deux de ses disciples. Regardant Jésus qui passait, il dit : “Voici l’agneau de Dieu”. Les deux disciples entendirent ses paroles et suivirent Jésus. Jésus se retourna et, voyant qu’ils le suivaient, leur dit : “Que cherchez-vous ?” [ce qui compte, c’est leur quête à eux et non l’intérêt du gourou]. Ils lui dirent : “Rabbi - ce qui veut dire Maître -, où demeures-tu ?” Il leur dit : “Venez et voyez” [déterminez-vous par vous-mêmes]. Ils vinrent donc et virent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là” (Jn 1, 35-39).

 

* JESUS EST VERIDIQUE

Chez lui, pas de masques, contrairement aux sectes qui se dissimulent derrière des associations séduisantes... Au contraire, la parole de Jésus est directe et limpide : “C’est au grand jour que j’ai parlé au monde, j’ai toujours enseigné à la synagogue et dans le Temple où tous les Juifs s’assemblent et je n’ai rien dit en secret” (Jn 18, 20).

Avec lui, on est loin des documents internes de la Nouvelle Acropole, réservés aux adeptes suffisamment contrôlés. La nature et la finalité véritables de cette secte sont révélées en fait, non par son activité culturelle extérieure, mais par les textes à usage interne écrits par son fondateur. Dans l’introduction du “Manuel du Dirigeant”, celui-là souligne que l’ouvrage “n’est destiné ni à la publication extérieure ni même aux membres de Nouvelle Acropole qui n’ont pas de responsabilités directives” et il met en garde contre “sa diffusion dans le monde extérieur” qui est “non seulement dangereuse mais aussi inutile car il est écrit dans un langage imagé et selon un rythme que ne comprennent pas ceux qui n’ont pas eu auparavant une formation morale, intellectuelle et psychologique dans nos écoles pendant un temps suffisant”. Ainsi, les véritables objectifs du groupe sont dissimulés.

Avec Jésus au contraire, “il n’y a rien de caché qui ne doive être manifesté et rien n’est demeuré secret que pour venir au grand jour” (Mc 4, 22); “Méfiez-vous du levain – c'est-à-dire de l'hypocrisie – des Pharisiens. Rien, en effet, n'est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. C'est pourquoi tout ce que vous aurez dit dans les ténèbres sera entendu au grand jour, et ce que vous aurez dit à l'oreille dans les pièces les plus retirées sera proclamé sur les toits” (Lc 12, 1-3).

 

* IL NE JOUE PAS SUR LA PEUR

Au contraire, que de fois cherche-t-il à apaiser, à rassurer les siens : “n’ayez pas peur” (Jn 6, 20); “Soyez donc sans crainte; vous valez mieux, vous, qu’une multitude de passereaux” (Mt 10, 31). Sans cesse, il les conforte et les affermit : “Jésus marche sur les eaux : Ayez confiance, c’est moi, soyez sans crainte” (Mt 14, 27); à la Transfiguration, il leur dit : “Relevez-vous, et n’ayez pas peur” (Mt 17).

Contrairement aux gourous qui, profitant de la déstabilisation inhérente à la mutation de nos sociétés, inoculent la peur d’une “apocalypse” et prêchent le retranchement dans la “citadelle assiégée”, Jésus fortifie ses disciples et les envoie : “Le soir, ce même jour, le premier de la semaine, et les portes étant closes, là où se trouvaient les disciples, par peur des Juifs, Jésus vint et se tint au milieu et il leur dit : “Paix à vous !” (Jn 20, 19).

 

* IL NE FAIT PAS DE CHANTAGE

Pas davantage, Jésus ne joue au chantage avec les hommes. Remarquons la sobriété des paroles de Jésus à l’égard du jeune homme riche. Il le laisse libre de suivre ou de ne pas suivre un chemin de radicalité. Certes, l’Ecriture nous dit que ce garçon devint tout triste en entendant le conseil de la pauvreté radicale. Mais Jésus ne cherche nullement à le contraindre, il le laisse totalement libre de se déterminer. Et il ne nous est absolument pas dit que le jeune homme est condamné (Lc 18, 27).

 

* EN JESUS, POINT DE MISE EN SCENE

Jésus ne cherche jamais à se mettre en valeur; son seul but est la vraie foi des hommes et leur bonheur. Ainsi, lorsqu’il guérit le fils d’un fonctionnaire royal, il le fait dans la distance, comme pour laisser ce père et sa maison tout entière dans la liberté d’une démarche croyante (Jn 4, 50). De même lorsqu’il guérit un infirme à la piscine de Bethesda, il disparaît aussitôt et ne cherche pas à tirer gloire et profit du prodige : “Quel est l’homme qui t’a dit : Prends ton grabat et marche ?” Mais celui qui avait été guéri ne savait pas qui c’était; Jésus en effet avait disparu, car il y avait foule en ce lieu” (Jn 5, 12-13). On peut bien dire que le signe a été fait au profit unique de l’infirme. A Cana encore, seuls les servants ont été témoins du prodige. Les signes ont pour but d’aider les hommes et non de se les attacher.

Ainsi, Jésus, non seulement ne tire pas profit des situations, mais fortifie en quelque sorte les engagements et les appartenances des bénéficiaires. Il renvoie le lépreux purifié : “Garde-toi d’en parler à personne, mais va te montrer au prêtre et offre le don qu’a prescrit Moïse : ce leur sera une attestation” (Mt 8, 1-4). Point de superbe chez lui; il respecte les institutions en place. Contrairement à certains groupes qui dissuadent expressément ou non de poursuivre une pratique dans les Eglises qualifiées de tièdes et de prostituées, contrairement encore à certains mouvements de guérison, même catholiques, refusant toute procédure habituelle de contrôle.

* JESUS N’EST PAS UN MAGICIEN

Au contraire, il se méfie du sensationnel : “Comme il était à Jérusalem durant la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il faisait. Mais Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et qu’il n’avait pas besoin d’un témoignage sur l’homme; car lui-même connaissait ce qu’il y avait dans l’homme” (Jn 2, 23-25). La foi n’est pas la course au merveilleux ou à l’irrationnel.

 

* IL EST DISCRET

A chaque miracle, qui encore une fois est pour Jésus seulement un signe destiné à éclairer et à fortifier les hommes dans un chemin de foi, le Christ cherche à éviter l’enthousiasme émotionnel des foules : après la guérison de deux aveugles, “Jésus alors les rudoya : “Prenez garde ! dit-il. Que personne ne le sache !” (Mt 9, 30).

Jésus se refuse à toute pression morale sur les esprits. Ce n’est pas par des procédés aliénants qu’il compte attirer les disciples : “Il ne fera point de querelles ni de cris et nul n'entendra sa voix sur les grands chemins. Le roseau froissé, il ne le brisera pas, et la mèche fumante, il ne l'éteindra pas, jusqu'à ce qu'il ait mené le Droit au triomphe : en son nom les nations mettront leur espérance” (Mt 12, 19-21).

Par ailleurs, Jésus a le souci d’éviter toute confusion dans l’esprit des gens au sujet de sa personne. Le Christ n’est pas fait de mains d’homme, son royaume n’est pas de ce monde, ce n’est pas un leader charismatique qui va bouter l’occupant politique. Aussi chaque fois que le “succès” risque de compromettre sa mission, il se retire : “la nouvelle se répandait de plus en plus à son sujet, et des foules nombreuses s’assemblaient pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Mais lui se tenait retiré dans les déserts et priait” (Lc 5, 15-16).

Tant que l’Heure n’est pas arrivée, tant que la foule n’a pas vu que Dieu n’œuvre pas à la manière des puissants, Jésus évite d’être piégé dans une situation équivoque. Aussi ordonne-t-il le silence sur sa véritable identité, à ses disciples : “Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : “Ne parlez à personne de cette vision, avant que le Fils de l’homme ne ressuscite d’entre les morts” (Mt 17, 9), ou aux démons : “les esprits impurs, lorsqu’ils le voyaient, se jetaient à ses pieds et criaient en disant : “Tu es le Fils de Dieu !” Et il leur enjoignait avec force de ne pas le faire connaître” (Mc 3, 11-12).

Même dans la vie spirituelle personnelle, Jésus invite à la discrétion : “Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour vous faire remarquer d’eux” (Mt 6, 1). Ainsi, chaque année est-il rappelé aux chrétiens que les oeuvres de Carême, l’aumône, la prière, et le jeûne, doivent être accomplies discrètement.

La discrétion s’appelle aussi méfiance vis-à-vis des excès si porteurs à l’orgueil spirituel; n’a-t-on pas reproché aux disciples de Jésus de ne pas jeûner : “les tiens mangent et boivent” (Lc 5, 33), “Pourquoi... tes disciples ne jeûnent-ils pas ?” (Mt 9, 14). Jésus ne prêche ni la fuite de notre incarnation ni le stoïcisme.

Il n’encourage pas davantage à se désolidariser de la vie du monde. Il honore ses contributions sociales (Mt 17, 24-27), il participe aux fêtes humaines et amicales.

Il ne se réfugie pas davantage dans une conduite rigide, mais sait être souple et reconnaît dans les événements la volonté de son Père : “il leur dit : “Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose?” – “De rien”, dirent-ils. Et il leur dit : “Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même celui qui a une besace, et que celui qui n'en a pas vende son manteau pour acheter un glaive. Car, je vous le dis, il faut que s'accomplisse en moi ceci qui est écrit : Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin.” – “Seigneur, dirent-ils, il y a justement ici deux glaives.” Il leur répondit : “C'est bien assez !” (Lc 22, 35-36). Jésus ne fait pas des siens des héros désincarnés.

 

* JESUS N’EST PAS UN DEMAGOGUE

Il ne court pas après les sondages ou les voix électorales. Son discours s’adapte à l’auditoire pour que celui-ci comprenne; il parle alors en paraboles. Mais pas pour faire plaisir et finalement tromper. Le discours dans la synagogue de Capharnaüm, sur le pain de Dieu, discours qui situe chacun en vérité, ne fait vraiment pas exploser l’audimat : “Après l’avoir entendu, beaucoup de ses disciples dirent : “Elle est dure, cette parole ! Qui peut l’écouter ?”... Dès lors, beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n’allaient plus avec lui” (Jn 6, 60-66). Devant ces abandons, Jésus demeure par-dessus tout, respectueux de la liberté des siens : “Voulez-vous partir vous aussi ?” (67).

 

* IL NE CHERCHE PAS LA GLOIRE DES HOMMES

“De la gloire, je n’en reçois pas qui vienne des hommes” (Jn 5, 41). Ses cousins, qui peut-être se voyaient déjà premier ministre, ministres et secrétaires d’Etat, ont bien du mal devant un tel détachement : “Ses frères lui dirent donc : “Passe d’ici en Judée, que tes disciples aussi voient les oeuvres que tu fais : on n’agit pas en secret, quand on veut être en vue. Puisque tu fais ces choses-là, manifeste-toi au monde” (Jn 7, 3-4). Mais Jésus sait ce qu’il peut y avoir dans l’homme et combien les gloires humaines peuvent être des bulles. Or précisément, le Christ ne cherche pas sa gloire (Jn 8, 50) : “Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien; c’est mon Père qui me glorifie” (54).

Au contraire, il conseille de se méfier du levain de ceux qui cherchent leur gloire et la reçoivent des hommes : “Gardez-vous des scribes qui se plaisent à circuler en longues robes, à recevoir les salutations sur les places publiques, à occuper les premiers sièges dans les synagogues et les premiers divans dans les festins, qui dévorent les biens des veuves, et affectent de faire de longues prières” (Mc 13, 38-40).

 

* IL REFUSE D’ETRE ROI

Contrairement à un Gilbert Bourdin s’intronisant lui-même “messie cosmoplanétaire” et se faisant ériger une statue de 33 m à son effigie, Jésus “Se voyant entouré de foules nombreuses... donna l’ordre de s’en aller sur l’autre rive” (Mt 8, 18). Chaque fois que la foule risque de venir le prendre pour le faire roi, il se retire. Certes, il sera roi, mais à l’heure et à la manière de Dieu.

 

* IL OBEIT JUSQU’AU BOUT

C’est le dessein du Père qui, seul, compte à ses yeux : “Je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé” (Jn 6, 38).

Son obéissance va jusqu’à la mort : “obéissant jusqu’à la mort et à la mort sur une croix” chante l’hymne aux Philippiens (2, 8).

 

* IL DONNE SA VIE ET PROTEGE CELLE DE SES DISCIPLES

Les drames causés par les sectes nous habituent malheureusement à voir les gourous entraîner leurs ouailles dans des suicides collectifs. Jusqu’au bout, alors même que leurs escroqueries et leurs supercheries sont dévoilées, ils manifestent leur paranoïa. Jésus lui, n’expose pas inutilement ses disciples : “Si donc c’est moi que vous cherchez, laissez ceux-là s’en aller... Ceux que tu m’as donnés, je n’en ai pas perdu un seul” (Jn 18, 8-9). Au contraire, jusqu’au bout il prend soin de chacun : “Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : “Femme, voici ton fils.” Puis il dit au disciple : “Voici ta mère” (Jn 19, 26).

Il est bien le Pasteur qui prend soin de ses brebis et les défend.

 

* IL PAYE DE SA PERSONNE

Déjà durant la vie publique, il ne regardait pas à sa personne physique et sociale. Pour guérir un lépreux, “Il étendit la main et le toucha” (Lc 5 13). Il ne craint ni la contagion ni sa compromission religieuse. “Il a pris nos infirmités et s’est chargé de nos maladies” (Mt 8, 17).

Maintenant, son obéissance va jusqu’au don de sa vie pour tous : “ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, [il] les aima jusqu’à la fin” (Jn 13, 1). C’est-à-dire jusqu’à livrer sa vie et mourir pour la multitude.

Cette mort, il ne la vit pas dans l’inconscience. Au contraire, il est lucide sur ce qui l’attend : “Rabbi, tout récemment les Juifs cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas !” (Jn 11, 8). En effet, “Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes, et ils le tueront... Et ils en furent tout consternés” (Mt 17, 22-23). A l’Heure, il refuse de fuir : “À cette heure même s'approchèrent quelques Pharisiens, qui lui dirent : «Pars et va-t-en d'ici; car Hérode veut te tuer. Il leur dit : «Allez dire à ce renard : Voici que je chasse des démons et accomplis des guérisons aujourd'hui et demain, et le troisième jour je suis consommé! Mais aujourd'hui, demain et le jour suivant, je dois poursuivre ma route, car il ne convient pas qu'un prophète périsse hors de Jérusalem” (Lc 12, 31-33).

Mais lucidité et courage n’empêchent pas le combat de l’agonie. Jésus n’est pas un héros parmi les hommes.

 

* IL PARTAGE SA GLOIRE FILIALE

Durant sa vie publique déjà, Jésus avait fait participer ses apôtres à sa mission : “Ayant appelé à lui ses douze disciples, Jésus leur donna pouvoir sur les esprits impurs, de façon à les expulser et à guérir toute maladie et toute langueur” (Mt 10).

Mais il va plus loin, jusqu’à donner en partage sa propre vie de Fils unique : par sa mort et en elle, Jésus nous partage son être filial, il nous fait entrer dans sa propre filiation, dans sa gloire de Fils unique du Père. Désormais, son Père devient notre Père; ne nous a-t-il pas livré son nom intime : “Abba”, en nous permettant d’appeler désormais Dieu de cette façon ? “va trouver mes frères et dis-leur : je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu” (Jn 20, 17). Le signe de ce partage total est l’eucharistie, par laquelle nous faisons Corps avec le Fils éternel : “le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde” (Jn 6, 51); “Or, tandis qu’ils mangeaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna aux disciples en disant : “Prenez, mangez, ceci est mon corps”. Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna en disant : “Buvez-en tous; car ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés” (Mt 26, 26-28). Et l’Esprit du Fils irrigue et le cep et les sarments.

“Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée... moi en eux et toi en moi... tu les as aimés comme tu m’as aimés. Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi... Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux” (Jn 17). Jésus a tout donné, il s’est donné totalement.

 

* CE BERGER EST L’AGNEAU DE DIEU

qui marche en tête : “Ils étaient en route, montant à Jérusalem; et Jésus marchait devant eux” (Mc 10, 32). Et les moyens employés par le Maître seront les mêmes pour les disciples : “Jésus dit à ses disciples : “Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera. Que servira-t-il donc à l'homme de gagner le monde entier, s'il ruine sa propre vie? Ou que pourra donner l'homme en échange de sa propre vie?” (Mt 16, 24sq).

 

 

III LE REGARD SUR LES AUTRES

 

1- POUR JESUS, CHACUN EST UN FRERE

 

* LE SALUT EST POUR TOUS

Le salut est pour tous, et non pour quelques-uns seulement. “Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude” (Mt 20, 28). On est loin des cent quarante quatre mille oints de la doctrine des Témoins de Jéhovah.

De plus, ce salut n’est pas réservé à une appartenance institutionnelle; Dieu regarde le cœur de l’homme.

 

* CHACUN EST UNIQUE ET IRREMPLACABLE

Cette multitude de l’humanité n’empêche pas un regard personnel sur chacun : “ses brebis à lui, il les appelle une à une (Jn 10, 3). Il aime ses brebis : “je connais mes brebis et mes brebis me connaissent” (Jn 10, 14).

La relation avec Dieu est une relation personnelle : “Quant à ce qui est de la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu l’oracle dans lequel Dieu vous dit : Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob ? Ce n’est pas de morts mais de vivants qu’il est le Dieu !” (Mt 22, 31).

Et la personnalité de chacun est remarquée et respectée. Jésus connaît chacune de ses brebis; il sait par exemple que Nathanaël est “un Israélite sans détour”, et son échange s’adapte au tempérament et à la formation de son interlocuteur (Jn 1, 47).

Les Douze ont ainsi chacun leur personnalité, leur histoire, et leur charisme.

 

* LA COMMUNAUTE DU CHRIST EST PENTECOSTALE

On y parle toutes les langues. Et chaque groupe entend la Bonne Nouvelle dans son propre langage. Ainsi, Jésus ne rassemble pas des gens qui se ressemblent. Sa communauté n’est pas une “chapelle”. Et contrairement aux groupes à tendance sectaire, il ne vise pas un “penser unique” (bien entendu, celui du gourou !). La communion qu’il suscite permet toujours à chacun d’être et de devenir lui-même, avec son nom, son visage et ses talents personnels. Le Corps est ainsi riche de chacun de ses membres. Qu’on pense aux quatre Evangiles !

 

* SON REGARD EST POSITIF, RESPECTUEUX ET NON CULPABILISANT

Quand Jésus rencontre quelqu’un, le regard qu’il pose sur lui est un regard d’amour : “Il se mettait en route quand un homme accourut... “Bon maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ?... Alors Jésus fixa sur lui son regard et l’aima” (Mc 10, 17 et 21).

Jésus respecte toujours la personne qu’il rencontre : “voici que Jésus vint à leur rencontre : “Je vous salue”, dit-il” (Mt 28, 9). L’autre existe devant lui et n’est pas un pion à placer (même au paradis) ou un anonyme.

Le regard de Jésus est toujours un regard qui relève et fait vivre, quelles que soient les circonstances : “le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre” (Lc 22, 61). Un tel regard est une parole qui rencontre l’autre en vérité et crée ou recrée la relation.

On est frappé aussi par la façon dont Jésus n’humilie jamais celui ou celle qui se trouve en difficulté. Qu’on se souvienne de l’épisode de la femme adultère traînée devant lui comme une femme à lapider (Jn 8). Jésus voit tellement plus loin que le péché ! Et son attitude est la même vis-à-vis de ceux qui poursuivent la femme : il leur donne la possibilité d’évoluer eux-mêmes.

De la même façon, il permet à la samaritaine de faire la vérité dans sa vie, mais pour cela, il ne met pas les pleins phares : il permet à la petite flamme de l’Esprit de se réveiller tout doucement.

Quelle différence par rapport à tant de pratiques culpabilisantes et humiliantes dans les sectes ou même dans des stages de tous ordres, sous couvert de transparence.

 

* JESUS ADMIRE LES AUTRES

Dieu admiratif de l’homme !

Qu’on songe à son regard sur la foi du centurion : “Entendant cela, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : “En vérité, je vous le dis, chez personne je n’ai trouvé une telle foi en Israël...” (Mt 8, 5 sq). Et en plus, il ne s’agit pas d’un membre du groupe ! On est loin du regard bicolore des sectes où les bons et les purs sont à l’intérieur, l’extérieur gisant sous le pouvoir de Satan (cf. Moon, l’Eglise du Christ). De la même façon, Jésus admire la foi d’une païenne, la Cananéenne : “O femme, grande est ta foi!” (Mt 15, 21). Et qui plus est, il se laisse déranger dans son plan : “Qu’il t’advienne selon ton désir !”

Plus profondément encore, Jésus sait reconnaître ce qu’il y a de bien chez ceux qui n’appartiennent pas à son groupe : “Jean prit la parole et dit : “Maître, nous avons vu quelqu'un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l'empêcher, parce qu'il ne te suit pas avec nous.” Mais Jésus lui dit : “Ne l'en empêchez pas; car qui n'est pas contre vous est pour vous.” (Lc 9, 49-50 49).

Encore plus fort, Jésus reste bon, même quand on lui fait du mal : “ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer. Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem. Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : “Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ?” Mais, se retournant, il les réprimanda” (Lc 9, 51-56).

Cette attitude de Jésus vis-à-vis des individus se retrouve dans le regard porté sur les autres religions. A la différence de certains courants évangéliques ou autres qui refusent tout contact avec les autres, y compris les chrétiens, considérant le dialogue oecuménique ou interreligieux comme le terrain de Satan.

 

* SAUVER L’HOMME EST LE SEUL BUT

Le sabbat est fait pour l’homme et non l’inverse : “voici un homme qui avait une main sèche, et ils lui posèrent cette question : «Est-il permis de guérir, le jour du sabbat?» afin de l'accuser. Mais il leur dit : «Quel sera d'entre vous l'homme qui aura une seule brebis, et si elle tombe dans un trou, le jour du sabbat, n'ira la prendre et la relever? Or, combien un homme vaut plus qu'une brebis ! Par conséquent il est permis de faire une bonne action le jour du sabbat.» Alors il dit à l'homme : «Étends ta main.» Il l'étendit et elle fut remise en état, saine comme l'autre. Étant sortis, les Pharisiens tinrent conseil contre lui, en vue de le perdre” (Mt 12, 10).

 

* IL N’EST QU’AMOUR ET MISERICORDE

“C'est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice”. Devant certains comportements fondamentalistes ou intégrisants, il y aurait beaucoup à analyser sur tant de rigidité castratrice.

“En ce temps-là Jésus vint à passer, un jour de sabbat, à travers les moissons. Ses disciples eurent faim et se mirent à arracher des épis et à les manger. Ce que voyant, les Pharisiens lui dirent : “Voilà tes disciples qui font ce qu'il n'est pas permis de faire pendant le sabbat!” Mais il leur dit : “N'avez-vous pas lu ce que fit David lorsqu'il eut faim, lui et ses compagnons ? Comment il entra dans la demeure de Dieu et comment ils mangèrent les pains d'oblation, qu'il ne lui était pas permis de manger, ni à ses compagnons, mais aux prêtres seuls ? Ou n'avez-vous pas lu dans la Loi que, le jour du sabbat, les prêtres dans le Temple violent le sabbat sans être en faute? Or, je vous le dis, il y a ici plus grand que le Temple. Et si vous aviez compris ce que signifie : C'est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice, vous n'auriez pas condamné des gens qui sont sans faute. Car le Fils de l'homme est maître du sabbat.” (Mt 12). La loi est faite pour l’homme et non l’homme pour la loi. Combien de fois Jésus ne s’est-il pas heurté à l’étroitesse de ceux qui l’épiaient, alors même qu’il était en train de redonner vie et liberté.

Jésus, le premier, “excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout”. A Pierre qui lui demande des repères en la matière : “Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner? Irai-je jusqu'à sept fois?”, il répond : “Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix-sept fois” (Mt 18).

Et tous sont égaux devant la miséricorde du Seigneur.

D’ailleurs, la miséricorde de Dieu ne calcule pas, Dieu donne tout. C’est le sens de la parabole des ouvriers de la onzième heure (Mt 20, 1-16). La justice de Dieu n’est pas mathématique et ne jette pas d’anathème.

 

* JESUS NE CONDAMNE PAS NI NE JUGE

“Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui” (Jn 3, 17).

Le regard de Jésus, alors que son apôtre vient de le renier par trois fois, ne le condamne pas : “le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre” (Lc 22, 61). Et ce

regard est un regard qui lave...

“Ne jugez pas, afin de n'être pas jugés” (Mt 7, 1).

A l’adresse de tous ceux qui manient facilement le glaive du moralisme et du partage de l’humanité en plusieurs camps, il est rappelé que “du jugement dont vous jugez on vous jugera, et de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous. Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ! Ou bien comment vas-tu dire à ton frère : “Laisse-moi ôter la paille de ton œil”, et voilà que la poutre est dans ton œil ! Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour ôter la paille de l'œil de ton frère”.

Certes, ce genre de discours ne plaît guère et combien de fois Jésus fut-il dénoncé pour avoir pris son repas avec les pécheurs : ”Comme il était à table dans la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent se mettre à table avec Jésus et ses disciples. Ce qu’ayant vu, les Pharisiens disaient à ses disciples : “Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ?”... Allez donc apprendre ce que signifie : C’est la miséricorde que je veux et non le sacrifice” (Mt 9, 10).

Qu’on pense à la hargne exprimée par certains contre cet Evangile sulfureux...

 

* JESUS DONNE TOUJOURS SES CHANCES

On est saisi par le caractère mystérieux de l’échange entre Jésus et Judas à la dernière Cène (Mt 26, 20-25). Et on perçoit dans ces propos étranges que le Maître, en tendant une bouchée de nourriture à Judas, lui tend en fait une perche : “Le soir venu, il était à table avec les Douze. Et tandis qu'ils mangeaient, il dit : “En vérité je vous le dis, l'un de vous me livrera.” Fort attristés, ils se mirent chacun à lui dire : “Serait-ce moi, Seigneur ?” Il répondit : “Quelqu'un qui a plongé avec moi la main dans le plat, voilà celui qui va me livrer ! Le Fils de l'homme s'en va selon qu'il est écrit de lui; mais malheur à cet homme-là par qui le Fils de l'homme est livré! Mieux eût valu pour cet homme-là de ne pas naître !” À son tour, Judas, celui qui allait le livrer, lui demanda : “Serait-ce moi, Rabbi?” – “Tu l'as dit”, répond Jésus”.

Sa façon d’annoncer à Pierre son triple reniement (Jn 13, 38) obéit à la même sollicitude.

 

* JESUS RESPECTE LE RYTHME DE CHACUN

Il reçoit Nicodème, “un notable des Juifs”, incognito, “de nuit” (Jn 3). Il accepte que la femme hémorroïsse le touche furtivement (Mt 9, 20). Il se plie aux besoins de vérification de Thomas (Jn 20, 24). Il accueille le premier pas de chacun, pas maladroit, pas du possible. Et peu à peu, il permet à chacun de mûrir.

 

* IL A LE VRAI SOUCI DE L’AUTRE

On ne peut être que frappé par ses multiples attentions à ceux qui l’entourent.

Il a le souci de la foule venue l’écouter : “J’ai pitié de cette foule, car voilà déjà trois jours qu’ils restent auprès de moi et ils n’ont pas de quoi manger. Les renvoyer à jeun, je ne le veux pas; ils pourraient défaillir en route” Ayant multiplié pains et poissons, “tous mangèrent et furent rassasiés” (Mt 15, 32 sq). On est loin des carences alimentaires et des épuisements savamment provoqués !

Après avoir guéri un aveugle-né (Jn 9), il revient sur ses pas parce qu’il a appris que les Pharisiens l’ont jeté dehors; aussi tient-il à le réconforter.

Il songe que ses disciples peuvent être fatigués : “Venez vous-mêmes à l’écart, dans un lieu désert, et reposez-vous un peu” (Mc 6, 31).

Il rend vivant la petite fille à ses parents et recommande à ceux-ci de lui donner à manger (Mc 5, 43).

Sans cesse, il rassure et apaise.

Contrairement aux gourous qu’on ne peut approcher que par privilège, il fait venir l’aveugle de Jéricho : “comme il sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule considérable, le fils de Timée (Bartimée), un mendiant aveugle, était assis au bord du chemin. Quand il apprit que c'était Jésus le Nazarénien, il se mit à crier : “Fils de David, Jésus, aie pitié de moi !” Et beaucoup le rabrouaient pour lui imposer silence, mais lui criait de plus belle : “Fils de David, aie pitié de moi !” Jésus s'arrêta et dit : “Appelez-le.” On appelle l'aveugle en lui disant : “Aie confiance ! lève-toi, il t'appelle.” - Et lui, rejetant son manteau, bondit et vint à Jésus” (Mc 10, 46-52).

En voyant un lépreux exclu de la communauté, il est ému de compassion : “Emu de compassion, il étendit la main, le toucha et lui dit : “Je le veux, sois purifié” (Mc 1, 41).

Il a vu la veuve de Naïn et compris sa détresse : “Quand il fut près de la porte de la ville, voilà qu’on portait en terre un mort, un fils unique dont la mère était veuve... En la voyant, le Seigneur eut pitié d’elle et lui dit : “Ne pleure pas”. Puis, s’approchant, il toucha le cercueil” (Lc 7, 12-13).

Juste avant son arrestation, il prie pour ses disciples (Jn 17).

Sur la croix, il confie sa mère déjà veuve à la protection de Jean (Jn 19, 27).

Le plus petit geste, le moindre signe, il le repère. Il a vu la pauvre veuve mettre ses deux piécettes dans le tronc et il sait apprécier la générosité du geste (Mc 12, 40-44).

Il a aperçu Zachée juché dans son arbre : “Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : “Zachée, descends vite, car il me faut aujourd’hui demeurer chez toi” (Lc 19, 1-10).

 

* IL PROTEGE

Il prend la défense de cette femme qui, à Béthanie, avait brisé en son honneur, un flacon d’albâtre contenant un nard pur de grand prix et qui s’était fait rudoyer pour cela : “Laissez-la; pourquoi la tracassez-vous ?” (Mc 14, 3-6).

Les gourous, quand sonne l’heure du danger pour eux, quittent le navire les premiers. Ils passent rapidement les frontières, en laissant derrière eux des disciples désemparés et couverts de dettes. (cf. Krishna et Gepm). Jésus lui, couvre les siens : “De nouveau il leur demanda : “Qui cherchez-vous ?” Ils dirent : “Jésus le Nazôréen.” Jésus répondit : “Je vous ai dit que c’est moi. Si donc c’est moi que vous cherchez, laissez ceux-là s’en aller” (Jn 18, 7-8).

Son souci est de ne perdre aucune de ses brebis : “«A votre avis, si un homme possède cent brebis et qu'une d'elles vienne à s'égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix neuf autres sur les montagnes pour s'en aller à la recherche de l'égarée ? Et s'il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d'elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu'un seul de ces petits se perde” (Mt 18, 12-14).

 

* JESUS N’ABANDONNE PAS LES SIENS

On n’a jamais vu un gourou se préoccuper de ses adeptes, au point d’en porter le souci après son départ. Au contraire, les chefs de secte ont tendance à passer les frontières avec les finances du groupe. Or, les derniers mots de Jésus sont ceux du Pasteur : “Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin des temps” (Mt 28, 20). En effet, “Pour eux, ils s’en allèrent prêcher en tout lieu, le Seigneur agissant avec eux et confirmant la Parole par les signes qui l’accompagnaient” (Mc 16, 20).

 

* SES DISCIPLES SONT SES AMIS

“Je ne vous appelle plus serviteurs... je vous appelle amis, parce que tout ce j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître” (Jn 15, 15).

Jésus n’a rien gardé pour lui, il partage avec les siens l’amour dont il est aimé du Père. Aussi peut-il les appeler “amis”.

 

* LE SACREMENT DU FRERE

L’amour fraternel est la pierre de touche de toute spiritualité vraie et authentique : “En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait... En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait” (Mt 25, 31-46).

Aussi, “Quand donc tu présentes ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère; puis reviens, et alors présente ton offrande”.

Cet amour va jusqu’à aimer ses ennemis : “Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous réservez vos saluts à vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait” (Mt 5, 44-48). On est là aux antipodes des comportements séparatistes des Témoins de Jéhovah...

Et encore une fois, rien ne saurait justifier la violation du commandement de l’amour : “Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat...” il leur dit : «Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien plutôt que de faire du mal, de sauver une vie plutôt que de la tuer?» Mais eux se taisaient. Promenant alors sur eux un regard de colère, navré de l'endurcissement de leur cœur, il dit à l'homme : «Etends la main.» Il l'étendit et sa main fut remise en état. Etant sortis, les Pharisiens tenaient aussitôt conseil avec les Hérodiens contre lui, en vue de le perdre” (Mc 2, 27).

 

2- JESUS RESPECTE LA LIBERTE DE L’HOMME

La parabole de l’enfant prodigue nous montre que l’amour véritable respecte la liberté de l’autre. Que signifie en effet forcer à un amour ou à une bonne cause ?

 

A) LA LIBERTE RATIONNELLE

 

* JESUS RESPECTE LA LIBERTE

Il indique la route des conseils évangéliques au jeune homme riche, mais il n’exerce sur lui aucune pression et ne se permet aucun chantage : “Jésus fixa sur lui son regard et l’aima” (Mc 10, 21). L’amour appelle mais ne saurait contraindre.

Jusqu’au bout, Judas est appelé “ami” (Mt 26,50).

Il accepte que son discours sur le pain de vie dissuade la majorité de ses disciples de continuer à le suivre (Jn 6, 66-67).

La résurrection elle-même se fait discrètement; c’est l’heure de la foi, c’est-à-dire d’une réponse d’homme et de femme libres, c’est-à-dire non contraints par une manifestation massive et incontestable.

 

* JESUS N’IMPOSE RIEN, IL PROPOSE

“Si tu veux être parfait...” (Mt 19, 16-22), dit-il au jeune homme riche. A propos de la continence volontaire : “Qui peut comprendre, qu’il comprenne” (Mt 19, 12).

 

* DANS LE DIALOGUE ET LE PARTENARIAT

Jésus opère le salut dans le dialogue et le partenariat. Les hommes ne sont pas sauvés sans eux. Aux deux aveugles de Jéricho, il demande : “Que voulez-vous que je fasse pour vous ?” (Mt 20, 32).

A ses apôtres : “Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ?” (Lc 9, 18).

 

* JESUS EDUQUE ET RESPONSABILISE

“Quelqu'un de la foule lui dit : “Maître, je t'ai apporté mon fils qui a un esprit muet. Quand il le saisit, il le jette à terre, et il écume, grince des dents et devient raide. Et j'ai dit à tes disciples de l'expulser et ils n'en ont pas été capables” - “Engeance incrédule, leur répond-il, jusques à quand serai-je auprès de vous? Jusques à quand vous supporterai-je? Apportez-le-moi”... - Quand il fut rentré à la maison, ses disciples lui demandaient dans le privé : «Pourquoi nous autres, n'avons-nous pu l'expulser?” - Il leur dit : “Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière” (Mc 9, 14- 20).

 

* JESUS SUSCITE LA TOLERANCE

“Jean lui dit : “Maître, nous avons vu quelqu'un expulser des démons en ton nom, quelqu'un qui ne nous suit pas, et nous voulions l'empêcher, parce qu'il ne nous suivait pas.” - Mais Jésus dit : “Ne l'en empêchez pas, car il n'est personne qui puisse faire un miracle en invoquant mon nom et sitôt après parler mal de moi. - Qui n'est pas contre nous est pour nous.” (Mc 9, 40). Jésus partage son respect de la liberté. L’Esprit Saint n’est pas assigné à résidence quelque part.

 

* JESUS N’ENFERME PAS

Contrairement à un repli de sécurisation à l’intérieur d’une citadelle assiégée, pour qui l’extérieur représente le diable, Jésus, qui s’est lui-même appelé “la porte des brebis” (Jn 10), envoie celles-ci et les fait vivre en plein vent : “ses brebis... il les mène dehors” (Jn 10, 3).

 

B) LA LIBERTE AFFECTIVE

 

* JESUS NE CHERCHE PAS A S’ATTACHER LES AUTRES

“Comme il montait dans la barque, l’homme qui avait été possédé le priait pour rester en sa compagnie. Il ne le lui accorda pas, mais il lui dit : “Va chez toi, auprès des tiens, et rapporte-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde” (Mc 5, 18). Un autre jour, “Prenant alors le malade, il le guérit et le renvoya” (Lc 14, 4). Jésus ne garde pas pour lui, mais il envoie...

 

* JESUS EST CHASTE ET DESINTERESSE

On est frappé à la lecture des évangiles par la façon dont toute la vie de Jésus est donnée, pour que les autres, tous les autres, vivent. Il ne cherche rien pour lui, il ne retient pas pour lui, il passe. Libre à l’égard de tous, livré à tous, il va son chemin pascal. “Le jour venu, il sortit et se rendit dans un lieu désert. Les foules le cherchaient et, l’ayant rejoint, elles voulaient le retenir et l’empêcher de les quitter. Mais il leur dit : “Aux autres villes aussi il me faut annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé” (Lc 4, 42-44).

Et à Marie de Magdala, le Ressuscité déclare : “Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Mais va trouver mes frères et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu”.

Alors que les gourous poursuivent leur propre intérêt en recrutant des adeptes, Jésus lui, prêche la gratuité : “il disait à celui qui l'avait invité : “Lorsque tu donnes un déjeuner ou un dîner, ne convie ni tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins, de peur qu'eux aussi ne t'invitent à leur tour et qu'on ne te rende la pareille. - Mais lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles; - heureux seras-tu alors de ce qu'ils n'ont pas de quoi te le rendre ! Car cela te sera rendu lors de la résurrection des justes”.

 

IV L’OEUVRE

On juge l’arbre à ses fruits : «Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans sont des loups rapaces. C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Cueille-t-on des raisins sur des épines? Ou des figues sur des chardons? Ainsi tout arbre bon produit de bons fruits, tandis que l'arbre gâté produit de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un arbre gâté porter de bons fruits. Tout arbre qui ne donne pas un bon fruit, on le coupe et on le jette au feu. Ainsi donc, c'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez” (Mt 7, 15 sq).

 

1) LA COHERENCE

 

* LA COHERENCE DES PAROLES ET DES ACTES

Aucune incohérence entre ce que dit Jésus et ce qu’il fait, entre son être et ses actes. D’ailleurs, ne conseille-t-il pas à ses disciples qui peuvent douter de ses propos : “Si je ne fais pas les oeuvres de mon Père, ne me croyez pas; mais si je les fais, quand bien même vous ne me croiriez pas, croyez en ces œuvres” (Jn 10, 38). “Les oeuvres que je fais au nom de mon Père témoignent de moi” (Jn 10, 25).

Déjà les gardes des grands prêtres et des Pharisiens, eux-mêmes, avaient été frappés par sa parole : “Jamais homme n’a parlé comme cela !” (Jn 7, 46). Mais en fait, ce Verbe se fait chair. Quand “la Parole en silence se consume pour nous” sur la croix, la cohérence de cette mort avec la vie du prophète saisit le centurion qui se tenait en face de lui au calvaire : “Vraiment cet homme était fils de Dieu !” (Mc 15, 39).

Contrairement aux scribes et aux Pharisiens qui, “Sur la chaire de Moïse se sont assis... faites donc et observez tout ce qu’ils pourront vous dire, mais ne vous réglez pas sur leurs actes : car ils disent et ne font pas. Ils lient de pesants fardeaux et les imposent aux épaules des gens, mais eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt” (Mt 23, 2).

On sait la force cinglante de la lettre de Jacques et son exigence quant aux oeuvres : “Montre-moi ta foi sans les oeuvres; moi, c’est par les oeuvres que je te montrerai ma foi” (Jc 2, 18). En effet, nous dit Jésus, ce n’est ni la longueur ni la démonstration ni l’intensité des prières ou des discours qui comptent : “Ce n'est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur”, qu'on entrera dans le royaume des Cieux, mais c'est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux. - Beaucoup me diront en ce jour-là : “Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé? En ton nom que nous avons chassé les démons? En ton nom que nous avons fait bien des miracles?” - Alors je leur dirai en face : “Jamais je ne vous ai connus; écartez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité”. “Ainsi, quiconque écoute ces paroles que je viens de dire et les met en pratique, peut se comparer à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc. - La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, et elle n'a pas croulé : c'est qu'elle avait été fondée sur le roc. - Et quiconque entend ces paroles que je viens de dire et ne les met pas en pratique, peut se comparer à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. - La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont rués sur cette maison, et elle s'est écroulée. Et grande a été sa ruine !” - Et il advint, quand Jésus eut achevé ces discours, que les foules étaient frappées de son enseignement : - car il les enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes” (Mt 7, 21-29).

 

* LA COHERENCE ENTRE L’EXTERIEUR ET LE COEUR

Aux Pharisiens de tous les temps, à l’adresse de ceux qui disent et ne font pas, à ceux qui se contentent d’un comportement “grosses mailles”, Jésus rappelle que c’est la totalité de l’être et du comportement qui doit être mue par l’Esprit de Dieu : “Tu ne commettras pas d’adultère. Eh bien! moi je vous dis : Quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis, dans son cœur, l’adultère avec elle” (Mt 5, 27-28). Pas de domaines réservés pour des fils.

Quiconque se contente d’un comportement extérieur “religieux”, alors que son cœur est mauvais, ressemble à un tombeau blanchi : “Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui fermez aux hommes le Royaume des Cieux! Vous n'entrez certes pas vous-mêmes, et vous ne laissez même pas entrer ceux qui le voudraient ! ... - “Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui parcourez mers et continents pour gagner un prosélyte, et, quand vous l'avez gagné, vous le rendez digne de la géhenne deux fois plus que vous ! - “Malheur à vous, guides aveugles, qui dites : “Si l'on jure par le sanctuaire, cela ne compte pas; mais si l'on jure par l'or du sanctuaire, on est tenu”... - “Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui acquittez la dîme de la menthe, du fenouil et du cumin, après avoir négligé les points les plus graves de la Loi, la justice, la miséricorde et la bonne foi; c'est ceci qu'il fallait pratiquer, sans négliger cela. - Guides aveugles, qui arrêtez au filtre le moustique et engloutissez le chameau. - “Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui purifiez l'extérieur de la coupe et de l'écuelle, quand l'intérieur en est rempli par rapine et intempérance ! - Pharisien aveugle! purifie d'abord l'intérieur de la coupe et de l'écuelle, afin que l'extérieur aussi devienne pur. - “Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui ressemblez à des sépulcres blanchis : au-dehors ils ont belle apparence, mais au-dedans ils sont pleins d'ossements de morts et de toute pourriture; - vous de même, au-dehors vous offrez aux yeux des hommes l'apparence de justes, mais au-dedans vous êtes pleins d'hypocrisie et d'iniquité” (Mt 23 13 sq).

 

* UN AMOUR UNIVERSEL

La vie de foi n’est ni un refuge ni une sécurité, qui dispenserait d’être dérangé par les interpellations du Seigneur à travers le prochain et les événements du monde. Qu’y a-t-il de pire que la justification d’un comportement nocif par une soi-disant exigence religieuse ?

“Les Pharisiens et quelques scribes venus de Jérusalem se rassemblent auprès de lui, - et voyant quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c'est-à-dire non lavées - les Pharisiens, en effet, et tous les Juifs ne mangent pas sans s'être lavé les bras jusqu'au coude, conformément à la tradition des anciens, - et ils ne mangent pas au retour de la place publique avant de s'être aspergés d'eau, et il y a beaucoup d'autres pratiques qu'ils observent par tradition : lavages de coupes, de cruches et de plats d'airain, - donc les Pharisiens et les scribes l'interrogent : “Pourquoi tes disciples ne se comportent-ils pas suivant la tradition des anciens, mais prennent-ils leur repas avec des mains impures ?” - Il leur dit : “Isaïe a bien prophétisé de vous, hypocrites, ainsi qu'il est écrit : Ce peuple m'honore des lèvres; mais leur cœur est loin de moi. - Vain est le culte qu'ils me rendent, les doctrines qu'ils enseignent ne sont que préceptes humains. - Vous mettez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes.” - Et il leur disait : “Vous annulez bel et bien le commandement de Dieu pour observer votre tradition. - En effet, Moïse a dit : Honore ton père et ta mère, et : Que celui qui maudit son père ou sa mère soit puni de mort. - Mais vous, vous dites : Si un homme dit à son père ou à sa mère : Je déclare korbân (c'est-à-dire offrande sacrée) les biens dont j'aurais pu t'assister, - vous ne le laissez plus rien faire pour son père ou pour sa mère - et vous annulez ainsi la parole de Dieu par la tradition que vous vous êtes transmise. Et vous faites bien d'autres choses du même genre.” - Et ayant appelé de nouveau la foule près de lui, il leur disait : “Écoutez-moi tous et comprenez ! - Il n'est rien d'extérieur à l'homme qui, pénétrant en lui, puisse le souiller, mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui souille l'homme. - Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende !” - Quand il fut entré dans la maison, à l'écart de la foule, ses disciples l'interrogeaient sur la parabole. - Et il leur dit : “Vous aussi, vous êtes à ce point sans intelligence ? Ne comprenez-vous pas que rien de ce qui pénètre du dehors dans l'homme ne peut le souiller, - parce que cela ne pénètre pas dans le cœur, mais dans le ventre, puis s'en va aux lieux d'aisance” (ainsi il déclarait purs tous les aliments). - Il disait : “Ce qui sort de l'homme, voilà ce qui souille l'homme. - Car c'est du dedans, du cœur des hommes, que sortent les desseins pervers : débauches, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, ruse, impudicité, envie, diffamation, orgueil, déraison. - Toutes ces mauvaises choses sortent du dedans et souillent l'homme” (Mc 7, 1-23).

Encore une fois, il convient de ne pas qualifier trop rapidement de spirituels des comportements dont l’interprétation serait parfois à chercher davantage du côté de la psychopathie par exemple, voire du péché.

 

* JESUS NE DESINCARNE PAS

L’œuvre de Jésus ne nous sort pas de la vie. Au contraire, elle nous indique comment répondre à la délégation du Créateur quant à la gestion du monde, ce monde qui en soi est bon : “Dieu vit tout ce qu’il avait fait : cela était très bon” (Gn 1, 31). Quand le Fils guérit un paralytique, il le renvoie à la vie quotidienne : “lève-toi, dit-il alors au paralytique, prends ton lit et va-t-en chez toi”. Et se levant, il s’en alla chez lui” (Mt 9 6-7).

 

* LES FAITS NE CONTREDISENT PAS LES PAROLES

Les Témoins de Jéhovah ont déjà annoncé la fin du monde à six reprises au moins : 1914, 1918, 1925, 1930, 1975, 1986... Or, la seule vérification objective du caractère divin de la mission est celle qu’apportent les faits : “Si le prophète a parlé au nom de Yahvé, et que sa parole reste sans effet et ne s’accomplit pas, alors Yahvé n’a pas dit cette parole-là. Le prophète a parlé avec présomption. Tu n’as pas à le craindre” (Dt 18, 22).

 

* LA VERIFICATION DU TEMPS

”Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point” (Mt 24, 35).

 

2) LE FRUIT DE VIE

 

* JESUS EST PASSE EN FAISANT LE BIEN

“Les disciples de Jean l'informèrent de tout cela. Appelant à lui deux de ses disciples, Jean les envoya dire au Seigneur : “Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ?” - Arrivés auprès de lui, ces hommes dirent : “Jean le Baptiste nous envoie te dire : Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ?” - À cette heure-là, il guérit beaucoup de gens affligés de maladies, d'infirmités, d'esprits mauvais, et rendit la vue à beaucoup d'aveugles. - Puis il répondit aux envoyés : “Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres” (Lc 7, 22).

 

* QUAND IL GUERIT, IL GUERIT

“Il parcourait toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute langueur parmi le peuple...” (Mt 4, 23). A Lourdes, un des critères de guérison inexpliquée est précisément la durée, et donc la réalité de la guérison. Or, on sait que dans des assemblée émotionnelles où l’on entretient les personnes dans l’espoir du miracle, le psychosomatisme peut jouer, mais le temps, lui, fait son oeuvre de vérification.

 

* UNE OEUVRE DE VIE

“Le voleur ne vient que pour voler, égorger et faire périr. Moi, je suis venu pour qu'on ait la vie et qu'on l'ait surabondante” (Jn 10, 10).

Or, sous prétexte d’apocalypse, combien de suicides ou de massacres collectifs jalonnent la route des sectes ? combien de vies personnelles brisées ?

 

* LA BEATITUDE

“Soyez attentifs à ma voix. Alors je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple; suivez jusqu’au bout la route que je vous prescris, et vous serez heureux” (Jr 7, 23). C’est bien le bonheur que Jésus apporte aux siens; les fruits de la communion avec lui sont l’amour fraternel, la joie, la paix, la longanimité, la serviabilité, la bonté, la confiance dans les autres, la douceur et la maîtrise de soi (Gal. 5, 22-23). Rien à voir avec le “sourire Moon” ou autres déclarations factices et fragiles, prêtes à s’effondrer.

 

* LA VRAIE LIBERTE DES FILS

Les guérisons ne sont que des signes de la libération fondamentale du péché. Or, Dieu seul peut pardonner et rendre ainsi la liberté la plus profonde. “Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’Homme a le pouvoir sur la terre de remettre les péchés, lève-toi, dit-il alors au paralytique, prends ton lit et va-t-en chez toi” (Mt 9, 1-8).

 

* POUR RASSEMBLER ET NON SEPARER

Le mot “secte” suggère l’idée de section, de rupture : l’appartenance à une secte coupe, sépare. Or le souci de Jésus, qu’il exprime dans la grande prière rapportée par l’évangéliste Jean, est précisément “de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés” (Jn 11, 54), comme un berger son troupeau.

 

CONCLUSION

Jésus avertit les quêteurs de Dieu et de sens : “Prenez garde qu’on ne vous abuse. Car il en viendra beaucoup sous mon nom, qui diront : “C’est moi le Christ”, et ils abuseront bien des gens... Des faux prophètes surgiront nombreux et abuseront bien des gens. Alors si quelqu’un vous dit : “Voici : le Christ est ici !” ou bien : “Il est là !”, n’en croyez rien. Il surgira, en effet, des faux Christs et des faux prophètes, qui produiront de grands signes, au point d’abuser, s’il était possible, même les élus” (Mt 24, 4; 11; 23).

Nous venons de voir à travers les Evangélistes différents éléments permettant de faire la distinction entre ces faux prophètes qui pullulent en ce moment et le vrai berger, celui qui permet à ses brebis de paître en sûreté.

Les gourous manipulent les adeptes à leur seul profit et les aliènent. Jésus Christ, lui, rend libre. “Si donc le Fils vous libère, vous serez réellement libres” (Jn 8, 36)... “La vérité vous libèrera” (Jn 8, 32).

Que la Parole de Dieu dans l’évangile de Jean (Jn 10, 1-21) soit maintenant notre prière :

“En vérité, en vérité, je vous le dis,

celui qui n’entre pas par la porte

dans l’enclos des brebis,

mais en fait l’escalade par une autre voie,

celui-là est un voleur et un brigand;

celui qui entre par la porte

est le pasteur des brebis.

Le portier lui ouvre

et les brebis écoutent sa voix,

et ses brebis à lui,

il les appelle une à une

et les mène dehors.

Quand il a fait sortir toutes celles qui sont à lui,

il marche devant elles

et les brebis le suivent,

parce qu’elles connaissent sa voix.

Elles ne suivront pas un étranger;

elles le fuiront au contraire,

parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers.”

Jésus leur tint ce discours mystérieux

mais eux ne comprirent pas ce dont il leur parlait.

Alors Jésus dit à nouveau :

“En vérité, en vérité, je vous le dis,

je suis la porte des brebis.

Tous ceux qui sont venus avant moi

sont des voleurs et des brigands;

mais les brebis ne les ont pas écoutés.

Je suis la porte.

Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé;

il entrera et sortira,

et trouvera un pâturage.

Le voleur ne vient

que pour voler, égorger et faire périr.

Moi, je suis venu

pour qu’on ait la vie

et qu’on l’ait surabondante.

Je suis le bon pasteur;

le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis.

Le mercenaire, qui n’est pas le pasteur

et à qui n’appartiennent pas les brebis,

voit-il venir le loup,

il laisse les brebis et s’enfuit,

et le loup s’en empare et les disperse.

C’est qu’il est mercenaire

et ne se soucie pas des brebis.

Je suis le bon pasteur;

je connais mes brebis

et mes brebis me connaissent,

comme le Père me connaît

et que je connais le Père,

et je donne ma vie pour mes brebis.

J’ai encore d’autres brebis

qui ne sont pas de cet enclos;

celles-là aussi, il faut que je les mène;

elles écouteront ma voix;

et il y aura un seul troupeau,

un seul pasteur;

c’est pour cela que le Père m’aime,

parce que je donne ma vie,

pour la reprendre.

Personne ne me l’enlève;

mais je la donne de moi-même.

J’ai le pouvoir de la donner

et j’ai le pouvoir de la reprendre;

tel est le commandement que j’ai reçu de mon Père.”

 

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